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18 février 2021 4 18 /02 /février /2021 09:44
On n'a pas besoin de la bombe

     Telle est bien la conclusion de la rencontre à laquelle j'ai participé sur la radio RCF le 16 février.

 

     On en trouvera ci-après un compte rendu, extrait du site de RCF.

 

    Pour écouter, c'est ICI (mes interventions à 5'40-8'40; 15'10-17'50; 21'-23'50; 35'55-38'30)

*****

L'arme nucléaire est-elle incontournable ?

 

     Avons-nous encore besoin de la bombe ? L'arme nucléaire est-elle toujours adaptée aux périls qui nous menacent ? Pour nous aider : un jésuite, un ancien ministre et un universitaire.

    Il y a trois semaines la France, qui fait partie des 9 puissances possédant l'arme nucléaire, a refusé de signer le TIAN (Traité d'interdiction des armes nucléaires) de l'ONU, ce qui la rend "hors la loi". Parler d'arme nucléaire peut sembler désuet. Pourtant, c'est un facteur crucial dans les relations internationales.

 

Melchior Gormand et Stéphanie Gallet 

accueillent trois invités pour en discuter.

 

     - Christian Mellon est jésuite, membre du CERAS, spécialiste de la pensée sociale de l'Eglise, 

    - Paul Quilès est un homme politique, ancien ministre de la Défense en 1985-1986, ancien président de la commission de la Défense, Président d'IDN( Initiatives pour le Désarmement nucléaire) 

    - Benoît Pélopidas est chercheur et fondateur du programme d'études sur les savoirs nucléaires à Science Po.

 

LA POLITIQUE NUCLÉAIRE : UNE AFFAIRE DE CITOYENS ?

 

     Pour Benoît Pélopidas cette question est fondamentale dans le débat actuel, car les citoyens français sont directement liés à celle-ci en effet "on peut choisir de ne pas se soucier de la politique nucléaire en tant que citoyen, mais on ne peut pas choisir de ne pas être affecté par cette politique". Il donne trois raisons à cela. Tout d'abord nous sommes tous des contribuables donc participons au financement de la politique nucléaire, nous acceptons "d'être les cibles de nos adversaires" mais aussi qu'une éventuelle "riposte soit faite en notre nom".

 

      Concernant le débat sur la politique nucléaire, l'ancien ministre de la Défense, Paul Quilès, raconte avoir découvert un "mensonge" lorsqu'il était au gouvernement. Pour lui "Il y a toute une série de mensonges, d'oubli ou de sous-estimation" autour de la politique nucléaire. 

"On enfume l'opinion publique, on enfume les médias, on enfume les parlementaires." 

 

LE DIFFICILE ÉQUILIBRE ENTRE ÉTHIQUE ET RÉALISME 

 

     Plus qu'un débat public, la question du nucléaire est également éthique. 

 

     Pour le jésuite, Christian Mellon "une politique sage du désarmement nucléaire [...] va dans le même sens que les appels du Pape François" qui nous invite tous, croyants ou non, à repenser la menace d'une telle arme. 

 

     Pour Benoît Pélopidas, il y a un consensus établi autour de l'arme nucléaire qui empêche le débat d'aller plus en profondeur, notamment au niveau politique. Pour preuve, lors de ces recherches en 2018 et 2019,  il a observé que 20% des citoyens interrogés sur les engagements que la politique de dissuasion nucléaire exige d'eux, "se disent au moins en partie d'accord pour que l'usage de leurs impôts financent l'arsenal national et seuls 19% acceptent que le pays soit ciblé par des armes nucléaires adverses et moins d'un tiers des français soutiennent les représailles prévues par la doctrine, donc on ne peut pas parler de consensus."

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14 février 2021 7 14 /02 /février /2021 18:11
Je pense donc j’agis 

" Je pense donc j’agis" :

c’est le titre de l’émission de la radio RCF

à laquelle je participerai mardi 16 février de 9h à 10h

Le thème sera "A-t-on encore besoin de la Bombe ?"

Participants :

Benoît Pelopidas, maître de conférences en relations internationales à l’université de Bristol et chercheur affilié au Center for International Security and Cooperation de l'université Stanford.

Christian Mellon, prêtre jésuite, spécialisé dans les questions éthiques et spirituelles touchant la paix et la guerre, la violence et la non-violence, responsable du pôle formation du Centre de Recherche et d’actions sociales

ECOUTER

« Cette émission interactive de deux heures est une double invitation à la réflexion ET à l’action. Une heure pour réfléchir, creuser une question et prendre du recul sur l’actualité avec des invités interviewés par les rédacteurs en chef RCF. Une heure pour agir, avec les témoignages d’acteurs de terrain et les auditeurs, pour se mettre en mouvement et s’engager ensemble dans la construction du monde de demain. Intervenez en direct à l'antenne au 04.72.38.20.23 ou écrivez-nous à : direct@rcf.fr »

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13 février 2021 6 13 /02 /février /2021 11:28
Pourquoi je milite avec IDN

L’action d’IDN : mobiliser, informer, influencer, proposer

 

    L’entrée en vigueur du Traité d’interdiction des armes nucléaires (TIAN)  le 22 janvier 2021 est un événement historique pour toutes les organisations, notamment la nôtre, qui militent pour un monde militairement dénucléarisé.

 

    S’il était nécessaire de prouver la légitimité du combat porté par l’association Initiatives pour le Désarmement Nucléaire (IDN), il suffirait d’observer son action au cours de la dernière période et la façon dont elle a rempli ses missions principales qui sont de mobiliser, d’informer, d’influencer les décideurs et l’opinion publique et de proposer.

 

Mobiliser

 

    Trois semaines après l’entrée en vigueur du TIAN, IDN reste résolument engagée à travailler à la mobilisation de la société civile sur les dangers de l’arme nucléaire pour la stabilité de l’ordre international.

 

    C’est ainsi qu’il faut comprendre l’action d’IDN pour rassembler 21 associations et organisations — dont 5 anciens Prix Nobel de la paix — qui ont lancé, le 20 janvier 2021, un appel solennel au Président de la République demandant l’adhésion de la France au TIAN.

 

Informer

 

    L’actualité a été marquée par l’arrivée au pouvoir du président américain Joe Biden, qui a fait de la prorogation du traité New START une de ses priorités. Les relations russo-américaines ayant été largement mises à mal par le président Donald Trump, les enjeux autour de la maitrise des armements nucléaires ont été largement repris dans l’actualité.

 

    Très favorable aux traités multilatéraux visant à contenir et réduire les arsenaux nucléaires, IDN a mobilisé son équipe de rédacteurs, d’analystes et d’experts issus de la société civile, politique, diplomatique et militaire pour analyser les derniers développements stratégiques en la matière.

 

    Dans cet esprit, plusieurs articles ont été publiés par les analystes, ainsi que par Bernard Norlain, Général d’armée aérienne (ret) et vice-Président d’IDN, visant à décrypter les enjeux et les perspectives de la prorogation du traité New START pour la relance des politiques de maitrise des armements nucléaires obérées par Donald Trump.

 

Influencer

 

    IDN veut lever le tabou de l’arme nucléaire en France, ce qui l’amène parfois à hausser le ton pour dénoncer les mensonges et faire entendre autre chose que les litanies du discours officiel.

 

    C’est le sens de la mise au point de Marc Finaud, ancien diplomate de carrière, formateur au sein du Centre de Politique de Sécurité de Genève (GCSP) et vice-Président d’IDN, qui a répondu avec fermeté à la déclaration du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves le Drian, devant l’Assemblée Nationale le 26 janvier 2021. Avec une argumentation implacable,  il a dénoncé la rhétorique nucléaire française, enferrée dans « son déni du risque existentiel que font peser les armes nucléaires sur l’humanité et la planète ». Il a ainsi mis en exergue l’incohérence profonde des arguments des autorités politiques qui nient l’inutilité et la dangerosité des armements nucléaires.

 

Proposer

 

    Avec comme objectif l’élimination progressive et équilibrée des armes nucléaires de la planète, le combat d’IDN, porté par ses militants et ses sympathisants, est plus que jamais nécessaire pour assurer l’édification du monde plus sûr promu par les traités comme le TIAN et le New Start.

 

    Forte de ses liens avec les principaux acteurs français et étrangers investis dans le désarmement nucléaire, IDN a bâti une liste de propositions concrètes et pertinentes pour inscrire la France, les États nucléaires et les États alliés de ces derniers dans un processus de désarmement nucléaire multilatéral, progressif et contrôlé :

  • Diminuer au niveau le plus bas possible le niveau d’alerte des forces nucléaires ;
  • Négocier sans délai ni condition préalable la dénucléarisation de la péninsule coréenne dans un cadre multilatéral ;
  • Retirer les armes nucléaires tactiques américaines et russes d’Europe ;
  • Adopter une politique de non-emploi en premier en renonçant à riposter avec des armes nucléaires à des attaques conventionnelles;
  • Mettre en place un système de transparence sur les armes nucléaires ;
  • Œuvrer à l’entrée en vigueur du Traité sur l’interdiction des essais nucléaires (TICE) ;
  • Négocier un Traité d’interdiction de la production de matières fissiles destinées aux armes nucléaires (FMCT) ;
  • Réaffirmer l’engagement pris dans le TNP de "réduire le rôle attribué aux armes nucléaires dans les politiques de sécurité”;
  • Agir en faveur d’une zone exempte d’armes de destruction massive au Moyen-Orient ;
  • Annoncer de nouvelles réductions négociées des arsenaux nucléaires ;
  • Procéder à de nouvelles réductions unilatérales ;
  • Adhérer au mécanisme prévu par le Traité d’interdiction des armes nucléaires (TIAN).

 

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4 février 2021 4 04 /02 /février /2021 19:14
Mauvaise foi et déni

Dans ce texte à la fois précis et limpide, Marc Finaud* montre comment le discours des autorités françaises sur l'armement nucléaire est fait de mauvaise foi et de déni.

 

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La France et le TIAN: mauvaise foi et déni

 

     Le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN) est entré en vigueur le 22 janvier 2021, ayant dépassé 50 ratifications. C’est le résultat d’une mobilisation internationale sans précédent. Cependant, comme les autres puissances nucléaires, la France le rejette sans appel et s’enferre dans son déni du risque existentiel que font peser les armes nucléaires sur l’humanité et la planète.

 

     En témoigne l’échange surréaliste entre le député Jean-Paul Lecoq et le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, lors de la séance du 26 janvier 2021 à l’Assemblée nationale.

 

     Après s’être félicité de ce résultat d’« années de mobilisation » de la société civile, le député a demandé si la France allait « finir par reconnaître cette norme de droit international et rejoindre la dynamique partagée par certains membres de l’Union européenne ? »

 

     Dans sa réponse, le ministre s’est contenté d’aligner les contre-vérités habituelles à propos du TIAN :

  • « La France n’a pas participé aux négociations du traité TIAN. La France n’est pas partie à ce traité, et la France n’adhérera pas à ce traité. Dès lors, ce traité n’emporte pour nous aucune obligation juridique.»

FAUX : la France a délibérément boycotté les négociations qui lui étaient ouvertes. Elle était déjà tenue par son engagement, aux termes du TNP, de négocier le désarmement nucléaire. En outre, lorsque les États parties au TIAN rempliront leurs propres obligations, toute coopération avec la France relative aux armes nucléaires sera illégale.

  • « Cette position, constante pour notre pays, est partagée par nos principaux partenaires internationaux».

FAUX : elle n’est pas partagée par les 122 États membres de l’ONU qui ont voté en faveur du TIAN, soit les deux tiers de la communauté internationale. Parmi les « principaux partenaires internationaux » de la France qui rejettent le TIAN figure notamment la Corée du Nord.

  • « Nous estimons que le TIAN n’apporte aucune plus-value de sécurité dans un contexte stratégique marqué par la dislocation de l’architecture internationale de sécurité et par les risques liés à la prolifération des armes nucléaires.»

FAUX : le TIAN est une réaction multilatérale à la dislocation de l’architecture internationale de sécurité par certaines puissances nucléaires et aux risques de prolifération des armes nucléaires. Continuer d’affirmer que ces armes sont légitimes pour certains afin de garantir la protection de leurs intérêts vitaux ne peut qu’inciter à la prolifération.

  • «Comme il ne comporte ni instrument de vérification ni instrument rigoureux de clarification, ce traité n’apportera aucune contribution concrète aux efforts que nous réalisons en vue d’un désarmement nucléaire réaliste, lequel ne peut se faire qu’étape par étape. »

FAUX : le TIAN exige de ses États parties non dotés d’armes nucléaires le respect au minimum des garanties actuelles de l’AIEA sans préjuger d’instruments plus rigoureux. Pour les États possesseurs d’armes nucléaires qui y adhèreraient, le régime de vérification serait à négocier entre eux et devrait être validé par les autres États parties. L’approche « étape par étape » du désarmement nucléaire n’est nullement incompatible avec le TIAN. Si elle avait réussi, le TIAN n’aurait pas été nécessaire. Ce ne sont pas les soutiens au TIAN qui la bloquent, mais certaines puissances nucléaires.

  • « C’est cette voie que nous avons suivie avec le [TNP] auquel nous sommes partie prenante et que nous voulons voir renforcé. Entré en vigueur en 1970, il a permis des avancées et c’est ce cadre d’action-là qu’il importe de préserver.»

FAUX : la France n’y a adhéré qu’en 1992. Le TNP n’a pas empêché le nombre d’États possesseurs de doubler (passant de cinq à dix, en comptant l’Afrique du Sud qui a éliminé ses armes). Il n’a pas empêché les arsenaux mondiaux d’augmenter pendant 15 ans et d’atteindre aujourd’hui plus de 13 400 armes. La France l’interprète à tort comme une autorisation de possession légitime et illimitée de l’arme nucléaire alors que l’article VI du TNP l’oblige à négocier de bonne foi le désarmement nucléaire.

  • « Depuis vingt-cinq ans, des mesures concrètes et substantielles font que notre bilan en matière de désarmement nucléaire est particulièrement exemplaire parmi tous les États dotés de telles armes. Ces mesures ne sont pas récentes et remontent à des présidences antérieures : pensons à la fin de la composante terrestre, au démantèlement des sites de production de matières fissiles ou à la fin des essais nucléaires.»

FAUX : la France critique, à tort, le « désarmement unilatéral » que lui imposerait le TIAN alors que toutes les mesures qu’elle a prises l’ont été unilatéralement, sans aucune négociation. La fin de la production de matières fissiles ou des essais nucléaires n’a eu aucun effet en termes de désarmement car elle dispose de stocks de matières fissiles considérables et poursuit des essais en simulation.

  • « C’est cette logique qui a guidé le président de République dans le discours qu’il a prononcé à l’École de guerre en février dernier. Il a proposé un agenda concret pour progresser dans la voie du désarmement nucléaire parce que (…) le désarmement nucléaire ne se décrète pas mais se construit pas à pas. (…) »

FAUX :  dans son discours devant l’École de guerre, la principale mesure de « désarmement » nucléaire proposée par le président de la République a été l’idée d’étendre la dissuasion nucléaire aux autres États membres de l’Union européenne, qui l’ont accueillie avec un silence assourdissant. Trois de ces États ont d’ores et déjà ratifié le TIAN.

 

     Comme on le voit, il reste beaucoup à faire pour que le gouvernement français comprenne que le meilleur moyen d’éliminer le risque que font peser les armes nucléaires est de les éliminer, en commençant par les interdire à l’instar des autres armes de destruction massive.

______________________________________

*Marc Finaud est vice Président d'IDN, où il a la responsabilité d’assurer les relations internationales et diplomatiques de l’association. Ancien diplomate de carrière, il travaille désormais comme formateur pour jeunes diplomates et officiers au sein du Centre de Politique de Sécurité de Genève (GCSP) dans tous les domaines de la sécurité internationale. Au cours de sa carrière diplomatique, il a été affecté à plusieurs postes bilatéraux (URSS, Pologne, Israël, Australie) ainsi qu’à des missions multilatérales (CSCE, Conférence du Désarmement, ONU). Il est titulaire de Masters en Droit international et en Sciences politiques. Il a aussi été Collaborateur scientifique de l’Institut des Nations unies pour la Recherche sur le Désarmement (UNIDIR) (Programme sur les Armes de destruction massive).

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23 janvier 2021 6 23 /01 /janvier /2021 11:10
L’offensive du Vatican contre les armes nucléaires

Alors qu’entre en vigueur vendredi 22 janvier le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires, le Saint-Siège a réaffirmé sa position contre l’utilisation et la détention de l’arme nucléaire.  (Article de Loup Besmond de Senneville paru dans La Croix du 22 janvier 2021)

 

****

     « Dans un tweet, c’est le pape lui-même qui a appelé "tous les États et tous les peuples à promouvoir les conditions nécessaires à un monde sans armes nucléaires, en contribuant à faire progresser la paix et la coopération multilatérale, dont l’humanité a tant besoin aujourd’hui".

 

Un défi et un impératif moral et humanitaire 

 

    Le message intervient au lendemain de la diffusion par les médias officiels du Vatican d’un long entretien avec Mgr Paul R. Gallagher, le Secrétaire d’État du Saint-Siège pour les relations avec États. "L’élimination totale des armes nucléaires est à la fois un défi et un impératif moral et humanitaire", martèle Mgr Gallagher, qui estime que leur utilisation et leur détention doivent ainsi être "continuellement stigmatisées et délégitimées".

 

    Le "ministre des affaires étrangères" de François s’élève également contre la légitimité du concept de dissuasion nucléaire. "La paix et la sécurité internationales ne peuvent être fondées sur la menace d’une destruction mutuelle ou d’un anéantissement total, ni sur le maintien d’un équilibre des pouvoirs ou la régulation des relations en substituant "la force du droit" à "la loi de la force" ", juge-t-il.

 

    Il développe au contraire une vision d’un monde de paix fondée "sur le dialogue et la solidarité, sur la justice, sur le développement humain intégral, sur le respect des droits fondamentaux de l’homme, sur la sauvegarde de la création, sur la promotion des structures éducatives et sanitaires, sur l’instauration de la confiance entre les peuples". Et il invite à aller ainsi "au-delà de la dissuasion nucléaire".

 

Ratification par 51 États

 

    Le Saint-Siège a fait partie des premiers États, avec la Thaïlande et la Guyana, à ratifier ce traité en septembre 2017. À leur suite, il a été adopté par 86 pays et ratifié par 51 autres, mais le nouveau traité international n’a pas emporté l’adhésion des neuf capitales, dont Paris, qui possèdent l’arme nucléaire. "Nous sommes préoccupés par le fait que les puissances nucléaires semblent souvent se détourner du multilatéralisme en matière de nucléaire et de la table des négociations", affirme Mgr Gallagher, en déplorant notamment "l’abandon du traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI), l’affaiblissement du plan d’action conjoint global (JCPoA) iranien".

 

    Le pape François s’est, à plusieurs reprises, engagé contre les armes nucléaires, notamment au Japon, lors de son discours à Nagasaki, le 24 novembre 2019. "Un monde en paix, libre des armes nucléaires, est l’aspiration de millions d’hommes et de femmes partout", avait-il affirmé. Le pape y avait jugé la dissuasion nucléaire "perverse et immorale".

 

Divergences entre Paris et Rome

 

    Le jugement porté sur la dissuasion demeure l’une des principales pierres d’achoppement entre la diplomatie vaticane et la diplomatie française, selon les informations de La Croix. La question fait l’objet d’échanges réguliers entre Paris et Rome, mais les divergences de vues entre les deux États semblent irréconciliables.

 

    Alors que le Vatican revendique "une approche concrète" du sujet, certains considèrent au Quai d’Orsay que la prise de position ferme de l’Église contre toute possession d’armes nucléaires revient à une forme d’enfermement dans une posture morale inapplicable. Et donc à la fermeture de la possibilité de toute discussion politique. »

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22 janvier 2021 5 22 /01 /janvier /2021 12:19
Les armes nucléaires sont-elles vraiment devenues illégales ?
Les armes nucléaires sont-elles vraiment devenues illégales ?

     Le Traité sur l'interdiction des armes nucléaires (TIAN) entre en vigueur aujourd’hui. Adopté par 122 pays aux Nations Unies en 2017, il a été jusqu'à présent signé par 86 États, dont 51 l'ont ratifié. Est-il pour autant effectif ?

Voici l’analyse de Marc Finaud,

vice- Président d’IDN et chef du service sur la Prolifération des armes au Centre de Politique de Sécurité de Genève. Texte publié par l’agence Swissinfo.

 

*****

    Cette initiative de la société civile, récompensée par le Prix Nobel de la paix, a été soutenue par une majorité écrasante de pays, à l'exception de ceux qui possèdent des armes nucléaires et de leurs alliés. Des voix critiques soulignent que, de ce fait, le nouveau traité n'aura aucun effet sur le désarmement nucléaire. Dans tous les cas, il convient d'évaluer si et comment l'interdiction des armes nucléaires peut favoriser leur élimination

 

    L'adoption du TIAN a été accueillie en 2017 par la plupart avec joie et soulagement. Les Etats dotés d’armes nucléaires, eux, y ont réagi par un silence assourdissant ou manifesté leur consternation face à ce traité. Celui-ci résulte de conférences internationales sur les conséquences humanitaires de toute explosion nucléaire et de semaines de discussions à Genève. La plupart des États dotés d'armes nucléaires ont boycotté ces réunions et se sont opposés à la négociation à New York.

 

L’opposition des puissances nucléaires

 

     La principale pomme de discorde était l'interprétation du Traité de non-prolifération(TNP) de 1968: les cinq États dotés d'armes nucléaires du TNP (Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni, et Russie) ont fait valoir que leur droit légitime de posséder des armes nucléaires était inscrit dans cet instrument sans aucune contrainte de temps, alors que la plupart des États non dotés d'armes nucléaires considèrent qu'ils ont renoncé à ces armes en échange d'un engagement de désarmement nucléaire il y a un demi-siècle. Les puissances nucléaires non parties au TNP telles que l’Inde et le Pakistan ont regretté de perdre le droit de veto accordé par la Conférence du désarmement dans la négociation du traité.

 

     Certes, les deux principaux détenteurs, les États-Unis et l'URSS / Russie, ont réduit les arsenaux nucléaires de leur pic de la guerre froide de quelque 70 000 à 12 000, auquel il faut ajouter 1200 autres armes des autres États possesseurs (y compris la Corée du Nord, l’Inde, Israël et le Pakistan). Cependant, de tels arsenaux sont toujours capables de détruire l'humanité et la planète. Même une guerre nucléaire limitée entre l'Inde et le Pakistan pourrait entraîner une famine mondiale tuant jusqu'à deux milliards de personnes en raison de son impact sur le climat global.

 

     Comme l'a reconnu la Cour internationale de Justice en 1996, aucune utilisation d'armes nucléaires ne peut être compatible avec l'obligation de distinguer les cibles civiles des cibles militaires, ou de s'abstenir de causer «des blessures superflues ou des souffrances inutiles». C’est cette approche humanitaire qui a rallié une grande majorité d'Etats.

 

Ce que change le traité

 

     Les États dotés d'armes nucléaires et leurs alliés affirment que le TIAN ne leur imposera aucune obligation, y compris en vertu du droit coutumier potentiel. Les armes nucléaires peuvent-elles donc être considérées comme illégales? Elles le seront sans aucun doute pour les États parties au TIAN. Si certains États alliés y adhéraient, les dispositions du traité sur le non-déploiement ou le non-transit d'armes nucléaires toucheraient bien entendu les détenteurs d'armes nucléaires.

 

     Ce qui est le plus probable est que, dans les États parties au TIAN, les banques, les entreprises, les universités ou les particuliers ne seront pas autorisés à contribuer au développement d'armes nucléaires, même dans des États non parties. Les tribunaux nationaux des États parties pourront également accepter les plaintes pour dommages-intérêts résultant d'essais nucléaires ou de fabrication d'armes et exiger une indemnisation des États dotés d'armes nucléaires. Même au sein de ceux-ci, le débat en faveur d’une redistribution des ressources astronomiques détournées par la dissuasion nucléaire vers la santé publique ou les besoins sociaux devrait être encouragé par le TIAN.

   

      Ces effets indirects contribueront à stigmatiser et à délégitimer encore davantage les armes nucléaires. S’ils sont sincères dans la poursuite de leur objectif affirmé du désarmement nucléaire à long terme, les puissances nucléaires et leurs alliés auront de nombreuses occasions de se mettre au travail, même en dehors du TIAN. L’architecture internationale de sécurité (Traité New STARTTraité INFAccord sur l’IranTraité Ciel ouvert, etc.) a besoin d’être restaurée après les attaques que lui a infligées l’administration Trump. Toutefois, continuer d’affirmer que les armes nucléaires sont vitales pour la sécurité de leurs détenteurs mais inacceptables pour le reste du monde ne fera qu’encourager la prolifération, comme l’a montré le cas de la Corée du Nord.

 

L’attentisme de la Suisse

 

     La Suisse elle-même, dont les deux chambres du Parlement fédéral ont voté en faveur de la signature du TIAN, ne pourra longtemps rester en dehors de l’Histoire et de son rôle de gardienne du droit humanitaire international. Elle ne saurait s’abriter derrière des pressions de l’OTAN ou le rejet du traité par les puissances nucléaires pour s’affranchir de sa responsabilité. Rappelons que c’est à son initiative qu’en 2010 tous les Etats parties au TNP se sont déclarés «profondément [inquiets] du risque que continue de représenter pour l’humanité la possibilité que les armes nucléaires soient utilisées et des conséquences humanitaires catastrophiques qu’entraînerait un tel emploi.»

________________________

Ecouter aussi sur ce sujet l'interview de Marc Finaud sur France Culture

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22 janvier 2021 5 22 /01 /janvier /2021 00:02
Traité New START : une bonne décision de Joe Biden

     Une des premières décisions du président Joe Biden a été de proposer à Vladimir Poutine une prolongation de cinq ans du dernier accord de contrôle des armes nucléaires entre la Russie et les États-Unis, le New START.

     Ce traité, qui limite les deux pays à un maximum de 1 550 armes nucléaires stratégiques chacun, expirera le 5 février 2021 s’il n’y a pas eu d'accord mutuel pour le proroger, ce qui était malheureusement l’intention affichée par Donald Trump.

     Vladimir Poutine a fait savoir qu'il était favorable à une prolongation inconditionnelle de 5 ans du traité et le ministère russe des affaires étrangères a publié une déclaration en ce sens le 20 janvier. Il est à noter que cette prolongation ne nécessite pas l'approbation du Sénat américain.

     Comme l'a déclaré Derek Johnson, directeur général du mouvement international Global Zero pour l'élimination des armes nucléaires  "les États-Unis reviennent à la raison. L'offre du président Biden marque un retour bienvenu à une diplomatie sérieuse qui ouvre la voie à un avenir plus sûr et plus sécurisé pour tous."

      Il reste maintenant à espérer que le nouveau président américain n'oubliera pas dans son agenda l'entrée en vigueur aujourd'hui même du Traité d'Interdiction des Armes Nucléaires (TIAN)

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20 janvier 2021 3 20 /01 /janvier /2021 14:40
Interdiction des armes nucléaires

        L'entrée en vigueur du TIAN (Traité d'Interdiction des Armes Nucléaires) le 22 janvier 2021 n'est pas un événement ordinaire dans le climat actuel de tension et de risque pour la sécurité de la planète.

 

    19 associations et organisations* (dont 5 anciens Prix Nobel de la paix) lancent un appel solennel au Président de la République pour que la France adhère à ce traité.

 

      Ce texte a été publié aujourd'hui par La Croix

 

                 

LA FRANCE DOIT ADHERER AU TRAITÉ SUR L’INTERDICTION

DES ARMES NUCLÉAIRES

Le 22 janvier 2021 restera une date historique : un traité multilatéral, le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN), adopté par les deux tiers des pays membres de l’ONU en 2017, entre en vigueur et rend les armes nucléaires illégales, que ce soit leur possession, leur fabrication, ou la menace de leur utilisation, c’est-à-dire la stratégie de dissuasion nucléaire. Le TIAN comble un vide juridique et complète l’interdiction des autres armes de destruction massive, biologiques et chimiques, ainsi que de certaines armes classiques condamnées pour leur impact sur les civils. Il aura des effets même sur les pays qui le rejettent. La France, qui s’est toujours voulue le pays porteur des valeurs de respect du droit international, ne doit pas tourner le dos à ce processus de démocratie internationale et doit adhérer au TIAN.

Cet accord est le résultat de dizaines d’années d’efforts persévérants de la société civile, à travers des organisations dont de nombreuses ont été regroupées au sein de la Campagne internationale pour abolir les armes nucléaires (ICAN), lauréate du prix Nobel de la paix 2017, et le Comité international de la Croix-Rouge, en convergence avec plusieurs Etats, dont le Saint-Siège, l’Afrique du Sud (ancienne puissance nucléaire) et la Nouvelle-Zélande.

Les organisations, gouvernements, Eglises, syndicats qui soutiennent l’interdiction des armes nucléaires n’ont pas agi seulement par frustration à l’égard des détenteurs d’arsenaux qui n’ont pas tenu leurs engagements, pris notamment dans le cadre du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP). Le TIAN concrétise le rejet d’un système verrouillé par le veto de ces quelques pays et d’un système de sécurité fondé sur la capacité de perpétrer des massacres de masse de civils.

Les puissances nucléaires, dont la France, ont beau déclarer que le TIAN ne leur imposera aucune obligation, elles ne pourront plus désormais affirmer que leurs armes nucléaires sont légitimes. Elles se comportent comme si le TNP leur accordait indéfiniment un droit de possession et de recours à l’arme nucléaire, en contradiction avec l’esprit et le texte de ce traité. Ainsi tentent-elles de justifier l’injustifiable, à savoir les programmes de modernisation et de renouvellement de leurs arsenaux nucléaires, étalés encore sur plusieurs décennies à coup de centaines de milliards d’euros. Pourtant, l’article VI du TNP leur fait bien – depuis un demi-siècle – obligation de négocier en vue de « la cessation de la course aux armements nucléaires à une date rapprochée » et d’un « traité de désarmement général et complet » !

Les autorités françaises, comme celles des autres puissances nucléaires, affirment de manière contradictoire que la dissuasion nucléaire exclut tout recours à l’arme nucléaire, alors même qu’elles incluent dans leur doctrine des scénarios d’emploi de l’arme atomique (le « dernier avertissement ») et investissent dans de nouveaux types d'armes nucléaires plus « utilisables », qui abaissent dangereusement le seuil de la guerre nucléaire.

Les puissances nucléaires affirment que la seule solution réaliste vers le désarmement consiste à cheminer « étape par étape », et fixent comme objectif prioritaire la non-prolifération. En fait, toutes les mesures en discussion (interdiction des essais nucléaires ou de la production de matières fissiles militaires, réduction des arsenaux, non-emploi en premier, etc.) sont actuellement bloquées par ces mêmes puissances. De plus, en continuant d’affirmer que l’arme nucléaire est la garantie ultime de leur sécurité, elles la rendent encore plus attrayante et elles favorisent la prolifération qu’elles prétendent combattre.

Le Président de la République doit sortir de trois contradictions dans lesquelles il s’est enfermé :

  • il a fustigé le « désarmement unilatéral », tout en s’enorgueillissant des mesures de réduction que la France avait prises unilatéralement depuis la fin de la Guerre froide ;
  • il prône le multilatéralisme, tout en rejetant les aspirations d’une majorité d’Etats, dont des membres de l‘Union européenne ;
  • il entend inscrire la protection de l’environnement dans la Constitution alors qu’une guerre nucléaire, même limitée, serait un crime d’écocide compte tenu de ses conséquences catastrophiques sur la planète, ses habitants et les générations futures, ainsi que l’ont démontré plus de 2000 essais nucléaires dont les effets sanitaires et environnementaux se font aujourd’hui encore ressentir sur les populations concernées.

Il est donc grand temps, trois quarts de siècle après l’horreur d’Hiroshima et de Nagasaki, que la France se joigne au mouvement mondial pour l’élimination progressive et multilatérale des armes nucléaires en adhérant au TIAN.  La France contribuera ainsi, comme elle l’a déjà fait pour les autres armes de destruction massive, à l’élimination de l’arme la plus destructrice inventée par l’être humain.

_________________

* Abolition des armes nucléaires – Maison de Vigilance ; ADN (Collectif Arrêt du nucléaire) ; AFCDRP (Association française des communes, départements et régions pour la paix) – Maires pour la Paix ; AMFPGN (Association des médecins français pour la prévention de la guerre nucléaire, affiliée à IPPNW, Prix Nobel de la paix 1987) ; Amnesty International France (affilié à Amnesty International, Prix Nobel de la Paix 1977) ; Artistes pour la paix ; EPP (Enseignants pour la paix, membre de l'Association internationale des éducateurs à la paix - AIEP) ; ICAN France (affiliée à ICAN, Prix Nobel de la paix 2017) ; IDN (Initiatives pour le désarmement nucléaire) ; IPSE (Institut Prospective et Sécurité en Europe) ; LIFPL France (Ligue internationale des femmes pour la paix et la liberté) ; Ligue des droits de l'Homme (affiliée à ICAN France) ; Mouvement de la paix (affilié à ICAN et au Bureau international de la paix, Prix Nobel de la paix 1910) ; MIR-France (Mouvement international de la réconciliation, affilié à ICAN France) ; Mouvement national de lutte pour l’environnement ; Observatoire des armements ; PAX Christi France ; PNND France (Parlementaires pour la non-prolifération et le désarmement nucléaire) ; Pugwash-France (affilié au Mouvement Pugwash, Prix Nobel de la paix 1995).

 

Ces 19 signataires viennent d'être rejoints par 2 autres organisations: IDRP (Institut de Documentation et Recherche sur la Paix); MRAP (Mouvement contre le Racisme et pour l'Amitié entre les Peuples);

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18 janvier 2021 1 18 /01 /janvier /2021 10:33
En finir avec le terme inepte de dissuasion

   Telle est la conclusion de la pertinente tribune de Solène Vizier, publiée sur le site d’IDN et qui analyse les sérieuses conséquences du piratage SolarWinds, considéré comme la plus grande cyberattaque jamais menée.

 

   La campagne d’intrusion a ciblé le gouvernement américain, ses agences fédérales et plusieurs grandes entreprises privées américaines et mondiales : Sécurité Intérieure, Département de la Justice, du Trésor, du Commerce…  Nombre d’agences ont été touchées et l’ampleur exacte de ce piratage est pour le moment inconnue.  

 

 LIRE la tribune

 

Extraits :

 

   « Les cyberattaquants ont indiqué que d’autres données seraient proposées dans les prochaines semaines. Cette annonce est particulièrement inquiétante lorsque l’on sait que le programme nucléaire militaire américain a été visé par la cyberattaque. Le Département de l’Energie (DOE) et son agence subsidiaire, l’administration nationale la sécurité nucléaire (NNSA), font en effet partie des agences gouvernementales touchées. La National Nuclear Security Administration est responsable de la gestion et de la sécurité des armes nucléaires américaines. Elle s’occupe ainsi du développement des armes nucléaires, des essais non-explosifs, des programmes de réacteurs navals, du transport des armes et composants nucléaires, ainsi que d’autres missions soutenant la sécurité nationale. »  (….)

 

  « Les armes nucléaires sont particulièrement vulnérables à la contamination et à la manipulation de l’information sur laquelle les décisions nucléaires sont fondées. Que se passerait-il, si un pirate informatique usurpait les systèmes d’alerte pour faire croire à une attaque de missiles nucléaires, déclenchant une frappe de représailles ? Les capteurs et les systèmes d’alerte automatisés peuvent être trompés – ils l’ont déjà été par le passé. Les pirates peuvent aussi accéder directement aux systèmes d’alerte ou de communication pour manipuler, contaminer et corrompre l’information, un risque d’autant plus réel lorsque l’on sait que les attaquants de SolarWinds ont pu accéder aux communications de la Sécurité Intérieure américaine. »  (….)

 

   « Le caractère sacré des normes nucléaires doit aujourd’hui être entièrement réévalué et un débat public ouvert dans chaque État nucléarisé. L’arme nucléaire est inutile face aux menaces du XXIe siècle. La dissuasion nucléaire n’a pas empêché les guerres, le creusement des inégalités, le dérèglement climatique ou la pandémie de Covid. Elle s’est révélée inopérante, disproportionnée et inadaptée pour faire face au terrorisme. Pire, des groupes terroristes comme Al-Qaida ou l’État islamique ont exprimé leur désir d’acquérir des armes nucléaires.

 

    Qu’elle soit minimale, proportionnée, flexible, élargie ou encore étendue, la dissuasion nucléaire, dans ses définitions successives depuis 1945, n’a eu que pour effet de rendre le monde toujours plus dangereux. A l’heure où entre en vigueur le Traité d’interdiction des armes nucléaires(TIAN), il est temps d’en finir avec le terme inepte de dissuasion. »

 

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13 janvier 2021 3 13 /01 /janvier /2021 19:16

On me pose souvent des questions sur les objectifs et les moyens de l'association que je préside, IDN (Initiatives pour le Désarmement Nucléaire). 

 

Si vous n'avez pas le temps de prendre connaissance des éléments fournis par notre site, vous en trouverez un bon résumé sur le document qui suit.

 

Je reste de toute façon à votre disposition, avec l'équipe dynamique qui gère et anime IDN, pour vous apporter les réponses que vous vous poseriez sur ces sujets.

Mieux connaître IDN
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Faites connaissance avec IDN

 (Initiatives pour le désarmement nucléaire),

dont Paul Quilès est président.

IDN travaille chaque jour à la réduction des arsenaux nucléaires et du risque, intentionnel ou non, d’utilisation de l’arme nucléaire.

IDN oeuvre à construire un monde sans armes nucléaires, pour une paix et une sécurité internationale durables.

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Cordes sur Ciel,

la cité médiévale dont Paul Quilès a été le maire pendant 25 ans.

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site de l'Office du tourisme 

Bibliographie

- 2018: L'illusion nucléaire- La face cachée de la bombe atomique (avec Jean-Marie Collin et Michel Drain)

- 2017: Quelques citations sur les armes nucléaires

- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  

- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu) 

- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff ) 

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï) 

- 1992: Nous vivons une époque intéressante 

- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez