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21 octobre 2020 3 21 /10 /octobre /2020 19:02

    "J'ai décidé d'être heureux, parce que c'est bon pour la santé" (Voltaire)

 

    Cette phrase apocryphe* de l'illustre écrivain est souvent reprise dans les citations célèbres.

 

   Elle me semble très appropriée au contexte actuel!

 

______________________

 

* Elle provient de la lettre qu'il a adressée à l'Abbé Trublet le 27 avril 1761 (voir ci-dessous, 8ème ligne)

Bon pour la santé

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14 octobre 2020 3 14 /10 /octobre /2020 17:50
Les enseignements du naufrage du Titanic : 2008, 2020

Je viens de retrouver un texte que j’ai publié sur ce blog en 2008

et qui s’inquiétait de l’impréparation du monde aux grandes catastrophes.

Il me semble malheureusement très pertinent aujourd’hui.

Jugez-en plutôt vous-mêmes.

 

*****

     « L'autre soir, lors d'un débat télévisé, j'ai entendu une comparaison que j'ai trouvée extrêmement éclairante pour expliquer les réactions du monde développé à l'égard des crises qui secouent le monde et je voudrais la livrer à votre méditation.

     Vous avez certainement été nombreux à voir le célèbre film "le Titanic", réalisé par James Cameron en 1997 et qui raconte le naufrage du géant des mers en avril 1912. On y voit, au moment où le Titanic heurte l'iceberg qui va le couler, les passagers les plus riches qui continuent à s'amuser sur le pont supérieur, mangeant, dansant, buvant. Le bateau est tellement bien conçu -il doit résister à toutes les tempêtes!- qu'ils ne ressentent qu'une petite vibration sur leurs verres lorsque le choc se produit.

     Par contre, sur les ponts inférieurs, là où se trouvent les passagers les moins fortunés, on comprend vite ce qui se passe et ce qu'il va advenir du bateau et de ses occupants, riches et moins riches. Et là, loin de l'orgueil et de la cécité de ceux qui, confiants dans le progrès, croient à l'invulnérabilité de cette belle construction humaine, c'est la panique, parce qu'on sait que ce superbe bateau, invincible, insubmersible, va couler. La catastrophe n'est pas à venir, elle est là, mais tous ne la voient pas.

    Aujourd'hui, notre monde n'est-il pas confronté à pareille situation ? Des crises, génératrices de graves dérèglements et de désordres dangereux se succèdent, s'accumulent et s'ajoutent. Crise financière, crise alimentaire, crise énergétique, crise environnementale, crise sanitaire...La planète souffre, ou, plus exactement, ceux du Sud et les plus pauvres du Nord, qui mesurent chaque jour ce qui est en train de se passer, contrairement à ceux qui sont (ou qui se croient) à l'abri des crises. Comme pour le naufrage du Titanic, ceux- là ne comprennent pas et pourtant ils seront eux aussi touchés par les conséquences de cette succession de drames mondiaux: flux migratoires incontrôlés, pollution, dérèglements climatiques, terrorisme, guerres, pandémies.....

    Le modèle libéral vacille. Même les plus fervents zélateurs de ses prétendues vertus, aux Etats-Unis notamment, commencent à douter et à se demander s'il ne faudrait pas "plus d'Etat, plus de protection, plus d'intervention de la puissance publique et des instances internationales": autant de gros mots que l'on croyait remisés dans les cartons de l'archaïsme. Imaginez-vous qu'on envisage de nationaliser des banques, pour éviter leur faillite ! Certains osent même parler de "l'échec du marché" !

     Devant cette évolution rapide et surprenante pour certains, la gauche ne peut pas en rester à des analyses mièvres, se contentant de proposer d'améliorer le système, de limiter la casse...faute de mieux, faute surtout d'imaginer une alternative globale. Si elle ne veut pas perdre sa spécificité, c'est à dire l'ambition et la volonté de changer durablement la société et de contribuer à la construction d'"un autre monde", la gauche a le devoir de penser et de parler autrement. »

****

La conclusion de ce texte renvoyait à un travail collectif du Club Gauche Avenir, dont j’étais l’un des animateurs.

Cette démarche a débouché sur le document « un nouveau pacte majoritaire à gauche ». Vous pouvez prendre connaissance ICI.

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3 octobre 2020 6 03 /10 /octobre /2020 16:52
Un superbe document pour vous changer les idées

      Si vous souhaitez échapper au flot d’informations anxiogènes diffusées à chaque instant sur la pandémie qui secoue le monde, je vous recommande vivement de regarder ce documentaire exceptionnel sur les Alpes et les animaux qui y vivent.

      Vous y découvrirez « un monde où l'hiver dure huit mois, où les températures descendent jusqu'à moins quarante degrés et où l'air manque cruellement d'oxygène : les Alpes. Tous les animaux qui y vivent se sont adaptés à ces conditions extrêmes. Mais comment parviennent-ils à se séduire, à éduquer leurs petits, à conquérir des territoires, à parcourir des distances immenses ? Raconté par Gérard Lanvin, ce film constitue une plongée au coeur d'une terre sauvage où la nature cache encore certains de ses plus beaux secrets dans l'un des derniers sanctuaires d'Europe : un monde insoupçonné, impitoyable et merveilleux. »

            Vous y découvrirez aussi que les animaux ont les mêmes motivations principales que l’espèce humaine (Homo Sapiens), que j’ai eu l’occasion de décrire dans ce texte : Survivre et prendre du plaisir.

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9 septembre 2020 3 09 /09 /septembre /2020 13:55

     Un professeur de philosophie explique à sa classe l'importance d'utiliser son temps à bon escient et de fixer des priorités afin d'avoir une vie épanouie. 

 

     En 3 minutes, c'est une petite leçon pleine d'humour.....et de vérité. 

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23 août 2020 7 23 /08 /août /2020 15:32
Connaissez-vous des toutologues ?

     Mais oui, vous en connaissez ! Autour de vous, dans la vie professionnelle, dans les médias, dans le monde politique….les toutologues sont ces personnes qui donnent leur avis sur tout, qui se posent comme expertes dans tous les domaines, bien que ce ne soit pas le cas.

     On les appelle aussi des ultracrépidariens*, mot savant aussi difficile à retenir qu’à prononcer. Il est surprenant de savoir qu’il existe depuis très longtemps et qu’on l’utilise presque partout dans le monde. Son origine remonte à 352 av. J-C. On raconte qu’Apelle de Cos, peintre préféré d’Alexandre le Grand, travaillait sur l’une de ses œuvres, lorsqu’un cordonnier entra dans son atelier pour lui remettre une commande. Lorsqu’il vit les peintures et les gravures, il commença à critiquer beaucoup de détails. Face à ces commentaires, Apelle de Cos lui dit : “Ne supra crepidam sutor iudicaret” ("Que le cordonnier ne juge pas au-delà de la sandale") !

     Les ultracrépidariens, loin d’être en voie d’extinction, sont de plus en plus nombreux, surtout en ce moment. Ils ne se taisent jamais, donnent leur avis sur tout, mais sans avoir de connaissances ou de compétences sur les sujets évoqués.

     A l'occasion de la crise sanitaire actuelle, le philosophe des sciences Étienne Klein (écouter son interview sur France Inter) emploie ce terme pour qualifier les expressions assurées de certaines personnes à propos des choix thérapeutiques, au moment même où le consensus scientifique est qu'il n'y a pas de médicament dont l'efficacité soit prouvée. Il relie cela à l'importance des réseaux sociaux, qui permettent à chacun d'exister par ce qu'il affirme, indépendamment de sa compétence attestée.

     Méfions-nous donc des toutologues et autres ultracrépidariens !

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16 août 2020 7 16 /08 /août /2020 12:10
Un peu de philosophie

     Petit intermède philosophique dans les thèmes habituels de ce blog.


   Avec un style très direct,

le philosophe André Comte-Sponville

fait preuve à la fois d’humour et de profondeur de réflexion

dans cette courte vidéo

extraite d’une conférence qu'il a donnée à Genève.

 

    Cela fait du bien dans le climat confus et anxiogène

que nous connaissons actuellement !

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25 juin 2020 4 25 /06 /juin /2020 15:33
Quelle était la couleur de peau de nos ancêtres?

     Alors que le débat sur le racisme et l’anti- racisme, parti des Etats-Unis, est devenu, comme la lutte contre la pandémie de Corona virus, une préoccupation mondiale, j’ai reçu d’un ami [1] cette courte contribution.

 

     Il s’agit, comme il le dit lui-même, de "méditer sur cet aspect sinistre de la condition humaine qui nous conduit tous, peu ou prou, en tant qu’individus ou en tant que nations à nous croire supérieurs aux autres individus ou aux autres nations."

 

************

 

     Christian de Duve, biochimiste belge et prix Nobel, sans être croyant, était obsédé par le problème du mal. Il pensait que cette propension à l’égoïsme est codée dans notre ADN et qu’il fallait contrecarrer cette forme moderne du péché originel par une vigoureuse action au niveau de l’éducation. En effet, sans éducation, les gens ignorent que les exemplaires d’Homo sapiens, sortis d’Afrique, pour s’établir en Europe et dans le monde entier étaient NOIRS. Bien comprendre cela devrait nous conduire à penser que nous sommes tous des NOIRS et fiers de l’être, parce que nous appartenons tous à une même espèce, ce qui exclut, du point de vue scientifique, la notion de race.

 

     Dans le magnifique film franco-israélien "Va, vis et deviens", réalisé en 2005 par Alain Michel-Blanc et Radu Mihaileanu, un jeune immigré noir se faisant passer pour juif alors qu’il est chrétien (il finira par se convertir au judaïsme), est confronté lors d’une "disputation" théologique à un jeune israélien d’origine polonaise parfaitement raciste. Le sujet débattu est de savoir si Adam était blanc ou noir. Le polonais argumente que le premier homme était blanc. Mais le jeune africain gagne en rappelant qu’Adam n’était ni blanc ni noir mais roux, parce que tiré de la glaise rouge (Adam veut dire glaiseux à partir d’une racine qui se réfère au sang) ! Du point de vue scientifique, cela voudrait dire qu’Adam appartient à l’espèce Homme de Néandertal, que l’on a de bonnes raisons, fondées sur la génétique, de croire qu’il était roux. 

 

     Voilà donc ce qui devrait nous être évident à tous et à toutes : nous sommes des individus égaux en dignité, parce que nous appartenons tous et toutes à la même famille.

 

     Je vous embrasse, ma sœur blonde et mon frère brun, moi l’Ibère quelque peu Juif, quelque peu Arabe et totalement sapiens.

 

     Juan


[1] Ce texte de Juan m’a été transmis par Marc, qui vit actuellement aux Etats-Unis. Ils ont fréquenté, comme moi, le lycée Lyautey à Casablanca dans les années 50. Souvenirs, souvenirs !

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28 mai 2020 4 28 /05 /mai /2020 14:59
 « D’abord, ne pas nuire » (Hippocrate) « D’abord, ne pas nuire » (Hippocrate)

« D’abord, ne pas nuire » (Hippocrate)

Je vous recommande la lecture de ce texte, qui me semble utile pour démêler les controverses sans fin entre médecins et "spécialistes" qui alimentent l'anxiété générale.

**************

L’impérieuse nécessité révélée par le Covid-19

 

Par le docteur Bernard Pradines

 

    En ces temps de crise sanitaire, bien des citoyens sont légitimement désorientés. Accoutumés au confort des certitudes scientifiques et médicales, ils regardent avec perplexité des chercheurs répandre des hypothèses parfois contradictoires. Ceux qui les émettent sont souvent privés de leur prestance habituelle : nouvelle vague épidémique ou fin de nos tracas, traitement repositionné ou non, vaccin possible, disponible rapidement ou tardivement ? Pis, d’autres, réputés savants, se déchirent publiquement à propos de l’efficacité et de la dangerosité de telle ou telle thérapeutique.

 

Que s’est-il passé ?

 

    Au début de ma carrière, les cours à la faculté de médecine nous étaient enseignés par des professeurs qui étaient censés connaitre la vérité scientifique. Ils délivraient un message auquel il était bienséant de se référer. « Mon maître X dit que… » et « mon maître Y disait que… » appartenaient à nos arguments définitifs. Quelques congrès et revues nous permettaient de connaitre les réussites, presque jamais les revers de nos confrères. Nous nous informions mutuellement de nos succès et échecs pour en tirer parti au profit de nos patients.

 

    Puis vint progressivement l’«evidence-based medicine ». Traduisez : « la médecine fondée sur la preuve ». Ici, point de mandarin omniscient détenant la bonne démarche diagnostique ou la meilleure conduite à tenir devant une pathologie. Il s’agissait désormais de résultats d’études conduites avec une méthodologie progressivement plus exigeante, plus rigoureuse. Le sésame de la parole écoutée fut davantage dans cette nouvelle dimension : « d’après une étude multicentrique menée aux USA, on peut penser que… ».

 

    Ce phénomène fut accéléré par les scandales thérapeutiques tels que celui du Distilbène, du sang contaminé, de l’hormone de croissance ou encore de l’Isoméride, du Médiator ou de la Dépakine, celle-ci étant pourtant prescrite depuis longtemps. Certaines de nos médications furent déclarées inutiles ; je ne les ai jamais vues réapparaître. Nous apprîmes à différencier une étude observationnelle d’une étude interventionnelle. Nous prîmes conscience de la nécessité d’une rigueur indispensable à une interprétation statistique de qualité, apte à tirer des conclusions utiles en pratique quotidienne. Nous devinrent familiers de termes tels qu’étude rétrospective ou prospective, randomisation, double insu, cross-over. Nous constatâmes que les résultats  étaient  parfois contradictoires et tentèrent d’en appréhender la raison. Nous apprîmes à patienter dans l’expectative de déductions  applicables en pratique. Apparurent des spécialistes, dont les méthodologistes et les statisticiens, toujours plus exigeants. Ainsi nous guettions la méthodologie des études cliniques en quête de leur « robustesse » afin de vérifier si elles étaient « validées ». L’étude critique de la littérature médicale devint un sport favori pour les plus perspicaces.

 

    Des sociétés savantes se développèrent et émirent des recommandations selon les grandes familles de pathologies. Toujours « fondées sur la preuve ».

 

    Le phénomène fut accru par la naissance et le déploiement d’agences chargées d’émettre toutes sortes de « recommandations de bonne pratique ». Exemples français actuels : la Haute Autorité en Santé (HAS) et l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM).

 

    La lecture de l’anglais écrit par les médecins, bien loin d’être unanime, s’est suffisamment répandue pour autoriser un accès à des banques internationales de données telles que PubMed. Phénomène bien sûr rendu possible par le développement d’Internet permettant à tout un chacun un accès autrefois réservé aux bibliothèques universitaires. La multiplication des revues et congrès scientifiques nous amena plus souvent à publier nos observations, résultats, éditoriaux ou revues de la littérature. Et à apprécier la problématique des travaux de recherche. Cet exercice nous rapprocha de la difficulté d’une démarche de qualité préalable à toute conclusion bénéfique pour nos patients.

 

Le retour des vieux réflexes

 

    Survient le Covid-19. D’un seul coup d’un seul se réveillent des vieux réflexes sous la pression de citoyens déjà malades ou non, qui attendent et parfois exigent un médicament susceptible de prévenir cette pathologie, de les sauver ou pour le moins d’atténuer leurs souffrances. Face à l’anxiété collective qui monte, les médecins sont brutalement renvoyés au bon vieux temps de l’absence « d’étude clinique bien conduite », une recherche nécessitant presque toujours plusieurs années. Retour aux médicaments au doigt mouillé. La liberté de prescription redevient une exigence pour calmer l’angoisse sociétale. Pis, des patients guéris, parfois célèbres, viennent témoigner de l’efficacité du traitement qui leur a été prescrit. Et de demander que d’autres en bénéficient dans un grand élan d’altruisme toujours désintéressé. C’est donc à une formidable régression à laquelle on assiste. Elle vient marier la valeur, mais aussi le mythe du médicament d’une part avec la société médiatique à flux continu, parfois réduite à quelques mots répétés en boucle d’autre part. Une involution inopinée. Un retour en arrière historique et culturel.

 

L’impérieuse nécessité d’une éducation et d’une information à la santé

 

    La médecine a besoin de temps pour fournir les bases solides d’un traitement, quel qu’il soit. Elle n’est pas exempte de discussions contradictoires et de compétitions d’écoles ou même individuelles. Certes. Mais elle ne doit pas se tromper dans la « balance bénéfice-risque ». « Primum non nocere[1] » fait-on dire à l’un de nos illustres prédécesseurs. Que l’on s’interroge sur la frugalité habituelle des dépenses de recherche est légitime. Que l’on souhaite des publications rapides de résultats s’ils deviennent significatifs est bien normal. Mais réclamer un franchissement des nécessaires étapes de la science aboutirait à se plaindre encore davantage de trop de hâte ayant mis en danger la santé d’autrui et de soi-même.

 

    Non, il n’y a pas 67 millions d’épidémiologistes et d’infectiologues en France. Oui, il y a l’impérieuse nécessité d’une éducation et d’une information à la santé qui intègre la connaissance des démarches indispensables à des déductions adéquates. Au présent et à l’avenir. Pour nous et pour nos descendants.


[1] « D’abord, ne pas nuire » (Hippocrate)

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9 avril 2020 4 09 /04 /avril /2020 21:58
Survivre et prendre du plaisir

Réflexions à haute voix

 

Depuis l'époque de mes études j'ai toujours été passionné par l'histoire de l’univers, de la vie et de l’Homme.

A l’école Polytechnique, j’ai suivi avec passion les cours de ce qu'on appelait « l'astrophysique ».

Plus tard, j'ai eu la chance d'être ministre de l'espace pendant 4 ans.

Récemment, comme maire d'une commune qui est membre du Grand site Occitanie « Cordes-sur-ciel et les cités médiévales », j'ai eu l'occasion de mieux connaître le site de la grotte de Bruniquel, qui a bouleversé notre vision de l’homme de Néandertal, en prouvant que des humains occupaient déjà les grottes européennes il y a 176 500 ans, bien avant l’arrivée d’Homo sapiens !

Il y a une dizaine d'années, au cours de mes lectures (ma bibliothèque[1] est très fournie sur ces sujets), j'ai jeté quelques phrases sur un papier que je viens de retrouver. J’y disais que « les motivations essentielles de l'être humain depuis que l’Homo sapiens s’est imposé (il y a 40 000 ans) et probablement bien avant, semblent se résumer à deux objectifs : survivre et prendre du plaisir »

Au début, il s’agissait de réflexes : pour survivre, il fallait chasser, tuer, cueillir, se protéger ; le plaisir, c’était celui du corps et, avec le développement de la conscience et des relation sociales, est apparu le plaisir intellectuel.

Le confinement imposé aujourd’hui à plusieurs milliards de personnes à travers le monde porte atteinte à ces motivations essentielles.

Les privations de plaisir (dont celle de la liberté de circuler) qu’il entraîne, sont évidentes. Elles sont acceptées… mais pour combien de temps encore ?

En revanche, les peurs et les inquiétudes se multiplient, entretenues par une médiatisation intense, parfois confuse et contradictoire et finalement anxiogène. On a peur pour sa survie, pour celle de sa famille et de ses amis. On s’inquiète pour l’avenir de son mode de vie, on se demande quels vont être les bouleversements des systèmes économiques et sociaux, les risques d’affrontements internationaux et surtout, on ne sait pas quand cette période peut se terminer.

Il est vrai que l’incertitude sur cette question est majeure. Dans l’attente de la mise au point d’un vaccin, ainsi que de la validation et du déploiement des tests, tout ralentissement de la pandémie n’est que provisoire. Le virus, qui a profité de la mondialisation débridée, n’est pas près d’arrêter son parcours.

La publication quotidienne d’un flot de chiffres sur l’évolution et les prévisions du nombre de contaminés et de décès contribue à accentuer les angoisses et à faire douter de la survie. A cet égard, la comparaison avec les pandémies passées néglige de souligner que les sociétés étaient très différentes et fonctionnaient sans les modes de communication instantanée du monde de 2020.

Qui se souvient de la grippe de Hong Kong de 1968-69, qui a causé un million de morts, dont plus de 30 000 en France ? Pas moi….

Par contre, je me souviens d’avoir attrapé la grippe asiatique en 1957, mais je ne savais pas qu’elle avait causé 2 millions de morts, dont plus de 15 000 en France.

Quant à la grippe espagnole de 1918, qui a terrassé une de mes tantes, je n’ai pas entendu dire que les 30 à 50 millions de morts (drôle de précision !) qui en ont résulté aient été un sujet majeur de débat dans les reconstructions qui ont suivi la fin de la guerre de 14-18.

****

Dans la période qui vient, il va falloir résister aux inquiétudes et aux peurs que nous impose la privation des deux motivations essentielles de l’être humain que j’ai énoncées. Cela exigera de dépasser les polémiques de toutes sortes -politiques, médicales, techniques, médiatiques- dont nous sommes abreuvés et d’intégrer dans nos réflexions sur « le monde demain » des éléments de nature historique, voire philosophique. C’est ce que j’ai modestement essayé de faire dans ce texte.

 

Paul Quilès

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11 janvier 2020 6 11 /01 /janvier /2020 18:53
   

 

L’année 2019 a été pour notre club un moment d’intense réflexion sur la démocratie sous toutes ses formes, ses forces et ses faiblesses, avec en toile de fond les mouvements sociaux qui agitent notre société, mais aussi les multiples sociétés à travers le monde : Hong Kong, Algérie, Liban, Roumanie, Amérique latine, sans oublier le Brexit et ses soubresauts…


Nous en avons tiré la conclusion que la démocratie, menacée par des pratiques contestables et - c’est plus grave - par l’affirmation qu’elle n’est pas nécessairement le modèle de référence, méritait plus que jamais qu’on la défende. C’était le thème de notre dernier passionnant colloque - Démocratie toujours ? - dont un résumé analytique complet est à présent disponible sur notre site.


Nul doute que l’année 2020, qui sera marquée en France par un temps fort de démocratie locale, apportera son flot d’événements. A l’échelon international, le déroulement de cette année électorale aux Etats Unis ne manquera pas de nourrir notre réflexion collective.


Dans ce contexte, je forme, pour chacune et chacun d’entre vous, en mon nom personnel et en celui de l’équipe qui anime notre club, de sincères vœux de bonheur et de contribution active à l’entretien de nos valeurs communes.

 

 

 

Paul Quilès, président de Démocraties

 

 

Le club DEMOCRATIES a vocation à accueillir celles et ceux qui partagent les idéaux de la démocratie, et à promouvoir les valeurs de l’Etat républicain. A travers ses débats il entend analyser les mouvements sociaux, culturels et politiques et ouvrir ainsi les grands dossiers de la France et du monde contemporain.

 

 

DEMOCRATIES
23 rue d'Alleray 75015 Paris
association.democraties@gmail.com

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Faites connaissance avec

Cordes sur Ciel,

la cité médiévale dont Paul Quilès a été le maire pendant 25 ans.

    cordes-nuages-8-bp--R-solution-de-l--cran-.jpg

        site de l'Office du tourisme 

Faites connaissance avec IDN

 (Initiatives pour le désarmement nucléaire),

dont Paul Quilès est président.

IDN travaille chaque jour à la réduction des arsenaux nucléaires et du risque, intentionnel ou non, d’utilisation de l’arme nucléaire.

IDN oeuvre à construire un monde sans armes nucléaires, pour une paix et une sécurité internationale durables.

Bibliographie

- 2018: L'illusion nucléaire- La face cachée de la bombe atomique (avec Jean-Marie Collin et Michel Drain)

- 2017: Quelques citations sur les armes nucléaires

- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  

- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu) 

- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff ) 

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï) 

- 1992: Nous vivons une époque intéressante 

- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez