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17 juin 2011 5 17 /06 /juin /2011 15:38
TTF-copie-1.jpgChaque jour, les besoins financiers du monde apparaissent plus colossaux : déficits consécutifs à la crise financière, besoins liés à l’adaptation au changement climatique, lutte contre l’extrême pauvreté…. Les solutions apportées se révèlent souvent des palliatifs ou des réponses provisoires, à tel point que les inégalités continuent à se creuser de façon insupportable et que, même en Europe, des pays se trouvent en danger et des peuples se soulèvent.
     En attendant que des remèdes plus fondamentaux s’attaquent à la racine du mal, c'est-à-dire à un système financier international abandonné à ses pulsions et capable de faire plonger à nouveau l’économie mondiale dans la tourmente, il existe un instrument dont on parle trop peu. Ou plutôt, on en parle…..mais on ne fait rien !
     Je veux parler de la « taxe sur les transactions financières » (TTF), qui pourrait dégager des ressources financières considérables. L’idée n’est pas neuve, puisqu’elle avait été lancée par l’économiste Keynes dans les années 30, afin de lutter contre la spéculation boursière. Elle fut reprise en 1978 par le professeur Tobin, qui proposa d’instaurer une taxe sur les transactions internationales sur le marché des devises, avec comme principal objectif, là encore, de limiter les envies de spéculer des acteurs financiers.
     Tous ceux qui eurent le malheur de reprendre cette proposition, pourtant émise par un homme peu suspect de vouloir combattre le libéralisme économique, se virent traités par les milieux financiers et politiques de droite d’irresponsables et de démagogues. Il se trouve que la crise mondiale que nous traversons depuis plusieurs années a remis sur le devant de la scène l’idée d’une taxation, à un très faible taux (0,05%), de l’ensemble des transactions financières réalisées sur les marchés financiers.
     Il y a quelques mois, début mars 2011, le Parlement européen a même voté un vœu favorable à cette réforme. Plus récemment encore, la semaine dernière, une initiative conjointe du PS français et du SPD allemand a permis l’examen par les 2 parlements nationaux d’un projet de résolution européenne de taxation des transactions financières.
     Cette dernière proposition a malheureusement fait long feu. En Allemagne, dans la confusion la plus totale, la majorité de droite a refusé de voter le texte au motif qu’il était « irresponsable » et qu’il reprenait « le chemin de la lutte des classes » (sic !), alors qu’Angela Merkel et son ministre des finances disaient y être favorables…En France, le texte a été voté, malgré une utilisation politicienne du projet, présenté par l’UMP comme lié à « l’action de N. Sarkozy », mais on sait que ce vote sera sans lendemain, car les arguments sont toujours les mêmes dans les milieux politiques liés au système financier international.
     On agite à nouveau les mêmes arguments éculés et pourtant réfutés[1], autour du thème du « risque de casser le système des paiements internationaux ». On fait mine de le proposer au niveau mondial (G20), alors qu’on sait bien que les Etats-Unis, le Canada, le Japon et la plupart des pays émergents sont réticents et que c’est au niveau européen que le système est le plus pertinent dans un premier temps. 
Les besoins
     Il est difficile d’ignorer que les besoins de financement mondiaux n’ont jamais été aussi énormes. Une étude datant d’avril 2010[2] fait état d’une somme de 710 milliards de $ (chiffre qui s’est accru depuis, du fait de l’accentuation de la crise dans de nombreux pays), se décomposant en :
  - Financement des déficits budgétaires provoqués par la crise financière dans les pays développés : 360 milliards $
  - Financement de l’atténuation des changements climatiques et des adaptations nécessaires dans les pays en développement : 170 milliards $
  -  Ressources annuelles additionnelles nécessaires de 2012 à 2014 pour atteindre les « Objectifs de développement du millénaire »[3], que les 192 États membres de l’ONU se sont engagés à  atteindre d’ici 2015: 180 milliards $. 
L’apport de la TTF
     D’après les instituts de recherche économique, la taxe, appliquée à hauteur de 0,05% sur les transactions financières englobant toutes les transactions boursières et non boursières, pourrait rapporter 200 milliard € à l’échelle européenne et 650 milliards si elle était appliquée au niveau mondial.
     On voit donc bien, que, sans être une solution magique, la TFF satisferait en partie les besoins mondiaux de financement. Les atermoiements auxquels donnent lieu les échanges verbaux, les promesses non tenues, les échanges d’arguments de mauvaise foi au sein des instances internationales sont insupportables. Il faut espérer qu’une mobilisation politique et citoyenne, tant au niveau français qu’au niveau européen, permettra de faire aboutir ce projet, dont les principaux objectifs sont majeurs, puisqu’il s’agit :
  -  de désarmer la spéculation financière internationale ;
  -  de dégager des ressources nouvelles pour répondre à des besoins mondiaux vitaux ;
  - de faire payer le secteur financier, en grande partie responsable de la crise financière, pour participer à la redistribution des richesses au niveau mondial.
 
 

[3] Il s’agit, entre autres, de réduire de moitié du nombre de personnes vivant dans l’extrême pauvreté, d’assurer l’éducation primaire pour tous, d’améliorer la santé maternelle, de réduire la mortalité infantile, de combattre le VIH/sida, le paludisme et d'autres maladies.
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12 juin 2011 7 12 /06 /juin /2011 16:57

     Je vous recommande cette interview de Régis Debray sur France Inter.

     Commentant son dernier livre "Du bon usage des catastrophes" au micro de Patrick Cohen, Régis Debray nous livre sa vision de la société contemporaine et fustige les "pensées magiques" et les "prophètes de malheur".

     Intellectuellement très stimulant dans la période actuelle!
                  Pour regarder la vidéo, cliquer ici

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12 juin 2011 7 12 /06 /juin /2011 15:04

Tour d'horizon des grands thèmes

de l'actualité avec Paul Quilès 

(interview sur la radio "R d'autan")

- la réaction de la communauté internationale face à la répression en Syrie....écouter
- une ressource financière importante
dont on parle peu: la TTF ("Taxe sur les Transactions Financières")....écouter
- la gauche et la préparation de l'échéance de 2012.....écouter
- le drame de la sécheresse, en particulier dans le Tarn....écouter
- la vie à Cordes sur ciel et dans le Pays cordais......écouter

 

Pour écouter l'ensemble de l'interview

cliquer ici

(attendre 15" avant l'ouverture du fichier audio)

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7 juin 2011 2 07 /06 /juin /2011 11:08

Colette.jpgVous ne connaissiez peut-être pas Colette Réavaille, mais je voudrais vous parler de cette femme de 86 ans, dont la disparition m'a beaucoup touché, comme les nombreux témoignages que j'ai entendus hier au cours d'une cérémonie émouvante à Carmaux.

Voici comment, pour ma part, j'ai rendu hommage à cette amie, simple militante, dont la vie a été ce que Jean Jaurès appelait "une vie vivante, sincère et pleine".

                            *****

     "Au delà de la souffrance affective douloureuse que nous ressentons tous devant la disparition d'un être cher s'en ajoute une autre, non moins aigüe, celle de déplorer la disparition d'une personnalité hors du commun. Ce fort sentiment de vide, cette absence lourde témoignent rétrospectivement de la rayonnante présence de Colette.
      Difficile de parler d’elle à l’imparfait, tant elle est encore présente auprès de nous.
     Difficile de se départir d’une émotion intense dans un tel moment de communion.
      Difficile de résumer sa vie en quelques phrases. Je vais quand même essayer de le faire, modestement, convaincu que je ne pourrai évoquer qu’une partie de sa très riche personnalité.

      Colette, c’était d’abord une incroyable énergie. Incroyable pas seulement du fait de son âge. Bien des jeunes pourraient lui envier son insatiable curiosité, qui touchait à tous les domaines, son enthousiasme permanent, son esprit d’entreprise. Autant de traits si bien résumés par le titre même de son association (« De quoi j’me mêle »)….c’est à dire : je m’intéresse à tout ce qui fait la vie, pour comprendre, pour débattre, pour expliquer, pour agir…
      Colette, c’était une femme de convictions. Des convictions fortes et pas seulement, comme on le voit trop souvent des mots, contredits par les actes,. Toute jeune, elle montrera son courage dans son engagement dans la Résistance. Puis, jusqu’à la fin, elle affichera un engagement politique sans faille, au service d’un socialisme humaniste, fidèle au message du grand Jaurès.
       Colette, c’était un caractère aimable, souriant, une bonne humeur permanente et cela malgré les épreuves de la vie, qu’elle a traversées avec beaucoup de dignité.
       Colette, c’était la fidélité en amitié. Bien précieux, parce que rare. Une amitié dont je m’honorais et qu’elle me manifestait fréquemment.
     La disparition de Colette est une perte pour sa famille et ses 7 enfants, auxquels elle tenait tant, pour ses amis, qui l’aimaient et l’admiraient beaucoup, mais aussi pour Carmaux, cette ville à laquelle elle était attachée et qui va découvrir que, plus que d’autres peut-être, elle est irremplaçable. En tout cas, Colette laissera ici non seulement des souvenirs, mais une leçon de vie, pour nous tous et surtout pour les jeunes, qui peuvent s’inspirer de tels exemples.
         C’est pour cela que j’ai pensé lui rendre un dernier hommage en lisant quelques extraits du remarquable « discours à la jeunesse » prononcé par Jean Jaurès devant les lycéens d’Albi le 30 juillet 1903. Il n’a pas pris une ride et il correspond, vous allez l’entendre, tellement bien aux convictions, aux valeurs et à l’engagement de Colette !

 

" C’est une grande joie pour moi de me retrouver en ce lycée d’Albi et d’y reprendre un instant la parole. Grande joie nuancée d’un peu de mélancolie ; car lorsqu’on revient à de longs intervalles, on mesure soudain ce que l’insensible fuite des jours a ôté de nous pour le donner au passé. Le temps nous avait dérobés à nous-mêmes, parcelle à parcelle, et tout à coup c’est un gros bloc de notre vie que nous voyons loin de nous. La longue fourmilière des minutes emportant chacune un grain chemine silencieusement, et un beau soir le grenier est vide.
 Mais qu’importe que le temps nous retire notre force peu à peu, s’il l’utilise obscurément pour des œuvres vastes en qui survit quelque chose de nous?     (…….)
 Oui, les hommes qui ont confiance en l’homme (…) sont résignés d’avance à ne voir qu’une réalisation incomplète de leur vaste idéal, qui lui-même sera dépassé ; ou plutôt ils se félicitent que toutes les possibilités humaines ne se manifestent point dans les limites étroites de leur vie. (…)
 Et ils affirment, avec une certitude qui ne fléchit pas, qu’il vaut la peine de penser et d’agir, que l’effort humain vers la clarté et le droit n’est jamais perdu. L’histoire enseigne aux hommes la difficulté des grandes tâches et la lenteur des accomplissements, mais elle justifie l’invincible espoir.
 Dans notre France moderne, qu’est-ce donc que la République ? C’est un grand acte de confiance. Instituer la République, c’est proclamer que des millions d’hommes sauront tracer eux-mêmes la règle commune de leur action ; qu’ils sauront concilier la liberté et la loi, le mouvement et l’ordre ; qu’ils sauront se combattre sans se déchirer ; que leurs divisions n’iront pas jusqu’à une fureur chronique de guerre civile, et qu’ils ne chercheront jamais dans une dictature même passagère une trêve funeste et un lâche repos. Instituer la République, c’est proclamer que les citoyens des grandes nations modernes, obligés de suffire par un travail constant aux nécessités de la vie privée et domestique, auront cependant assez de temps et de liberté d’esprit pour s’occuper de la chose commune. (….)
 Rien n’est plus menteur que le vieil adage pessimiste et réactionnaire de l’Ecclésiaste désabusé : “ Il n’y rien de nouveau sous le soleil ”. Le soleil lui-même a été jadis une nouveauté, et la terre fut une nouveauté, et l’homme fut une nouveauté. L’histoire humaine n’est qu’un effort incessant d’invention, et la perpétuelle évolution est une perpétuelle création.(……)
 Surtout, qu’on ne nous accuse point d’abaisser et d’énerver les courages. L’humanité est maudite, si pour faire preuve de courage elle est condamnée à tuer éternellement.
 Le courage, aujourd’hui, ce n’est pas de maintenir sur le monde la sombre nuée de la Guerre, nuée terrible, mais dormante, dont on peut toujours se flatter qu’elle éclatera sur d’autres. Le courage, ce n’est pas de laisser aux mains de la force la solution des conflits que la raison peut résoudre ; car le courage est l’exaltation de l’homme, et cela en est l’abdication.
 Le courage pour vous tous, courage de toutes les heures, c’est de supporter sans fléchir les épreuves de tout ordre, physiques et morales, que prodigue la vie. Le courage, c’est de ne pas livrer sa volonté au hasard des impressions et des forces ; c’est de garder dans les lassitudes inévitables l’habitude du travail et de l’action. Le courage dans le désordre infini de la vie qui nous sollicite de toutes parts, c’est de choisir un métier et de le bien faire, quel qu’il soit ; c’est de ne pas se rebuter du détail minutieux ou monotone ; c’est de devenir, autant que l’on peut, un technicien accompli ; c’est d’accepter et de comprendre cette loi de la spécialisation du travail qui est la condition de l’action utile, et cependant de ménager à son regard, à son esprit, quelques échappées vers le vaste monde et des perspectives plus étendues.
 Le courage, c’est d’être tout ensemble, et quel que soit le métier, un praticien et un philosophe. Le courage, c’est de comprendre sa propre vie, de la préciser, de l’approfondir, de l’établir et de la coordonner cependant à la vie générale. Le courage, c’est de surveiller exactement sa machine à filer ou à tisser, pour qu’aucun fil ne se casse, et de préparer cependant un ordre social plus vaste et plus fraternel où la machine sera la servante commune des travailleurs libérés. Le courage, c’est d’accepter les conditions nouvelles que la vie fait à la science et à l’art, d’accueillir, d’explorer la complexité presque infinie des faits et des détails, et cependant d’éclairer cette réalité énorme et confuse par des idées générales, de l’organiser et de la soulever par la beauté sacrée des formes et des rythmes.
 Le courage, c’est de dominer ses propres fautes, d’en souffrir mais de n’en pas être accablé et de continuer son chemin.
 Le courage, c’est d’aimer la vie et de regarder la mort d’un regard tranquille ; c’est d’aller à l’idéal et de comprendre le réel ; c’est d’agir et de se donner aux grandes causes sans savoir quelle récompense réserve à notre effort l’univers profond, ni s’il lui réserve une récompense.
 Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire ; c’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe, et de ne pas faire écho, de notre âme, de notre bouche et de nos mains aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques.
 Ah ! vraiment, comme notre conception de la vie est pauvre, comme notre science de vivre est courte, si nous croyons que, la guerre abolie, les occasions manqueront aux hommes d’exercer et d’éprouver leur courage (…)
 Et vous, jeunes gens, vous voulez que votre vie soit vivante, sincère et pleine. C’est pourquoi je vous ai dit, comme à des hommes, quelques-unes des choses que je portais en moi."

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Lire aussi l'article de la Dépêche du Midi

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29 décembre 2010 3 29 /12 /décembre /2010 17:40

Les voeux de Paul Quilès pour 2011

 

   Bonne année.....bien sûr! Comme chacun le fait traditionnellement en s’adressant à celles et ceux qu’il aime ou simplement qu’il estime, je souhaite que cette nouvelle année vous apporte le meilleur de la vie. Un « meilleur » qui sera naturellement différent pour chacun d’entre vous.

    Mais comment ne pas penser en cet instant à ces hommes et ces femmes dont le « meilleur » consistera à se contenter de peu, de très peu ? Ils sont près de nous, souvent sans que nous le sachions. Ils sont aussi, par millions, dans ce grand village qu’est devenu notre monde, où les injustices, les inégalités, les guerres, les menaces de toute sorte sont pourtant le lot quotidien.

    Si nous voulons bien sortir de la bulle dans laquelle nous enferment trop souvent nos habitudes, nos conformismes et nos égoïsmes, 2011 peut être l’occasion de refuser un « monde désenchanté ».

    Le cri d’alarme de Stéphane Hessel, grand résistant et co-rédacteur de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme de 1948, mérite d’être médité. A 93 ans, il vient de nous inviter, dans petit texte particulièrement incisif (« Indignez- vous »*) à trouver la force et la volonté de résister aux oppressions, aux injustices et aux dérives de toutes sortes qui affectent notre monde.

    Propos idéalistes ? Peut-être, mais que vaut la vie, sans idéal ? Que vaut l’action politique sans ces idéaux que sont –pour les hommes et les femmes de gauche, en tout cas- la paix, la justice, la laïcité, la démocratie ?

    Alors, redonnons du sens à tous ces mots et n’hésitons pas, comme le souhaite Stéphane Hessel, à nous indigner. C’est un meilleur guide pour l’action que la petite musique de la résignation, à laquelle trop de responsables ou de commentateurs nous invitent à chaque instant.

  

* « Indignez- vous »- Stéphane Hessel- Editions Indigène

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13 novembre 2010 6 13 /11 /novembre /2010 22:51

    Gilles Candar, président de la Société d'études jauresiennes et signataire de l'appel de Gauche Avenir, rappelait récemment dans une brochure de la Fondation Jean Jaurès ("La gauche et le pouvoir") la belle réponse qu'avait faite François Mitterrand à la question: "La gauche, c'est par où?"

    Comme le dit Gilles Candar, cette synthèse "rassemble en quelques mots les choix que doivent assumer ceux qui veulent transformer le monde dans lequel nous vivons".

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"C'est par le pouvoir, répondra le politicien. C'est par l'opposition, rétorquera le contestataire. C'est par l'engagement d'une vie, jour après jour, semaine après semaine, dans la patience d'un combat cent fois recommencé, dira le militant aguerri. C'est par l'enthousiasme créateur, le refus des dogmes et des conformismes, ajoutera l'adolescent impatient de bousculer l'ordre établi. C'est par la fidélité aux idéaux fondateurs, la méditation sur les leçons de l'expérience, diront ceux qui savent qu'on ne bâtit rien de durable sans références. C'est par l'adaptation au terrain, le renouvellement permanent, la capacité d'agir toujours avec une longueur d'avance, concluront ceux pour qui la gauche est mouvement. J'ai rencontré tous ces personnages. J'ai peut-être été chacun d'eux et chacun, à sa manière, est dans le vrai...."

(François Mitterrand-1er mai 1994)

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21 septembre 2010 2 21 /09 /septembre /2010 08:17

 

Dossier-3568--Resolution-de-l-ecran-.JPG    On le voit chaque jour, les délocalisations se traduisent en France par de fortes disparitions d’emplois. Elles sont en général motivées par l’avantage que représente le bas niveau des salaires (voir sur ce blog) dans les pays d’accueil. Il se trouve que ce « handicap » peut parfois être compensé par la bonne image que confère à une région une opération d’aménagement du territoire.  

    C’est la réflexion que m’a inspirée un récent article* annonçant que la société CCA International recrutait 40 collaborateurs à Carmaux. Il faut savoir que cette société s’est précisément implantée dans la cité minière il y a 8 ans, parce que j’avais mis en avant le projet d’aménagement de Cap’ Découverte pour obtenir une décision positive.  

    Comme le rappelle** Jean Padilla, ancien maire de Cagnac les mines, « c’est parce que Bernard Caïazzo, PDG de l'entreprise à cette époque, y a vu une preuve du dynamisme de cette région qu’il a décidé cette implantation, alors qu’elle était en concurrence avec d’autres sites potentiels. »  

    Le succès est là, puisque cette entreprise, est aujourd’hui, avec 510 salariés, le 1er employeur de la cité minière et le 2ème employeur privé du département du Tarn, après le groupe Fabre ! 

    Il y a quelques années, j’ai consacré beaucoup de temps, d’énergie et d’enthousiasme au projet de Cap’ Découverte, destiné à aménager le site de la mine à ciel ouvert de Carmaux. Avec le recul et l’atténuation des querelles politiciennes, on distingue mieux, à travers cet exemple, ce qu’il a apporté à une région affectée par l’arrêt de l’exploitation charbonnière. Alors que l’emploi reste la préoccupation première de nos concitoyens, je me félicite qu’un tel projet d’aménagement ait entraîné un changement d’image, qui a favorisé la création d’emplois.  

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* Dépêche du Midi (5/9/2010)

** Dépêche du Midi (17/9/2010)

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15 août 2010 7 15 /08 /août /2010 20:58

footAprès le piteux épisode sud-africain des "Bleus", les commentaires se sont déchaînés: éditoriaux, reportages, débats, déclarations ministérielles.....

 

nageurs.jpgAujourd'hui, après la belle récolte de médailles des nageurs français à Budapest, ils ont recommencé.

 

 

Moi, je trouve que ce trait d'humour, que je viens d'entendre, décrit mieux la situation que de longues et sérieuses analyses:

"Dommage qu'ils ne jouent pas au foot!"

C'est bien ce que vous pensez, non?

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11 juillet 2010 7 11 /07 /juillet /2010 16:15

Petain.jpgJ’étais hier à Vichy, aux côtés de nombreuses personnalités (le Président du Sénat, le Ministre de l’Intérieur, des parlementaires, des élus locaux…..) pour célébrer le geste des 80 parlementaires qui, il y a 70 ans, « furent l’honneur de la République », en refusant les pleins pouvoirs à Pétain.

Etait présente également la fille d’Augustin Malroux, un des « 80 », député de Carmaux, élu en 1936 dans la circonscription de Jean Jaurès, que j’ai représentée pendant 14 ans à l’Assemblée nationale.

    Autant dire que cette célébration fut empreinte d’émotion. Les discours des responsables politiques, de gauche comme de droite, ont rendu hommage avec justesse au courage de ces hommes et rappelé le contexte particulier de l’époque.

      Souvenons-nous (voir aussi ci-dessous*). En cet après midi du 10 juillet 1940, dans la salle de théâtre du casino de Vichy, les 2 chambres sont réunies en Assemblée nationale pour examiner le projet de loi constitutionnelle de Laval, vice –président du Conseil.

       Il s’agit d’un texte  qui stipule :

« L’Assemblée nationale donne tout pouvoir au gouvernement de la République, sous l’autorité et la signature du maréchal Pétain, à l’effet de promulguer par un ou plusieurs actes une nouvelle constitution de l’État français. Cette constitution devra garantir les droits du Travail, de la Famille et de la Patrie. Elle sera ratifiée par la Nation et appliquée par les assemblées qu’elle aura créées. »

     Aucun débat n’a lieu et le représentant des opposants, Vincent Badie, député de l’Hérault,  est même physiquement empêché de prendre la parole ! Le texte est voté par 569 voix contre 80 (20 abstentions et 176 absents).

    Le lendemain, Pétain déclare assumer les fonctions de chef de l’Etat français, fixe l’étendue de ses fonctions et renvoie les chambres ! Il n’y aura jamais de nouvelle constitution et les actes constitutionnels ne seront pas ratifiés par la nation ni appliqués par de nouvelles assemblées. Autant dire que le vote du 10 juillet a ouvert la voie à un véritable coup d’Etat.

     En se replongeant dans cette période noire de notre histoire, on ne peut pas éviter de se poser la question : comment a-t-il été possible que 80 parlementaires seulement aient refusé la mise à mort de la 3ème République !

    Il est vrai que certains députés et sénateurs n’avaient pas pu voter (les « 27 du  Massilia »**, les 61 parlementaires communistes déchus de leur mandat pour avoir refusé de condamner le pacte germano-soviétique, d’autres étaient prisonniers des Allemands, pris dans l’exode….ou simplement absents parce que physiquement menacés). Il n’en demeure pas moins que, si tous ceux-là avaient pu voter, les défenseurs de la République n’auraient représenté que 20% du Parlement.

     Pour comprendre, il faut se souvenir que les divisions des groupes et des partis politiques -celles de la gauche issue du Front populaire, de la SFIO mais aussi de la droite- étaient très fortes. Des deux côtés, on trouvait à la fois des partisans des solutions autoritaires et des républicains sincères. L’anti sémitisme montait, même à gauche. L’éclatement de la scène politique a donc joué un grand rôle dans cette abdication. On ne peut pas non plus négliger le climat terrible qui régnait alors à Vichy, fait de rumeurs (coup d’Etat militaire), de peur, de pressions et de menaces sur les parlementaires.

     Beaucoup n’ont pas vu, ou voulu voir que la manœuvre à laquelle ils se prêtaient était en réalité sous tendue par une volonté de détruire la République. « Plutôt Hitler que le Front populaire », avaient-ils dit quelques années plus tôt! Et Weygand, dans une note du 28 juin 1940 approuvée par Pétain, qualifiait le régime républicain de « régime de compromissions maçonniques, capitalistes et internationales » et réclamait « un programme nouveau et des hommes nouveaux, capables de mettre en pratique un idéal résumé en quelques mots : Dieu, Patrie, Famille, Travail »

    Chaque période de notre histoire a ses particularités, mais il serait dommage de ne pas méditer quelques leçons de ce tragique évènement.

    Personnellement, j’en tire deux enseignements :

      - Le premier est que la République ne doit pas être considérée comme un acquis définitif. Elle est fragile et il faut en permanence en défendre les valeurs, parce que ses adversaires profitent toujours des périodes troublées pour la remettre en cause, même si leurs attaques se font aujourd’hui plus sournoises.

      - Le deuxième enseignement est que, dans les moments de désarroi national, les incertitudes et les doutes peuvent entraîner une perte des valeurs démocratiques dans les corps intermédiaires que sont les partis. Dans la décomposition de la vie politique qui s’en suit, la recherche de « l’homme providentiel » apparaît alors comme la solution et les institutions démocratiques ne sont plus un rempart contre l’autoritarisme.

      Même si le monde a bien changé depuis 70 ans et si de tels risques peuvent paraître improbables, les responsables politiques devraient s’inspirer des enseignements du 10 juillet 1940 et faire du combat pour les valeurs une priorité de leur action.

    Encore une fois, merci aux « 80 » pour leur geste courageux et à ceux qui, en le commémorant, nous rappellent opportunément que la résistance est un devoir lorsqu’il est porté atteinte aux valeurs et aux principes de la République

 

                                                          

* Quelques dates,

pour mieux comprendre le contexte :

13 mai 1940 : les troupes allemandes attaquent les lignes françaises dans les Ardennes et franchissent la Meuse.

14 juin : entrée des troupes allemandes dans Paris. Le gouvernement et les chambres (Assemblée nationale et Sénat) se replient à Bordeaux.

16 juin : Paul Reynaud démissionne. Le Président de la République, Albert Lebrun, nomme le maréchal Pétain président du Conseil des ministres.

18 juin : appel du général de Gaulle à Londres, où il est arrivé la veille.

19 juin : le gouvernement français décide de partir à Alger avec les chambres, pour se soustraire à l’avance allemande.

21 juin : ce départ est différé à la demande de Laval et sur la foi d’informations mensongères indiquant que les Allemands n’ont pas franchi la Loire. Le paquebot « Massilia »** part néanmoins du Verdon avec 27 parlementaires (dont Pierre Mendès France, Georges Mendel, Jean Zay).

22 juin : l’armistice est signé avec l’Allemagne.

23 juin : Laval entre au gouvernement comme vice-président du Conseil.

2 juillet : transfert du gouvernement français à Vichy.

10 juillet : vote du projet de loi accordant les pleins pouvoirs constitutionnels au gouvernement « sous l’autorité et la signature du maréchal Pétain »

11 juillet : Pétain s’attribue le titre nouveau de « chef de l’Etat ».

18 octobre : loi instituant un statut des juifs.
24 octobre : Pétain rencontre Hitler à Montoire.

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20 juin 2010 7 20 /06 /juin /2010 14:35

carton-rouge.jpgOn l'avait oublié: le football est un sport et aussi un jeu.

Mais oui, vous avez bien lu: un JEU....ce que le dictionnaire définit comme "une activité physique ou intellectuelle non imposée ou gratuite, à laquelle on s'adonne pour se divertir, en tirer un plaisir".

   On est assez loin du pseudo "drame national" qui se joue (un jeu?) sous nos yeux ébahis. On nous abreuve de commentaires sans nuance et souvent ridicules: "la France humiliée", le naufrage, le crépuscule, la honte.....On se vautre dans un feuilleton hallucinant digne de la téléréalité et voici même que le Président de la République, en voyage officiel à Moscou, se croit obligé de commenter l'évènement au cours d'une conférence de presse!

   Je ne vais donc pas en rajouter, sauf pour dire qu'amoureux du sport depuis toujours, à la fois comme pratiquant et spectateur, je regarde avec tristesse cette dérive d'un monde sportif professionnel, rongé par l'argent, le dopage, la starisation. Un jour, c'est la glorification sans mesure de ces nouveaux "héros", vantés comme "un maillon fort de l'identité nationale"; un autre jour, c'est le dénigrement et la déchéance.

   Les empereurs romains pensaient endormir le peuple en lui offrant "du pain et des jeux". La recette n'a pas vraiment changé et les dirigeants devraient s'inquiéter quand il y a moins de pain et que les jeux sont mauvais.

   Certains disent que cette agitation et ces dérives sont un reflet ou un miroir de notre époque, qui, avec l'argent facile, la médiatisation à outrance, la "pipolisation", la banalisation de la vulgarité, engendrerait ce type de situation. Possible....

   J'essaie quand même de me convaincre que cette crise pourrait être finalement salutaire pour faire comprendre la vanité de tous ces ersatz des vraies valeurs que le sport devrait enseigner à la jeunesse: la probité, la solidarité, le plaisir de jouer, le goût de l'effort, le bonheur de vibrer devant le beau spectacle d'une compétition entre sportifs talentueux et enthousiastes.

   On peut rêver......

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Published by Paul Quilès - dans Réflexions à haute voix
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Bibliographie

- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  
- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu)
- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff )

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï)
-
1992: Nous vivons une époque intéressante
- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez