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10 janvier 2008 4 10 /01 /janvier /2008 15:04

undefinedLe référendum interdit?undefined
                  par Paul Quilès


Je suis atterré par l’annonce que les parlementaires socialistes boycotteront la réunion du Congrès de Versailles, qui, le 4 février, doit voter la révision constitutionnelle préalable à la ratification du traité de Lisbonne.

Cette décision (si c’en est une!) relève de l’hypocrisie la plus totale.

Que l’on soit favorable ou non à ce traité –copie conforme du projet de Constitution européenne, refusé par le peuple français en 2005- c’est à lui et à lui seul de s’exprimer à nouveau par référendum. C’est une question de cohérence et de démocratie.

Les socialistes ne peuvent accepter l’argument de Nicolas Sarkozy, qui prétend, contre toute réalité, qu’il s’agirait d’un "traité simplifié", d’un "mini traité", qui n’a pas à être soumis aux Français.

Ils ne peuvent non plus baisser les bras, en considérant que Nicolas Sarkozy, parce qu’il a été élu, peut imposer sa volonté. Il se trouve que le référendum peut être obtenu. Il suffit pour cela que la révision constitutionnelle soit rejetée au Congrès de Versailles par 2/5 des parlementaires, ce qui est faisable. Boycotter ce congrès, c’est donc accepter que le référendum n’ait pas lieu.

Pourtant, d’après un sondage (peu popularisé en France), plus de 70% de nos concitoyens sont favorables à ce référendum! Il serait d’ailleurs souhaitable que de nouveaux sondages ou enquêtes soient organisés par les médias et les sites Internet, habituellement très friands de cette méthode de "mesure de l’opinion". On verra bien alors ce que pensent les Français.

J’ose espérer que les socialistes, la gauche, mais aussi ceux, au centre et à droite qui considèrent que la démocratie n’est pas négociable, ne laisseront pas s’accomplir ce véritable déni de démocratie, car c’est bien de cela qu’il s’agit.

Ce n’est pas non plus en privant les peuples de débat et d’expression qu’on permettra l’appropriation de la construction européenne par les Européens.

Sous des apparences techniques, ce dossier est finalement emblématique d’une vision de la politique, de la démocratie et même de la morale.
                                                        
                                                   **********************************************
Cet article est également publié sur le site
www.rue89.com , sur lequel vous pouvez réagir...et voter.

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4 janvier 2008 5 04 /01 /janvier /2008 12:01
la--cit--.jpg


Cet excellent article de Henri PENA-RUIZ a été publié dans Le Figaro du 3 janvier 2008

Henri Pena-Ruiz* est philosophe, professeur, écrivain, ancien membre de la Commission Stasi sur l’application du principe de laïcité dans la République. Il est un des initiateurs de l’appel de Gauche Avenir.  


 la--cit---positive.jpgLe récent discours de M. Sarkozy au Vatican est choquant à plus d’un titre. Soutenir, en somme, que la religion mérite un privilège public car elle seule ouvrirait sur le sens profond de la vie humaine, est une profession de foi discriminatoire. Il est regrettable qu’à un tel niveau de responsabilité cinq fautes majeures soient ainsi conjuguées.

 

Une FAUTE MORALE d’abord.

Lisons :«ceux qui ne croient pas doivent être protégés de toute forme d'intolérance et de prosélytisme. Mais un homme qui croit, c'est un homme qui espère. Et l'intérêt de la République, c'est qu'il y ait beaucoup d'hommes et de femmes qui espèrent.» 
     Dénier l’espérance aux humanistes athées est inadmissible. Certes, la liberté de ne pas croire leur est accordée. Mais quel manque de respect pour ceux qui fondent leur dévouement humain sans se référer à un dieu! Ils seront nombreux en France à se sentir blessés. Était-ce bien la peine de rendre hommage au résistant communiste athée Guy Moquet, pour le disqualifier ensuite en lui déniant toute espérance et toute visée du sens ? En fait, Monsieur le Président, vous réduisez indûment la spiritualité à la religion, et la transcendance à la transcendance religieuse. Le jeune héros de la Résistance n’a-t-il pas transcendé la peur de mourir pour défendre la liberté commune ? Quelle espérance a grâce à vos yeux ? Celle d’une monde meilleur ici-bas, ou celle d’un au-delà de compensation aux injustices du monde présent ? Est-ce celle d’un progrès effectif dans ce monde-ci  ou le « supplément d’âme d’un monde sans âme » ?

 

Une FAUTE POLITIQUE.

          Tout se passe comme si Monsieur Sarkozy était incapable de distinguer ses convictions personnelles, relevant de sa sphère privée, et ce qu’il lui est permis de dire publiquement dans l’exercice de ses fonctions, celles d’un président de la République qui se doit de représenter tous les Français à égalité, sans discrimination ni privilège. Comme tel, notre président ne peut s’exprimer publiquement de façon aussi partisane, en simple homme politique. Si un simple fonctionnaire, un professeur par exemple, commettait une telle confusion, il serait à juste titre rappelé au devoir de réserve. Il est regrettable que le chef de l’État ne donne pas l’exemple. Curieux oubli de la déontologie.

 

Une FAUTE JURIDIQUE.

          Dans un état de droit, il n’appartient pas aux tenants du pouvoir politique de hiérarchiser les options spirituelles, et de décerner un privilège à une certaine façon de concevoir  l’accomplissement humain. Kant dénonçait le paternalisme des dirigeants politiques qui infantilisent le peuple en valorisant autoritairement une certaine façon de concevoir sa vie. Majeurs, les citoyens sont assez grands pour savoir ce qu’ils ont à faire, et ils n’ont pas besoin de leçons de spiritualité conforme. La notion de majorité civile n’a-t-elle plus de valeur?

          Lisons : « Dans la transmission des valeurs et dans l'apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l'instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur ». On est surpris d’une telle hiérarchie éthique entre l’instituteur et le curé. L’école de la République a été inventée pour que les êtres humains puissent un jour se passer de maître, en devenant maîtres d’eux-mêmes.

          Grâce à l’instruction, exclusive de tout conditionnement mais non de toute éducation, l’autonomie éthique de chaque personne se fonde sur son autonomie de jugement. Elle n’a donc pas à être jugée inférieure à la direction de conscience religieuse. Étrange spiritualité que celle qui veut assujettir la raison à la croyance et lui dénie tout rôle autonome dans le choix des valeurs ! La critique confuse de l’idéal des Lumières va d’ailleurs de pair avec ce privilège accordé à la foi.

 

Une FAUTE HISTORIQUE.

          L’éloge du christianisme passe sous silence les terribles réalités historiques qui remontent à l’époque où l ‘Église catholique disposait du pouvoir temporel comme de son « bras séculier ».

          L’Occident chrétien peut-il s’enorgueillir du thème religieux du « peuple déïcide » qui déboucha sur un antisémitisme très virulent là où l’Église était puissante ? Peut-on oublier les hérésies noyées dans le sang  et les guerres de religion (3500 morts en un jour à Paris en 1572 lors du massacre de la Saint Barthélémy: autant que lors des attentats islamistes du 11 septembre contre les Twin Towers) ? Les croisades et les bûchers de l’Inquisition (Giordano Bruno brûlé vif en 1600 à  Rome) ? L’Index librorum prohibitorum, et l’anathématisation de la liberté de conscience (Syllabus de 1864)? Quelles racines pour l’Europe ? L’héritage religieux est pour le moins ambigü…

          Quant aux droits de l’homme d’abord proclamés en Europe, ils proviennent de la théorie du droit naturel, elle-même inspirée de l’universalisme stoïcien, et non du christianisme. Si on veut évoquer les racines, il faut les citer toutes, et de façon équitable. Dissocier la religion des crimes historiques qui s’en sont réclamés, et ne pas le faire pour les autres idéaux est injuste. Si Jésus n’est pas responsable de l’inquisiteur Torquemada, pourquoi Marx le serait-il du dictateur Staline ? De grâce, monsieur le Président, ne réécrivez pas l’histoire à sens unique !

 Comment par ailleurs osez-vous parler de la Loi de séparation de l’État et des Églises de 1905 comme d’une sorte de violence faite à la religion, alors qu’elle ne fit qu’émanciper l’État de l’Église et l’Église de l’État ? Abolir les privilèges publics des religions, c’est rappeler que la foi religieuse ne doit engager que les croyants et eux seuls. Est-ce manquer de respect envers la religion que de traiter à égalité toutes les options spirituelles ? Si la promotion de l’égalité est une violence, alors le triptyque républicain en est une.

 

Une FAUTE CULTURELLE.

Toute valorisation unilatérale d’une civilisation  -et de sa religion dominante- risque de déboucher sur une logique de choc des civilisations et de guerre des dieux. Il n’est pas judicieux de revenir ainsi à une conception de la cité qui privilégie un particularisme religieux, au lieu de mettre en valeur les conquêtes du droit, faites souvent à rebours des traditions religieuses, parfois dans le sang et les larmes.

Si l’Europe a une voix audible, ce n’est pas par la valorisation  de ses racines religieuses, mais par la portée universelle de telles conquêtes. La liberté de conscience, l’égalité des droits, l’égalité des sexes, sont des idéaux universalisables. Ils signent non la supériorité d’une culture, mais la valeur exemplaire de luttes qui affranchissent les cultures de leurs préjugés, à commencer par la culture « occidentale ». « Le deuxième sexe » de Simone de Beauvoir pratiquait cette distanciation salutaire pour l’Occident chrétien. Taslima Nasreen fait de même au Bengladesh pour les théocraties islamistes. La culture, entendue comme émancipation du jugement, délivre ainsi des cultures, entendues comme traditions fermées. Assimiler les individus à des groupes particuliers  et ceux-ci à des identités religieuses collectives c’est les détourner de la recherche des droits universels, vecteurs de fraternité comme d’émancipation. Le danger du communautarisme n’est pas loin.

 

La laïcité sans adjectif, ni positive ni négative, ne fut jamais antireligieuse, mais simplement hostile aux privilèges politiques des religions. Elle libère la spiritualité de toute tutelle et vise à la plénitude de l’égalité de traitement, par la République et son président, des athées et des croyants. Telle est la condition de la fraternité, dans la référence au bien commun. Monsieur le Président, le résistant catholique Honoré d’Estienne d’Orves et le résistant athée Guy Moquet, celui qui croyait au ciel et celui qui n’y croyait pas, ne méritent-ils pas même considération ?

 

* Derniers ouvrages parus : « Qu’est-ce que la laïcité ? »(Gallimard) et « Leçons sur le bonheur » (Flammarion)
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26 décembre 2007 3 26 /12 /décembre /2007 11:25

  undefinedL’histoire qui suit n’a rien d’un conte mais tient plutôt du cauchemar. Un cauchemar lourd de conséquences pour l’avenir de notre modèle social.

 

L’origine : Un conflit a opposé la Fédération internationale des travailleurs du Transport (ITF) à une compagnie finlandaise, la Viking Line, qui assure la traversée du golfe de Finlande vers l'Estonie. Viking Line voulait immatriculer un ferry en Estonie pour employer du personnel de bord estonien à des salaires inférieurs à ceux en vigueur en Finlande. 

Le syndicat de l'équipage, l'Union des marins finnois (FSU), s'est alors tourné vers la Fédération internationale des travailleurs des transports (ITF). Celle-ci a adressé une circulaire à tous ses syndicats pour leur demander de ne pas entamer de négociations avec Viking Line, mettant ainsi en échec le projet de délocalisation. 

 

L’arrêt de la Cour de justice européenne : Quand  l'Estonie est devenue membre de l'Union Européenne, Viking Line a saisi la justice britannique (puisque l’ITF a son siège à Londres) pour obtenir le retrait de la circulaire que l’ITF avait envoyée à ses adhérents. C’est alors que la Cour de justice de Luxembourg a fait savoir par un arrêt du 11 décembre 2007 que les actions de ces syndicats « constituent des restrictions à la liberté d'établissement" et qu’elles "ne sauraient être admises que si elles poursuivent un objectif légitime tel que la protection des travailleurs ». La justice britannique doit donc maintenant vérifier si les emplois et les conditions de travail étaient « effectivement compromis ou menacés » par l'emploi du personnel estonien à bas coût... On croit rêver !

 

Les conséquences : Un patron peut donc imposer le retrait d’une circulaire syndicale au motif de « la liberté d’établissement dans l’Union Européenne ». Comment dans ces conditions croire le discours  des leaders européens sur l’importance du fait syndical ?

En réalité, il s’agit dans cette affaire de la même logique que celle de la directive Bolkestein, de l’AMI  et du nouveau traité. On retrouve en effet dans le Traité de Lisbonne un amendement (modifiant l’article 10A)  qui précise que «  l’Union contribue à la suppression progressive des restrictions aux échanges internationaux et aux investissements directs ainsi qu’à la réduction des barrières douanières et autres ».  Ce texte était déjà dans le projet de Constitution et il durcit le traité de Rome dans un sens encore plus libéral, puisque seraient maintenant interdites toutes restrictions aux investissements étrangers directs. C’est l’ultime étape de la liberté totale d’établissement que rien ne doit entraver : ni les choix des Etats, ni leur législation, ni l’action des citoyens ou des syndicats….

Cette Europe n’est certainement pas celle que souhaitent les Français (et à l’évidence pas eux seulement).

Une raison de plus de vouloir que le nouveau traité soit soumis au suffrage populaire par référendum. Sinon, c’est la chance d’une réorientation profonde de l’Europe qui est reportée aux calendes grecques.

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17 décembre 2007 1 17 /12 /décembre /2007 12:08

HLM.jpgDans les cinquante dernières années, plus de 4 millions de logements sociaux ont été construits et abritent pour un loyer moins onéreux que le marché plus de 10 millions de personnes.
Il s'agit donc d'une conquête sociale récente.
Jamais ce fantastique effort n'aurait pu être accompli sans une ressource financière bon marché permettant de bâtir des logements de qualité avec des loyers abordables. 
C'est pourquoi le livret A constitue l'un des piliers du logement social. 
Si l'on compte sur le marché financier pour contribuer à la construction de logements sociaux, parce qu'il est censé être plus "moderne", on s'engage dans une impasse au préjudice de nos concitoyens les plus modestes qui n'arrivent plus à se loger dans le privé. La banalisation du financement du logement social aura sur la durée plusieurs graves conséquences : un accroissement des prix, une inégalité de financement entre organismes et territoires, une faible prise en compte des plus pauvres, moins « solvables », l’absence de continuité et de pérennité d’un haut niveau de ressource garanties.

Lire l'intégralité de la pétition

Les signataires de la présente pétition demandent : 

·
  que la France, par l’intermédiaire de son gouvernement, maintienne son recours à Bruxelles contre la banalisation de la collecte du livret A. Et le mouvement HLM doit lui aussi contester cette décision auprès des institutions communautaires comme partie prenante touchée par les conséquences négatives de cette ouverture à la concurrence.

·  que le Président de la République, le Gouvernement et le Parlement consacrent dans une loi organique la pérennité de la centralisation à la Caisse des dépôts de la collecte du livret A pour soutenir la réalisation de logements sociaux dans des conditions égales partout et pour tous.


Je signe la pétition ! - Les signataires

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7 décembre 2007 5 07 /12 /décembre /2007 19:50
          Train.jpgJe viens de recevoir une réponse de M. Borloo, Ministre de l’écologie, du développement et de l’aménagement durables, à ma lettre concernant le maintien du train Carmaux-Cordes-Paris. 

 

          M. Borloo dit être « sensible aux arguments que je développe » et m’annonce qu’il confie au Préfet de Région, en liaison avec le Ministère des transports et la SNCF, « une mission sur les conditions d’exercice des services nationaux vers la région Midi-Pyrénées ».

 

          Dans ces conditions, je considère que la SNCF se doit de revenir sur sa décision de supprimer ce train, en attendant le résultat de la mission confiée au Préfet de Région.

 

          Ceci est d’autant plus évident que l’article 29 alinéa 2 de la loi du 4 février 1995 impose un moratoire sur toute décision concernant la suppression d’un service aux usagers, tant que la concertation avec les parties prenantes n’a pas eu lieu. Il faut notamment qu’une « étude d’impact » soit élaborée, ce qui n’a pas été le cas. Ces obligations ont été rappelées avec force hier lors de la CDOMSP (commission départementale d’organisation et de modernisation des services publics) de l’Aveyron et elles l'ont été également aujourd’hui lors de la CDOMSP du Tarn, à laquelle j'ai participé.

 

          On va bien voir si le ministère de tutelle a une quelconque influence sur la SNCF, qui semble continuer à ne pas vouloir changer de cap! Quoi qu'il en soit, ce qui vient de se passer montre que l’action persévérante des élus, des associations et des cheminots est utile. Je m’en félicite et je resterai mobilisé, comme je le suis depuis 10 ans sur ce dossier emblématique de la défense d'un service public.

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30 novembre 2007 5 30 /11 /novembre /2007 17:32
Le Conseil municipal de Cordes sur ciel, sur ma proposition, vient de voter une délibération concernant l'attitude de la Commission Européenne par rapport à la mise à disposition de ses services auprès d'une communauté de communes (voir document)
Nous considérons en effet qu'une telle disposition est inacceptable. L'obsession de la concurrence que manifeste Bruxelles en toute occasion devient ici une véritable absurdité et nous souhaitons que le gouvernement français intervienne auprès de la Commission Européenne pour que cette mesure soit rapportée.
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22 novembre 2007 4 22 /11 /novembre /2007 16:20

drapeau-Europe.jpgJe me félicite de voir se constituer le CNR (Comité National pour un Référendum), dont j’ai préconisé la création avec Marie Noëlle Lienemann, signataire comme moi de l’appel de Gauche Avenir (www.gaucheavenir.org) et de la pétition « un référendum pour le nouveau traité européen ».

Il s’agit de répondre à une exigence de démocratie et au souci d’associer le peuple français à la construction européenne, qui doit être fondée sur l’adhésion des peuples et la souveraineté populaire.

Cette initiative heureuse, qui rassemble de nombreuses organisations et personnalités, sera particulièrement utile pour les actions à venir.
                                   Paul Quilès

 

Appel du COMITE  NATIONAL pour un REFERENDUM 
http://www.nousvoulonsunreferendum.eu

 

Un nouveau traité –dit traité de Lisbonne- vient d’être approuvé par les dirigeants européens suite au rejet du projet de traité constitutionnel refusé majoritairement par les Français et les Néerlandais lors des référendums de mai et juin 2005.

 

C’est donc à nouveau le suffrage universel qui doit trancher par référendum.

 

Sur un sujet qui a tant d’influence sur la vie de chacun et l’avenir de la France, l’organisation d’un nouveau référendum est une exigence démocratique majeure pour notre pays. C’est aussi une nécessité pour la construction européenne qui doit être fondée sur l’adhésion des peuples et la souveraineté populaire.

 

Seule une mobilisation sans précédent des citoyens peut obliger le président de la République à organiser un référendum. Il y sera contraint s’il n’obtient pas, début 2008, 3/5 des suffrages exprimés des parlementaires pour la modification préalable de la Constitution française, nécessaire à la ratification du nouveau traité européen. Ainsi les députés et les sénateurs ont le pouvoir d’imposer le référendum, en votantcontre cette révision de notre Constitution.

 

C’est pourquoi des personnalités diverses, les signataires de différents appels déjà lancés sur ce sujet, ont décidé de rassembler leurs efforts au sein d’un Comité National pour un Référendum.

 

Nous appelons en urgence toutes celles et tous ceux qui sont attachés à la démocratie et à une Europe fondée sur l’adhésion des peuples, qu’ils soient pour ou contre ce nouveau traité,à nous rejoindre pour empêcher un déni de démocratie et exiger la tenue d’un référendum.

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21 novembre 2007 3 21 /11 /novembre /2007 16:56
mairie-copie-1.jpgLa Commission européenne veut remettre en cause certaines dispositions du code général des collectivités territoriales français, qui touchent directement à l'autonomie des collectivités territoriales.

La principale de ces remises en cause concerne la possibilité pour une commune de mettre la compétence de ses services à la disposition de l'établissement public de coopération intercommunal (EPCI), dont elle est membre.

La Commission considère que cette mise à disposition, dont les modalités et notamment la rémunération sont fixées par une convention entre la commune et l'EPCI ou le syndicat mixte concerné, revient à attribuer un marché public aux services communaux ou aux services de la collectivité territoriale sans respecter les procédures de mise en concurrence.
Pourtant la mise à disposition des services d’une commune à la communauté de communes dont elle est membre, relève d’une mesure interne de rationalisation administrative et budgétaire. Elle n'a aucune incidence sur le fonctionnement du marché intérieur! De plus, cette mutualisation des moyens humains et matériels des administrations publiques locales permet chaque année une économie substantielle des deniers publics.

Pour ces raisons, je vous invite à signer la pétition lancée par André Laignel (député européen, maire d'Issoudun et secrétaire général de l'association des maires de France).
Cliquez ici
 
 
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17 novembre 2007 6 17 /11 /novembre /2007 10:23


retraites.jpgAlors qu'on tente, avec force communication, de faire passer le message que les employés du secteur public seraient des "favorisés" par rapport aux salariés du privé, cette analyse me semble d'une particulière utilité pour rétablir des vérités et combattre les fausses "évidences" de la propagande.
                          
    *************
            Torchons ou serviettes ?

par Claude Danthony, Maître de conférences de mathématiques à l'École normale supérieure de Lyon

 

Nous avons tous appris à l'école qu'on n'ajoute pas des choux et des carottes ou des torchons et des serviettes. Tout comptable sait que des comparaisons ne sont valables que si elles sont effectuées " à structure comparable ".

Un grand battage médiatique ne cesse actuellement d'opérer une comparaison entre le nombre d'annuités nécessaires pour obtenir une retraite à taux plein, avec 37,5 dans le public et 40 dans le privé et de déduire de ces deux chiffres que c'est inéquitable.

Mais personne ne pense à préciser que le même mot « annuité » correspond à des réalités tellement différentes dans les deux régimes que la comparaison n'a guère de sens.

Autant donc ajouter des torchons et des serviettes !

  

En tant que scientifique, j'ai le devoir, lorsque je compare deux données chiffrées, de commencer par vérifier qu'elles correspondent à la même réalité, par exemple elles sont exprimées dans la même unité.

Sinon, on peut faire dire absolument n'importe quoi aux chiffres.


Le mot " annuité " correspond en fait à un nombre issu de calculs totalement différents dans les deux régimes. En gros :

 

- Dans le public, le nombre d'annuités correspond au temps où l'on occupe effectivement un emploi, au prorata du temps de travail (ainsi, 1 an de travail à mi-temps donne une demi-annuité, 1 an à 80% donne 0,8 annuité, etc.).

 

- Dans le privé, c'est bien plus compliqué. Cela dépend d'abord des sommes perçues : on valide, pour chaque année civile, un nombre de trimestres correspondant au salaire soumis à cotisations dans l'année.

C'est ainsi, pour prendre un exemple, qu'un cadre qui a travaillé 3 mois dans une année civile obtiendra une annuité entière (alors qu'un smicard qui a travaillé 3 mois n'obtiendra lui que 0,5 annuité : est-ce bien équitable ?).

De même, un an de travail à mi-temps compte pour une annuité complète. On rajoute ensuite certaines périodes non travaillées : chômage (en partie), congé parental (sous conditions), etc.

A cela s'ajoutent des bonifications, qui diffèrent totalement entre les deux régimes, dont la bonification pour enfant accordée aux mères (2 ans dans le privé, 1 dans le public)*.

 

En résumé il est parfois plus " facile " d'obtenir des annuités dans le privé que dans le public.

 

Voici un exemple qui montre bien les limites de cette comparaison. Puisque les médias se sont fait l'écho de certains avantages (oubliant les inconvénients) des femmes fonctionnaires mères de 3 enfants, prenons le cas d'une mère de 3 enfants qui décide de travailler 8 ans à mi-temps pour les élever :

 

Ø     Si elle est dans le privé, elle aura une bonification de 6 annuités et les 8 ans à mi-temps compteront pour huit annuités. Pour obtenir une retraite à taux plein (40 annuités), il lui faudra donc obtenir 40-8-6, soit 26 annuités supplémentaires.

 

Ø     Si elle est fonctionnaire, la bonification sera de 3 annuités et les 8 ans à mi-temps compteront pour 4 annuités. Pour obtenir une retraite à taux plein (37,5 annuités), il lui faudra travailler effectivement 30,5 années à plein temps.

 

Est-ce bien équitable ?

 

Tout cela pour dire que comparer le nombre d'annuités nécessaires pour obtenir une retraite à taux plein dans les deux régimes et en déduire que ce serait inéquitable, car 37,5 est inférieur à 40, n'a aucun sens et relève de l'imposture.

 

D'autant plus que la notion de " retraite à taux plein " n'a strictement rien à voir entre les deux régimes et qu'on ne tient pas compte des retraites complémentaires du privé !

 

Un jour où j'avais pris un énarque en flagrant délit de comparaison de chiffres incomparables, il m'avait répondu : " D'accord, mais vous, vous vous intéressez au sujet. Pour les gens, il faut des idées simples !".

 

Je ne voudrais pas que l'opinion publique soit convaincue que les fonctionnaires seraient des privilégiés du simple fait que les médias colportent une idée aussi simple qu'inexacte.


II n'empêche que cette stratégie de dresser le privé contre le public, sur la base d'une " idée simple ", permet de faire passer au second plan certaines réalités:

 

Ø     Elle permet d'oublier que la réforme Balladur de 1993, en augmentant la durée de cotisation de 37,5 à 40 ans (là on peut comparer les données puisque c'est le même régime), mais surtout par l'introduction de la décote et l'allongement de la période de référence, a déjà diminué et surtout va encore dégrader fortement les retraites du privé.

 

Ø     Elle permet de faire passer au second plan que la réforme ne concerne pas les seuls fonctionnaires, puisque l'on va passer pour tous, de 40 annuités en 2008 à environ 42 en 2020. C'est faire oublier un des principes de ce projet de loi, qui me pose personnellement problème: alors que depuis le dix-neuvième siècle, l'augmentation de la richesse de la France (et des pays riches) est allée de pair avec une diminution phénoménale de la part de sa vie qu'une personne consacre à travailler, le projet revient sur l'Histoire, en décidant que désormais, sur une vie, la proportion du temps consacrée au travail ne devra plus diminuer. J'entends d'ailleurs tous les jours dans les médias des personnes me dire sur un ton docte et péremptoire: " il faut que les Français comprennent qu'il faut travailler plus ". Soit, ils ont peut-être raison. Mais dans la mesure où une telle affirmation est contraire à ce qui s'est passé dans les 150 dernières années, je considère, en tant que scientifique, qu'ils doivent justifier leurs affirmations. Or je n'ai jamais entendu personne me donner un véritable argument selon lequel nous serions vraiment aujourd'hui dans une situation nouvelle justifiant une inversion du phénomène historique, c'est-à-dire une augmentation du temps de travail.

 

Ø      Elle permet de faire oublier que ce projet est un choix politique de faire supporter aux seuls salariés actuels (pas aux employeurs ou à l'impôt) le coût de l'augmentation de l'espérance de vie, en justifiant cela par une nouvelle " idée simple ". On nous répète qu'il n'y aurait pas d'autre choix, ce qui est bien sûr faux.

 

Ø     Surtout, cela permet d'occulter le fait que les inégalités au sein du privé sont bien plus criantes qu'entre le privé et le public. Dans le privé, tout va dépendre de la convention collective, de la taille de l'entreprise ou encore du temps partiel subi ou choisi. Vaut-il mieux être employé à temps partiel subi d'une PME du nettoyage ou à temps plein d'une grande entreprise, avec un accord 35 heures, un CE et une convention collective très favorables ?

 


* Vous pensez peut-être que ce projet, qui se veut équitable, va revenir sur cette différence ? Détrompez-vous:s'il instaure une validation des périodes de congé parental, le projet supprime purement et simplement la bonification d'un an des femmes fonctionnaires, pour les enfants nés après le 1er janvier 2004 !

Mais la suite parait claire : si ce projet passe, vous entendrez dire dans quelques années à la télévision : " Dans le privé, il y a une bonification de 2 ans par enfant qui n'existe pas pour les fonctionnaires, c’est inéquitable ". Et on supprimera la bonification des mamans du privé ! 

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15 novembre 2007 4 15 /11 /novembre /2007 23:56

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Comment ne pas parler de cynisme en effet, lorsqu'on lit
l'extraordinaire aveu de N. Sarkozy rapporté par Bruno Waterfield, le correspondant à Bruxelles du quotidien britannique The Telegraph*! 
Celui-ci révèle en effet que N. Sarkozy, devant un groupe de parlementaires européens réunis à huis-clos, a expliqué que « des référendums sur le nouveau traité européen étaient ‘dangereux’ et perdants en France, en Angleterre et dans d’autres pays. Il y a un gouffre entre les peuples et les gouvernements »

Parlant du référendum du 29 mai 2005, le Président français a considéré que « La France n’était qu’en avance sur les autres pays dans son vote pour le NON. ». Et il a ajouté: « La même chose arriverait dans tous les Etats membres si un référendum y était organisé.......Un référendum aujourd’hui mettrait l’Europe en danger. Il n’y aura pas de traité si un référendum a lieu en France, et il en va de même pour un référendum au Royaume-Uni. »

On comprend mieux alors pourquoi N. Sarkozy, qui considère que le peuple est "dangereux",
refuse d'organiser le référendum! On comprend moins comment cette opinion, véritable déni de démocratie, peut être partagée par certains responsables de gauche.......

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dont Paul Quilès est le maire
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 Avant de venir à Cordes, consultez:

     * site de l'Office du tourisme 

     * site de la mairie     

Bibliographie

- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  
- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu)
- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff )

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï)
-
1992: Nous vivons une époque intéressante
- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez