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10 décembre 2008 3 10 /12 /décembre /2008 16:50



                    Petite devinette*


                           Qui a dit ?

A-    "Une société sans religion est comme un vaisseau sans boussole. Une société ne peut exister sans l'inégalité des fortunes, et l'inégalité des fortunes ne peut exister sans religion. Quand un homme meurt de faim à côté d'un autre qui regorge, il lui est impossible d'accéder à cette différence s'il n'y a pas une autorité qui lui dise: Dieu le veut ainsi, il faut qu'il y ait des pauvres et des riches, mais ensuite, pendant l'éternité, le partage se fera autrement."

B-       "Les religions constituent un enjeu majeur pour notre société , car elles sont le support de l'espérance. (……)  La dimension morale est plus solide, plus enracinée lorsqu'elle procède d'une démarche spirituelle, religieuse, plutôt que lorsqu'elle cherche sa source dans le débat politique ou dans le modèle républicain...La République ignore le bien et le mal. Elle défend la règle, la loi sans se rattacher à un ordre moral."

 

Vous l’avez deviné, bien entendu : une de ces deux citations est de Nicolas Sarkozy…..l’autre du Général Bonaparte, Premier Consul. Etrange similitude. Il paraît que l’Histoire bégaye parfois !

 

* Rédigée avec la complicité de mon ami, Guy Georges, ancien leader syndical enseignant.

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9 décembre 2008 2 09 /12 /décembre /2008 15:19

"Je pense que les institutions bancaires sont plus dangereuses pour nos libertés que des armées entières prêtes au combat. Si le peuple américain permet un jour que des banques privées contrôlent leur monnaie, les banques et toutes les institutions qui fleuriront autour des banques priveront les gens de toute possession, d’abord par l'inflation, ensuite par la récession, jusqu'au jour où leurs enfants se réveilleront, sans maison et sans toit, sur la terre que leurs parents ont conquis."

 

Merci à Manuela de m'avoir communiqué cette analyse prémonitoire de Thomas Jefferson, 3ème président des Etats-Unis (1801-1809), à propos du système bancaire.
Deux siècles plus tard, on peut regretter, en pleine crise du capitalisme, que son propre pays (comme le reste de la planète!) ne se soit pas inspiré de cette salutaire réflexion......

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14 novembre 2008 5 14 /11 /novembre /2008 11:47
A l'occasion de chaque congrès du Parti socialiste, après la lecture de la presse qui rappelle "les congrès mémorables du PS", je ne me lasse pas (?) de faire une mise au point sur ce qui s'est réellement passé au Congrès de Valence (23-25 octobre 1981).
C'est pour moi l'occasion, une fois de plus, de constater que l'on préfère trop souvent une vision sommaire et déformée de l'Histoire à la simple vérité des faits.
Voici donc le texte que j'ai à nouveau envoyé à plusieurs journaux, qui m'ont promis de tenir compte de ma mise au point....la prochaine fois!
Comme dit l'adage, "l'espoir fait vivre".
Paul Quilès
                       


A propos du Congrès de Valence  

 

Personne n’a mieux résumé le travestissement médiatique dont a été l’objet mon intervention au congrès de Valence (1981) que Michel Rocard (“l’Histoire” – octobre 1993) : “la télévision a besoin d’images et elle déforme tous les débats d’idées, les transforme en déviances, en crise, pour les besoins du spectaculaire. On a fait dire à Paul Quilès le contraire de ce qu’il avait dit, puisque ses propos visaient précisément à empêcher toute chasse aux sorcières”.

 

Pour ceux qui souhaiteraient aller au-delà des stéréotypes, je voudrais rappeler qu’en cet automne 1981, alors qu’il était procédé aux changements qui affectent traditionnellement la haute administration lors de l’arrivée d’un nouveau gouvernement, j’étais inquiet de l’attitude de certains cadres socialistes. La tentation commençait à se répandre parmi eux de parler haut et fort dans leurs départements. Responsable du bon fonctionnement des fédérations départementales, je souhaitais stopper cette évolution dangereuse, éviter ce qui aurait pu ressembler à une chasse aux sorcières.

 

C’est pourquoi je fis allusion à un épisode de la Révolution française – le 9 Thermidor – pour montrer qu’en politique il faut nommer ses adversaires, sous peine de coaliser contre soi tous ceux qui, à tort ou à raison, peuvent se sentir visés. Ce faisant, je commettais l’erreur de prononcer un nom – Robespierre -  ayant une forte charge négative et de surestimer les connaissances historiques des commentateurs.

 

Il est vrai que l’atmosphère politique était alors très tendue, pour ne pas dire passionnelle, et que cette passion se reflétait dans certains discours. Cela ne suffit pas à expliquer comment une phrase, isolée de son contexte, a pu être traduite à l’inverse de ce qu’elle signifiait. Dans l’un des rares articles qui rendirent compte des faits de façon objective, Laurent Dispot, sous le titre “La dépêche d’Ems” (Le Matin de Paris, 28 octobre 1981), s’étonna du “tour de passe-passe sur la transmission de (mon) discours”. “De critique de Robespierre, il est devenu Robespierre lui-même !” concluait-il à mon endroit.

 

Il disait vrai. Malgré mes explications, c’était la première interprétation qui faisait foi. Extraordinaire impact d’une lecture sommaire de l’événement !

 

Le Parti socialiste, qui venait d’obtenir la majorité absolue au Parlement, vit son congrès proprement détourné. Et les socialistes assistèrent, impuissants, à une espèce de rapt idéologique : ils étaient devenus les spectateurs de leur propre congrès.  

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22 juin 2006 4 22 /06 /juin /2006 16:47

 

Le combat de Jaurès pour Dreyfus

 

 

 

Article de Paul Quilès paru dans   l'Hebdo des Socialistes du 22 juin 2006

 

 

 

 

 

Il y a un siècle, Alfred Dreyfus était officiellement réhabilité.

Rappel des faits. Le 15 octobre 1894, le capitaine Dreyfus est arrêté, sur ordre du ministre de la guerre, et le 22 décembre de la même année, il est condamné à la dégradation et à la déportation à vie pour avoir livré des renseignements militaires à une puissance étrangère. Ce n’est que vers la fin de l’année 1897 que débutera la véritable “affaire”, celle dont se saisira l’opinion et qui déchirera la République. Il faudra aux défenseurs de Dreyfus douze années de combat pour faire reconnaître son innocence et faire triompher la vérité.

Cent ans après, il nous semble évident d’être du côté de Dreyfus et de commémorer les évènements qui ont scandé l’ “affaire”. C’est ainsi qu’en 1998, à l’occasion du centenaire de sa publication dans “l’Aurore”, un fac-similé de la célèbre lettre d’Emile Zola, “J’accuse”, s’affichait sur la façade de l’Assemblée nationale. En juillet 2006, c’est le dénouement heureux de l’affaire Dreyfus qu’il nous faut célébrer, en rappelant comment il a été rendu possible.

A la fin du siècle dernier, nombreux étaient ceux qui considéraient que la sentence prononcée contre Dreyfus était trop clémente. Jean Jaurès lui-même hésita quelque temps avant de devenir un “dreyfusard” convaincu et militant. Le retentissant article d’Emile Zola “J’accuse” publié le 12 Janvier 1898, ainsi que le procès intenté à son auteur furent décisifs pour Jaurès.

Dix jours après la parution de l’article, Jaurès interpelle le gouvernement sur les illégalités dénoncées par Zola et il se demande si la culpabilité du capitaine Dreyfus ne repose pas sur le mensonge, l’arbitraire, la propagande antisémite et la manipulation de la justice.

A son tour, Jaurès va alors contribuer à relancer l’affaire.  En mai 1898, il n’est plus député. Ce qu’il ne peut plus faire au Parlement, il le fait dans la presse. A partir d’août 1898, il publie dans le journal qu’il dirige, “la Petite République”, une série d’articles dans lesquels il s’attache à réfuter et démonter, avec méthode et efficacité, les illégalités et mensonges accumulés par l’Etat Major. Le salut de l’innocent, le châtiment des coupables, l’honneur de la Patrie sont les objectifs qu’il se donne et qu’il ne cesse de rappeler dans les  écrits qu’il rassemble dans un livre  intitulé “Preuves”, publié “au cœur de l’ actualité” dès le mois de septembre.

L’engagement de Jean Jaurès sera essentiel dans l’évolution judiciaire de “l’Affaire”, qui aboutira à la saisie de la Cour de Cassation, le 26 septembre 1898, puis à l’annulation de l’arrêt de condamnation de 1894 et enfin au renvoi de Dreyfus devant un nouveau Conseil de Guerre, à Rennes. Comme l’a écrit Madeleine Rébérioux, “sans Jaurès, il n’y avait aucune chance que cela se fit”.  Car tout en examinant , tel un expert, la valeur des documents produits devant les tribunaux, tout en reconstituant méthodiquement le déroulement du procès, Jean Jaurès va dérouler une critique de l’Etat qui couvre les pratiques illégales de  l’autorité militaire. “Dans le terrain que doit fouiller la Cour de Cassation, il n’y a pas un seul fragment de vérité qui ne soit recouvert d’un mensonge judiciaire”.

Malgré cela, en septembre 1898, à Rennes, lorsque le verdict tombe, Dreyfus est à nouveau condamné… mais avec des circonstances atténuantes.  C’est la déception chez les dreyfusards !

Jaurès, qui a assisté au procès de Rennes, se joint à Mathieu Dreyfus, Joseph Reinach, Alexandre Millerand, Georges Clémenceau pour convaincre Dreyfus d’accepter la grâce proposée par le Président de la République. C’est lui qui rédigera le texte que publiera Alfred Dreyfus au lendemain de sa grâce : “Le gouvernement de la République me rend la liberté. Elle n’est rien pour moi sans l’honneur. Dès aujourd’hui, je vais continuer à poursuivre la réparation de l’effroyable erreur judiciaire dont je suis encore victime. Je veux que la France entière sache, par un jugement définitif, que je suis innocent”.

C’est encore Jaurès qui accompagnera Dreyfus tout au long du parcours de la procédure de révision ; le 22 novembre 1903, il annonce à Alfred Dreyfus que le dossier de l’enquête a enfin été transmis au Ministre de la Justice. Mais il fallut attendre 1906 pour entendre lecture de l’arrêt de la Cour de Cassation annulant le jugement du Conseil de Guerre de Rennes de 1899 et disant que “c’est par erreur et à tort que cette condamnation a été prononcée”. Par erreur, un homme avait été insulté dans son honneur, condamné, déporté.

Jean Jaurès n’a pas considéré Alfred Dreyfus comme un bourgeois, un officier mais comme un “exemplaire de l’humanité en souffrance”.  Jaurès ne cessera de se battre contre l’injustice et pour Alfred Dreyfus qui en est la victime. A ses yeux, l’intolérance de l'injustice est le fondement  de toute morale politique. “Pour les socialistes, écrivait-il en 1898, la valeur de toute institution est relative à l’individu humain. C’est l’individu humain qui est la mesure de toute chose, de la patrie, de la famille, de la propriété, de l’humanité, de dieu. Voilà la logique de l’idée révolutionnaire. Voici le socialisme”.

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3 janvier 2006 2 03 /01 /janvier /2006 17:30

Ce que François Mitterrand nous a appris          

 

 

(Un extrait de cet article de Paul Quilès a été publié par le journal "Le Monde" daté du 3 janvier 2006)


Dix ans après la disparition de François Mitterrand, les témoignages et les rétrospectives sur le seul président de gauche élu par les Français sous la Vème République affluent. Cela ne doit pas surprendre. Qu'on ait aimé ou pas l'homme qu'il fut, force est en effet de reconnaître qu'il laissera une trace dans l'histoire de notre pays.

François Mitterrand ne nourrissait aucune illusion sur les ressorts profonds de la nature humaine en politique. Il ne serait donc pas surpris d'entendre ceux de ses "amis" qui l'ont tant dénigré, surtout vers la fin, lui rendre aujourd'hui de vibrants hommages et se réclamer de sa filiation. Il sourirait certainement -et les apprécierait à leur juste mesure- en lisant les commentaires parfois élogieux de certains de ses adversaires, qui, après l'avoir durement combattu, reconnaissent aujourd'hui les qualités de l'homme politique et la valeur de ses enseignements.

Le bilan des deux septennats de François Mitterrand est contrasté. Les responsables politiques ont naturellement tendance à le juger sans faire totalement abstraction de leurs engagements partisans. Quant aux commentateurs, il n'est pas évident qu'ils disposent encore d'assez de recul pour juger sereinement de cette tranche d'histoire.

On entend dire qu'il s'agissait alors d'une "autre époque". Il est vrai que le monde a bougé depuis ce qu'on a appelé "les années Mitterrand". La scène internationale, de plus en plus dominée par l'hyperpuissance américaine, a vu également l'influence de certains acteurs se renforcer. La mondialisation des échanges est devenu un enjeu majeur des relations entre Etats. Des lignes nouvelles de fracture sont apparues, sous les coups de boutoir des extrémismes, qui se manifestent avec plus de vigueur, notamment à travers les dérives islamistes et le terrorisme mondialisé.

En France aussi, la vie politique, les rapports de force, les débats ont évolué…même si les changements dans ce domaine sont probablement moins forts qu'on semble parfois le croire. Ce qui est sûr, c'est que les électeurs supportent de moins en moins  le carcan de la Vème République, que François Mitterrand avait malheureusement accepté et qui rend aujourd'hui le débat politique au sein des institutions trop fréquemment décalé par rapport aux réalités vécues par les citoyens.

Pour autant, en dépit de ces évolutions, il est des enseignements de la vie publique de François Mitterrand qui perdurent. Je pense essentiellement au rôle que celui-ci attribuait dans la conduite de son action à la volonté et à la méthode.

Volonté par exemple d'approfondir la construction européenne sans détruire la France, en liaison avec notre partenaire allemand. Volonté de moderniser l'économie de notre pays en l'appuyant sur des secteurs publics forts. Volonté de rechercher la justice sociale, même si la crise et certains manques d'audace n'ont pas permis d'aller assez loin.

Quant à la méthode qui fut celle de Mitterrand et qui a toujours guidé sa démarche, personne ne peut nier qu'elle reste totalement d'actualité: des objectifs politiques clairement définis, une stratégie bien affichée, le souci permanent du rassemblement (des socialistes, de la gauche, des Français).

Ceux qui, comme moi, ont eu la chance de connaître cet homme de près retiendront également un autre trait de sa personnalité, auquel il dut faire appel à de multiples occasions au cours de sa vie: une exceptionnelle capacité de résistance à l'adversité. C'est sa ténacité et la volonté qu'il manifestait dans l'action, jointes à la clarté de ses objectifs qui expliquent sans doute pourquoi ce personnage au caractère trempé, qui pouvait parfois apparaître froid et distant, avait la capacité rare de savoir mobiliser et entraîner les hommes. Souhaitons que d'autres responsables politiques sachent s'inspirer de cette leçon, pour redonner l'espoir qui manque tant aujourd'hui à notre pays.

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6 décembre 2005 2 06 /12 /décembre /2005 11:37

  

Permettre au Parlement de contrôler l’application des lois

 

 

 

Le parlement doit pouvoir s'assurer que les lois sont bien appliquées.
 
Par Paul Quilès député (PS) du Tarn, ancien ministre.

Mardi 6 décembre 2005

Aux termes de l'article 34 de la Constitution, «la loi est votée par le Parlement». Il s'agit même, en principe, du coeur de sa mission. Si la Constitution de la Ve République réduit souvent le Parlement au rôle de simple spectateur de l'action gouvernementale, elle lui reconnaît, avec le pouvoir de voter la loi, la compétence d'exprimer la volonté générale, au nom du peuple qu'il représente.

Quelle est, dans la pratique, la consistance de ce pouvoir législatif ? En y regardant de près, on découvre qu'il s'y cache beaucoup d'illusions et de faux-semblants.

Une fois la loi adoptée et promulguée, il est bien rare en effet qu'elle soit immédiatement exécutoire. Nombre de ses dispositions doivent, pour être mises en oeuvre, faire l'objet de mesures réglementaires (décrets en Conseil d'Etat, décrets simples, arrêtés ministériels) et de circulaires organisant leur application par les administrations concernées. Et ce processus, dont le gouvernement détermine seul les modalités, le rythme et l'opportunité, peut très bien avoir pour résultat de vider la loi d'une partie de son contenu, voire d'en trahir l'esprit. Seules les dispositions auxquelles le gouvernement accorde une haute priorité politique sont effectivement appliquées. Les autres ne le sont qu'au terme d'un interminable parcours administratif, qui peut en dénaturer certains aspects, quand elles ne tombent pas purement et simplement dans l'oubli.

Sait-on, par exemple, qu'au cours des vingt dernières années un quart des lois renvoyant à des mesures réglementaires pour leur mise en oeuvre n'ont jamais reçu d'application ? Selon des données établies par le Sénat, le gouvernement n'avait, au 30 septembre 2004, publié aucun des textes d'application de la moitié des lois de l'année parlementaire 2003-2004 qu'il était chargé de traduire en mesures réglementaires.

Sait-on qu'un an après leur adoption seulement 10 % des lois nécessitant des mesures réglementaires d'application sont totalement mises en oeuvre ? En mars 2005, par exemple, la grande majorité des textes réglementaires nécessaires à l'application de la loi sur la bioéthique d'août 2004 n'avaient pas encore été publiés.

Cette situation porte tort à la fois au fonctionnement des institutions et à la crédibilité de l'action politique. Le décalage qu'elle provoque entre les mesures solennellement votées au Parlement et leur application concrète affaiblit l'autorité de la loi et nourrit l'antiparlementarisme. Le travail parlementaire peut apparaître vain lorsqu'il est demandé aux députés et sénateurs de modifier la loi avant même qu'elle soit appliquée. Quant à la conformité des mesures gouvernementales avec l'intention du législateur, elle laisse parfois à désirer. Il est d'ailleurs symptomatique que les dispositions d'origine gouvernementale soient appliquées avec beaucoup plus de rigueur et de célérité que celles émanant du Parlement !

Pour remédier à cet état de choses, il n'a été imaginé jusqu'à présent que des solutions techniques. Plusieurs circulaires du Premier ministre ont été publiées pour prier les ministres... d'exécuter les lois, si possible dans les six mois suivant leur entrée en vigueur. Le Sénat établit chaque année un rapport intéressant et détaillé sur l'application de la loi. Sa portée pratique reste à démontrer. A l'Assemblée nationale, une réforme du règlement vient d'instaurer un mécanisme de suivi par les commissions de l'application des lois qu'elles ont préparées. Mais, en un an et demi, ce mécanisme n'a permis de produire que neuf rapports présentant chacun un bilan essentiellement quantitatif de l'application d'une loi récemment promulguée.

Il faut donc aller au-delà de ces demi-mesures pour en finir avec une pratique qui met le législateur à la merci de la bonne volonté du gouvernement pour l'application de ses propres décisions. La seule solution efficace consiste à préciser dans le texte même de la Constitution que le Parlement contrôle l'application de la loi et qu'il en évalue les résultats. Cette nouvelle disposition constitutionnelle ­ que je propose sans succès depuis trois ans ­ devrait faire consensus, si la droite veut bien se souvenir des déclarations du président de la République selon lesquelles «ceux qui votent la loi doivent pouvoir s'assurer de sa bonne application par le gouvernement et l'administration».

Avec cette réforme, le Parlement aurait les moyens d'agir lorsque le gouvernement est inerte. Il pourrait l'interroger sur la façon dont il envisage d'exécuter la loi et obtenir de lui une information précise et détaillée sur ses résultats.

Le bilan quantitatif des textes réglementaires pris pour l'application de la loi ne suffit pas. Il faut aussi que l'Assemblée nationale et le Sénat puissent disposer de tous les éléments de fait et de droit qui leur permettent de prendre la mesure des conséquences de leurs décisions législatives. Dans ce but, des moyens d'étude et d'enquête devront leur être attribués de manière à donner en particulier à l'opposition la possibilité de mieux jouer son rôle de critique et de proposition sans lequel il n'y a pas de véritable démocratie parlementaire.

Le Parlement vote la loi. Ce n’est pas parce qu’elle est parue au Journal Officiel qu’il doit ensuite s’en désintéresser

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dont Paul Quilès est le maire
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     * site de l'Office du tourisme 

     * site de la mairie     

Bibliographie

- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  
- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu)
- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff )

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï)
-
1992: Nous vivons une époque intéressante
- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez