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11 février 2016 4 11 /02 /février /2016 18:31

      L’appel à organiser des primaires de la gauche en vue de l’élection présidentielle de 2017, lancé le 11 janvier 2016, ne m’avait pas convaincu. Je m’en étais entretenu avec mon ami Rémi Lefebvre, professeur de science politique, chercheur au CNRS et bon connaisseur de notre système institutionnel.

 

      Nous étions convenus qu’il était « contradictoire de dénoncer en même temps le fait du prince qui découle de la présidentialisation et de proposer une procédure qui renforce la présidentialisation. »


      En réalité, disions-nous, « les primaires entérinent et accélèrent avant tout une logique de personnalisation et favorisent les postures tactiques. Elles n’ont pas la capacité mécanique de raviver le débat citoyen. Elles renforcent la logique présidentialiste et bi-polarisante de la Ve République. A plus long terme, elles favorisent la dépolitisation, la personnalisation et la dramatisation artificielle de la vie politique. La seule façon de ne pas tomber dans ces travers consiste à appeler préalablement l’ensemble de la gauche à poser comme condition de son soutien à un candidat l’engagement de modifier en profondeur les institutions. »

 

      Tel ne semble pas être le cas. C’est ce que fait remarquer Rémi Lefebvre dans cette excellente tribune publiée aujourd'hui dans Le Monde, que j’approuve totalement et dont je vous invite à prendre connaissance.

 

************************************************

La primaire à gauche est un leurre

 

      Le projet de primaire en dit long sur l’impasse de la gauche, son désarroi actuel et sa désorientation stratégique. Le texte d’appel paru dans Libération le 11 janvier prend acte de la situation de blocage dans laquelle s’est enferrée la gauche.Fragmentée à outrance, défaite idéologiquement, démobilisée politiquement, celle-ci risque de se fracasser sur le premier tour de l’élection présidentielle dans un an et demi.

 

      Les défaites cuisantes aux élections intermédiaires depuis 2012 n’ont en rien contrarié une droitisation de l’exécutif de plus en plus assumée. Pire, la candidature de François Hollande, pourtant largement disqualifiée dans l’opinion, apparaît de plus en plus incontournable pour 2017. Les appels au "vote utile" face au double péril extrémiste et terroriste se font déjà entendre. Le levier de la primaire apparaît comme une réponse à cette impuissance systémique. Atomisée, la gauche en vient à se raccrocher à une procédure qui, sous couvert de déverrouiller la situation, ne peut que renforcer à terme les maux qu’elle dénonce et la présidentialisation mortifère du jeu politique.


      Les termes du débat sur la primaire ont changé depuis 2009 lorsque Libération, Terra Nova et Arnaud Montebourg avaient lancé l’offensive pourune primaire socialiste. On lui prêtait alors des pouvoirs magiques, celui de réenchanter la politique, de renouveler le personnel politique ou  de dépasser les partis. Le succès démocratique de la procédure de 2011 au PS et la victoire de François Hollande ont en quelque sorte validé l’efficacité électorale de ce processus, à tel point que même la droite, qui lui était pourtant hostile, s’y est ralliée.


      Depuis 2012, l’image de la primaire a pourtant changé. La clôture autistique du jeu politique est plus forte que jamais. Le président de la République, adoubé par trois millions de sympathisants à la primaire, lors de ce scrutin, s’est révélé au pouvoir émancipé de toute tutelle partisane et parlementaire et impose au « peuple de gauche » et à ses partis une politique dans laquelle ils ne se retrouvent pas et qui n’obtient aucun résultat. La plupart des commentateurs conviennent désormais que cette procédure de désignation contribue à exacerber encore la personnalisation de la politique et l’hystérie présidentialiste du débat public, renforcées par le quinquennat et l’inversion du calendrier présidentiel. En accord avec l’imaginaire providentialiste du régime de la Ve République, la primaire n’est qu’une manière de réguler la concurrence des ambitions personnelles qu’elle légitime et banalise, ce faisant.


      Le dernier appel de Libération prend en compte ces limites, mais pèche par quelques naïvetés. Selon les signataires, la primaire pourrait être une machine à débattre et faire prévaloir la logique des idées et des projets alternatifs. La primaire a certes tranché des débats idéologiques en 2011. Mais cet arbitrage constitue-t-il une garantie dans le régime présidentialiste ? Rien n’est moins sûr. Le processus a un peu plus encore affranchi de son parti le président en exercice. La ligne sociale-libérale de Manuel Valls, largement désavouée par les sympathisants (5 % des suffrages), est devenue la colonne vertébrale de la politique gouvernementale. Comment croire ainsi à une primaire qui débouche sur « une coalition de projet et un contrat de gouvernement » et qui soit avant tout « un temps de débat et d’intelligence collective » ?


Une situation cruelle


      La primaire relève de la démocratie représentative, pas de la démocratie participative. Sa vocation est bien de désigner un homme ou une femme pour être candidat et le consacrer comme tel. Pour neutraliser a priori ces effets, les partisans de la primaire auraient pu imposer aux candidats de s’engager, si l’un d’entre eux était élu, à remettre en cause les institutions. Mais il n’y a pas de consensus à gauche sur la question institutionnelle, d’ailleurs jugée peu prioritaire, voire accessoire. Une primaire désignant un « candidat collectif », au crédit personnel démonétisé, paraît quant à elle peu vraisemblable.


      Pour la gauche, la situation est d’autant plus cruelle que la stratégie de la primaire apparaît à la fois comme la seule possible à court terme,compte tenu des règles institutionnelles, et pourtant comme une perspective très improbable. La primaire de 2011 a été le résultat d’un débat interne au PS particulièrement âpre (la plupart des dirigeants socialistes y étaient au départ hostiles). Le projet pour 2016 est beaucoup plus ambitieux encore puisque, dans le contexte de la montée de l’extrême droite, il s’agit de convaincre l’ensemble des partis de gauche de désigner un candidat commun alors que l’élection présidentielle constitue une vitrine médiatique essentielle pour chacun d’entre eux. Les signataires de l’appel du 11 janvier cherchent à contourner et à court-circuiter les partis, mais ces derniers restent les maîtres du jeu. Les prises de position sur la primaire sont surdéterminées par arrière-pensées tactiques, mauvaise foi et coups de bluff qui ne trompent personne mais plombent la démarche. Le projet de la primaire rassemble essentiellement les adversaires François Hollande.


Ce serait « déchoir »


      Jean-Christophe Cambadélis, dont la mission depuis 2014 est de sécuriser la candidature du chef de l’Etat, pose comme condition la participation de Jean-Luc Mélenchon et cherche à temporiser avec les contre-feux de «l’alliance populaire » ou des « cahiers de la présidentielle ». Il prévient aussi : ce serait « déchoir » que d’exposer le monarque républicain à la procédure de la primaire à laquelle l’ex-président Nicolas Sarkozy a pourtant finalement accepté de participer à droite.


      Le calendrier joue pour le patron du PS : si la primaire n’est pas rapidement décidée, elle est de fait vouée à l’échec puisqu’elle demande une logistique importante. Jean-Luc Mélenchon, autoproclamé « sauveur » irremplaçable de la gauche, se refuse quant à lui à une procédure qui pourrait l’« abîmer » et dont il récuse les règles du jeu. Il a peut-être pourtant plus de chance de battre François Hollande lors d’une primaire qu’à l’issue du premier tour de l’élection présidentielle. Les « frondeurs » du PS, plutôt réticents sur la primaire en 2009, s’y sont ralliés par pragmatisme, s’appuyant sur ce dernier levier que le PS leur laisse pour contester la légitimité du président et imposer un «inventaire ». Cécile Duflot, qui se prépare depuis des mois à une candidature, y voit une manière de se réinscrire dans la course présidentielle alors que son parti est en charpie…

 

Un socle idéologique minimal


      Pour que les appareils cèdent, les partisans de la primaire jouent « le peuple de gauche » contre les partis. Mais quelle est au juste la demande sociale d’une primaire dans l’opinion dans un contexte de crise sociale sans précédent ? La cause de la primaire, procédure complexe, encore nouvelle et centrée sur le jeu politique, ne peut mobiliser que des franges politisées de la société. C’est ainsi la partie la plus diplômée de l’électorat de gauche qui a participé à la primaire de 2011. Thomas Piketty peut objecter que le nombre de signataires de l’appel (plus de 70000 à ce jour) avoisine à peu près le nombre de militants socialistes, c’est encore bien peu.

      On fait en définitive jouer un rôle à la primaire qu’elle peut difficilement assumer. Pour être viable, la procédure suppose le partage d’un socle idéologique minimal. Lui seul garantit que les perdants ne se renient pas en se ralliant au gagnant. Avec la droitisation du PS, la polarisation idéologique de la gauche s’est tellement renforcée qu’un périmètre de la primaire de « Macron à Mélenchon » est la meilleure manière de compromettre la démarche. Le projet de la primaire achoppe en somme sur les divisions de la gauche qu’elles sont censées surmonter et purger.


      A ce stade, l’hypothèse la plus probable est une primaire des partis à la gauche du PS, mais la question du leadership au sein de cet espace politique ne se posera pas avec moins d’acuité. Alors que faire ? Le rebond de la gauche ne pourra venir que d’une recomposition de ses frontières partisanes, d’une clarification idéologique et d’une repolitisation de la société. Cet agenda dépasse la prochaine échéance présidentielle.


Rémi Lefebvre est l’auteur du livre Les Primaires socialistes, la fin du parti militant (Raisons d’agir, 2011) et, avec Frédéric Sawicki, de La Société des socialistes. Le PS aujourd’hui (Editions du croquant, 2006). Il est aussi conseiller municipal (PS) à Hellemmes, commune associée à Lille.

La primaire à gauche est un leurre
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5 février 2016 5 05 /02 /février /2016 11:07
C'est Badinter qui le dit!

N'oubliez pas de lire la déclaration de Robert Badinter

 

ce matin dans Le Monde au sujet de la déchéance de nationalité:

 

 "Une révision constitutionnelle n'est pas nécessaire"

 

Dommage qu'on ne l'ait pas entendu plus tôt...

 

."On", c'est à dire: F.Hollande, M.Valls, les parlementaires, le PS.

 

Dommage aussi qu'il n'y ait eu aucune réaction

 

à ce que nous disions ici il y a plus d'un mois:

 

Déchéance

Quiz sur la déchéance

Adresse à François Hollande

Des Français s'adressent au Président

Mesdames et Messieurs les parlementaires, à vous de décider

 

Déchéance de nationalité : « une révision constitutionnelle n’est pas nécessaire », pour Badinter


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/02/05/decheance-de-nationalite-pour-robert-badinter-une-revision-constitutionnelle-n-est-pas-necessaire_4859815_3232.html#LyeoX38SwgPB38P6.99

C'est Badinter qui le dit!
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2 février 2016 2 02 /02 /février /2016 09:19
Jurassique?

      Le débat sur la déchéance de nationalité va venir devant le Parlement dans les prochains jours. Cela fait des semaines que ce sujet empoisonne la vie politique, en créant le trouble dans au moins trois domaines:

 

      - juridique: les affrontements entre juristes sur les différents thèmes soulevés (bi-nationalité, rôle de la Constitution, validité des traités internationaux .....) sont incompréhensibles de la plupart des Français, ce qui conduit souvent à des affirmations simplistes et démagogiques; Lire par exemple cette analyse.

 

      - politique: quelle est l'utilité de lancer un tel débat à partir d'une thématique qui fait la part belle à des idées traditionnellement portées par une partie de la droite et par l'extrême droite?

 

     - lutte anti-terroriste: personne ne conteste que l'introduction de cette disposition dans la Constitution n'aura strictement aucun effet dissuasif sur d'éventuels terroristes.

 

      Le simple bon sens (eh oui, ça existe parfois!) devrait commander d'en finir rapidement avec ces controverses délétères, par exemple comme  je l'ai proposé il y a plus d'un mois

 

**********************

     Et, comme il ne faut pas tout prendre au sérieux.....voici ma réponse à ce petit billet publié il y a quelques jours par Libération.

 

" Quand un proche de Valls moque le «Jurassic Park» des opposants à la déchéance

Pierre Joxe, Jack Lang, Jean Glavany, Paul Quilès… A l’exception de Robert Badinter, qui préfère garder le silence pour ne pas dire des choses désobligeantes, le ban et l’arrière-ban des anciens proches de François Mitterrand ont donné de la voix contre la déchéance de nationalité. Ce qui n’inquiète pas franchement l’entourage de Manuel Valls, qui estime représenter le PS moderne. «A un moment le Jurassic Park de la gauche passéiste doit passer la main», lâche un proche du Premier ministre."

__________________

 

      Ma réponseUn coup d’oeil aux ères géologiques permet de constater que les mamifères sont apparus il y a environ 200 millions d’années (à l’époque du Jurassique), tandis que les invertébrés à coquille datent d’il y a 560 millions d’années.

 

      Je me sens donc plus moderne comme mammifère que certains invertébrés à coquille....qui se reconnaitront eux mêmes!! 

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10 janvier 2016 7 10 /01 /janvier /2016 18:20
Invité de TV5MONDE/RFI/Le Monde

    J’ai été l’invité de l’émission « Internationales » 

 

de TV5MONDE et de RFI

 

en partenariat avec Le Monde 

 

VISIONNER  ou   ECOUTER   (durée : 52 minutes)

 

      Présentation : Philippe Dessaint (TV5MONDE),

 

Sophie Malibeaux (RFI), Philippe Ricard ("Le Monde").

 

      « Il y a 20 ans, l'ancien président français s'éteignait à Paris. Paul Quilès fut ministre dans ses gouvernements successifs pendant 10 ans, notamment en charge de la Défense et de l'Intérieur. Il reviendra sur la personnalité de François Mitterrand, sur son parcours et son héritage politique. Il commentera les mesures annoncées par François Hollande après les attentats de Paris. Nous parlerons également des récents essais nucléaires de la Corée du Nord…. »

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5 janvier 2016 2 05 /01 /janvier /2016 09:43
Déchéance de la nationalité: en finir rapidement!
        Il faut en finir avec cet imbroglio qui empoisonne la vie publique et les débats dans le monde politico-médiatique en ce moment. Cela ne peut pas continuer ainsi pendant plus d’un mois encore, alors que de si nombreuses urgences s’imposent aux décideurs politiques.
 
       Il faut demander au Président de la République et surtout aux parlementaires (la France est une démocratie et il y a des règles, même sous la Vème République!) d’agir vite. 
 
     Une proposition simple permettrait d’éviter de toucher à la Constitution avec des considérations qui n’ont rien à y faire et qui divisent les Français.
 
     C’est ce que propose la pétition
que vous pouvez signer ICI.
 
 

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3 janvier 2016 7 03 /01 /janvier /2016 12:47
Mesdames et Messieurs les parlementaires, à vous de décider !

      C’est maintenant aux parlementaires de débattre et d’agir, puisque le Président de la République, dans ses vœux pour 2016, a indiqué qu’il y aurait un débat sur la déchéance de la nationalité avant le vote qui interviendra début février.

 

      Tant mieux, encore qu’on puisse regretter que l’annonce d’inclure la déchéance de la nationalité pour les binationaux dans la Constitution ait été faite dans la précipitation et dans le climat d’immense émotion qui a suivi la tuerie du Bataclan.

 

     Je le répète, quand on souhaite l’unité nationale, on ne doit pas créer des clivages entre les Français et donner le sentiment qu’il existe des catégories de citoyens traités différemment selon qu’ils sont binationaux ou pas. On ne doit pas prétendre, comme le Premier ministre, qu’ « une partie de la gauche s’égare au nom de grandes valeurs ». Je veux croire qu’il ne s’agit que d’une maladresse.

 

Le rôle du Parlement

 

     Aux parlementaires de se saisir rapidement du dossier avant le vote du projet de loi constitutionnelle début février.

 

     A eux de dire si cette mesure est opportune, alors que, de l’avis général (et pas seulement celui des spécialistes de la lutte anti-terroriste), son efficacité en termes de dissuasion contre le terrorisme serait nulle.

 

     A eux d’étudier l’état de la Constitution, qui traite déjà de la nationalité (l’article 36 définit l’objet de la loi, qui « fixe les règles concernant la nationalité..»), ainsi que le contenu des articles 25 et 23 du Code civil, qui précisent certains cas de déchéance de la nationalité.

 

     Ils s’apercevront que l’avis du Conseil d’Etat sur le projet de réforme de la Constitution présenté par le gouvernement parle d’« effet très limité ».

 

     Ils pourront s’inspirer de la proposition de l’ « adresse au Président de la République » et, sans modifier la Constitution,  réécrire l’article 23-7 du Code civil*, pour l’adapter aux besoins actuels de la lutte contre le terrorisme et la sécurité des citoyens.

 

Les sondages

 

     Ils sauront, je l’espère, relativiser les résultats de sondages d’opinion, réalisés « à chaud », sans le minimum d’information préalable, sans débat contradictoire et dont malheureusement les réponses sont conditionnées par les questions !

 

     On ne gouverne pas la France avec les sondages. Je me souviens comment François Mitterrand avait expliqué courageusement le 16 mars 1981 (émission télévisée « Cartes sur table ») qu’il proposerait l’abolition de la peine de mort s’il était élu, malgré l’avis contraire des Français exprimé par les sondages. Et il l’a fait !

 

S’attaquer aux vrais problèmes

 

    Il faut en finir avec cet imbroglio fait de controverses, d’inquiétudes, d’interrogations liées à l’annonce du gouvernement et sortir d’un climat qui n’est pas sain, parce qu’il crée un clivage, qui peut alimenter le populisme, entre ceux qui suivent les méandres complexes du droit et ceux qui en restent à une vision sommaire de la question (limitée au châtiment des terroristes).

 

     La querelle a enfin une conséquence néfaste. Elle fait perdre du temps et de l’énergie à la communauté nationale, alors que d’autres urgences doivent mobiliser le pays : la lutte effective et efficace contre le terrorisme (qu’il ne faut pas confondre avec la guerre, menée, elle, au Moyen Orient), le combat contre le chômage, la mise en œuvre des mesures de lutte contre le réchauffement climatique…..

 

******

     Je suis intervenu brièvement ce matin sur France Inter à ce sujet :

 

     http://www.franceinter.fr/emission-linterview-politique-paul-quiles

 

******

* Article qui dit actuellement : « Le Français qui se comporte en fait comme le national d’un pays étranger, peut, s’il a la nationalité de ce pays, être déclaré….avoir perdu la qualité de Français »

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31 décembre 2015 4 31 /12 /décembre /2015 19:29
Des Français s'adressent au Président

En attendant les voeux du Président, des Français qui ont signé

'l'adresse au Président de la République

lui ont envoyé les leurs. 

Voici quelques extraits,

rassemblés sur la page Facebook de Christine Tabouret:


- Je signe parce que je suis pour l'égalité entre les citoyens. Le fondement de notre République c'est l'égalité. 


- Je voudrais que F Hollande pour lequel j'ai voté comme socialiste en 2012 arrête dans tous les domaines d'écouter les sirènes de l'extrême droite. Il a tout un arsenal à sa disposition pour lutter contre le terrorisme. Qu'il s'occupe plutôt du chômage qu'il favorise 


- Je signe parce que je suis fils et petit fils de réfugiés politiques espagnols. Je signe parce que j'ai la déclaration d'attribution de la nationalité française, que mes grands-parents conservaient si précieusement chez eux


- Je signe cette pétition, parce que, pour moi, la nationalité, c'est comme la République, elle est une et indivisible. Il ne peut y avoir deux catégories de citoyens.


- On ne joue pas avec la Constitution garante des nos valeurs. 


- En vous donnant ma voix au 2ème tour en 2012, je n'aurais jamais imaginé que vous en feriez un tel usage.


- Je signe cette pétition tout simplement parce que dans la devise de la République "Liberté, Egalité, Fraternité", il y a "Egalité". Aussi, deux citoyens nés en France ne peuvent être traités différemment, binational ou non. 


- Parce que promouvoir "le vivre ensemble" sera toujours préférable aux actions pouvant développer division et rejet.


- La constitutionnalisation d'un texte créant une sous-catégorie de citoyens français est dangereuse pour l'avenir.


Retrouvez tous les messages laissés sur

"l'adresse au Président de la République",

que je vous invite à signer. 

 
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30 décembre 2015 3 30 /12 /décembre /2015 09:31
Monsieur le Président, réformez la déchéance de nationalité sans toucher à la Constitution
 

 
J’ai pris l’initiative de rédiger cette “adresse” au Président de la République pour proposer une voie de sortie de l’imbroglio actuel.
 
Le projet envisagé suscite en effet interrogations, inquiétudes et controverses, qui ne sont pas sans fondements.
 

Il comporte des risques non négligeables d'amplifier un climat de division entre les Français, voire de créer des fractures.

 

Il ouvrirait la porte à des extensions dangereuses, déjà demandées par l'extrême-droite "pour aller beaucoup plus loin". 

 

Soutenez la demande faite au Président dans cette “adresse”, qui consiste à ce que, “sans modifier la Constitution ni remettre en cause le droit du sol, le Parlement réécrive l'article 23-7 du code civil afin de l’adapter aux besoins actuels de la lutte contre le terrorisme et à la sécurité des citoyens.”

 

         Paul Quilès

 

                          Signez l’adresse au Président de la République

 

*****

    Adresse à Monsieur le Président de la République 

Après l'émotion suscitée par les récents attentats qui ont meurtri les Français, le gouvernement a exercé sa pleine responsabilité en cherchant à réviser notre droit pour le rendre plus efficace dans la lutte contre le terrorisme international.  

Le 16 novembre dernier, vous avez annoncé devant le Parlement réuni en Congrès à Versailles votre souhait de "pouvoir déchoir de sa nationalité française un individu condamné pour une atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation ou un acte de terrorisme, même s'il est né Français". 

Le 23 décembre, par la voix de votre Premier ministre, le gouvernement a annoncé qu'il allait "proposer au Congrès d'inscrire dans la Constitution, à l'occasion d'une révision, la déchéance de nationalité pour les binationaux, impliqués dans les affaires de terrorisme"

Ce projet suscite interrogations, inquiétudes et controverses, qui ne sont pas sans fondements et il comporte des risques non négligeables d'amplifier un climat de division entre les Français, voire de créer des fractures. Il ouvrirait la porte à des extensions dangereuses, déjà demandées par l'extrême-droite "pour aller beaucoup plus loin"

C’est pourquoi, nous souhaitons nous faire les porte-parole de tous les Français : 

- qui ne s’opposent pas au principe de la déchéance de nationalité, qui existe dans notre code civil depuis 1938 et a déjà été appliqué à de nombreuses reprises ; 

- qui s’opposent à l’inscription dans la Constitution d’un projet de réforme de la nationalité qui constituerait une rupture d'égalité contredisant l'article premier du texte fondateur de notre République, proclamée "indivisible", et créerait des catégories de citoyens traités différemment selon qu'ils sont binationaux ou pas. 

C’est dans cet esprit que nous nous adressons à vous pour que, sans modifier la Constitution ni remettre en cause le droit du sol, le Parlement réécrive l'article 23-7 du code civil afin de l’adapter aux besoins actuels de la lutte contre le terrorisme et à la sécurité des citoyens.

Adresse à François Hollande
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27 décembre 2015 7 27 /12 /décembre /2015 22:30

 

Qui a dit?

 

Texte 1- "Tous les Français sont égaux devant la loi quelle que soit leur origine". "L'article premier de la Constitution dit que (...) la France assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine".

 

Concernant d'éventuelles mesures de déchéance de la naturalisation française envisagées par l'exécutif, l’auteur estime qu'"on veut faire des discriminations contre les Français au regard de mêmes crimes, de même infractions, selon l'origine de la personne, selon les modalités d'acquisition de la nationalité française". "C'est contraire à l'esprit républicain et c'est une faute politique" (....)

 

Texte 2- Le Président de la République  et le gouvernement manient des sujets "dangereux", dans le seul but de "faire de la communication". Ils ont voulu provoquer "une polémique, parce que la polémique est le meilleur moyen de faire de la communication, de ressouder ce qu'on croit être son camp autour de soi lorsque les sondages fléchissent"

 

"Malheureusement, cette polémique elle est faite sur des sujets dangereux pour la France, parce qu'autant il est juste, légitime et nécessaire d'avoir en matière de sécurité une démarche qui soit une démarche intransigeante, forte et juste, autant essayer de tracer un signe égal entre immigration et insécurité, entre immigration et délinquance, évidemment c'est rendre au pays un très mauvais service et c'est à mon sens déstabiliser et rendre plus dangereuse encore la société française"
 

Texte 3- "Je vois mal qu'en cette période, on change la Constitution pour faire adopter un tel texte qui serait manifestement en contradiction avec les principes constitutionnels d'égalité des citoyens"

 

Texte 4- «En proposant d’étendre les possibilités de déchéance de la nationalité française à de nouvelles catégories de citoyens, un cap dangereux a été franchi. (….)

 

Sous le faux prétexte d’assurer la sécurité des Français,  le pouvoir tend en fait à imposer une idée aussi simple que malhonnête: les problèmes de notre société seraient le fait des étrangers et des Français d’origine étrangère. De tels propos, relayés et amplifiés jusqu’à la nausée  par nombre de responsables politiques poursuivent une lente mais sure dérive (…)

 

Ces propos constituent une atteinte intolérable aux principes constitutifs de la Nation. Pour nous, la Nation, ce n’est pas la recherche  frénétique de la mise au ban de citoyens. C’est tout au contraire l’affirmation  de la légitimité de tous à participer en pleine égalité aux choix publics. Pour nous, la Nation, ce n’est pas l’utilisation des étrangers comme boucs émissaires afin de masquer le marasme économique et  social de notre pays. C’est tout au contraire l’attachement à un traitement digne et égal de tous. (….)

 

Non à l’extension des possibilités de déchéance de  nationalité ! "

 

Les réponses :

 

Ces 4 textes datent de l’été 2010, lorsque le Président de la République, Nicolas Sarkozy, proposait  l'extension des possibilités de déchéance de la nationalité française.

 

Et vous avez certainement reconnu les auteurs ou les signataires de ces textes !

 

Texte 1 : Robert Badinter

 

Texte 2 : François Bayrou

 

Texte 3 : Jack Lang

 

Texte 4 : François Hollande, Manuel Valls, Christiane Taubira, Myriam El Khomri, Laurent Fabius, George Pau Langevin, Claude Bartolone, Bruno Leroux, qui figuraient parmi les premiers signataires de cet appel contre l'extension des possibilités de déchéance de la nationalité française.

 

Et la preuve en images!

 

regardez ces archives

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26 décembre 2015 6 26 /12 /décembre /2015 20:07
Déchéance…

     Déchéance: que ce mot est laid ! Quelle que soit son utilisation, il suggère, d’après le dictionnaire,  la dégradation, l’abaissement, la décrépitude….On n’en parlait pas beaucoup jusqu’ici, alors que la déchéance de nationalité existe dans notre arsenal judiciaire, pour certains cas bien limités. L’inscrire dans la Constitution pour les binationaux nés en France et coupables d’actes de terrorisme créerait de facto deux catégories de citoyens français.

 

     Il est donc compréhensible que la décision du Président de la République interpelle tous ceux qui se demandent pourquoi celui-ci, élu par une majorité de voix de gauche, vient contredire avec cette mesure une valeur –le droit du sol- qui fait partie de l’ADN de la gauche.

 

      Ils ne comprennent pas pourquoi il prend le risque de donner des gages à ceux qui, à l’extrême droite et même à droite, n’hésitent jamais à pousser à la division des Français et qui, depuis quelques jours, applaudissent bruyamment l’annonce présidentielle.

 

      Nombre de Français, sensibles à l’appel, réitéré à la suite des récents attentats, à la défense de la République, ne comprennent pas non plus cette attaque contre un de ses symboles.

 

     Alors, pourquoi une telle décision ? A-t-on besoin de la menace de déchéance de la nationalité française pour dissuader un terroriste de perpétrer un attentat ? Personne ne le croit un seul instant, pas plus l’initiateur du projet que les spécialistes de l’anti-terrorisme ou simplement les citoyens dotés de bon sens. D’autres mesures, autrement plus efficaces, sont indispensables ; elles concernent le renseignement, les forces de sécurité, la coopération internationale, l’attaque du "mal" à la racine….autant de domaines dans lesquels des actions ont justement été entreprises.

 

      Ce constat et ce questionnement conduisent inévitablement à penser qu’au-delà du discours officiel, peu crédible, la décision répond à d’autres considérations, d’une autre nature….. Il pourrait s’agir de contraindre les parlementaires de gauche à voter positivement au Congrès de Versailles (où la majorité des 3/5èmes est requise), sous la menace d’un référendum. Cette opération ne serait pas sans risque, car l’opposition ne se priverait pas d’en dénoncer le caractère tactique.

 

      Et, si l’objectif était –ce que certains commentateurs suggèrent- une tentative de "triangulation" en vue de la prochaine élection présidentielle, il ne faudrait pas oublier que « les électeurs préfèrent l’original à la copie ». Attention, jeu dangereux !

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Published by Paul Quilès - dans Politique française
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Bibliographie

- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  
- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu)
- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff )

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï)
-
1992: Nous vivons une époque intéressante
- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez