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16 mai 2010 7 16 /05 /mai /2010 16:02

Diafoirus.jpgQue de questions sur la crise actuelle! La crise est-elle finie? De quelle crise s'agit-il d'ailleurs: crise financière, crise bancaire, crise sociale, crise politique, crise de l'Europe, crise de l'euro? Quelle sera le prochain soubresaut? Y a-t-il des solutions?

     Plus je lis, plus j'écoute les analyses et les prises de position des économistes, des responsables politiques, plus je me dis que les Français, les Européens et même les Américains doivent être perdus! Et, devant les vérités succesives, les erreurs de diagnostic, les solutions "miraculeuses" qui échouent, la question la plus grave et la plus lancinante est certainement: qui croire?

     Il est certain que nos Diafoirus modernes, tels les médecins de Molière* qui prétendaient soigner toutes les maladies par des clystères, des saignées et des purges, ne sont plus crédibles en proposant chaque jour la rigueur, l'austérité, les coupes dans les budgets sociaux, sans se rendre compte que le remède risque de tuer le malade.

    Pour essayer d'y voir plus clair, j'ai sélectionné trois textes, dont je vous recommande la lecture:

 

    1- une analyse extraite du rapport parlementaire sur le projet de loi de finances 2010, dans laquelle le député (UMP) Gilles Carrez montre que les baisses d'impôt et les "niches fiscales" créées depuis 2000 ont privé l'Etat de 100 milliards d'euros de recettes! Alors que l'on cherche des financements pour les retraites, pour la réduction du déficit budgétaire, pour les invetissements d'avenir, M.Fillon ose proposer une économie de 2 milliards sur les "niches fiscales" et envisage une réforme des retraites qui rabotera les revenus les plus modestes.....Comme disait Molière: "Clysterium donare, Postea seignare, Ensuitta purgare"

                      Lire le texte

 

    2- un intéressant article du prix Nobel d'économie Paul Krugman sur l'erreur des Européens, qui, depuis Maastricht, ont omis de mettre en place la gouvernance économique indispensable pour gérer une monnaie unique.

                      Lire l'article du New York Times

 

    3- un long, mais pertinent texte de Frédéric Lordon ("Crise, la croisée des chemins"), qui considère que sauver les finances publiques grecques ne sauvera pas le système. En voici un extrait:

"A supposer que le calme revienne prochainement, il serait tout à fait temporaire. Le plan grec est auto-invalidant ! La brutalité de la récession qu’il va produire condamne le rétablissement budgétaire à être toujours à la traîne de l’effondrement des recettes fiscales et tous les efforts mis à réduire le déficit aboutiront à le creuser davantage (ou à le maintenir très haut) ! C’est pourquoi si elle ne vient pas aujourd’hui, l’heure de vérité sonnera d’ici douze ou dix-huit mois, lorsqu’on s’apercevra de cette dynamique du désespoir et que, la solvabilité grecque apparaissant pour ce qu’elle est, à savoir irrattrapable dans ces conditions, il faudra bien rendre les armes et passer à autre chose."

                         Lire le texte

____________________________________________________________

* Molière- Le Malade Imaginaire (acte III, scène XIV, 3ème intermède)

     - BACHELIERUS:  Clysterium donare,

                                  Postea seignare,

                                  Ensuitta purgare

    - CHORUS: Bene, bene, bene, bene respondere:

                      Dignus, dignus est entrare

                      In nostro docto corpore.

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15 mai 2010 6 15 /05 /mai /2010 18:57

Buzz   L'histoire de l'humanité est jalonnée de découvertes d'outils et de procédés utiles à l'Homme et qui ont permis son développement, mais dont l'utilisation peut être détournée et mettre alors en danger ceux qui les utilisent ou ceux contre qui ils sont employés.

    Les nouvelles technologies de communication font partie de ces outils et il serait stupide, comme on l'entend parfois, de les condamner au motif que certains de leurs usages sont jugés dangereux ou d'une utilité discutable. Elles représentent une formidable avancée pour les hommes, qui disposent désormais d'une capacité sans précédent de s'instruire et de s'informer sans intermédiaire.

    Je me souviens d'un discours que j'ai fait au Japon, au début des années 90, au cours d'une visite ministérielle où je présentais les technologies françaises de télécommunications. Lorsque j'ai annoncé la perspective d'une information instantanée et mondialisée avant la fin du siècle, j'ai rencontré quelques sourires moqueurs.

    Et pourtant, les choses sont allées très vite. Le phénomène s'accélère même de façon impressionnante et nous ne sommes qu'au début de l'explosion entraînée la conjonction du numérique, de la miniaturisation et des télécommunications. Les innombrables développements promis par des innovations comme l'iPhone ou l'iPad posent quand même la question de l'utilité de certaines applications censées répondre à des besoins...créés pour l'occasion.

    Il n'est cependant pas question de contester l'utilité de cet outil exceptionnel pour rapprocher et instruire les hommes. Par contre, il me semble indispensable de s'interroger sur les risques d'une utilisation détournée, qui le rendrait dangereux, aliénant et qui pourrait le transformer en moyen de manipulation.

    Cette réflexion salutaire devrait être abordée de façon directe et sérieuse, notamment avec les plus jeunes, en évitant les anathèmes (les "ringards", les "archaïques") et les affrontements caricaturaux (les "pour" et les "contre").

    J'ai bien aimé à ce propos l'intervention courageuse de Barack Obama, qui, devant des étudiants de l'université de Hampton, a osé émettre des réserves sur les bienfaits des nouvelles technologies, regrettant que .  l'information devienne "une distraction, une diversion, une forme d'amusement, plutôt qu'un outil d'épanouissement ou un moyen d'émancipation";

    Le président américain a ensuite regretté que "certaines informations les plus folles" puissent "rapidement être amplifiées" par des blogs ou des stations de radio. "Tout cela non seulement met de la pression sur chacun de nous, mais aussi sur notre pays et notre démocratie", a-t-il jugé.

            Lire l'article du Point.fr à ce sujet.

  

    Puisque j'ai évoqué la possibilité de manipuler avec les nouveaux moyens de communications, je vous suggère de lire cette dénonciation par le journaliste Daniel Schneiderman du "buzz" organisé sur Internet pour imposer (!) un point de vue. En voici un extrait:

 

    "Loin de moi, l'intention sacrilège de critiquer ce merveilleux instrument, que sont les sondages, et qui offre de si délicieux aliments au buzz du matin. Pourtant, une descente dans les profondeurs du même sondage Ifop-Match, sous-section popularité, recèle bien des mystères. Pourquoi Borloo a-t-il gagné cinq point de "bonnezopinions" depuis avril ? Pourquoi Lang en a-t-il perdu 6 ? Pourquoi Morin en a-t-il gagné 7 ? Pourquoi Devedjian en a-t-il perdu 4 ? Quelles interventions décisives, quels actes courageux, quels prodiges d'éloquence, de ces très estimables personnalités, expliquent de telles variations ? Envoyez vos perspicaces réponses au site.
    Vous n'en savez rien ? Rassurez-vous : les buzzeurs non plus. Et pourtant, ils buzzent, c'est leur fonction, avec une unanimité qui rappelle les jités de lundi, s'ouvrant comme un seul homme sur les miraculeux rebonds boursiers, qui indiquaient évidemment, c'était entendu, que l'Euro avait terrassé la spéculation. Le point commun des traders et des journalistes politiques, c'est le panurgisme. Et un toujours stupéfiant court-termisme. Seul existe l'instant présent. Leurs facultés cérébrales semblent s'être racccourcies à 24 heures environ. Le chiffre éphémère, le chiffre dérisoire, le chiffre indéchiffrable, est leur aliment quotidien."

    Consulter cet article sur le site "Arrêt sur images"

 

    Enfin, je vous recommande, dans un autre style, cette tribune assez décapante de Michel Onfray publiée par le Monde, sur les dégats du fonctionnement "compulsif" des rubriques de commentaires sur Internet. 

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18 avril 2010 7 18 /04 /avril /2010 17:49

nuage-cendres-volcan.jpgUn contre temps peut avoir du bon !

Une fois passée la contrariété passagère, l’impossibilité de prendre l’avion en raison du nuage de cendres islandaises m’a permis de profiter d’une belle journée de printemps ensoleillée à Cordes et d’écrire ces quelques lignes que m’inspire l’évènement.
   Je veux parler bien entendu de l’éruption aussi soudaine qu’imprévue d’un volcan lointain, qui vient perturber non seulement les vols de passagers notamment en Europe, mais aussi nombre d’activités tributaires de ce mode de transport. Tout comme les tsunamis, les tremblements de terre, les ouragans, les tempêtes, cet évènement révèle nos faiblesses (mode de construction, mode de vie….) et notre excessive confiance dans la capacité de l’Homme à maîtriser les forces « naturelles » de la planète.
   Il nous rappelle également que la nature n’est pas aussi douce qu’une imagerie un peu niaise le suggère parfois. Depuis la nuit des temps, l’Homme a dû se battre pour s’imposer face à des espèces prédatrices, à des aléas climatiques, à des catastrophes naturelles. Pour contrer les excès d’un développement destructeur de certains équilibres écologiques, il ne peut donc être question d’un quelconque « retour » à la nature -qui serait «naturellement » bonne- mais plutôt de la dompter, de la protéger et d’éviter de créer de nouveaux dérèglements qui viendraient détruire le nécessaire équilibre entre l’Homme et son environnement. Pour cela, des actions fortes et continues sont indispensables et il faut en convaincre tous les acteurs que sont les décideurs politiques, les industriels et les citoyens, à la fois consommateurs et pollueurs. On pu constater, tant à Copenhague qu’à Grenelle, que ce n’était pas simple !
   Le catastrophisme développé par certains (qui prétendent aider de la sorte à la prise de conscience de l’étendue du problème) peut conduire au contraire à créer ce que l’historien Jacques Le Goff appelle des « transes et des cauchemars ». Il dénonce à ce propos ce qu’il appelle « l’écologie millénariste » et il demande que l’on n’oublie pas que « l’excès dans la malédiction peut aller à l’encontre de son objet.».
   Dans le même esprit, je regrette que l’important débat sur la nécessaire évolution du mode de développement et de consommation soit trop souvent réduit à des affrontements caricaturaux de slogans (la croissance/la décroissance) ou des batailles de chiffres. Reprenant encore Jacques Le Goff, je pense que « les critiques énoncées posément et rationnellement justifiées sont les plus efficaces ».

 

   A propos de nuages, avez-vous lu les récents articles qui expliquent les conséquences très matérielles des « mondes virtuels » créés par Internet ? A travers le monde, le « nuage numérique » est stocké dans pas moins de 45 millions de centres de données (les « data centers ») ! Il s’agit des données informatiques échangées sur Internet, c'est-à-dire les mails, les documents, les photos des particuliers et des entreprises du monde entier. Leur stockage, sans réel contrôle, dans une multiplicité de centres de traitement, va bientôt poser la question de la confidentialité, mais c’est dès maintenant le problème énergétique qui est soulevé. A titre d’exemple, les centres de données européens consomment 40 milliards de KWh par an et ce chiffre doit doubler d’ici 2012 ; aux Etats- Unis, la croissance de leur consommation représente chaque année l’équivalent de la production de 2 grosses centrales électriques !
   Alors que la « dématérialisation » de nombreuses activités grâce à Internet a été considérée à juste titre comme favorable à l’environnement, il va falloir dans ce domaine aussi faire de sérieux efforts d’économie d’énergie pour que le bilan reste positif. Cela concernera les industriels, les fournisseurs de services....sans oublier les internautes, qu'ils soient particuliers ou professionnels, qui ne sont certainement pas encore sensibilisés à cette pollution environnementale.  

   Ce paradoxe, qui touche toutes les innovations (on l’a encore vu avec les agro carburants), prouvera à ceux qui en douteraient qu’il n’existe pas de solution miracle pour répondre aux formidables défis du développement durable .

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21 février 2010 7 21 /02 /février /2010 12:37

inegalites.jpg     Dans la période de grave crise économique et sociale que nous traversons, les citoyens, quel que soit leur statut (travailleurs, chômeurs, retraités…..), sont particulièrement sensibles aux injustices et aux inégalités.

     Il faut dire que l’actualité est riche en excès difficiles à supporter et, pour beaucoup de Français, difficiles même à comprendre. La reprise des bonus, les résultats exorbitants des banques, les salaires indécents de certains grands chefs d’entreprise …..tout ceci a de quoi choquer, quand on sait par exemple que 600 000 chômeurs en fin de droits risquent de ne pas être indemnisés cette année ou que 3,5 millions de personnes sont logées dans des conditions indignes !

     C’est dans ce climat que le gouvernement et l'UMP cherchent à affoler l’opinion avec des phrases fortes et définitives (« il faut sauver le système de retraites », « il faut sauver la sécurité sociale »), à partir de chiffres présentés comme des évidences.

     Ecoutez-les justifier des mesures qui affaiblissent notre système de santé, pour résorber le déficit de la sécurité sociale….en oubliant que celui-ci est du même ordre de grandeur que le montant des exonérations de cotisations (30,7 milliards € en 2008).

     Ecoutez-les préparer une réforme des retraites qui va accentuer les inégalités et la précarité….en oubliant que d’autres réponses sont possibles (voir sur ce blog « le devoir de clarté de la gauche »).

     Ecoutez-les annoncer les mesures de RGPP* destinées à réduire le déficit du budget de l’Etat (149 milliards €), en se focalisant sur le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux…alors que ce dispositif ne rapportera que 500 millions €, soit 0,5% du déficit !

     La gauche, qui dit vouloir lutter contre les inégalités, doit avoir le courage et la volonté de:

1) poser clairement les problèmes, sans s’abriter derrière des slogans ou des formules ;

2) proposer des choix destinés à modifier la répartition des richesses et des charges, pour que la solidarité ne soit pas un vain mot, ce qui implique de dire qui gagnera et qui perdra ;

3) débattre des priorités, car on voit bien par exemple qu’il ne sera pas possible de faire disparaître toutes les exemptions -les fameuses « niches »- sociales et fiscales**, causes de tant d’injustices et de pertes de recettes. Certaines présentent un intérêt économique ou social (recherche, emploi…), mais ce n’est pas le cas de bon nombre d’entre elles. Pour ne prendre que quelques exemples:
- L’exonération fiscale et sociale des heures supplémentaires, mesure coûteuse (3 milliards €) et scandaleuse en période de chômage
- Le « bouclier fiscal », moins coûteux (700 millions €) mais tout aussi scandaleux, puisqu’il concerne moins de 20 000 personnes et qu’un millier d’entre elles ont touché environ 500 millions € !
- La TVA à 5,5% dans la restauration (2,4 milliards €), cadeau aux effets particulièrement faibles, notamment sur le niveau des prix.
- L
’exonération d’impôt sur les sociétés des plus values de cessions de filiales***. Grâce à l’opiniâtreté de Didier Migaud, Président de la commission des finances de l’Assemblée nationale, on a découvert que ce  cadeau fiscal, accordé par le Ministre des finances en 2004 (un certain N. Sarkozy !), a coûté à l’Etat 22 milliards € sur 3 ans…une bagatelle qui équivaut au déficit de la sécurité sociale en 2009 !! 

 

     Relever les omissions de la droite et ses présentations fallacieuses–qui sont autant de mensonges- est indispensable, mais ce n’est pas suffisant.
     Dans ce domaine si sensible de la justice sociale et fiscale, d’autres choix, à condition qu’ils soient débattus puis présentés par l’ensemble de la gauche, peuvent mobiliser une majorité de Français et leur rendre l’espoir qu’une autre politique que celle qu’ils subissent depuis plusieurs années est possible.

_______________________________________________
 

* Révision Générale des Politiques Publiques

** Ces niches représentent 140 milliards € chaque année (voir l’excellent dossier publié à ce sujet par Libération le 28 janvier 2010)

*** Ce dispositif permet aux entreprises de ne pas payer d’impôt sur les plus- values encaissées lors de la vente de filiales ou de participations, à condition de les avoir détenues au moins 2 ans. C’est ainsi que le groupe Danone a pu économiser 500 millions € !

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12 février 2010 5 12 /02 /février /2010 13:46

Rassemblement-populaire-36.jpgCet article, que j'ai signé
avec Marie Noëlle Lienmann,
a été publié
sur le site MEDIAPART
            

 

           
           Un retour sur le passé peut parfois aider à comprendre les contradictions de notre époque. Il ne s’agit naturellement pas de plaquer des recettes d’hier sur une situation d’aujourd’hui, mais il arrive que l’on puisse tirer des leçons utiles d’évènements forts de notre histoire.

            C’est ainsi que l’on considère le 6 février 1934 comme une date noire de notre « calendrier politique ». Ce jour là, une grande manifestation de l’extrême droite face à l’Assemblée Nationale dégénère dans un affrontement sanglant avec les forces de l’ordre. On se souvient moins du 12 février 1934, qui vit la gauche et les républicains se mobiliser contre les ligues fascisantes, dans une dynamique unitaire qui débouchera sur le Front Populaire et permettra la victoire de la gauche en 1936.

            Replongeons-nous dans le contexte de l’époque. Au lendemain du 6 février, se constituent  plusieurs comités antifascistes. Ils  réunissent des socialistes, des radicaux et des représentants de divers groupes de gauche, mais pas de communistes. A l’époque, de lourds clivages idéologiques persistent entre les deux grandes branches du mouvement ouvrier. Et en dépit d’un péril redoutable, les logiques d’appareils poussent chaque parti à prendre des initiatives propres et séparées. Le 9 février, le PCF et la CGTU organisent un grand rassemblement place de la République, contre le fascisme et pour dénoncer les ambiguïtés du gouvernement. La SFIO préfère, elle, relayer par une manifestation l'appel de la CGT à la grève générale pour le 12 février.

            Ce jour là, le PCF décide de se joindre à la manifestation et il place des groupes et des orateurs tout le long du cortège, espérant attirer à lui les militants socialistes. Mais c’est un tout autre scénario qui va s’imposer. Le peuple de gauche a d’autres priorités que la préoccupation des dirigeants des partis d’exercer le rapport de forces. Il a sans doute une conscience plus aigue du danger et de la nécessité d’imposer une autre politique. On voit alors la base communiste se joindre au cortège socialiste et, aux cris de "Unité ! Unité !",  les militants des deux partis défilent côte à côte.

            C’est donc un mouvement populaire puissant qui s’impose, contre la volonté des états-majors et des dirigeants des deux grands partis, malgré les ressentiments profonds qui se sont accumulés depuis près de 15 ans entre socialistes et communistes et malgré de réels désaccords idéologiques et politiques. La manifestation unitaire du 12 février 1934  préparera les esprits à l'idée du rassemblement de la gauche, des partis et, bien au-delà, des associations, des syndicats, de personnalités et d’intellectuels. C’est ainsi que le terme de Front populaire prendra tout son sens.

            La crise profonde que nous vivons n’est pas comparable à celle de 1929. Certes, la situation économique et sociale est très préoccupante et des dérives inquiétantes montrent que notre société perd ses repères et que parfois, les esprits s’égarent, comme on l’a vu avec certaines réactions malsaines qui ont jalonné le récent «  débat » sur l’identité nationale. Pourtant, la donne a radicalement changé, notamment en raison des nombreuses conquêtes sociales remportées depuis cette période. Quant à la menace fasciste, elle n’a fort heureusement pas la même acuité.

            En revanche, l’état de la gauche, ses divisions, une surestimation de la nécessité d’affirmer un rapport de force entre partis, révèlent d’étranges similitudes. Aujourd’hui comme hier, il est à craindre que les appareils politiques soient incapables, sans une pression populaire, de se dépasser, d’offrir un nouveau cadre unitaire où pourra s’exprimer la diversité de la gauche et du mouvement écologiste, où auront envie de s’engager toutes ces femmes et hommes qui aspirent à une victoire de la gauche en 2012 : une victoire pour changer leurs conditions de vie, notre société, notre mode de développement.

            Dans l’histoire politique de la France, les années 30 ont été un moment d’affrontements majeurs, à forte visibilité, où les citoyens étaient interpelés. Aujourd’hui, ce qui marque notre période, c’est plutôt un apparent désintérêt et l’abstention, manifestations d’une crise démocratique et politique réelle. La division de la gauche, son incapacité à s’unir autour d’objectifs porteurs d’espoirs, les querelles personnelles, les jeux d’appareil constituent autant de facteurs aggravants. Il faut donc inventer des formes nouvelles de mobilisation citoyenne, pour imposer à nouveau le slogan  « unité, unité » et lui donner un contenu, afin qu’il devienne le départ d’un nouveau rassemblement des forces populaires, porteur de progrès, d’espérance et de victoire !

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8 février 2010 1 08 /02 /février /2010 12:39

profits.jpgL'abondance de l'information et son caractère trop souvent superficiel nous empêchent de mesurer l'ampleur des désordres qui touchent notre planète. Il n'y a pas que le réchauffement climatique qui la menace....
Au cours de mes dernières lectures, j'ai été frappé par quelques chiffres qui donnent à réfléchir.

- L'objectif de la scolarisation des enfants.

L'ONU avait fixé comme "objectif du millénaire" la réalisation de l'enseignement primaire universel pour 2015. Or, il apparaît qu'il restera 56 millions d'enfants non scolarisés à cette date!
Quand on sait l'importance de l'éducation pour aider à sortir des populations du sous développement et de la misère, on peut s'indigner, en constatant avec Kevin Watkins (rapporteur pour l'UNESCO) que les 11,7 milliards de dollars nécessaires pour réaliser la scolarisation pour tous "représente environ 2% des montants mobilisés pour sauver seulement 4 grandes banques des Etats-Unis et de Grande Bretagne!".

- L'abandon par Barak Obama du projet de retour des Américains sur la Lune en 2020.
Sans rentrer dans le détail des raisons techniques et des choix qu'explique cette décision, il s'agit probablement ici du contrecoup de la 2ème phase de la crise économique, qui amène les Etats à se poser la question du remboursement des énormes dettes accumulées. Ils doivent économiser et faire des choix.
Les Etats-Unis, pour leur part, ont choisi: ils continueront à consacrer plus de 700 milliards de dollars aux dépenses militaires....soit autant que l'argent consacré à sauver le système bancaire américain!
D'autres, comme les pays du Sud de l'Europe, vont être amenés, si l'Union Européenne ne les soutient pas, à prendre des mesures douloureuses, aux conséquences sociales imprévisibles.

- Pendant ce temps là, on apprend  dans le Figaro de ce jour que "l'appétit de luxe est de retour "
"Après un coup d'arrêt brutal au lendemain de la faillite deLehman Brothers suivi d'une année à se terrer, les riches de toute la planète ressortent leurs cartes platinium sans fausse honte. La distribution ces jours-ci de bonus records dans la finance à New York, Londres ou Paris ne fera qu'encourager la fièvre après une année de diète".

  Comme disait "l'autre", il faut moraliser le capitalisme.......

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26 janvier 2010 2 26 /01 /janvier /2010 17:33

Sarkozy.jpg
   En politique, comme en sport, il faut être beau joueur. Sur le plan médiatique, l’émission de téléréalité d’hier soir, donnée en « prime time » sur TF1 et animée par Nicolas Sarkozy et Jean-Pierre Pernaut, est plutôt une réussite.
    Le Président -animateur a fait preuve d’une grande maîtrise de lui-même, conduisant l’émission avec un calme étonnant, une capacité à répondre à toutes les questions, y compris les plus techniques, une volonté de créer un climat presque convivial, malgré la gravité des questions évoquées…..bref une émission qui a sans doute bien répondu à l’objectif des communicants de l’Elysée : améliorer l’image très abîmée de N. Sarkozy.

   Je ne rajouterai rien à la litanie –assez prévisible- des réactions auxquelles cette prestation a donné lieu, à droite, à gauche, de la part des responsables politiques et des commentateurs. Je voudrais tout simplement formuler un jugement global sur cet exercice de communication, en m’interrogeant : est-ce bien le rôle d’un président de la République que de se livrer ainsi pendant 2 heures à une opération médiatique aussi fabriquée et racoleuse ? En réalité, il s’agit à nouveau de montrer que toute décision, tout projet, toute mesure –même la plus ponctuelle- prend sa source à l’Elysée, plus exactement dans la volonté (le bon vouloir ?) du Président. La marge d'intervention du chef du gouvernement, de ses ministres, du Parlement est ramenée à bien peu de chose. C’est le triomphe de la monarchie républicaine.

   Dans ces conditions, rien d’étonnant à ce qu’on n’ait pas senti passer de souffle, de projet global, de message d’espoir dans cette succession de promesses peu crédibles parce que contradictoires avec ce que les Français vivent depuis 33 mois. Nulle mention par exemple du besoin de justice, encore plus nécessaire quand la crise rend les inégalités insupportables. Que dire aussi de cette auto satisfaction, si décalée par rapport au jugement négatif que porte une majorité des Français sur la politique brouillonne mais bien ciblée à droite de son gouvernement !

   A la différence de N. Sarkozy, le club Gauche Avenir, beaucoup plus modestement, mais plus sérieusement, va réunir un forum ce jeudi pour écouter une douzaine de représentants d’organisations intervenant dans les grands secteurs de la vie économique, sociale et culturelle (logement, éducation, emploi, libertés, environnement, solidarité….).  
   Rassurez-vous, ils n’ont pas été choisis par TF1 et nous, nous n’aurons pas réponse à tout ! Par contre, nous débattrons avec eux et avec des responsables des partis de gauche, pour imaginer comment les attentes des Français qu’auront exprimées les 12 intervenants pourraient s’insérer dans un projet politique commun, à l’occasion d’Etats Généraux de la gauche.

   Si nous arrivons à enclencher cette démarche (sur laquelle je m’exprimerai très prochainement), je ne doute pas que la gauche fera renaître l’espoir d’une alternative au sarkozisme. 

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3 janvier 2010 7 03 /01 /janvier /2010 18:30

   Un ami, qui vit aux Etats-Unis, me transmet ces chiffres pour le moins inquiétants :


Selon des statistiques données par Newsweek, voici ce qui fait recette en 2009, dans les livres, les films, la musique, la télévision:

70% - La violence, 
60% - L'argent, 
45% - Le sexe,
40% - La jeunesse,
20% - Les vampires,

10% - La politique,
10% - Dieu

On peut se rassurer en pensant que les chiffres doivent être différents en France. 
En ce qui concerne les vampires, certainement…. mais s’ils se vérifient pour les autres thèmes, on peut avoir des inquiétudes sur les choix de ceux qui ont le nez collé aux sondages d’opinion !

Pour ma part, cela ne m’empêchera pas de continuer (courageusement ?) à m’intéresser à un sujet qui semble moins faire recette : la politique.

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2 janvier 2010 6 02 /01 /janvier /2010 18:34

  A l'occasion du 50ème anniversaire de la mort d'Albert Camus, le quotidien Libération a publié ce matin dans Le Mag un remarquable article de Philippe Lançon (Camus, cet étrange ami), dont je vous recommande la lecture.
  J'aime beaucoup sa conclusion: " Il faut aimer la vie avant d'en aimer le sens, dit Dostoievski. Oui, et quand l'amour de vivre disparaît, aucun sens ne nous en console" (Camus, 1949)

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1 janvier 2010 5 01 /01 /janvier /2010 16:12

                             Camus.jpg
    Une "intéressante" citation à 
méditer
         en ce 1er janvier:

"Un sage oriental demandait toujours, dans ses prières, que la divinité voulût bien lui épargner de vivre une époque intéressante. Comme nous ne sommes pas sages, la divinité ne nous a pas épargnés et nous vivons une époque intéressante. En tout cas, elle n'admet pas que nous puissions nous désintéresser d'elle. "           

                     Albert Camus
                   Discours de Suède

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Cordes sur Ciel

CORDES

Faites connaissance avec

la cité médiévale

dont Paul Quilès est le maire
cordes-nuages-8-bp--R-solution-de-l--cran-.jpg

 Avant de venir à Cordes, consultez:

     * site de l'Office du tourisme 

     * site de la mairie     

Bibliographie

- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  
- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu)
- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff )

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï)
-
1992: Nous vivons une époque intéressante
- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez