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17 janvier 2021 7 17 /01 /janvier /2021 08:55
Histoire d'un logo

      En 2021, après le 25e anniversaire de la mort de François Mitterrand célébré le 8 janvier dernier, l’héritage politique du premier président socialiste de la Ve République sera mis à l’honneur à l’occasion des cinquante ans du congrès de l’unité des socialistes à Épinay-sur-Seine et des quarante ans de la victoire de la gauche en 1981.

 

      Toutes ces années ont été accompagnées d’un logo, « le poing et la rose », que l’on doit au militant socialiste et créateur audiovisuel Yann Berriet et au dessinateur Marc Bonnet.

 

      Evelyne Soum, communicante et observatrice privilégiée de l’histoire de ce logo, nous apporte son témoignage et son regard contemporain. 

 

LIRE

 

   François Mitterrand répond à la question d’un journaliste sur les raisons du choix de l'emblème du poing et de la rose pour symboliser le Parti socialiste. (15 septembre 1972)

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8 janvier 2021 5 08 /01 /janvier /2021 15:35
A propos de François Mitterrand

     En ce 25ème anniversaire de la disparition de François Mitterrand, il n’est pas inutile de répondre à des questions légitimes sur la trace qu’il laissera dans l’Histoire et les enseignements qu’on peut retenir de son action.

     C’est ce que j’ai fait aujourd’hui dans 2 interviews :

-  sur France Culture (journal de 12h30)  entre 18’56 et 28’

sur Radio Orient (5'23)

     Si vous souhaitez en savoir plus et mieux connaître l'homme, sa pensée, son action, vous retrouverez sur ce blog, classés et regroupés, plus d’une cinquantaine de textes le concernant et relatifs à des évènements que j'ai vécus, à des souvenirs ou à des analyses de la politique qu'il a conduite….plus quelques images.

       - Les textes

       - Les images

A propos de François MitterrandA propos de François MitterrandA propos de François Mitterrand
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6 janvier 2021 3 06 /01 /janvier /2021 19:55
Mitterrand dans l’Histoire

      Sans avoir fait partie des « intimes » de François Mitterrand, je crois pouvoir dire que j’ai bien connu l’homme politique pendant près de 20 ans. Je l’ai découvert au cours de la période précédant la campagne présidentielle de 1981. J’en ai été un collaborateur proche pendant cette campagne, dont il m’avait confié la direction. J’ai été ministre à cinq reprises dans ses gouvernements entre 1983 et 1993. Autant dire que j’ai beaucoup écrit sur François Mitterrand, qui appartient désormais à l’Histoire.

 

C’est pourquoi, alors qu’il est question de faire de 2021 « l’année Mitterrand » et que l'on va commémorer le 8 janvier le 25ème anniversaire de sa disparition, je préfère donner ici des extraits d’un article que j’ai écrit en 2006 et qui me semble toujours pertinent, même dans le contexte perturbé actuel.

****************

Ce que François Mitterrand nous a appris

 

« Dix ans après la disparition de François Mitterrand, les témoignages et les rétrospectives sur le seul président de gauche élu par les Français sous la Vème République affluent. Qu'on ait aimé ou pas l'homme qu'il fut, force est de reconnaître qu'il laissera une trace dans l'histoire de notre pays. François Mitterrand ne nourrissait aucune illusion sur les ressorts profonds de la nature humaine en politique. Il ne serait donc pas surpris d'entendre ceux de ses "amis" qui l'ont tant dénigré, surtout vers la fin, lui rendre aujourd'hui de vibrants hommages et se réclamer de sa filiation. Il sourirait certainement -et les apprécierait à leur juste mesure- en lisant les commentaires parfois élogieux de certains de ses adversaires, qui, après l'avoir durement combattu, reconnaissent aujourd'hui les qualités de l'homme politique et la valeur de ses enseignements.

 

Le bilan des deux septennats de François Mitterrand est contrasté. Les responsables politiques ont naturellement tendance à le juger sans faire totalement abstraction de leurs engagements partisans. Quant aux commentateurs, il n'est pas évident qu'ils disposent encore d'assez de recul pour juger sereinement de cette tranche d'histoire.

 

On entend dire qu'il s'agissait alors d'une "autre époque". Il est vrai que le monde a bougé depuis ce qu'on a appelé "les années Mitterrand". La scène internationale a vu l'influence de certains acteurs se renforcer. La mondialisation des échanges est devenue un enjeu majeur des relations entre Etats. Des lignes nouvelles de fracture sont apparues, sous les coups de boutoir des extrémismes, qui se manifestent avec plus de vigueur, notamment à travers les dérives islamistes et le terrorisme mondialisé.

 

En France aussi, la vie politique, les rapports de force, les débats ont évolué…même si les changements dans ce domaine sont probablement moins forts qu'on semble parfois le croire. Ce qui est sûr, c'est que les électeurs supportent de moins en moins le carcan de la Vème République, que François Mitterrand avait malheureusement accepté et qui rend aujourd'hui le débat politique au sein des institutions trop fréquemment décalé par rapport aux réalités vécues par les citoyens.

 

Pour autant, en dépit de ces évolutions, il est des enseignements de la vie publique de François Mitterrand qui perdurent. Je pense essentiellement au rôle que celui-ci attribuait dans la conduite de son action à la volonté et à la méthode.

 

Volonté par exemple d'approfondir la construction européenne sans détruire la France, en liaison avec notre partenaire allemand. Volonté de moderniser l'économie de notre pays en l'appuyant sur des secteurs publics forts. Volonté de rechercher la justice sociale, même si la crise et certains manques d'audace n'ont pas permis d'aller assez loin.

 

Quant à la méthode qui fut celle de Mitterrand et qui a toujours guidé sa démarche, personne ne peut nier qu'elle reste d'actualité : des objectifs politiques clairement définis, une stratégie bien affichée, le souci permanent du rassemblement (des socialistes, de la gauche, des Français).

 

Ceux qui, comme moi, ont eu la chance de connaître cet homme de près retiendront également un autre trait de sa personnalité, auquel il dut faire appel à de multiples occasions au cours de sa vie : une exceptionnelle capacité de résistance à l'adversité. C'est sa ténacité et la volonté qu'il manifestait dans l'action, jointes à la clarté de ses objectifs qui expliquent sans doute pourquoi ce personnage au caractère trempé, qui pouvait parfois apparaître froid et distant, avait la capacité rare de savoir mobiliser et entraîner les hommes. Souhaitons que d'autres responsables politiques sachent s'inspirer de cette leçon, pour redonner l'espoir qui manque tant aujourd'hui à notre pays. »

***************************

Je suis intervenu le 8 janvier 2021 sur France Culture (journal de 12h30)

 

Ecouter (entre 18'56 et 28')

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23 décembre 2020 3 23 /12 /décembre /2020 10:24
Joyeux Noël quand-même!
Joyeux Noël quand-même!

Difficile de souhaiter cette année « Joyeux Noël » comme si rien n'était!

Serait-ce un signe de lassitude devant les contraintes qu'on nous impose et dont ne voit pas la fin ?

Serait-ce, pire encore, l'expression d'une forme de résignation dans l'attente de nouvelles catastrophes, épidémiques, environnementales, guerrières ?

Et pourquoi ne serait-ce pas l'occasion d'une prise de conscience que la crise actuelle peut remettre en cause d'anciennes habitudes ? Cela ne signifie pas qu’il faut refuser cette sorte de nostalgie du monde d'avant, qui peut être positive, si l’on pense à la célébration de cette fête.

Personnellement, elle me rappelle ces rassemblements familiaux de plusieurs générations, que j’ai connus comme fils, père et grand-père, ces délicieux repas, ces grands moments de rire.

Elle me rappelle aussi, bien sûr, l’arbre emblématique de Noël, le sapin. Pas uniquement celui que l’on retrouve muni de ses lumières et de ses guirlandes, mais le fameux « roi des forêts ». Je l’ai découvert à la montagne en même temps que le ski, au Maroc (mais oui !) où j’ai vécu jusqu’à 16 ans, puis plus longuement en France : pendant près d'une trentaine d'années à partir de de la maison familiale en Haute Savoie (d’où était originaire mon grand-père maternel), lieu de départ de courses en montagne mémorables et de journées épuisantes de ski ; en région parisienne, dans la nouvelle maison familiale, où nous avons planté plusieurs sapins du nom des premières petites-filles ; à Cordes, où, pendant 25 ans, j’ai apprécié son apport au patrimoine naturel de la cité médiévale.

A chaque fois et sous des formes différentes, le sapin était là et réjouissait mon regard.

Bien sûr, cette « nostalgie positive » ne me conduit pas à caresser l’espoir naïf de retrouver demain le monde d’avant à l’identique. On aura l’occasion d’en reparler abondamment….

En attendant et dans cet esprit, je vous souhaite

Joyeux Noël quand- même!

 

*******************

Et puis, il faut rire aussi…

Dépêchez-vous de prendre connaissance de ce document d’ici demain !

Joyeux Noël quand-même!
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22 décembre 2020 2 22 /12 /décembre /2020 18:56
Célébration du 40ème anniversaire du premier lancement d’Ariane

Je regrette que la célébration du 40ème anniversaire du premier lancement d’Ariane à Kourou le 24 décembre 1979 n’ait pas pu se dérouler dans des conditions normales, compte tenu des contraintes imposées par la crise sanitaire.

 

On m’a demandé de parler des premières années de vie du programme Ariane après son succès initial magistral, ce que je fais volontiers ici. Voir aussi le livret rassemblant les interventions des personnalités qui se sont exprimées au cours de cette commémoration.

 

*****

 

Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs,

 

Au cours de la décennie 80, j’ai eu à plusieurs reprises l’occasion d’être acteur dans ce qu’on peut appeler l’aventure Ariane, en tant que ministre de tutelle du CNES (avec le soutien éclairé et efficace de Jean-Yves Le Gall, conseiller espace dans les 2 cabinets de 1988- 1991 et 1991-1992).

 

Au-delà, j’ai conservé un lien affectif privilégié avec l’Espace, notamment dans l’exercice de ma fonction de maire de Cordes sur Ciel (manifestation annuelle en été « le ciel sur Cordes », en partenariat avec le CNES).

 

J’ai eu aussi l’occasion, il y a quelques années, de mener un travail très intéressant -et, je l’espère, utile- sur les relations entre l’ESA, l’Union européenne et les citoyens européens, avec 6 autres anciens ministres européens en charge de l’espace, à la demande du directeur général de l’ESA de l’époque, Jean-Jacques Dordain.

 

J’ai choisi de vous parler de la politique spatiale qui a été menée dans le cadre de la politique industrielle et de recherche du président Mitterrand et de ses gouvernements au cours de la décennie 80.

             

ARIANE PARMI LES GRANDS TRAVAUX DU PRESIDENT MITTERRAND

 

François Mitterrand a poursuivi, dans la lignée des grands travaux menés par ses prédécesseurs, le Général de Gaulle et Georges Pompidou (rappelés par B. Esambert), avec l’engagement de la France dans les programmes spatiaux européens, d’abord avec le programme Europa de l’ELDO, puis avec celui d’Ariane 1 de l’ESA, dont la mise en œuvre eu lieu sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing qui, après une courte période d’hésitation, a entretenu cet élan initial jusqu’à son plein succès.

 

François Mitterrand s’est, lui aussi, engagé dans de grands travaux, dans le cadre général d’une politique industrielle, de recherche et culturelle, dont les grandes lignes méritent d’être rappelées, pour mieux comprendre les évolutions qui ont concerné plus particulièrement le secteur spatial.

 

Les nationalisations du début du premier septennat.   

 

Je rappelle d’abord qu’au niveau national, le Président Mitterrand, prolongeant en quelque sorte les nationalisations décidées par le Général de Gaulle en 1945, a restructuré le milieu industriel et bancaire au début de son mandat, en procédant à une série de nationalisations qui ont touché des banques et de grandes entreprises dont Thomson, Saint-Gobain, Rhône-Poulenc, Pechiney-Ugine-Kuhlmann, Usinor, Sacilor, Suez, la Compagnie générale d'électricité. Dans le secteur spatial, le Groupe Matra n’a pas été concerné, ce qui facilitera par la suite la constitution d’un grand groupe aéronautique et spatial à l’échelle européenne, en permettant le rapprochement de sociétés publiques et privées. De même, le groupe Dassault n’a pas été nationalisé à 100%. L’ensemble de ces mesures fera l’objet de la loi de nationalisation du 13 février 1982.

 

Dans ce contexte, comment le secteur spatial a-t-il été traité ?

 

L’Europe et la France disposaient avec Ariane d’un lanceur permettant une certaine autonomie d’accès à l’espace, notamment pour lancer des satellites de télécommunication de taille moyenne. Le gouvernement de l’époque s’est attaché, en liaison étroite avec nos partenaires européens à engager de grands programmes d’application, qui répondaient à des besoins non encore satisfaits à l’époque et en pleine évolution, avec une taille et un poids croissants pour les satellites de télécommunication.

 

Il fallait donc soutenir les efforts du CNES, de l’ESA et de l’industrie pour adapter le lanceur Ariane à des missions de plus en plus ambitieuses.

 

Je citerai d’abord un programme d’application naissant, celui des satellites de reconnaissance, à l’origine d’une filière militaire qui s’est renforcée au fil du temps et qui connait en ce moment une sorte de reconnaissance institutionnelle nationale au niveau des forces armées.

 

Dans le domaine militaire, la première génération de satellites de reconnaissance est apparue avec le satellite Hélios, dont le programme a été imaginé dès 1982 et développé avec une participation de l'Espagne (7 %) et de l'Italie (14,1 %). Ses deux premiers satellites seront déployés en 1995 et 1999. Prenant la suite du projet SAMRO (SAtellite Militaire de Reconnaissance Optique),  le programme Hélios a été lancé en 1985 avec pour objectif principal la surveillance du bloc soviétique (qui était alors une réalité puisqu’on se trouvait avant la chute du mur de Berlin en 1989). À l'époque, la France a pu s'appuyer sur la connaissance technique acquise dans le cadre de notre programme d'observation civil français SPOT développé par le CNES et dont le premier satellite a été lancé en 1986 (j’étais alors ministre de la défense). Les principaux composants (capteurs, optiques, systèmes d'enregistrement et de transmission, plate-forme) en ont été repris pour développer le satellite de reconnaissance militaire.

 

Le défi lancé par Ariane au Space Shuttle

 

La période des années 80 est surtout marquée par la montée en puissance du programme Ariane. Celui-ci a dû affronter la redoutable concurrence du programme de la navette spatiale américaine, le Space Shuttle, qui devait devenir l’outil universel de lancement des satellites civils américains et occidentaux, les militaires américains ayant gardé les lanceurs consommables pour satisfaire leurs propres besoins.

 

C’est au cours de cette même période des années 80, correspondant aux deux mandats du Président américain Ronald Reagan, que fut menée par ce dernier une politique internationale marquée par la crise des euromissiles et la relance de la course aux armements, ainsi que par la hausse du budget militaire, pour notamment financer le projet d'Initiative de défense stratégique (IDS). Cette course aux armements fut entamée au début des années 1980 et contribua probablement aux difficultés de l'URSS, qui a eu du mal à assumer un tel effort budgétaire et technologique, compte tenu de l’état de son économie.

 

Lors d'un discours à Berlin, Ronald Reagan appela symboliquement Mikhaïl Gorbatchev à faire tomber le rideau de fer, ce qui se produisit fin 1989. Ronald Reagan, désormais perçu comme le grand vainqueur de la Guerre froide, n’avait plus besoin de développer un coûteux programme d’exploration spatiale. L’entretien de l’existant suffisait pour assurer la suprématie américaine, après l’éclatant succès du programme Apollo dans les années 70. La navette spatiale, le Space Shuttle, devait en principe suffire pour répondre aux besoins civils de transport spatial de satellites pour les Etats-Unis et leurs alliés.

 

Le déclin de la navette et la montée en puissance d’Ariane 

 

En concevant au début des années 1970 un engin spatial réutilisable, la NASA avait espéré pouvoir abaisser fortement les coûts du lancement de satellites, qui avait été jusque-là effectué par des fusées consommables à chaque lancement. Mais, comme certains orateurs l’ont dit, les compromis techniques retenus à la conception pour des raisons financières, et surtout la complexité inhérente au concept, ont induit des coûts de développement et d'exploitation très élevés (500 millions de dollars par lancement). Lorsque sa carrière opérationnelle a débuté en 1982, tous les lancements de satellites américains devaient être pris en charge par la flotte des quatre navettes spatiales existantes. Un dumping important pratiqué sur les prix de la navette en début de programme devait permettre d’occuper une place dominante sur le marché des lancements commerciaux. Mais il est rapidement apparu que la navette ne pouvait pas devenir un moyen de lancement concurrentiel par rapport aux fusées classiques, parce que la cadence des lancements espérée n’a pas pu être tenue, en raison des difficultés de mise au point notamment des moteurs cryogéniques principaux. Après la destruction de la navette spatiale Challenger début 1986, qui a entraîné la perte de son équipage, l'utilisation de la navette a été limitée au lancement des satellites non commerciaux et aux expériences scientifiques en orbite.

 

C’est donc un véritable boulevard qui s’est ouvert pour Ariane et Arianespace, dont la place dans le marché du lancement des satellites commerciaux de télécommunication est devenue de plus en plus importante. Les gouvernements des pays européens, et le premier d’entre eux, le gouvernement français, ont soutenu avec vigueur les programmes dérivés d’Ariane 1 au sein de l’ESA, notamment le programme Ariane 4.

 

Ce programme, proposé par le CNES, approuvé par le gouvernement français en 1981, puis en 1982 par l’ESA, a permis de fédérer près de 60 sociétés, de 11 pays européens, autour de la réalisation du projet. La France a participé majoritairement au financement à hauteur de 52 %. Son statut de maître d’œuvre lui a également conféré la responsabilité du développement et du suivi technique du programme. Ce lanceur de nouvelle génération, très modulable, véritable cheval de bataille de l’Europe, a été l’unique lanceur de la famille Ariane utilisé entre 1988 et juin 1995. 46 exemplaires en ont été tirés, dont 43 avec succès, (93% de taux de réussite) et 74 satellites ont été mis en orbite, permettant de servir la météorologie, avec Météosat, la télégestion avec Spot, la télévision avec Télécom, Astra, Eutelsat, Intelsat, ... On peut dire que la notion d’espace utile a pris toute sa dimension au cours de cette période.

 

L’espace comme outil de construction de l’Europe.

 

Au niveau européen, François Mitterrand s’est montré visionnaire en exaltant cette Europe de l’espace, capable d’entrer dans le club très fermé des puissances spatiales, sans naturellement atteindre le volume d’activités des deux superpuissances de l’époque dans ce domaine, les Etats Unis et l’Union soviétique.

 

Malgré le refus allemand de participer au projet Hermès de vols habités ainsi qu’à la construction d’un satellite d’observation, auquel a été préféré le projet EUREKA, François Mitterrand a considéré que ce dernier « ne postule ni n’exclut aucun choix stratégique et vise simplement, en amont du civil et du militaire, à mettre l’Europe en prise avec sur les technologies dont les retombées et applications bouleverseront, domineront en toutes certitudes les données du futur ». Et, de fait, cela a permis de faire progresser de façon pragmatique la cohésion européenne autour de grands projets.

 

Je mentionnerai aussi dans un autre domaine le tunnel sous la Manche, dont le projet fut entériné le 20 janvier 1986 par le Premier ministre britannique Margaret Thatcher et le président  François Mitterrand. Il fut inauguré le 6 mai 1994 et reste encore un élément de rapprochement de la Grande-Bretagne de l’Europe, qui s’est consolidé au fil du temps et que le Brexit n’a pas affecté. C’est pour moi un souvenir fort, puisque la négociation a été finalisée lors d’un sommet franco-britannique à l’Elysée en 1985, auquel j’ai participé en tant que ministre des transports.    

 

Finalement, on peut dire que le Président Mitterrand a montré un réel intérêt pour le spatial, en tant qu’activité de recherche, d’innovation et de production industrielle à haut risque.

 

Il s’est fait l’avocat des vols spatiaux habités, fruit de la coopération avec l’URSS conclue initialement par le Général de Gaulle, puis avec les Etats-Unis. Il a eu notamment l’occasion de féliciter chaleureusement notre astronaute, Jean-Loup Chrétien, à 2 reprises. D’abord en 1982, lors de la mission franco-soviétique PVH, puis en 1988, lorsque Jean-Loup Chrétien décolla de Baïkonour à bord du vaisseau Soyouz TM-7 pour réaliser un vol de longue durée (25 jours) à bord de la nouvelle station Mir, qui comprenait une sortie extravéhiculaire. Ce fut un motif de fierté pour les Français, puisqu’il a été le premier astronaute non Russe et non Américain à réaliser une telle sortie.

 

Mes souvenirs du départ de la mission Aragatz sont d’autant plus forts que j’étais présent à Baïkonour ce 26 novembre 1988, en compagnie de François Mitterrand, d’Hubert Curien et du ministre soviétique des Affaires étrangères, Edouard Chevardnadze.

 

François Mitterrand aurait aimé que nos amis allemands nous accompagnent dans l’aventure Hermès, pour donner à l’Europe un accès autonome aux vols habités. Même si le programme n’a pas pu se réaliser, pour diverses raisons liées notamment à ce renoncement, le programme Ariane 5, faisant suite à Ariane 4, a été lancé en 1987 par les états membres de l’ESA. Conçu pour les vols habités avec Hermès, mais aussi pour les lancements de satellites géostationnaires de télécommunication, le programme Ariane 5 a connu un succès considérable. Il a conforté l’Europe dans sa détermination à conserver cette autonomie d’accès à l’espace tant recherchée pour la gamme de satellites lourds de télécommunication qui allaient envahir l’orbite des satellites géostationnaires à 36 000 km de la Terre. Arianespace, sous l’impulsion de ses PDG successifs, Frédéric d’Allest et Jean-Yves Le Gall, a pu acquérir 50% du marché commercial, ce qui est tout à fait remarquable compte-tenu de la volonté de domination américaine dans ce domaine. Les autres missions d’observation de la Terre ainsi que les missions scientifiques complexes allaient aussi pouvoir se réaliser avec Ariane 5, ce qui a conféré à la France un rôle de premier plan et qui a facilité la coopération avec nos compétiteurs principaux, les Etats-Unis et la Russie, mais aussi la Chine et l’Inde.

 

En ce qui concerne plus particulièrement Ariane, puisque nous sommes ici pour célébrer le 40ème anniversaire du premier lancement à Kourou le 24 décembre 1979 et les premières années du programme, je voudrais citer une intervention de François Mitterrand, qui a connu les hauts et les bas du programme, mais qui n’a jamais cessé de le soutenir. Voici ce qu’il déclarait lors d’un déplacement en Guyane en 1985, pour assister à un lancement qui s’est malheureusement soldé par un échec :

 

« À Kourou, en Guyane, j’ai assisté au lancement par Ariane de deux satellites. On sait que ce quinzième tir, comme avant lui le deuxième et le cinquième, a échoué. Et j’en ai éprouvé, et beaucoup de Français avec moi, une vive déception. Mais nous ne devons pas oublier les réussites qui, dans cette discipline, placent avec Ariane la France et l’Europe au premier rang du monde. J’ai admiré l’exceptionnelle qualité de nos équipes d’ingénieurs et de techniciens. Je les ai remerciés au nom de la France pour les services rendus au pays. J’étais venu m’associer à leur joie, ma place était encore, plus encore, parmi eux alors qu’ils étaient dans la peine. Je leur exprime ici ma gratitude et ma confiance. Quant au programme des tirs suivants, il s’exécutera comme prévu, retardé sans doute d’un mois. » (15/9/1985- RFO)  

 

Comme j’ai tenté de vous le montrer au cours de ce trop bref rappel, la période des années 80 a été riche. Elle a contribué à donner un essor exceptionnel au programme Ariane avec la version particulièrement réussie du modèle Ariane 4, qui a permis d’engager avec confiance le programme Ariane 5.

 

Je souhaite aux équipes du CNES et de l’ESA, ainsi qu’aux industriels européens le plein succès dans la mise en exploitation du lanceur Ariane 6. Certes, le contexte a changé, les compétiteurs montent en puissance, notamment aux Etats-Unis, mais aussi en Chine et ailleurs. La solidarité européenne ne doit pas se démentir dans cette période difficile, qu’il s’agisse d’achever le développement du lanceur et des installations associées, ou de privilégier son utilisation ultérieure, notamment pour les missions gouvernementales....

 

Vive le CNES ! Vive l’ESA ! Vive Ariane !

Célébration du 40ème anniversaire du premier lancement d’Ariane

Mes responsabilités gouvernementales sous la présidence du Président Mitterrand :

Octobre 1983 - Septembre 1985 : ministre de l'Urbanisme et du Logement (et des Transports à partir du 19 juillet 1984).

 Septembre 1985 - Mars 1986 : ministre de la Défense

Mai 1988 – Mai 1991 : ministre des Postes et Télécommunications et de l'Espace.

Mai 1991 - Avril 1992 : ministre de l'Équipement, du Logement, du Transport et de l'Espace

Avril 1992 – Mars 1993 : ministre de l’Intérieur et de la Sécurité Publique

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9 décembre 2020 3 09 /12 /décembre /2020 16:29
Une histoire de porte-avions
Une histoire de porte-avions
Une histoire de porte-avions

     Les déclarations du Président Macron, hier au Creusot, officialisant le projet de PANG (Porte-Avions de Nouvelle Génération) dans sa version propulsion nucléaire m'a rappelé des souvenirs que je qualifierais de "jeunesse".

 

      Ils relèvent aussi de l'Histoire et c'est à ce titre que je vous les raconte ici. C’était en janvier 1986, alors que j’étais ministre de la défense depuis 4 mois. Nous étions dans la période de lancement des programmes d'armement, qui officialise en quelque sorte leur naissance. Les pré études étaient suffisamment avancées, constructeurs et futurs utilisateurs s’étaient mis d'accord sur le projet et les crédits annuels étaient en place.

 

      Le PAN (Porte-Avions Nucléaire) constituait le plus important de ces programmes. Le conseiller qui en était chargé, Jacques Grossi, me suggéra que le lancement soit l'occasion de lui donner un nom, si possible prestigieux, pour renforcer l’image de ce programme, qui avait beaucoup d'adversaires.

 

      Charles de Gaulle me semblait le nom idéal et je décidais d'en parler avec le Président Mitterrand. Je fus déçu par sa réponse : "C'est un très beau nom et je suis sûr qu'il le portera un jour. Mais nous sommes en pleine période électorale et si je donne aujourd’hui ce nom, je serai accusé de démagogie. Proposez-en un autre". Il n’avait pas tort….

 

        Il fut décidé de revenir aux noms classiques des grands bâtiments de la Marine : Jean Bart, Colbert, Richelieu… et, comme la construction devait se faire à Brest, le choix se porta sur Richelieu, fondateur de l'arsenal de Brest. C'est ainsi que, devant la presse réunie dans mon bureau, je lançai officiellement le programme de construction du Richelieu.  Pour célébrer cet événement et fêter mon anniversaire (fin janvier), mes collaborateurs m'offrirent la maquette (voir images) du porte -avions nucléaire Richelieu, que j’ai encore chez moi, fier d’être un des rares possesseurs, sinon le seul, de cette maquette !

 

      Mais l'histoire ne s’arrête pas là. En effet, après bien des vicissitudes, le premier ministre Jacques Chirac décida en 1987- avec l'accord du Président- d'appeler le Richelieu... Charles de Gaulle.

 

      Et l'Histoire eut le dernier mot puisqu'en mai 1994, à Brest, c'est le Président de la République, François Mitterrand qui, accompagné par Jacques Grossi, mon conseiller en 1986, devenu entre- temps Directeur des Constructions Navales (DCN), dévoila à la proue du navire le nom de Charles de Gaulle.

 

*************

      C’est volontairement que je n’aborde pas ici la question importante de l’opportunité de la décision de construire un PAN. Ce débat renvoie à des considérations de géopolitique, d’alliances et de choix financiers, qui ne peuvent se limiter à quelques formules obligées, comme celle du discours officiel le présentant comme "le navire amiral…. étendard de notre marine nationale".

 

      Pour mémoire, en 1986, la Guerre froide n’était pas terminée et nul ne savait quelle serait l’utilité du Charles De Gaulle à la date de sa mise en service actif en 2001.
 

      De même, le futur PANG, 2 fois plus gros que son prédécesseur et qui coûtera au moins 5 milliards d’euros, devrait être en service en 2038. On aimerait savoir quelles sont les hypothèses retenues pour l’état du monde à cette époque……

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22 octobre 2020 4 22 /10 /octobre /2020 08:13
Jaurès et l'hommage à Samuel Paty
« Aux instituteurs et institutrices » de Jean Jaurès

     Jean Jaurès, boursier de l’enseignement public, devenu normalien de la rue d’Ulm, professeur agrégé de philosophie, et entré en politique dans la mouvance de Jules Ferry, prononça son premier discours parlementaire, le 21 octobre 1886, sur "le droit des communes en matière d’enseignement primaire".

 

     Le 15 janvier 1888, il publia un texte dans la Dépêche du dimanche , à l’attention des enseignants, où l'on retrouve sa conception sociale de l’école, dans un réel souci de démocratisation. 

 

     C'est ce texte qui a été lu au tout début de l’hommage national rendu hier à Samuel Paty, par Christophe Capuano, lui-même enseignant et proche de Samuel Paty.

 

      "Adieu camarade", a-t-il lancé , avant de lire le texte "Aux instituteurs et institutrices", écrit par Jean Jaurès en 1888. 

 

      "Nous triompherons de l'obscurité et de la mort", écrivait Jaurès. "Adieu, Samuel", a conclu l'ami du professeur.

 

 A regarder ici: Vidéo FranceTVInfo

   

     «  Vous tenez en vos mains l’intelligence et l’âme des enfants ; vous êtes responsables de la patrie. Les enfants qui vous sont confiés n’auront pas seulement à écrire et à déchiffrer une lettre, à lire une enseigne au coin d’une rue, à faire une addition et une multiplication. Ils sont Français et ils doivent connaître la France, sa géographie et son histoire : son corps et son âme. Ils seront citoyens et ils doivent savoir ce qu’est une démocratie libre, quels droits leur confère, quels devoirs leur impose la souveraineté de la nation. Enfin ils seront hommes, et il faut qu’ils aient une idée de l’homme, il faut qu’ils sachent quelle est la racine de toutes nos misères : l’égoïsme aux formes multiples ; quel est le principe de notre grandeur : la fierté unie à la tendresse. Il faut qu’ils puissent se représenter à grands traits l’espèce humaine domptant peu à peu les brutalités de la nature et les brutalités de l’instinct, et qu’ils démêlent les éléments principaux de cette œuvre extraordinaire qui s’appelle la civilisation. Il faut leur montrer la grandeur de la pensée ; il faut leur enseigner le respect et le culte de l’âme en éveillant en eux le sentiment de l’infini qui est notre joie, et aussi notre force, car c’est par lui que nous triompherons du mal, de l’obscurité et de la mort.

 

     Eh quoi ! Tout cela à des enfants ! — Oui, tout cela, si vous ne voulez pas fabriquer simplement des machines à épeler. Je sais quelles sont les difficultés de la tâche. Vous gardez vos écoliers peu d’années et ils ne sont point toujours assidus, surtout à la campagne. Ils oublient l’été le peu qu’ils ont appris l’hiver. Ils font souvent, au sortir de l’école, des rechutes profondes d’ignorance et de paresse d’esprit, et je plaindrais ceux d’entre vous qui ont pour l’éducation des enfants du peuple une grande ambition, si cette grande ambition ne supposait un grand courage.

 

     J’entends dire, il est vrai : « À quoi bon exiger tant de l’école ? Est-ce que la vie elle-même n’est pas une grande institutrice ? Est-ce que, par exemple, au contact d’une démocratie ardente, l’enfant devenu adulte ne comprendra point de lui-même les idées de travail, d’égalité, de justice, de dignité humaine qui sont la démocratie elle-même ? » — Je le veux bien, quoiqu’il y ait encore dans notre société, qu’on dit agitée, bien des épaisseurs dormantes où croupissent les esprits. Mais autre chose est de faire, tout d’abord, amitié avec la démocratie par l’intelligence ou par la passion. La vie peut mêler, dans l’âme de l’homme, à l’idée de justice tardivement éveillée, une saveur amère d’orgueil blessé ou de misère subie, un ressentiment et une souffrance. Pourquoi ne pas offrir la justice à des cœurs tout neufs ? Il faut que toutes nos idées soient comme imprégnées d’enfance, c’est-à-dire de générosité pure et de sérénité.

 

     Comment donnerez-vous à l’école primaire l’éducation si haute que j’ai indiquée ? Il y a deux moyens. Il faut d’abord que vous appreniez aux enfants à lire avec une facilité absolue, de telle sorte qu’ils ne puissent plus l’oublier de la vie et que, dans n’importe quel livre, leur œil ne s’arrête à aucun obstacle. Savoir lire vraiment sans hésitation, comme nous lisons vous et moi, c’est la clef de tout. Est-ce savoir lire que de déchiffrer péniblement un article de journal, comme les érudits déchiffrent un grimoire ? J’ai vu, l’autre jour, un directeur très intelligent d’une école de Belleville, qui me disait : « Ce n’est pas seulement à la campagne qu’on ne sait lire qu’à peu près, c’est-à-dire point du tout ; à Paris même, j’en ai qui quittent l’école sans que je puisse affirmer qu’ils savent lire. » Vous ne devez pas lâcher vos écoliers, vous ne devez pas, si je puis dire, les appliquer à autre chose tant qu’ils ne seront point par la lecture aisée en relation familière avec la pensée humaine. Qu’importent vraiment à côté de cela quelques fautes d’orthographe de plus ou de moins, ou quelques erreurs de système métrique ? Ce sont des vétilles dont vos programmes, qui manquent absolument de proportion, font l’essentiel.

 

     J’en veux mortellement à ce certificat d’études primaires qui exagère encore ce vice secret des programmes. Quel système déplorable nous avons en France avec ces examens à tous les degrés qui suppriment l’initiative du maître et aussi la bonne foi de l’enseignement, en sacrifiant la réalité à l’apparence ! Mon inspection serait bientôt faite dans une école. Je ferais lire les écoliers, et c’est là-dessus seulement que je jugerais le maître.

 

     Sachant bien lire, l’écolier, qui est très curieux, aurait bien vite, avec sept ou huit livres choisis, une idée, très générale, il est vrai, mais très haute de l’histoire de l’espèce humaine, de la structure du monde, de l’histoire propre de la terre dans le monde, du rôle propre de la France dans l’humanité. Le maître doit intervenir pour aider ce premier travail de l’esprit ; il n’est pas nécessaire qu’il dise beaucoup, qu’il fasse de longues leçons ; il suffit que tous les détails qu’il leur donnera concourent nettement à un tableau d’ensemble. De ce que l’on sait de l’homme primitif à l’homme d’aujourd’hui, quelle prodigieuse transformation ! et comme il est aisé à l’instituteur, en quelques traits, de faire sentir à l’enfant l’effort inouï de la pensée humaine !

 

     Seulement, pour cela, il faut que le maître lui-même soit tout pénétré de ce qu’il enseigne. Il ne faut pas qu’il récite le soir ce qu’il a appris le matin ; il faut, par exemple, qu’il se soit fait en silence une idée claire du ciel, du mouvement des astres ; il faut qu’il se soit émerveillé tout bas de l’esprit humain, qui, trompé par les yeux, a pris tout d’abord le ciel pour une voûte solide et basse, puis a deviné l’infini de l’espace et a suivi dans cet infini la route précise des planètes et des soleils ; alors, et alors seulement, lorsque, par la lecture solitaire et la méditation, il sera tout plein d’une grande idée et tout éclairé intérieurement, il communiquera sans peine aux enfants, à la première occasion, la lumière et l’émotion de son esprit. Ah ! sans doute, avec la fatigue écrasante de l’école, il vous est malaisé de vous ressaisir ; mais il suffit d’une demi-heure par jour pour maintenir la pensée à sa hauteur et pour ne pas verser dans l’ornière du métier. Vous serez plus que payés de votre peine, car vous sentirez la vie de l’intelligence s’éveiller autour de vous.

 

     Il ne faut pas croire que ce soit proportionner l’enseignement aux enfants que de le rapetisser. Les enfants ont une curiosité illimitée, et vous pouvez tout doucement les mener au bout du monde. Il y a un fait que les philosophes expliquent différemment suivant les systèmes, mais qui est indéniable : « Les enfants ont en eux des germes, des commencements d’idées. » Voyez avec quelle facilité ils distinguent le bien du mal, touchant ainsi aux deux pôles du monde ; leur âme recèle des trésors à fleur de terre : il suffit de gratter un peu pour les mettre à jour. Il ne faut donc pas craindre de leur parler avec sérieux, simplicité et grandeur.

 

     Je dis donc aux maîtres, pour me résumer : lorsque d’une part vous aurez appris aux enfants à lire à fond, et lorsque d’autre part, en quelques causeries familières et graves, vous leur aurez parlé des grandes choses qui intéressent la pensée et la conscience humaine, vous aurez fait sans peine en quelques années œuvre complète d’éducateurs. Dans chaque intelligence il y aura un sommet, et, ce jour-là, bien des choses changeront.»

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10 mai 2020 7 10 /05 /mai /2020 07:45
Mon 10 mai
Mon 10 mai

      Pour moi - et je suis certain que je ne suis pas seul- le 10 mai n'est pas seulement le jour qui précède le début du déconfinement! 

 

     C'est aussi un jour qui évoque ce que j'appelais l'an dernier "un événement pour l'Histoire" 

 

     Même si la France a changé depuis cette époque et qu'elle connaîtra à l'évidence de nouveaux changements dans le monde qui se prépare, il n'est pas inutile de revivre l'événement. A condition bien sûr de ne pas l'idéaliser et de ne pas le couper de son contexte, sa lecture peut aider à dégager des enseignements pour le temps présent et pour l’action. Cela ne me semble pas inutile en ces moments de doute, de morosité et parfois, de colère.

 

         Lire "10 mai 1981...oui, je sais"

 

        Lire aussi:  "Mieux connaître François Mitterrand"

Mon 10 mai
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27 avril 2020 1 27 /04 /avril /2020 08:54
Einstein

     Un de mes lecteurs m'a rappelé il y a quelques jours le texte que j'ai publié sur ce blog le 18 avril 2015, date du 60ème anniversaire de la disparition d'Albert Einstein. Je vous recommande vivement la lecture des dossiers cités à cette occasion (voir ci-dessous).


     Et puisque le confinement laisse du temps pour mettre de l'ordre dans ses dossiers et se replonger dans ses archives, j'ai réalisé que près de 314 000 "visiteurs uniques" ont consulté 548 307 pages de ce blog depuis sa création en juin 2007.

 

     Si vous souhaitez vous abonner à ce blog et recevoir gratuitement les textes que je publie, donnez simplement votre adresse mail dans le formulaire prévu sur ce blog ("Abonnez-vous pour être averti des nouveaux articles publiés")

*************

 

         Il y a exactement 60 ans, le 18 avril 1955, disparaissait Albert Einstein.

 

     A ceux qui veulent retrouver (ou découvrir) quelques aspects de son génie et de sa personnalité, ainsi que les problématiques qu'il a soulevées, je recommande ce dossier exceptionnel de l'INA, comprenant 10 extraits d'émissions ou de films:

  1. Albert Einstein
  2. La révolution de 1905
  3. "Dieu ne joue pas aux dés" (vers la fin, une description du danger des armes nucléaires)
  4. L'atome cet inconnu
  5. Guerre ou paix: l'atome
  6. L'atome pacifique
  7. Hiroshima et Nagasaki
  8. La décision d'Hiroshima
  9. L'arsenal du futur
  10. La paix a 37 ans

 

    Lire également ce beau texte d'Einstein:  "Sans tolérance, il ne peut être question de véritable moralité"

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21 avril 2020 2 21 /04 /avril /2020 15:47
Sur cette photo (qui se trouve sur mon bureau!), on voit Jean-Marie Luton donnant des explications au Président Mitterrand lors de sa visite du Salon du Bourget.

Sur cette photo (qui se trouve sur mon bureau!), on voit Jean-Marie Luton donnant des explications au Président Mitterrand lors de sa visite du Salon du Bourget.

J'ai bien connu Jean-Marie Luton, qui était un camarade de promotion de Polytechnique (X 61).

Je l'ai à nouveau côtoyé dans ma fonction de ministre de l'espace (1988-92) et j'ai pu apprécier ses qualités et son action comme Directeur général du CNES, puis de l’Agence Spatiale Européenne (ESA).

Autant dire que sa disparition m'a touché et je m'associe aux propos de Jean-Yves Le Gall, Président du CNES, Président du Conseil de l’ESA et ancien Président d’Arianespace, qui considère que " son action à la tête du CNES, de l’ESA et d’Arianespace a conduit au développement de ces trois entités avec le succès planétaire qu’elles connaissent. Un géant de l’Europe spatiale vient de nous quitter"

 

Communiqué du CNES 

 

C'est avec une immense tristesse que le CNES a appris la disparition de Jean-Marie Luton, ingénieur et scientifique français, qui a marqué durablement le paysage spatial français et européen. Jean-Marie Luton avait notamment participé aux négociations ayant mené à la création de l’Agence spatiale européenne (ESA) et à la constitution du tour de table industriel ayant permis la création d’Arianespace.

Né en 1942, il est diplômé de l’Ecole Polytechnique en 1961. En 1971, il rejoint le CNES en qualité de Conseiller spécial de recherche, puis est ensuite détaché auprès du Ministère du Développement Industriel et Scientifique afin de participer aux négociations européennes aboutissant à la création de l’ESA en 1975. En 1978, Jean-Marie Luton devient Directeur des programmes au CNES. Il sera ensuite Président du Comité administratif et financier de l’ESA et représentant du CNES au sein du Conseil d’administration d’Arianespace. 

En 1989, il est nommé Directeur général du CNES.

En 1990, il devient Directeur général de l’ESA. 

En 1997, Jean-Marie Luton est nommé Président d’Arianespace, poste qu’il occupera jusqu’en 2007. 

Tout au long de sa carrière, Jean-Marie Luton a reçu de nombreuses distinctions. Il était notamment Officier de la Légion d’Honneur et Commandeur de l’Ordre National du Mérite. Il était également membre de l’Académie Internationale d’Astronautique et de l’Association Aéronautique et Astronautique de France.

A l’annonce de sa disparition, Jean-Yves Le Gall, Président du CNES, Président du Conseil de l’ESA et ancien Président d’Arianespace, a déclaré « C’est avec une immense tristesse que nous apprenons la disparition de Jean-Marie Luton. Son action à la tête du CNES, de l’ESA et d’Arianespace a conduit au développement de ces trois entités avec le succès planétaire qu’elles connaissent. Un géant de l’Europe spatiale vient de nous quitter »

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Recherche Sur Ce Blog

Faites connaissance avec IDN

 (Initiatives pour le désarmement nucléaire),

dont Paul Quilès est président.

IDN travaille chaque jour à la réduction des arsenaux nucléaires et du risque, intentionnel ou non, d’utilisation de l’arme nucléaire.

IDN oeuvre à construire un monde sans armes nucléaires, pour une paix et une sécurité internationale durables.

Faites connaissance avec

Cordes sur Ciel,

la cité médiévale dont Paul Quilès a été le maire pendant 25 ans.

cordes-nuages-8-bp--R-solution-de-l--cran-.jpg 

site de l'Office du tourisme 

Bibliographie

- 2018: L'illusion nucléaire- La face cachée de la bombe atomique (avec Jean-Marie Collin et Michel Drain)

- 2017: Quelques citations sur les armes nucléaires

- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  

- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu) 

- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff ) 

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï) 

- 1992: Nous vivons une époque intéressante 

- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez