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24 mars 2011 4 24 /03 /mars /2011 11:48

Paul Quilès répond

à Nicolas Poincaré sur Europe 1

et fait des propositions pour redresser

l'image de la France et de sa diplomatie

 dans les relations

avec les Etats bafouant les Droits de l'Homme.

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Published by Paul Quilès - dans International et défense
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commentaires

Véronique Pons 25/03/2011 19:28


Dans un chat sur LeMonde.fr du 23.03.11 mis à jour le 24.03.11, Michel Goya, colonel de l'armée française, directeur d'études à l'Institut de recherches stratégiques de l'Ecole militaire,
professeur associé aux Ecoles de Saint-Cyr-Coëtquidan et à l’Ecole pratique des Hautes-Etudes, estime qu'au vu des "contraintes diplomatiques", "la recherche d'un arrêt des combats est à peu près
tout ce qui peut être espéré". Il affirme que le scénario « recherché par la coalition, est le maintien des adversaires sur leurs positions actuelles. Dans le meilleur des cas, les combats
s'arrêtent et les adversaires négocient. Il faudra certainement, à ce moment-là, envisager une force d'interposition dont on voit mal comment elle ne pourrait pas être fournie par la Ligue arabe ou
l'Organisation de l'unité africaine. "
Je m’inquiète de tels propos de la part de l’une des têtes pensantes de l’armée française surtout lorsqu’on constate l’absence de motivation du contingent africain de l’Onu en Côte d’Ivoire… Il ne
parle pas là du sud Liban, mais de la Libye de Kadhafi ! La partition de la Jamahiriya libyenne en deux états ne constituerait-elle pas un scénario catastrophe ? L’un, la Tripolitaine (+ Fezzan ?)
restant dirigé par un terroriste chevronné ou un membre de sa clique dont la fortune a permis et permettra encore dans ce cas à nombre de dictateurs africains sanguinaires (et membres de l’Union
Africaine…) de conserver leur pouvoir moyennant, notamment, la fourniture d’un contingent de mercenaires au sociopathe de Tripoli, l’autre, la Cyrénaïque (en espérant que les insurgés arrivent
d’ici là à récupérer les ports pétroliers de l'Est) ? Que pèseraient, dans ce cas, la vie des insurgés se trouvant du « mauvais côté » ? Ceux qui vivent à Tripoli, à Zintan, à Zawaya, etc… villes
de plus de 200 000 habitants ? Dans ce cas, un chassé-croisé de populations entre les 2 nouveaux états comme ce fut le cas au moment de la création de l’Inde et du Pakistan serait-il réalisable ?
et qui garantirait la sécurité de l’opération ? Et quelle déstabilisation Kadhafi (et son ami Ben Ali) serait-il susceptible d’infliger au futur régime tunisien voisin ? Et au jeune état Cyrénaïque
de l’est ? Et qui garantirait que la haine et les rivalités entre les deux nouveaux Etats « libyens » n’aboutiraient pas à un résultat proche de celui qui empoisonne, depuis près de 65 ans, les
relations entre le Pakistan et l’Inde laquelle doit gérer, entre autres problèmes collatéraux de cette partition dont Gandhi avait pourtant mis le monde en garde, l’influence des islamistes
nihilistes sur sa population musulmane du Cashmere ? (Autre victime collatérale : le Bangladesh qui subit les conséquences écologiques désastreuses résultant de la gestion indienne de leurs fleuves
communs en amont). Même si un mauvais accord est toujours préférable à une absence d’accord, l’expérience prouve que Kadhafi sait trouver le moyen de nuire en divisant la communauté internationale
et en contournant, via des montages ad’hoc, les sanctions internationales (à cet égard, l’action des britanniques dans l’intérêt de BP appuyée par G. W. Bush, a créé un précédent qui n’a pu que
renforcer le sociopathe de Tripoli dans l’idée qu’il pourra, quoiqu’il arrive, toujours rebondir…). Henri Poincaré disait « Jean sans Terre a passé par ici, mais cela m’est bien égal puisqu’il n’y
passera plus » et mon propos n'est pas de comparer la situation de l’empire des Indes de 1947 à celle de la Libye de 2011. Mais comment néanmoins rester serein sur ce dossier quand on lit de tels
propos et qu’on constate que Kadhafi fait peur non seulement à son peuple mais aussi aux pays coalisés ? Les révélations de Wikiliks qui a mis à jour, notamment, l’indigence du renseignement y
compris américain sur des sujets potentiellement dangereux ont renforcé l’inquiétude de gens qui reprochaient déjà à leurs gouvernements respectifs de n’avoir pas su anticiper la crise économique.
La surprise manifeste des politiques face au printemps arabe et les querelles qui s’en sont suivies après l'arrivée de bateaux tunisiens à Lampedusa, notamment entre italiens d'une part et
allemands et suédois d'autre part puis entre français et italiens, ont amplifié l’impression que l’UE est incapable de s’entendre quand ils s’agit du contrôle des flux migratoires. Dans ces
conditions, comment s’étonner que les opinions publiques redoutent ce que certains media appelaient, 3 jours seulement après le début des bombardements sur la Libye ! un « possible enlisement »
alors même que les regards se tournent déjà vers la Syrie ? Comment s’étonner que la présidence française des G8 et des G20 ne passionne pas les foules qui semblent plus sensibles aux sirènes de
ceux qui prétendent que la France seule est plus en mesure de faire face à ce type de problèmes (sans préciser comment d'ailleurs) ? Alors comment ne pas s'inquiéter à l'idée que la partition de la
Libye puisse être sérieusement envisagée si elle apparaissait comme le moyen le plus rapide de se débarrasser de la question libyenne sans la résoudre pourtant ?


Paul Quilès 26/03/2011 18:18



Je suis (malheureusement!) en parfait accord avec votre analyse, qui montre l'indigence de la réflexion géopolitique actuelle de la France....sans parler de l'absence de l'Europe. Parmi les
multiples questionnements: que va-t-on faire de l'UPM? Où se trouve la défense européenne?A suivre.....



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