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11 décembre 2013 3 11 /12 /décembre /2013 15:58

       Au début du mois de novembre, j'ai été interviewé par une revue étudiante, qui m'a posé 3 questions. Voici mes réponses, qui viennent d'être publiées:.

 

      - La première décrit ma démarche vers un engagement en faveur du désarmement nucléaire.

 

       - La seconde tire des enseignements de la crise autour de l'armement chimique syrien ..... sujet dont on parle moins depuis quelque temps!

 

       - La troisième est une courte réflexion sur la fameuse contradiction entre "conquête" et "exercice" du pouvoir.

 

****************

 

I-  Dans vos 2 récents livres “Nucléaire, un mensonge français” et “Arrêtez la bombe”, vous plaidez pour l'abandon de l'arme nucléaire. En quoi l'armement nucléaire est-il caduc ? Quand en avez-vous pris conscience ?

 

       En 1985, lorsque je suis devenu Ministre de la défense, nous étions dans la période de la Guerre froide. Chaque partie menaçait l’autre de destructions massives de manière à la dissuader de toute action militaire directe. La théorie de la dissuasion pouvait alors justifier l’armement nucléaire. Depuis, j’ai constaté que les doctrines avaient évolué entre 1945, date des premières bombes atomiques lancées sur Hiroshima et Nagasaki et 1989, fin de la Guerre froide. A chaque fois, il s’agissait de répondre à des nécessités déclarées évidentes.

 

       Par la suite, j’ai découvert que la dissuasion aurait pu échouer. Nous sommes passés très près d’une catastrophe nucléaire en 1983. Le langage de la dissuasion m’est apparu comme un discours qui intoxique les dirigeants eux-mêmes. J’ai vu dans les décisions relatives aux systèmes d’armes, notamment nucléaires, l’effet d’un complexe militaro-industriel, dénoncé par Eisenhower dès 1961, lorsqu’il a quitté la Maison-Blanche. Il ne s’agit pas d’un complot mais d’un système. Les industriels veulent des commandes. Les techniciens, les chercheurs et les conseillers défendent leurs travaux et leurs théories. Les militaires demandent des armes toujours plus puissantes. Faute de débat public contradictoire, tous ces acteurs persuadent les décideurs que leurs solutions sont les seules possibles.

 

       Dès 1995, lorsque, comme député, je suis intervenu au nom du groupe socialiste pour dénoncer la reprise des essais nucléaires dans le seul grand débat jamais organisé à l’Assemblée nationale sur la dissuasion nucléaire, j’ai conclu par les mots : « L’ère de la désescalade nucléaire a commencé ».

 

       Entre 1997 et 2002, je suis allé plus loin en tant que Président de la Commission de la Défense de l’Assemblée nationale. Quand il a été question de moderniser les missiles des sous-marins nucléaires lance-engins, j’ai mis en doute la nécessité du programme au vu de son coût (plus de 10 milliards d’euros). On m’a répondu : « On ne discute pas ! ». Ce refus du débat persiste, alors que la situation stratégique n’a plus rien à voir avec celle des origines de la dissuasion. La multiplication des interrogations et l’absence de toute réponse argumentée et convaincante font réfléchir un nombre croissant de personnes.

 

       En 2002, j’ai parlé d’une "nouvelle ligne Maginot". Le nucléaire est un formidable investissement technologique. Pourtant, le 11 septembre 2001, la dissuasion nucléaire n’a rien arrêté ! Le Missile M-51 tire à 9000 kilomètres. Est-ce une garantie d’influence pour la France ? Quelles sont ses cibles potentielles ? La Chine ? La Corée du Nord ? La réponse habituelle est : « Non. C’est une arme faite pour parer à tous les risques, même ceux dont on ne sait encore rien ». C’est l’aveu même que l’on se dote d’armes sans idée claire de leur nécessité.

 

       Aujourd’hui comme hier, la défense nationale est un enjeu démocratique essentiel. Lorsque Jean Jaurès a écrit l’Armée Nouvelle en 1911, il demandait une politique de paix et de désarmement, mais il n’entendait pas pour autant diminuer la capacité de la France à défendre ses intérêts légitimes et ses valeurs démocratiques. La question est de savoir comment se protéger des menaces et des risques d’aujourd’hui. L’arme nucléaire est-elle un atout stratégique ou un danger ? Avec mes amis de l’association ALB (“Arrêtez la bombe!”), je considère que la présence dans le monde d’arsenaux nucléaires en constante modernisation et les tentations de prolifération qui en résultent constituent de graves dangers.

 

 

II-  Le plan de sortie à la crise syrienne proposé par la Russie, qui consiste, sous supervision de l’ONU, à sécuriser l’arsenal chimique de Damas, est-il satisfaisant ? Est-ce, comme on a pu le lire ou l'entendre, un camouflet pour Paris ? Au cours de cette nouvelle crise internationale, le Conseil de sécurité de l'O.N.U. a été paralysé par les vetos chinois et russes. Laurent Fabius a prôné la renonciation au droit de veto en cas de "crime de masse", ce qui pose la question de la définition juridique d'un "crime de masse". Qu'en pensez-vous ?

 

       L’évolution des relations entre dirigeants américains et iraniens, ainsi que le vote par le Conseil de sécurité unanime de la résolution 2118 (qui encadre la destruction de l'arsenal chimique syrien) semblent indiquer qu’une voie pour un règlement politique commence à se dégager au Moyen Orient. Tout n’est pas réglé pour autant, En Syrie, la guerre sanglante continue et la liste des horreurs s’allonge; en Iran, la “modération” d’Hassan Rohani ne fait pas disparaître les difficultés de la négociation à venir sur le nucléaire.

 

       Malgré cela, je me félicite que cette voie ait été choisie par les diplomaties américaine, russe et iranienne, parce qu’elle peut éviter au Moyen Orient et à la paix du monde des enchaînements guerriers aux conséquences extrêmement graves. C’est la voie que je propose sans relâche depuis des années, ce qui m’a amené à faire 4 remarques, en forme d’enseignements dans la séquence que nous venons de vivre.

 

       1) Dans une période de crise internationale aigüe, un pays comme la France, qui n’a pas la puissance des Etats-Unis, peut néanmoins jouer un rôle de “facilitateur”, de “défricheur”, à condition de proposer des solutions répondant aux problèmes de fond, de ne pas se limiter à des réactions faisant une trop grande part à l’émotion et d’éviter de se contredire dans les déclarations, les postures et les menaces.

 

       Dès le 28 août 2013, j’ai demandé publiquement que la France, dépositaire du protocole de 1925 interdisant l’emploi des gaz de combat et initiatrice de la Convention de 1993 d’élimination de l’arme chimique, fasse entendre sa voix, en présentant rapidement une résolution au Conseil de sécurité de l’ONU. Il s’agissait de demander, en complément de toute action pour sanctionner les auteurs du massacre de Damas et prévenir de nouvelles attaques chimiques, l’adhésion immédiate de la Syrie à la Convention de 1993.

 

       Cela aurait permis à la France d'être au cœur du dispositif politique de résolution du conflit syrien, au lieu de se retrouver très en retrait sur la scène internationale après l’initiative du 9 septembre des Russes, rejoints immédiatement par les Américains.

 

      2) Le débat autour de la fameuse “ligne rouge” à ne pas dépasser concernant l’utilisation des armes chimiques a été escamoté. On a d’abord eu le sentiment que certains pays entendaient se substituer aux organisations internationales compétentes pour apprécier et juger ces crimes de masse (ONU, Cour Pénale Internationale). Certaines réactions ont ensuite laissé penser qu’il y aurait des victimes “ acceptables” et d’autres qui ne le seraient pas ! Ces hésitations ont eu au moins le mérite de montrer l’importance des traités internationaux destinés à empêcher l’utilisation des armes de destruction massive (biologiques, chimiques, nucléaires) et de celles qui visent surtout les civils (armes à sous-munitions, mines anti-personnel). Je constate que certains de ces traités concernant ce qu’on appelle, de façon un peu hypocrite, les “armes inhumaines” n’ont pas été signés par de grands pays, qui ne se privent pourtant pas de donner des leçons de vertu!

 

       3) Ce qui vaut pour l’armement chimique devrait également s’appliquer aux armes nucléaires, qu’il faut reconnaître comme des armes et pas comme des instruments de pouvoir. Il devient urgent d’aller rapidement et de façon transparente vers le désarmement nucléaire, comme le demandent beaucoup de pays et un nombre élevé de personnalités  ayant exercé de hautes fonctions dans le domaine de la défense ou des affaires étrangères. Ceux qui s’opposent, au nom d’un prétendu “réalisme”, à ce qu’ils considèrent comme des rêveries sont les mêmes qui affirmaient il n’y a pas longtemps que le dilemme était “la bombe iranienne ou le bombardement israëlien” et ceux qui proposaient de se débarrasser de l’armement chimique syrien par des actions militaires. Cette attitude a un nom : le fatalisme. Ce n’est pas ainsi qu’on répond le mieux aux désordres du monde.

 

       4) La suggestion faite par François Hollande à la tribune de l’ONU de supprimer le droit de veto des cinq membres permanents du Conseil de sécurité dans certains cas est bienvenue. Elle rejoint une proposition du rapport d’un “Groupe de personnalités de haut niveau” remis au Secrétaire général de l’ONU le 2 décembre 2004, recommandant que le droit de veto ne soit pas utilisé “en cas de génocide ou de violation massive des droits de l’Homme”, qui sont des concepts définis par les textes internationaux. J’ignore l’écho que cette suggestion rencontrera chez les quatre autres partenaires de la France au Conseil de sécurité. Je crains malheureusement qu’ils ne remettent pas en cause le privilège dont dispose le “club des cinq” depuis 1945, privilège aujourd’hui abusif alors que notre monde ne ressemble plus, par bien des aspects, à celui de la fin de la 2ème guerre mondiale.

 

 

III-  En 1971, François Mitterrand voulait la "rupture avec le capitalisme" ; en 1981, la gauche promettait de "changer la vie". Aujourd'hui, dans quelle mesure la gauche au pouvoir incarne-t-elle une alternative à la droite libérale ? Comment analysez-vous, en France et en Europe, la montée des populismes ? L'U.M.P. joue-t-elle un jeu pernicieux pour séduire les sympathisants du F.N. ?

 

       Vous mettez le doigt sur la difficulté pour un gouvernement de passer de “la conquête du pouvoir” à “l’exercice du pouvoir”, comme le soulignait déjà Léon Blum. Il faut bien reconnaître que, cette fois-ci, dans une période difficile au plan économique et avec un “héritage” lourd, François Hollande et son gouvernement se trouvent dans une situation délicate. Les hésitations, les contradictions, les reculades, parfois sur des dossiers essentiels (réforme fiscale, retraites, attitude à l’égard de l’Europe....) ont entraîné des déceptions dans l’électorat même de la gauche, qui aimerait retrouver dans la politique suivie une claire alternative à celle de la droite libérale. Sinon, la perte de confiance et les doutes qui se manifesteront peuvent conduire à une abstention électorale significative, qui risque de favoriser l’extrême droite.

 

       Le jeu de l’UMP est effectivement dangereux, s’il s’agit pour la droite de tenter de rééditer le “coup de 2002” (affrontement Chirac-Le Pen au 2ème tour de la Présidentielle), car on sait bien que les électeurs “préfèrent l’original à la copie”.

 

       Dans nombre de pays européens, la montée des populismes se nourrit de ces compromissions idéologiques et du sentiment que les gouvernements en place sont impuissants face à la crise. C’est pourquoi il devient urgent que François Hollande refixe un cap clairement compris par les électeurs, notamment ceux de gauche, qui ont du mal à se retrouver dans la politique actuelle.

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15 juillet 2013 1 15 /07 /juillet /2013 10:06
      Une récente étude de la Royal Statistical Society révèle l'immense écart entre ce que les Britanniques pensent de leur pays et la réalité reflétée par les statistiques officielles. Elle s'interroge sur les raisons de cet écart et sur la responsabilité des médias et des responsables politiques à cet égard.
 
      Cette étude concerne les Britanniques.....mais est-on bien sûr que certaines remarques ne concerneraient pas aussi les Français?
 

      " S'il n'est pas étonnant que les gens portent parfois un regard quelque peu biaisé sur certaines questions, le gouffre qui sépare leurs perceptions de la réalité n'en est pas moins monumental. Cet écart a de lourdes conséquences sur le plan politique.

      On peut par exemple citer le fait que les Britanniques donnent en moyenne une estimation du taux de grossesse chez les adolescentes 25 fois supérieure à la réalité. Une vaste majorité pensent également que la délinquance augmente ou reste constante alors que les chiffres officiels révèlent une diminution de 53% entre 1995 et 2012. Les gens surestiment aussi la fraude aux allocations sociales qu'ils croient 34 fois plus élevée que la réalité. Dans leur esprit, la fraude représente 24% de la facture totale alors que ce chiffre ne concerne que 0,7% des cas. Quand on leur demande de choisir quelle mesure permettrait de dégager le plus d' économies, un tiers des participants opte pour une limitation des prestations sociales à environ 30 000 euros. Ils sont deux fois moins nombreux à choisir l'allongement de l'âge de la retraite à 66 ans pour les hommes comme pour les femmes. Et pourtant, en réalité le plafonnement des prestations sociales ne rapporterait qu'un peu plus de 335 millions d'euros contre environ 5,7 milliards d'euros (soit presque 20 fois plus) pour l'allongement de l'âge de la retraite.

      Plus d'un quart des personnes interrogées placent l'aide internationale parmi les deux ou trois premiers postes du budget. Ils sont encore plus nombreux à mettre ce poste de dépense avant les retraites ou l'éducation qui représentent respectivement un montant 74 fois et 51 fois plus élevé. En moyenne, les Britanniques pensent que les musulmans représentent 24% de la population alors qu'ils ne sont en réalité que 5%. Le nombre d'immigrés est également estimé à un niveau deux ou trois fois supérieur à la réalité.

Cynisme endémique

      Il est tentant d'attribuer cette situation aux authentiques mensonges que véhiculent les médias et les responsables politiques, et de se rappeler la formule de l'écrivain sénateur, Al Franken, à propos des mensonges et des menteurs qui mentent. Ce ne sont pas les exemples qui manquent. Des ministres comme Iain Duncan Smith et Jeremy Hunt – sans parler de Harriet Harman avant eux – ont régulièrement été rappelés à l'ordre par leurs propres services statistiques après avoir diffusé des informations trompeuses ou franchement fausses. Pendant ce temps, les innombrables manquements des journaux et des chaînes de télévision en matière de recoupement de l'information alimentent quotidiennement les pages de sites comme l'incontournable fullfact.org.

      Ce n'est pourtant qu'une partie du problème. Cela fait longtemps que le public ne croit plus un mot prononcé par un responsable politique. Et c'est peut-être là une des causes profondes du problème. Les chiffres de l'économie et de la délinquance font l'objet – à juste titre – d'une méfiance endémique. Ce cynisme est tellement répandu que même les études les plus sérieuses sont suspectées de sortir tout droit de l'imagination de leurs auteurs.

      Le véritable problème n'est pas la malhonnêteté mais l'omission. Les journalistes parlent de délinquance et de fraude aux allocations sans donner de contexte ou d'ordre de référence. Et il n'y a pas que les tabloïds de centre-droit. Les médias de gauche et centre-gauche s'émeuvent de la fréquence des violences domestiques sans jamais rappeler que ces incidents – aussi terribles soient-ils – ont diminué de 69% au cours des vingt dernières années.

Anecdotes individuelles

      Les statisticiens de la Royal Statistical Society ont naturellement plaidé pour une meilleure pédagogie autour de leur science, notamment dans les écoles. Cela serait certainement une bonne chose mais je ne pense pas que ce soit le cœur du problème. Ce n'est pas que les gens ne connaissent pas la différence entre une moyenne et une valeur médiane ou pensent qu'un intervalle de confiance est ce dont a besoin un joueur de tennis entre deux jeux. Le problème n'est pas que les gens ne comprennent pas les statistiques, c'est qu'on ne les leur donne pas. Résultat, notre vision de la société est constituée d'anecdotes individuelles et de faits divers, comme si nous la regardions constamment à travers un long tube étroit qui ne nous permet de voir que des fragments et jamais l'ensemble du tableau. Nous faisons alors appel à nos biais cognitifs et heuristiques pour combler les vides.

      Nous n'avons pas besoin d'une meilleure compréhension des statistiques mais d'une meilleure compréhension des médias et des sciences politiques. Les responsables politiques et les médias déplorent régulièrement le cynisme du public et le manque d'engagement citoyen. L'étude d'aujourd'hui montre qu'au contraire, le public n'est pas assez cynique. Le problème n'est pas le scepticisme des gens mais leur crédulité. Si les responsables politiques veulent vraiment inciter les Britanniques à participer à la démocratie, la solution est simple. Commencez par nous dire la vérité, toute la vérité."

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16 mars 2013 6 16 /03 /mars /2013 18:14

      Mali, Syrie, austérité, budget européen….En apparence, rien de commun entre ces dossiers ! Et pourtant, dans la façon dont les dirigeants du monde décident ou ne décident pas, dans les arguments qu’ils utilisent pour justifier une position un jour et le contraire quelques mois plus tard, dans leur incapacité à tenir compte des délais, on retrouve des similitudes troublantes.

    

      Naturellement, dans le "concert des nations", les gouvernants ont tendance à faire passer la défense des intérêts de leur pays avant toute autre considération et ils rechignent souvent à engager des dépenses qu’ils estiment non "rentables" au plan électoral interne. Il n’en demeure pas moins qu’il est triste de voir la vie des hommes et le sort de peuples mis en danger par des attitudes de responsables politiques indécis, voire peureux, incapables de se dégager de visions politiciennes à court terme et de prendre la mesure des enjeux.

 

      Revenons rapidement sur ces 4 dossiers si différents.

 

      - Au Mali, pendant 9 mois, d’avril à décembre 2012, on a laissé la situation empirer et les djihadistes conforter leurs positions au nord du pays. Lorsqu’enfin, le 20 décembre 2012, le Conseil de sécurité de l’ONU décide la mise en place d’une mission africaine destinée à intervenir rapidement (résolution 2085), on laisse annoncer que celle-ci ne sera pas prête avant octobre 2013. On connaît la suite : la France obligée d’organiser seule une opération militaire, des encouragements internationaux sans lendemain, des promesses d’aide européenne qui se traduisent par des mesures pitoyables. Sans commentaire…

 

      - En Syrie, le martyr du peuple se poursuit depuis 2 ans. Les paroles et les discours de compassion n’ont pas manqué, mais une aide matérielle internationale aux combattants qui luttent courageusement contre le dictateur a été jugée jusqu’ici inutile, voire dangereuse, compte tenu du risque de détournement de l’armement livré vers les fractions djihadistes. Malheureusement, à force de tergiverser, ce danger s’est aggravé, en raison de la montée en puissance de ces groupes armés et l’opération devient encore plus compliquée aujourd’hui. Ici à nouveau, les erreurs d’appréciation vont coûter cher, non seulement à ceux qui souffrent, mais aussi à ceux qui n’ont pas su décider à temps.

 

      - L’austérité, même si l’on évite de prononcer le mot, est l’idée maîtresse de Bruxelles et du Conseil européen pour contrer la crise dans laquelle s’enfonce l’Europe depuis plusieurs années. La traduction la plus absurde de cette politique imposée aux Etats est la "règle des 3%", fixant cette limite intangible aux déficits budgétaires. Bien que dénoncée par de nombreux économistes comme génératrice d’un cercle vicieux susceptible d’accroître le chômage, les déficits et la dette, elle a été maintenue comme la seule potion susceptible de guérir le malade.

      Et voila les défenseurs les plus acharnés de cette médecine qui commencent, depuis peu, à nous expliquer, avec la même assurance, qu’elle risque de tuer le malade et qu’il va falloir y renoncer. On comprend la stupeur des défenseurs de la relance , dénoncés jusqu’ici comme incompétents et irresponsables, sans parler des simples citoyens, qui vont finir par ne plus croire les vérités si éphémères qu’on leur assène !

 

      - Le budget européen (environ 1000 milliards €), pourrait contribuer à lancer de grands projets d’avenir, avec le double effet de contribuer à renforcer les solidarités au sein de l’Europe et à préparer l’avenir. Pourtant, les 27 dirigeants européens ont décidé le 8 février dernier de le réduire et cela pour la première fois dans l’histoire de l’UE.

      Lors de ce sommet, François Hollande a estimé que le compromis entre chefs d'État et de gouvernement constituait "le moins mauvais accord" possible. Pourtant, s’il entrait en application, il entrainerait une perte de compétitivité supplémentaire pour l'économie européenne. Harlem Désir, de son côté, considérant que "l'Europe a besoin d'un budget plus ambitieux pour l'emploi et la croissance, pas de l'austérité sans fin proposée par la droite européenne", s’est associé mercredi au rejet par le Parlement européen de ce projet de budget.

      Qui croire désormais ? Quelle sera l’issue de cet affrontement entre Conseil et Parlement européens et de ces jugements contradictoires, qui affaiblissent malheureusement un peu plus la crédibilité de l’UE ?

 

      Entendons nous bien. Chacun peut se tromper*, chacun peut se contredire, même les gouvernants, mais lorsque cette attitude devient trop fréquente, elle risque d’entamer la confiance des citoyens dans le monde politique. Le récent exemple de l’Italie n’est pas pour nous rassurer.

 

*Errare humanum est, perseverare diabolicum ! 

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6 février 2013 3 06 /02 /février /2013 19:31

Web-2.0.jpg       Si, comme moi, vous êtes perplexe et parfois inquiet devant l'utilisation compulsive d'Internet et des réseaux sociaux par un nombre de plus en plus élevé de vos relations professionnelles et amicales, je vous recommande la lecture de ce texte.

                         Le destin tragique du Web 2.0
     

      C'est l'analyse brillante et argumentée d'un sociologue, qui décortique le fonctionnement du système et fait apparaître avec beaucoup de clarté les conséquences préoccupantes de "ce monde de l'éphémère, du perpétuel présent, de l'information jetable et du "LOL", où le discours trompeur s'avère plus efficace que l'honnête explication, la manipulation plus aisée que l'éclairage pédagogique"

                                         A lire absolument!

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31 décembre 2012 1 31 /12 /décembre /2012 12:55
2013.jpg        
        En général, nous n’avons que peu de prise et d’influence sur le destin individuel de celles et ceux à qui, en début d’année, nous souhaitons bonheur, santé, réussite….

       
      Pourtant, ce moment peut être une occasion de réfléchir au sens de notre action, personnelle et collective. C’est ce que je fais depuis des années et, en relisant ces réflexions, je me suis dit qu’elles étaient encore pertinentes pour l’année 2013. Jugez plutôt:
        
       . " Avec Martin Luther King, considérons que l’espoir, c’est de monter la première marche quand on ne voit pas tout l’escalier" (2008)
        . "Comme Gramsci, si l’on est pessimiste par la raison, il faut avoir l’optimisme de la volonté" (2009)
        . "Sachons nous indigner et ne pas nous résigner, ainsi que le recommande Stéphane Hessel" (2011)
        . "Considérons, comme Vaclav Havel, qu’avoir de l’espoir, ce n’est pas croire que les choses vont se passer bien, mais c’est croire qu’elles auront du sens" (2012)
              
       Franchement, en cette période troublée et de doute que nous vivons, je ne sais pas quoi rajouter. Si, si…..je vous souhaite une bonne année 2013 et tous mes vœux de bonheur, de santé et de réussite !!
                
       Bien cordialement.
                                                  Paul Quilès
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30 décembre 2012 7 30 /12 /décembre /2012 10:32

 

   Ignorance-et-indifference-copie-1.JPG

 

     En 2013, je ne vous souhaite ni ignorance,  ni indifférence ! Je vous souhaite par contre d’avoir l’énergie et la volonté de participer à tout ce qui fait que la vie vaut la peine d’être vécue. 
                             Paul Quilès 
  

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28 décembre 2012 5 28 /12 /décembre /2012 10:53

Bravo à François Morel, qui,

dans son billet  de ce matin sur France Inter

("Défendons les riches, taxons les pauvres"),

réussit, avec son humour dévastateur,

à faire passer quelques fortes vérités

sur la richesse et la pauvreté.

Comme on dit, mieux vaut en rire....

Ecouter

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21 décembre 2012 5 21 /12 /décembre /2012 22:59

J'ai été stupéfait de constater le déferlement de bêtise
-bien exploité médiatiquement-
qui a entouré la prétendue "fin du monde".
J'ai trouvé cela pénible
et ça m'a rappelé
cette pertinente remarque:

etre-con.jpg

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11 avril 2012 3 11 /04 /avril /2012 17:31

planete.jpgConnaissez-vous ces chiffres inquiétants?

 

Avec le rythme de croissance actuel,

le monde aura besoin en 2030:
- de 30% de nourriture en plus;
- de 45% d'énergie en plus;
- de 30% d'eau potable en plus.

Autant dire qu'il va falloir engager et conduire

de profondes évolutions au niveau mondial

pour éviter des catastrophes.

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28 février 2012 2 28 /02 /février /2012 09:15

Dujardin.jpg     Pas question de bouder le plaisir d'assister à la consécration d'un film français aux États-Unis.
     Pas question non plus de critiquer un film qui accumule tant de louanges.
     Je me permets quand même un clin d'oeil à cette concomitance amusante d'un film français tourné à Los Angeles, avec une équipe en grande partie américaine, qui porte un titre anglais et qui
est....muet!
    Le "Fabriqué en France", si en vogue depuis quelque temps et la francophonie n'y trouveront probablement pas leur compte.
     Pardon, j'oubliais, le héros, Jean Dujardin, a parlé français à Hollywood: " Oh putain, merci! "
    Comme on dit en français, no comment!

 

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Recherche

Cordes sur Ciel

CORDES

Faites connaissance avec

la cité médiévale

dont Paul Quilès est le maire
cordes-nuages-8-bp--R-solution-de-l--cran-.jpg

 Avant de venir à Cordes, consultez:

     * site de l'Office du tourisme 

     * site de la mairie     

Bibliographie

- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  
- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu)
- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff )

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï)
-
1992: Nous vivons une époque intéressante
- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez