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31 décembre 2015 4 31 /12 /décembre /2015 19:29
Des Français s'adressent au Président

En attendant les voeux du Président, des Français qui ont signé

'l'adresse au Président de la République

lui ont envoyé les leurs. 

Voici quelques extraits,

rassemblés sur la page Facebook de Christine Tabouret:


- Je signe parce que je suis pour l'égalité entre les citoyens. Le fondement de notre République c'est l'égalité. 


- Je voudrais que F Hollande pour lequel j'ai voté comme socialiste en 2012 arrête dans tous les domaines d'écouter les sirènes de l'extrême droite. Il a tout un arsenal à sa disposition pour lutter contre le terrorisme. Qu'il s'occupe plutôt du chômage qu'il favorise 


- Je signe parce que je suis fils et petit fils de réfugiés politiques espagnols. Je signe parce que j'ai la déclaration d'attribution de la nationalité française, que mes grands-parents conservaient si précieusement chez eux


- Je signe cette pétition, parce que, pour moi, la nationalité, c'est comme la République, elle est une et indivisible. Il ne peut y avoir deux catégories de citoyens.


- On ne joue pas avec la Constitution garante des nos valeurs. 


- En vous donnant ma voix au 2ème tour en 2012, je n'aurais jamais imaginé que vous en feriez un tel usage.


- Je signe cette pétition tout simplement parce que dans la devise de la République "Liberté, Egalité, Fraternité", il y a "Egalité". Aussi, deux citoyens nés en France ne peuvent être traités différemment, binational ou non. 


- Parce que promouvoir "le vivre ensemble" sera toujours préférable aux actions pouvant développer division et rejet.


- La constitutionnalisation d'un texte créant une sous-catégorie de citoyens français est dangereuse pour l'avenir.


Retrouvez tous les messages laissés sur

"l'adresse au Président de la République",

que je vous invite à signer. 

 
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30 décembre 2015 3 30 /12 /décembre /2015 09:31
Monsieur le Président, réformez la déchéance de nationalité sans toucher à la Constitution
 

 
J’ai pris l’initiative de rédiger cette “adresse” au Président de la République pour proposer une voie de sortie de l’imbroglio actuel.
 
Le projet envisagé suscite en effet interrogations, inquiétudes et controverses, qui ne sont pas sans fondements.
 

Il comporte des risques non négligeables d'amplifier un climat de division entre les Français, voire de créer des fractures.

 

Il ouvrirait la porte à des extensions dangereuses, déjà demandées par l'extrême-droite "pour aller beaucoup plus loin". 

 

Soutenez la demande faite au Président dans cette “adresse”, qui consiste à ce que, “sans modifier la Constitution ni remettre en cause le droit du sol, le Parlement réécrive l'article 23-7 du code civil afin de l’adapter aux besoins actuels de la lutte contre le terrorisme et à la sécurité des citoyens.”

 

         Paul Quilès

 

                          Signez l’adresse au Président de la République

 

*****

    Adresse à Monsieur le Président de la République 

Après l'émotion suscitée par les récents attentats qui ont meurtri les Français, le gouvernement a exercé sa pleine responsabilité en cherchant à réviser notre droit pour le rendre plus efficace dans la lutte contre le terrorisme international.  

Le 16 novembre dernier, vous avez annoncé devant le Parlement réuni en Congrès à Versailles votre souhait de "pouvoir déchoir de sa nationalité française un individu condamné pour une atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation ou un acte de terrorisme, même s'il est né Français". 

Le 23 décembre, par la voix de votre Premier ministre, le gouvernement a annoncé qu'il allait "proposer au Congrès d'inscrire dans la Constitution, à l'occasion d'une révision, la déchéance de nationalité pour les binationaux, impliqués dans les affaires de terrorisme"

Ce projet suscite interrogations, inquiétudes et controverses, qui ne sont pas sans fondements et il comporte des risques non négligeables d'amplifier un climat de division entre les Français, voire de créer des fractures. Il ouvrirait la porte à des extensions dangereuses, déjà demandées par l'extrême-droite "pour aller beaucoup plus loin"

C’est pourquoi, nous souhaitons nous faire les porte-parole de tous les Français : 

- qui ne s’opposent pas au principe de la déchéance de nationalité, qui existe dans notre code civil depuis 1938 et a déjà été appliqué à de nombreuses reprises ; 

- qui s’opposent à l’inscription dans la Constitution d’un projet de réforme de la nationalité qui constituerait une rupture d'égalité contredisant l'article premier du texte fondateur de notre République, proclamée "indivisible", et créerait des catégories de citoyens traités différemment selon qu'ils sont binationaux ou pas. 

C’est dans cet esprit que nous nous adressons à vous pour que, sans modifier la Constitution ni remettre en cause le droit du sol, le Parlement réécrive l'article 23-7 du code civil afin de l’adapter aux besoins actuels de la lutte contre le terrorisme et à la sécurité des citoyens.

Adresse à François Hollande
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27 décembre 2015 7 27 /12 /décembre /2015 22:30

 

Qui a dit?

 

Texte 1- "Tous les Français sont égaux devant la loi quelle que soit leur origine". "L'article premier de la Constitution dit que (...) la France assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine".

 

Concernant d'éventuelles mesures de déchéance de la naturalisation française envisagées par l'exécutif, l’auteur estime qu'"on veut faire des discriminations contre les Français au regard de mêmes crimes, de même infractions, selon l'origine de la personne, selon les modalités d'acquisition de la nationalité française". "C'est contraire à l'esprit républicain et c'est une faute politique" (....)

 

Texte 2- Le Président de la République  et le gouvernement manient des sujets "dangereux", dans le seul but de "faire de la communication". Ils ont voulu provoquer "une polémique, parce que la polémique est le meilleur moyen de faire de la communication, de ressouder ce qu'on croit être son camp autour de soi lorsque les sondages fléchissent"

 

"Malheureusement, cette polémique elle est faite sur des sujets dangereux pour la France, parce qu'autant il est juste, légitime et nécessaire d'avoir en matière de sécurité une démarche qui soit une démarche intransigeante, forte et juste, autant essayer de tracer un signe égal entre immigration et insécurité, entre immigration et délinquance, évidemment c'est rendre au pays un très mauvais service et c'est à mon sens déstabiliser et rendre plus dangereuse encore la société française"
 

Texte 3- "Je vois mal qu'en cette période, on change la Constitution pour faire adopter un tel texte qui serait manifestement en contradiction avec les principes constitutionnels d'égalité des citoyens"

 

Texte 4- «En proposant d’étendre les possibilités de déchéance de la nationalité française à de nouvelles catégories de citoyens, un cap dangereux a été franchi. (….)

 

Sous le faux prétexte d’assurer la sécurité des Français,  le pouvoir tend en fait à imposer une idée aussi simple que malhonnête: les problèmes de notre société seraient le fait des étrangers et des Français d’origine étrangère. De tels propos, relayés et amplifiés jusqu’à la nausée  par nombre de responsables politiques poursuivent une lente mais sure dérive (…)

 

Ces propos constituent une atteinte intolérable aux principes constitutifs de la Nation. Pour nous, la Nation, ce n’est pas la recherche  frénétique de la mise au ban de citoyens. C’est tout au contraire l’affirmation  de la légitimité de tous à participer en pleine égalité aux choix publics. Pour nous, la Nation, ce n’est pas l’utilisation des étrangers comme boucs émissaires afin de masquer le marasme économique et  social de notre pays. C’est tout au contraire l’attachement à un traitement digne et égal de tous. (….)

 

Non à l’extension des possibilités de déchéance de  nationalité ! "

 

Les réponses :

 

Ces 4 textes datent de l’été 2010, lorsque le Président de la République, Nicolas Sarkozy, proposait  l'extension des possibilités de déchéance de la nationalité française.

 

Et vous avez certainement reconnu les auteurs ou les signataires de ces textes !

 

Texte 1 : Robert Badinter

 

Texte 2 : François Bayrou

 

Texte 3 : Jack Lang

 

Texte 4 : François Hollande, Manuel Valls, Christiane Taubira, Myriam El Khomri, Laurent Fabius, George Pau Langevin, Claude Bartolone, Bruno Leroux, qui figuraient parmi les premiers signataires de cet appel contre l'extension des possibilités de déchéance de la nationalité française.

 

Et la preuve en images!

 

regardez ces archives

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26 décembre 2015 6 26 /12 /décembre /2015 20:07
Déchéance…

     Déchéance: que ce mot est laid ! Quelle que soit son utilisation, il suggère, d’après le dictionnaire,  la dégradation, l’abaissement, la décrépitude….On n’en parlait pas beaucoup jusqu’ici, alors que la déchéance de nationalité existe dans notre arsenal judiciaire, pour certains cas bien limités. L’inscrire dans la Constitution pour les binationaux nés en France et coupables d’actes de terrorisme créerait de facto deux catégories de citoyens français.

 

     Il est donc compréhensible que la décision du Président de la République interpelle tous ceux qui se demandent pourquoi celui-ci, élu par une majorité de voix de gauche, vient contredire avec cette mesure une valeur –le droit du sol- qui fait partie de l’ADN de la gauche.

 

      Ils ne comprennent pas pourquoi il prend le risque de donner des gages à ceux qui, à l’extrême droite et même à droite, n’hésitent jamais à pousser à la division des Français et qui, depuis quelques jours, applaudissent bruyamment l’annonce présidentielle.

 

      Nombre de Français, sensibles à l’appel, réitéré à la suite des récents attentats, à la défense de la République, ne comprennent pas non plus cette attaque contre un de ses symboles.

 

     Alors, pourquoi une telle décision ? A-t-on besoin de la menace de déchéance de la nationalité française pour dissuader un terroriste de perpétrer un attentat ? Personne ne le croit un seul instant, pas plus l’initiateur du projet que les spécialistes de l’anti-terrorisme ou simplement les citoyens dotés de bon sens. D’autres mesures, autrement plus efficaces, sont indispensables ; elles concernent le renseignement, les forces de sécurité, la coopération internationale, l’attaque du "mal" à la racine….autant de domaines dans lesquels des actions ont justement été entreprises.

 

      Ce constat et ce questionnement conduisent inévitablement à penser qu’au-delà du discours officiel, peu crédible, la décision répond à d’autres considérations, d’une autre nature….. Il pourrait s’agir de contraindre les parlementaires de gauche à voter positivement au Congrès de Versailles (où la majorité des 3/5èmes est requise), sous la menace d’un référendum. Cette opération ne serait pas sans risque, car l’opposition ne se priverait pas d’en dénoncer le caractère tactique.

 

      Et, si l’objectif était –ce que certains commentateurs suggèrent- une tentative de "triangulation" en vue de la prochaine élection présidentielle, il ne faudrait pas oublier que « les électeurs préfèrent l’original à la copie ». Attention, jeu dangereux !

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7 décembre 2015 1 07 /12 /décembre /2015 12:06
Aux urnes, citoyens!

      Au lendemain d’élections calamiteuses, on recherche immédiatement les erreurs qui pourraient expliquer le score. On dénonce les fautes des "autres", leurs mensonges, leur démagogie, leurs contradictions. On invoque le contexte international, l’évolution politique au niveau européen…

 

      Il est rare qu’on se remette en cause et c’est vrai que cet exercice salutaire ne me semble pas être l’urgence de la semaine qui vient, qui doit être pour les démocrates celle du sursaut. J’ai entendu hier soir parler de "bloc de gauche". S’il existe et qu’il se manifeste (ce que je  souhaite), il faudra rapidement engager des débats en son sein, pour tenter d’apporter des réponses aux attentes des citoyens qui le composent.

 

     Mais, dans cette élection à 2 tours, l’urgence absolue des prochains jours est de tenter d’inverser la tendance manifestée le 6 décembre et d’empêcher ce qui pourrait être une funeste dérive de la France vers une gouvernance autoritaire, qui rappelle de bien mauvais souvenirs.

 

      Les électeurs doivent être conscients que l’arrivée du Front national aux responsabilités dans plusieurs régions ne règlerait strictement rien au niveau national, mais créerait de violentes tensions sur de grands territoires par la mise en œuvre des mesures brutales qui sont la marque de l’extrême droite*.

 

     J’imagine la jubilation des "penseurs" et des stratèges de Daesh, en observant que le discours xénophobe et anti-islam trouve chez nous des points d’appui politique forts, ce qui leur permettra de mieux dénoncer la France dans leurs prochaines campagnes de victimisation.

 

      Alors, pas d’hésitation, il faut voter dimanche prochain. Un électeur sur deux a manqué à l’appel hier. Il est encore temps de convaincre, notamment les jeunes (2/3 d’entre eux se sont abstenus), que ce vote sera d’une extrême importance pour l’avenir de notre pays.

 

      Aux urnes, citoyens!

___________________________________________________________________

*  Par exemple les extravagantes intentions affichées par la candidate FN dans la région PACA concernant la laïcité, l'intégrisme religieux ou la suppression des subventions aux associations de planning familial. Le FN annonce aussi son intention de faire du "protectionnisme régional" concernant sa politique économique en région!

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18 novembre 2015 3 18 /11 /novembre /2015 09:06
Un peu de décence, SVP!

      J'ai été député pendant de nombreuses années et je n'ai jamais apprécié* le climat des "questions d'actualité", qui sont censées permettre aux députés d'interroger les ministres sur les sujets dits "d'actualité".

 

     Ces séances des mardis et mercredis après-midi sont trop souvent l'occasion d'affrontements aussi inutiles que ridicules entre majorité et opposition. Le nécessaire débat démocratique ainsi que le contrôle de l'action gouvernementale, fonctions éminentes du Parlement, méritent mieux que le triste spectacle auquel on assiste trop souvent, critiqué par les médias.....qui le relaient largement.

 

      Ce que nous avons vu et entendu lors de la séance d'hier est indécent et même indigne. A quoi riment ces simulacres d'unité nationale, ces "Marseillaise" chantées à l'unisson, ces grandes proclamations sur "l'état de guerre" (formule discutable, selon moi) si l'hémicycle de l'Assemblée Nationale ressemble à une cour d'école où les cris, les invectives, les applaudissements, les huées prennent le pas sur l'écoute, l'échange et la critique constructive?

 

      Les parlementaires, supposés être à l'écoute des Français, doivent savoir que de tels comportements sont sévèrement jugés.

 

      C'est pourquoi  je fais la proposition suivante: que les Présidents des groupes parlementaires soient réunis par le Président de l'Assemblée et qu'ils décident, d'un commun accord et jusqu'à nouvel ordre, que ces séances de "questions d'actualité" ne donnent lieu à aucune manifestation (applaudissements, cris....) et que tous les intervenants -majorité, opposition, ministres- s'efforcent de contrôler leur mode d'expression. 

 

      La démocratie aurait tout à gagner à cet effort collectif, qui ne nuirait pas à l'unité nationale, dont chacun reconnaît la nécessité dans les douloureux moments que traverse notre pays.

___________________________________________________________

* Voir par exemple mes propositions faites en mars 2001 dans mon livre "les 577, des députés pour quoi faire?" (page 131)

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14 novembre 2015 6 14 /11 /novembre /2015 09:01
Emotion, compassion, gratitude, sang-froid, réflexion

Après des heures passées au cours de la nuit à suivre les terribles évènements qui ont ensanglanté Paris en ce vendredi 13 novembre, les mots qui me viennent à l’esprit sont simples : émotion, compassion, gratitude, sang-froid, réflexion.

 

Emotion devant l’étendue du carnage réalisé froidement et systématiquement par des terroristes.

 

Compassion pour les victimes, leurs familles, toutes celles et tous ceux qui ont vécu cette nuit d’horreur.

 

Gratitude à l’égard des forces de l’ordre et des services de secours, qui ont montré une remarquable efficacité.

 

Sang-froid indispensable du peuple français et de ses dirigeants, qui ne doivent pas, malgré la douleur, tomber dans le piège tendu par les terroristes, dont l’objectif est d’épouvanter, de semer le chaos et d’interdire toute réflexion.

 

Réflexion précisément, pour aller au –delà des réflexes alimentés par le désir compréhensible de punition, voire de vengeance.

 

Et maintenant ?

 

- Il faut d’abord comprendre les conditions dans lesquelles s’est réalisé de façon professionnelle et coordonnée ce carnage.

 

- Il faut aussi s’attaquer efficacement à la racine du mal, qui est très certainement à rechercher du côté de l’EI (Daesh), cette organisation terroriste alimentée par une idéologie véritablement fasciste.

 

Ce n’est pas un hasard si ce massacre est intervenu la veille de la réunion de Vienne, où 17 délégations doivent débattre aujourd’hui de la lutte contre Daesh. Espérons que ne continueront pas les tergiversations auxquelles on assiste depuis plusieurs années.

 

Un évènement encourageant vient de se produire il y a 2 jours: la reprise par les combattants kurdes de la ville de Sinjar*, tenue jusqu’ici par l’EI, qui montre la pertinence de la présence au sol de forces militaires régionales.

 

* Ville clé située sur la route entre Rakka, la « capitale » syrienne de l’EI et Mossoul, le « cœur » du pouvoir de l’EI en Irak.

 

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20 septembre 2015 7 20 /09 /septembre /2015 09:20
Débat sur le 2ème septennat de F.Mitterrand

Sur la chaîne parlementaire LCP, lundi 21 septembre

(rediffusion le 9 octobre)

-  20h30: documentaire

  "Présidentielle 1988 : l’élection des illusions perdues ?" :

"Entre le 24 avril et le 8 mai 1988, la France vit un entre-deux tours d’élection présidentielle entre François Mitterrand et Jacques Chirac. La théâtralisation ainsi que les enjeux de cette élection font de ce moment un point de tension et de bascule particulièrement aigu. Ce documentaire replonge dans ces 14 jours qui firent haleter le pays. Evènements étrangers ou nationaux, avidité du pouvoir, tous les éléments de l’Histoire récente de la France sont à l’œuvre dans ces deux semaines."

- 21h20: débat    

 "Mitterrand 88 : qu’a-t-il fait de sa victoire ?"

           Invités: -  Bernard Debré, député Les Républicains de Paris.

               -  Renaud Dely, journaliste à L’Obs.

             - Paul Quilès, ministre des Postes, des Télécommunications et de l’Espace sous les gouvernements Rocard I et II, puis de l’Equipement, des Transports et de l’Espace sous le gouvernement Cresson et ministre de l’Intérieur sous le gouvernement Bérégovoy.

               - Arlette Chabot, journaliste.

Visionner le débat

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17 septembre 2015 4 17 /09 /septembre /2015 15:09
Faut-il encore s’en indigner ?
Faut-il encore s’en indigner ?

      Ce matin, 554 députés étaient absents du débat et du vote en séance plénière  sur la vente des navires de guerre Mistral à la Russie. Sans me prononcer ici sur le fond du dossier (le texte a été voté par 13 voix pour, 8 voix contre et 2 abstentions), je constate à nouveau que tous les sujets importants ne mobilisent pas de la même façon la « représentation nationale ».

 

      Il suffisait d’observer l’état de l’hémicycle hier et avant-hier, à l’occasion des débats sur les réfugiés et sur la politique de la France à l’égard de la Syrie. Ces débats n’ont pas donné lieu à des votes (malheureusement), mais les médias et notamment la télévision étaient très présents…..et les députés aussi !

 

      Au cours des dernières années, c’est la 4ème fois que je constate avec tristesse cet absentéisme parlementaire, qui donne une image dévastatrice de la politique.

 

      Ainsi, le 15 janvier 2009, je m’indignais de voir que plus de 500 députés avaient « séché » le débat sur l’intervention israélienne à Gaza? LIRE

Extrait :  «  Le monde entier s'émeut de ces affrontements sanglants et de ces morts, que toutes les télévisions nous montrent presqu'en permanence; des manifestations se déroulent partout, y compris en France; l'ONU et les grandes puissances s'efforcent -avec plus ou moins d'efficacité- de trouver une issue à ce terrible conflit qui embrase à nouveau le Proche Orient; on s'inquiète de la montée des passions et des risques de "contagion" dans notre pays......et voici que 500 députés au moins considèrent qu'ils ont plus urgent et plus important à faire que d'être présents à ce débat! »

 

      Le 11 avril 2009, je constatais que la loi Hadopi avait été rejetée par 21 voix contre 15.   LIRE 

Extrait : « Alors que ce thème du piratage sur Internet passionne l’opinion publique, qu’il mobilise les débats dans les médias et sur le Web... 541 députés ont préféré vaquer à d’autres occupations, probablement plus importantes à leurs yeux. Où étaient donc jeudi ces 541 députés ? La réponse à cette question serait instructive et ferait certainement apparaître le peu de considération qu’ont les parlementaires eux-mêmes pour les tâches essentielles de leur fonction. »

 

      Le 4 mai 2010, je notais qu’il n'y avait qu’une vingtaine de députés en séance dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale, à s’intéresser au débat, suivi d’un vote, sur le prêt à la Grèce. LIRE

 Extrait : « Seulement 20 sur 577 ! Probablement parce que les 557 autres pensaient qu’il s’agissait d’un "petit sujet" et que, de toute façon, ce que disent les députés importe peu….

"Petit sujet", il est vrai, que l’avenir d’un pays ami, membre de l’Union Européenne, étranglé par la spéculation internationale, à la suite de la gestion calamiteuse  d’un gouvernement de droite….

 "Petit sujet" que de savoir comment va réagir le peuple grec, à qui l’on administre une cure d’amaigrissement sans précédent ….

 "Petit sujet" que de s’interroger sur l’attitude de l’Europe devant pareil drame… »

 

      Il y a 15 ans, j’avais analysé (dans un livre écrit avec Ivan Levaï : « Les 577, des députés, pour quoi faire ? ») les raisons et les conséquences de ce que je considère comme un mauvais fonctionnement de nos institutions, préjudiciable à ce que devrait être notre démocratie et qui contribue à ce que nos concitoyens se détournent un peu plus de la vie politique et de ceux qui l’animent. J’avais formulé des propositions pour y remédier, afin que le Parlement ne soit pas une chambre d’enregistrement ou un théâtre d’ombres. La plupart d'entre elles sont encore malheureusement d’actualité.....

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2 juillet 2015 4 02 /07 /juillet /2015 11:43

     Lorsqu’un personnage politique meurt, ses amis rivalisent de superlatifs pour embellir le souvenir de son action et de sa personnalité. Certains de ses adversaires s’associent même à cet inévitable concert et il est délicat de faire entendre un commentaire qui ressemblerait à une fausse note.

 

     J’ai donc un peu attendu avant de rappeler un souvenir personnel : celui de la passation de pouvoirs au ministère de l’Intérieur, où Charles Pasqua me succéda le 31 mars 1993.

 

     Notre tête à tête ne fut pas très long et il me suggéra de ne pas aborder les dossiers de fond. « Nos directeurs de cabinet s’en chargeront », me dit-il, en me confiant qu’il aurait préféré aller à la Défense, mais que le Premier Ministre (Edouard Balladur) n’avait pas voulu….Il ajouta, avec une emphase très pagnolesque : « Bavardons un peu et attendons quelques minutes. Cela fera sérieux vis-à-vis des journalistes qui nous attendent à la porte pour la poignée de mains et la photo ».


     Nous n’échangeâmes donc que des banalités. Il prit quand même le temps de me dire qu’il trouvait que j’avais « fait de bonnes choses à la tête de ce ministère » et que j’aurais pu être « un grand ministre » si j’étais « resté plus longtemps ». Je n’ai pas pu m’empêcher de de lui répondre en souriant : « cela ne dépendait que de vous…. »

 

     J’ai moins souri quelques mois plus tard, quand je fus amené à constater qu’il avait notamment supprimé une des mesures emblématiques que j’avais prises pour renforcer la sécurité publique : la création des « projets locaux de sécurité ».(voir ci-dessous le résumé du "Plan d'action pour la sécurité" que j'ai présenté le 13 mai 1992)


     Cette remise en cause d’une décision très appréciée et qui s’était traduite par la signature en un an de près de 500 projets dans tout le pays fut la manifestation concrète et regrettable d’une divergence forte sur la façon de concevoir la sécurité publique. On a pu observer par la suite les conséquences de ce refus de considérer, comme je l’avais annoncé et mis en œuvre, que l’action de sécurité publique doit être une « co-production ».

 

*****

PLAN D'ACTION POUR LA SECURITE

21 mesures pour la sécurité publique

 

Augmenter les effectifs sur le terrain

1) Création de 1 000 emplois administratifs

2) 1 000 policiers auxiliaires supplémentaires

3) Renforcement des polices urbaines par les CRS

4) Réduction des gardes statiques et des cortèges

5) Expérimentation d'un système d'heures supplémentaires

6) Extension de la départementalisation de la police

 

Ciblage des actions sur des objectifs prioritaires

7) Renforcement de l'accueil dans les commissariats

8) Création de nouvelles structures de lutte contre les phénomènes de "bandes"

9) Développement de l'îlotage

10) Création de bureaux de police dans les îlots sensibles

11) Renforcement de la sécurité aux abords des établissements scolaires

12) Amélioration de la sécurité dans les transports urbains

13) Protection des personnes âgées dans les centres urbains

14) Renforcement des services de lutte contre la drogue

15) Renforcement de la lutte contre l'immigration irrégulière et le travail clandestin

 

Déontologie des actions de sécurité publique

16) Création du conseil supérieur de l'activité policière

 

Amélioration de la condition policière

17) Mesures indemnitaires

18) Protocole DURAFOUR

19) Accroissement du parc de logements réservés aux policiers en région parisienne

20) Moyens de fonctionnement supplémentaires pour les directions départementales de la Police

 

Définition de projets locaux de sécurité

21) Proposition de projets locaux de sécurité définis entre les Préfets et leurs partenaires

locaux

*****

     L'action de sécurité publique est une "co-production". Pour réussir dans notre lutte contre la délinquance, il faut que le projet de sécurité s'inscrive au niveau le plus adapté et le plus pertinent. Ce niveau, c'est celui de l'agglomération ou de la commune. Je souhaite que des projets locaux de sécurité soient définis au plus près de cette réalité du terrain, qu'ils s'inscrivent dans une analyse et un diagnostic locaux et, bien entendu, dans une mobilisation générale. Les préfets recevront pour mission de préparer ces projets en concertation avec les élus.

 

     Cette mission sera impérative dans les 27 départements sensibles, facultative dans les autres. Les préfets se rapprocheront donc des élus et leur proposeront d'effectuer une analyse conjointe des besoins de sécurité.

 

    Les actions concertées, qui prolongeront ce travail d'analyse, permettront aux collectivités locales, ainsi qu'à tous ceux qui doivent participer solidairement à l'effort de sécurité (je pense aux organismes HLM, aux services sociaux et culturels ...) de prendre en charge un certain nombre de tâches qui ne correspondent pas aux missions prioritaires de la police, en contrepartie d'une présence plus affirmée de la police nationale s u r le terrain. La liste est longue de tâches qui ne correspondent pas aux missions des policiers, pour lesquelles ils ont été formés : sortie d'écoles, accueil du public pour les demandes de documents administratifs, police du stationnement ...

 

     Ces plans locaux de sécurité publique seront également l'occasion de mener une concertation approfondie avec les représentants du personnel, pour que les conditions d'emploi des policiers soient mieux adaptées au contexte local. Cela permettra également d'organiser la complémentarité entre la police nationale et les polices municipales.

 

     Pour conclure, je résumerai ainsi le plan d'action pour la sécurité : plus de policiers sur le terrain; plus d'actions ciblées sur les zones et les secteurs sensibles, une actionpolicière respectueuse de la déontologie, des conditions de travail et de vie améliorées pour les policiers, des projets locaux de sécurité publique adaptés et concertés au niveau de l'agglomération. Je suis persuadé que les conditions de la réussite de notre politique de sécurité publique sont ainsi réunies.

 

     Le service public est au service du public, c'est dire qu'il n'est pleinement légitime que s'il répond efficacement aux demandes exprimées par nos concitoyens. Je m'attacherai, dans le dialogue et dans la concertation, à ce que le service public reprenne confiance dans l'avenir et dans son utilité au service de la collectivité nationale. 

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Cordes sur Ciel

CORDES

Faites connaissance avec

la cité médiévale

dont Paul Quilès est le maire
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 Avant de venir à Cordes, consultez:

     * site de l'Office du tourisme 

     * site de la mairie     

Bibliographie

- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  
- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu)
- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff )

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï)
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1992: Nous vivons une époque intéressante
- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez