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27 décembre 2013 5 27 /12 /décembre /2013 09:44

      La mission des forces françaises en Centrafrique, sous mandat de l’ONU (vote du 5 décembre), avec une force multinationale africaine en première ligne, était de sécuriser, de désarmer les parties, de permettre la transition politique.

 

      Trois semaines après le début de l'opération «Sangaris»,  il faut bien constater que la tâche risque de sembler rapidement hors de portée, les troupes françaises se trouvant au cœur d'une situation confuse, voire inextricable, qui peut à chaque instant dégénérer. Bangui est une ville où la violence ne cesse de croître, avec partout des armes, de la haine, sans la moindre gouvernance. Les troupes françaises risquent d’être, comme on l’a vu en d’autres lieux et en de pareilles circonstances, considérées comme partisanes.

 

      L'archevêque de Bangui et le président de la communauté islamique centrafricaine viennent de mettre en garde contre une "dynamique irrépressible et dangereuse" si "rien n'est fait" et ils ont raison d’en appeler au Conseil de sécurité pour qu’il décide l’envoi rapide de forces plus conséquentes pour assurer le maintien de l’ordre et la protection des civils.

 

       C’est ce que j’ai suggéré sur France Inter au cours du

journal de 13 h du 26 décembre

 

Ecouter la partie concernant la Centrafrique

(de 6’ à 14’30)

Centrafrique: une situation dangereuse
Centrafrique: une situation dangereuse
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20 décembre 2013 5 20 /12 /décembre /2013 00:01

        Visionner le débat auquel a participé Paul Quilès dans

 

              l'émission "ça vous regarde" de la chaîne LCP

 

****

 

Tribune de Paul Quilès dans Libération du 20 décembre

 

        Une quasi-unanimité s’est instaurée pour se féliciter de l’organisation d’un sommet européen sur la défense.

 

         Pour une large part, les décisions qui y ont été prises étaient déjà connues : il s’agit d’arrangements techniques utiles mais de portée politique limitée. Des mesures de décloisonnement des marchés militaires pourraient favoriser le développement de la base industrielle et technologique de la défense européenne. Les efforts de mutualisation et de partage des capacités vont se poursuivre, devenir un peu plus systématiques. Il pourrait être décidé de lancer des programmes communs de recherche duale dans des secteurs prioritaires comme les drones.

 

          Une question politique essentielle a aussi été posée, en particulier à l’initiative de la France, celle de l’emploi des groupements tactiques, détachements multinationaux européens, encore jamais déployés sur un théâtre. Mais les Britanniques, sur lesquels nous comptions depuis le sommet de Lancaster House, ne semblent plus aussi disposés à concrétiser leur engagement de mettre sur pied une force expéditionnaire conjointe franco-britannique. Les contraintes budgétaires se font en effet aussi sentir au Royaume Uni : depuis l’arrivée au pouvoir de la coalition des conservateurs et des libéraux, le budget de la défense britannique a été réduit de près de 10 %.

 

         Les récentes interventions au Mali et en Centre Afrique, où la France s’est trouvée très esseulée, ont apporté la preuve éclatante que les pays européens ne se sentent pas concernés. Il ne suffit pas cependant de les traiter d’égoïstes, parce qu’ils refusent de contribuer au financement des opérations, ou d’irresponsables, parce qu’ils négligent les conséquences sur la sécurité de l’Europe d’une déstabilisation de zones entières à proximité de nos frontières. Il est pourtant évident que, tant qu’on n’aura pas défini les intérêts communs des pays européens, il ne faut pas espérer de leur part qu’ils s’engagent dans de telles opérations et qu’ils les financent. On risque alors d’être condamné à un bricolage sans efficacité et sans lendemain.

  

         L’indispensable Livre blanc européen

 

         Pour associer nos partenaires, il nous faut donc d’abord les convaincre. Ce ne sont pas des soutiens ponctuels que nous devons viser mais une entente politique en amont sur la base d’une analyse partagée des risques et des menaces. Les travaux sur une stratégie européenne de sécurité doivent donc reprendre, si besoin dans une enceinte restreinte, entre les pays qui en ressentent la nécessité, dans le cadre de ce que l’on appelle la coopération structurée permanente.

 

         Ainsi pourra être établi ce Livre blanc européen, que je réclame depuis des années. Ce document devrait présenter notre vision commune des risques et des menaces et identifier les moyens à mettre en commun pour y répondre le plus efficacement et au moindre coût.

 

         Sans la mise en œuvre d’une telle démarche, nous ne pourrons pas véritablement convaincre nos partenaires de la nécessité d’actions communes pour aider l’Afrique à mieux assumer la composante sécuritaire de son développement. Sans une Afrique stable et en croissance, comment répondre aux défis de la sécurité maritime ou de l’immigration clandestine, qui concernent toute l’Europe, même non riveraine de la Méditerranée ?

 

         La réflexion commune des Européens sur leur sécurité devra aussi concerner leur propre continent. L’actuelle politique russe de rétablissement d’une zone d’influence exclusive sur le territoire de l’ancienne URSS est préoccupante. Parallèlement à sa diplomatie, à présent offensive, la Russie accroît son budget de la défense et maintient un arsenal de milliers d’armes nucléaires tactiques. Elle vient même de déployer des missiles tactiques de courte portée dans l’enclave de Kaliningrad, aux frontières de la Pologne et de la Lituanie.

 

         Face à cette évolution, certains sont tentés par une nouvelle politique de confrontation. Ce n’est pas, à mon sens, le moyen le plus efficace de favoriser les inéluctables réformes démocratiques que les populations ukrainiennes, russes ou biélorusses attendent.

 

        Aujourd’hui, comme à la fin de la guerre froide, des initiatives politiques sont indispensables pour garantir la sécurité du continent européen et encourager les changements démocratiques à l’Est.

 

       C’est dans cet esprit que 70 personnalités du monde politique et militaire viennent de lancer un appel -que j’ai signé-, pour une réduction concertée, sur tout le continent européen (y compris la Russie) des capacités offensives et défensives, nucléaires et conventionnelles. Cet appel demande notamment qu’en matière nucléaire, des mesures communes soient prises pour diminuer les seuils d’alerte et que des dispositifs nouveaux de transparence, de coopération et de confiance permettent d’éliminer toute crainte d’attaque surprise.

 

         L’ambition de l’Union européenne doit être de créer les conditions d’une sécurité partagée sur l’ensemble du continent et ses pourtours, notamment du Sud. C’est à cette aune que les peuples jugeront en définitive les progrès de l’Europe de la défense.

 

Paul Quilès

Ancien ministre de la défense

Membre fondateur de l’association ALB (« Arrêtez la bombe »)

Comment faire de l’Europe de la défense une réalité ?
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10 novembre 2013 7 10 /11 /novembre /2013 19:49

       Ce que je lis sur l'échec (provisoire?) des négociations sur le nucléaire iranien à Genève me trouble.

 

       Que le dossier soit complexe, qu'il ne faille pas être naïf, qu'il y ait traditionnellement des "gesticulations" dans ce type de rencontre....soit.

 

      Mais cela ne justifie pas que la diplomatie française joue un rôle qui pourrait s'apparenter à celui de relais des camps conservateurs, désireux de faire échouer l'accord.

                    

 

      La France n'a aucune raison de se laisser influencer, notamment par les cris d'orfraie de Monsieur Nétanyahou, dont le pays, il faut quand même le rappeler, détient des armes nucléaires et n'est pas signataire du Traité de non prolifération (TNP).

 

     Notre pays doit avoir un rôle moteur dans la recherche des voies de la paix internationale. Je souhaite que les négociateurs français de genève s'en souviennent d'ici la prochaine rencontre.

 

*******************

 

Lire sur ce sujet:

-  Le rôle de la France dans l’échec des négociations sur le nucléaire à Genève

-  La France provoque l’échec des négociations

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9 novembre 2013 6 09 /11 /novembre /2013 09:38

                                        

       Syrie, Liban, Palestine, Iran, Egypte…..Le Moyen-Orient est une poudrière. L’accumulation des tensions en fait depuis des années une zone à haut risque pour la paix mondiale. J’ai eu l’occasion de dire à de nombreuses reprises combien il était souhaitable d’abandonner les slogans simplificateurs et les postures guerrières pour imaginer les solutions à apporter à ces conflits complexes.

 

       Le 1er mars 2012, je décrivais "un autre scénario pour l’Iran", en rappelant que « l’épreuve de force entre l’Iran et les pays occidentaux dure depuis plus de onze ans. Pendant tout ce temps, on a assisté à la répétition incessante du même scénario : des demandes catégoriques des grandes puissances et du Conseil de sécurité de l’ONU suivies d’apparentes concessions iraniennes, bientôt reprises. Puis de nouvelles demandes et de nouveaux faux-fuyants ».

 

       Le 19 juin 2013, je publiais une tribune ("Va-t-on sortir de l’impasse ?")  avec mon ami Shlomo Ben Ami, ancien ministre israëlien, où nous affirmions que « La solution du problème iranien ne peut pas être trouvée dans la répétition indéfinie d’une démarche manifestement sans issue. Elle ne passe pas non plus par une nouvelle confrontation armée aux conséquences incalculables. La nouvelle configuration du pouvoir à Téhéran offre à la communauté internationale une chance à saisir sans délai. »

 

       La négociation en cours à Genève avec les responsables iraniens représente une occasion exceptionnelle de calmer les tensions au Moyen Orient. Les obstacles à un accord renvoient certes à des questions techniques, mais ils sont surtout de nature politique et proviennent de l’attitude « jusqu’au boutiste » des faucons tant américains (le camp républicain du Congrès, sous influence du lobby pro israëlien), qu’iraniens (les gardiens de la révolution) et israëliens (autour du premier ministre Netanyahu).

 

       Même si ces difficultés ne doivent pas être sous estimées, il faut que les négociateurs iraniens et américains sachent les surmonter en faisant preuve de volonté et de lucidité, pour obtenir cet accord historique, qui constituera indiscutablement une chance pour la paix dans le monde.

Négociation de Genève: une chance historique pour la paix !
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25 octobre 2013 5 25 /10 /octobre /2013 17:02

                                         

 

           L'émotion qu'a soulevée en Europe la "découverte" de

 

l'espionnage de nos communications par la NSA m'amène à

 

publier à nouveau ma réaction du 1er juillet dernier sur ce blog .

 

           Je n'ai rien à y ajouter. Jugez-en plutôt!

                                                                              

*************************

 

                            Ecoutes américaines: pas nouveau

                                       (1er juillet 2013)

 

       La découverte que le système des écoutes américaines concerne aussi les alliés des Etats-Unis a de quoi nous scandaliser. Mais s'agit-il d'une nouveauté?

 

      Il y a 13 ans, en 2000, alors que je présidais la Commission de la défense de l'Assemblée Nationale, j'avais demandé que soit réalisé un rapport d'information sur le "système Echelon".

 

     La lecture de ce rapport, rédigé par Arthur Paecht, surprendra ceux qui pensent que l'on ignorait les méthodes américaines de renseignement. Il est dommage que certaines préconisations de ce rapport n'aient pas été prises au sérieux à l'époque!

 

     Bonne lecture.

                                                    Paul Quilès

 

Plan du rapport

 

I. - LE SYSTÈME ECHELON : UNE RÉALITÉ DONT LES CONSÉQUENCES SONT DIFFICILES À APPRÉCIER 9

A. Une organisation vraisemblablement détournée de sa FINALITÉ MILITAIRE INITIALE 9

1. Le développement du réseau dans un contexte de guerre froide 9

a) Un pacte initial marqué par le contexte historique 9

b) Un développement spectaculaire qui a suivi celui des technologies 12

c) Un partenariat à plusieurs niveaux 14

2. Un réseau détourné de sa vocation initiale 15

a) La possibilité d'utilisation des écoutes à des fins économiques 15

b) Les réactions des industriels concernés par les écoutes 19

 

B. L'INCERTITUDE SUR LES CAPACITÉS RÉELLES DU SYSTÈME 20

1. La thèse maximaliste 20

a) La vulnérabilité des technologies de l'information 21

b) Le débat sur les capacités techniques du système 23

2. La thèse du scepticisme 24

 

C. LES RAISONS DE LA MÉDIATISATION ACTUELLE 26

1. Les raisons avancées le plus souvent 26

a) La critique de la déviation du système 26

b) La rupture du lien entre les membres du Pacte 27

c) L'influence des groupes de pression américains au nom de la défense des libertés individuelles et de la protection des règles du commerce 27

d) L'intervention du Parlement européen 29

2. Les hypothèses extrêmes 29

a) Les rivalités américaines 29

b) Une possible mystification 30

 

D. LES RÉPONSES DES PAYS EUROPÉENS FACE AUX SYSTÈMES D'INTERCEPTION DES COMMUNICATIONS 31

1. Les réactions officielles à l'existence d'Echelon 31

a) La position du Gouvernement fédéral allemand 31

b) La position des autorités belges 32

c) La position des autorités britanniques 34

d) La position du Gouvernement français 34

2. Les réticences des services de renseignement 36

a) La tradition de coopération bilatérale entre services de renseignement 36

b) Les systèmes nationaux ou multinationaux 38

 

CONCLUSION DE LA PREMIÈRE PARTIE : VERS UNE STRATÉGIE GLOBALE DE CONTRÔLE DE L'INFORMATION ? 39

 

II. - LES MOYENS DE PROTECTION DES SYSTÈMES DE COMMUNICATIONS 41

A. La cryptologie 43

1. L'historique de la cryptographie : une dynamique sans cesse en évolution 43

a) L'utilisation de chiffres alphabétiques 43

b) De la mécanisation à l'utilisation des ordinateurs 44

c) La cryptographie à clés publiques 45

2. Le dilemme de la cryptographie : entre libertés publiques et sécurité nationale 46

a) Les logiciels de chiffrement 47

b) Les systèmes de séquestres et d'authentification 48

 

B. LA SITUATION JURIDIQUE DES INTERCEPTIONS ET DE LA CRYPTOLOGIE 49

1. La réglementation internationale concernant les interceptions des communications 49

a) Un régime international somme toute permissif 49

b) L'absence de réglementation européenne 50

c) Le cas particulier des interceptions légales 52

2. Le renvoi aux dispositifs nationaux 52

a) Le cas des pays européens 52

b) Aux Etats-Unis : une protection réservée aux citoyens américains 53

 

C. LES SYSTÈMES DE SÉCURITÉ DES COMMUNICATIONS EN FRANCE 54

1. L'évolution récente des dispositifs 55

a) La libéralisation de la cryptologie : un nouveau cadre juridique 55

b) Le développement des moyens de confidentialité et d'intégrité 57

c) Les programmes de protection 57

2. Le SGDN et la sécurité des systèmes d'information 59

a) Les missions confiées au SGDN 59

b) Les missions et les moyens de la DCSSI 60

 

III. - LA RÉACTION EUROPÉENNE AU SYSTÈME ECHELON 63

A. L'intérêt exprimé pour la question au sein des instances EUROPÉENNES 63

1. Les travaux du Parlement européen 63

a) Le rapport sur l'état actuel de la surveillance électronique 64

b) Le document sur les techniques permettant de lutter contre les formes d'interception 64

c) L'étude sur la légalité des interceptions 66

d) L'analyse des risques possibles des interceptions et la vulnérabilité du commerce électronique 66

e) La constitution d'une commission parlementaire 67

2. Le silence embarrassé de la Commission 69

 

B. UNE POSITION AMBIGUË 69

1. La mise en oeuvre d'un système de surveillance européen 69

a) Les projets liés à la définition d'intérêts communs 69

b) Les limites à l'élaboration d'un système commun 70

2. Les perspectives ouvertes par la politique européenne de sécurité et de défense 72

 

CONCLUSION GÉNÉRALE 75

1. A partir de quelques certitudes sur Echelon... 75

2. ...Quelles peuvent être des propositions concrètes pour diminuer les risques ? 76

 

EXAMEN EN COMMISSION 79

 

ANNEXE N° 1 87

ANNEXE N° 2 89

 

Présentation du rapport

 

MESDAMES, MESSIEURS,

 

      A la suite de la parution de plusieurs rapports du Parlement européen sur le réseau Echelon et d'interrogations de l'opinion publique reflétées par la presse à l'automne 1999, la Commission de la Défense nationale a décidé, le 29 février dernier, de confier à un de ses membres un rapport d'information sur les « systèmes de surveillance et d'interception électroniques pouvant mettre en cause la sécurité nationale ». La Commission a également décidé d'associer aux activités du rapporteur d'information un groupe de travail dans lequel chaque groupe politique serait représenté1.

 

       Votre Rapporteur a été amené à s'interroger principalement sur plusieurs thèmes de réflexion :

- il a tout d'abord voulu comprendre la nature exacte du réseau Echelon, analyser ses capacités réelles et estimer ses véritables dangers (notamment à l'égard des enjeux de sécurité et d'une utilisation à des fins économiques). A ce titre, il a essayé de comprendre les moyens techniques dont les services de renseignement peuvent disposer pour recueillir l'information, la traiter et la diffuser ;

- il s'est ensuite interrogé sur les raisons de la « médiatisation » actuelle du réseau dit Echelon c'est à dire de l'intérêt subit pour les réseaux d'écoutes. Pour l'expliquer, il a donc cherché à savoir s'il n'y avait pas des raisons complexes s'apparentant par exemple à des manipulations ;

- il a également souhaité comprendre l'attitude des gouvernements occidentaux non membres du pacte fondateur d'Echelon, d'une part à l'égard des réseaux d'interception, d'autre part sur l'éventualité d'une coopération européenne des services d'écoute des communications ;

- enfin, il a cherché quels moyens permettraient de réduire la vulnérabilité des administrations, des services publics, des sociétés et des particuliers aux interceptions de leurs communications. Il s'est ainsi demandé quelle forme pourrait prendre une collaboration permettant aux Etats de l'Union européenne d'adopter une position commune face aux intrusions manifestes qui peuvent léser leurs intérêts.

 

       L'objet de la mission d'information a été considéré comme difficile par tous les interlocuteurs rencontrés par votre Rapporteur, certains se félicitant cependant de l'intervention du Parlement et considérant que tout débat sur un tel sujet était sain. Les difficultés les plus importantes ont concerné les rencontres que votre Rapporteur a souhaité avoir avec les responsables des services de renseignement. En France, le ministère de l'Intérieur a permis à votre Rapporteur de rencontrer deux responsables de la Direction de la sécurité du territoire dont le directeur lui-même et le ministère de la Défense a accepté une audition du directeur général de la sécurité extérieure. De plus, la Délégation générale à l'armement a présenté à votre Rapporteur certains de ses chercheurs dans le domaine des écoutes.

 

      A l'étranger, votre Rapporteur s'est heurté à une fin de non-recevoir de la part des autorités américaines et britanniques.

 

      Il est tout d'abord intéressant de souligner que le refus des Britanniques s'est fondé sur le fait que votre Rapporteur n'était « même pas membre d'une délégation parlementaire chargée du contrôle des services de renseignement ». Cette attitude ne peut que conforter la Commission de la Défense dans l'idée que l'inscription de la proposition de loi visant à la création d'une telle structure à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale est plus que jamais nécessaire.

 

       Aux Etats-Unis, les réticences de l'administration, malgré les relances répétées de notre Ambassade à Washington, sont difficilement compréhensibles. Il a été expliqué qu'il ne s'agissait pas d'une commission d'enquête mais d'une mission d'information venant recueillir l'avis des responsables américains. Le refus de recevoir votre Rapporteur, pris semble-t-il au plus haut niveau après de nombreuses délibérations, a comme conséquence de relancer toutes les suspicions sur le rôle d'Echelon et des Etats-Unis en particulier. Il est d'autant plus surprenant que des responsables ou d'anciens responsables d'agences fédérales se sont exprimés publiquement sur le sujet. L'ensemble des interlocuteurs rencontrés à Washington a d'ailleurs exprimé son incompréhension vis-à-vis de ce refus.

 

       L'objectif du rapport d'information n'a donc pu être, dans un premier stade, que d'apporter des précisions sur les capacités d'un système d'écoutes international nommé Echelon, d'en évaluer les risques à l'égard de la sécurité nationale et de formuler quelques propositions qui visent avant tout à protéger les acteurs français de l'interception de leurs communications. (....)       

Lire le rapport

Ecoutes NSA (bis)
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28 septembre 2013 6 28 /09 /septembre /2013 20:15

      Enfin, des bonnes nouvelles ! L’entretien téléphonique entre Barack Obama et le président iranien Rohani (le premier contact officiel à ce niveau depuis 34 ans) et le vote par le Conseil de sécurité unanime de la résolution 2118 (qui encadre la destruction de l'arsenal chimique syrien) semblent indiquer qu’une voie pour un règlement politique commence à se dégager au Moyen Orient.

 

     Certes, tout n’est pas réglé. En Syrie, la guerre sanglante continue et la liste des horreurs s’allonge : bombardements, massacres, affrontements entre opposants au régime, nombre élevé de déplacés et de réfugiés… En Iran, la « modération » d’Hassan Rohani ne fait pas disparaître les difficultés de la négociation à venir sur le nucléaire.

 

      Malgré cela, je me félicite que cette voie ait été choisie par les diplomaties américaine, russe et iranienne, parce qu’elle peut éviter au Moyen Orient et à la paix du monde des enchaînements guerriers aux conséquences extrêmement graves. C’est la voie que je propose sans relâche depuis des années *, ce qui me permet aujourd’hui de tirer 4 enseignements de la séquence que nous venons de vivre.

 

      1er enseignement : Dans une période de crise internationale aigüe, un pays comme la France, qui n’a pas la puissance des Etats-Unis, peut néanmoins jouer un rôle de « facilitateur », de « défricheur », à condition de proposer des solutions répondant aux problèmes de fond, de ne pas se limiter à des réactions faisant une trop grande part à l’émotion et d’éviter de se contredire dans les déclarations, les postures et les menaces.

 

     2ème enseignement: Le débat autour de la fameuse « ligne rouge » à ne pas dépasser concernant l’utilisation des armes chimiques a été escamoté. On a d’abord eu le sentiment que certains pays entendaient se substituer aux organisations internationales compétentes pour apprécier et juger ces crimes de masse (ONU, Cour Pénale Internationale). Certaines réactions ont ensuite laissé penser qu’il y aurait des victimes « acceptables » et d’autres qui ne le seraient pas ! Ces hésitations ont eu au moins le mérite de montrer l’importance des traités internationaux destinés à empêcher l’utilisation des armes de destruction massive (biologiques, chimiques, nucléaires) et de celles qui visent surtout les civils (armes à sous-munitions, mines anti-personnel). Je constate que certains de ces traités concernant ce qu’on appelle, de façon un peu hypocrite, les « armes inhumaines »** n’ont pas été signés par de grands pays, qui ne se privent pourtant pas de donner des leçons de vertu.

 

      3ème enseignement : Ce qui vaut pour l’armement chimique devrait également s’appliquer aux armes nucléaires, qu’il faut reconnaître comme des armes et pas comme des instruments de pouvoir. Je rappelle d’ailleurs que dans le langage militaire, on désigne ces armes de destruction massive sous le même sigle : armes « ABC » (Atomiques, Biologiques, Chimiques). Il devient urgent d’aller rapidement et de façon transparente vers le désarmement nucléaire, comme le demandent beaucoup de pays et un nombre élevé de personnalités ayant exercé de hautes fonctions dans le domaine de la défense ou des affaires étrangères.

     Ceux qui s’opposent, au nom d’un prétendu « réalisme », à ce qu’ils considèrent comme des rêveries sont les mêmes qui affirmaient il n’y a pas longtemps que le dilemme était « la bombe iranienne ou le bombardement israëlien » ou qui proposaient de se débarrasser de l’armement chimique syrien par des actions militaires. Cette attitude a un nom : le fatalisme. Ce n’est pas ainsi qu’on répond le mieux aux désordres du monde.

 

      4ème enseignement : La suggestion faite par François Hollande à la tribune de l’ONU de supprimer le droit de veto des cinq membres permanents du Conseil de sécurité dans certains cas est bienvenue. Elle rejoint une proposition*** du rapport d’un « Groupe de personnalités de haut niveau » remis au secrétaire général de l’ONU le 2 décembre 2004, qui recommandait que le droit de veto ne soit pas utilisé « en cas de génocide ou de violation massive des droits de l’Homme ». J’ignore l’écho que cette suggestion rencontrera chez les quatre autres partenaires de la France au Conseil de sécurité. Je crains malheureusement qu’ils ne remettent pas en cause le privilège dont dispose le « club des cinq » depuis 1945, privilège aujourd’hui abusif alors que notre monde ne ressemble plus, par bien des aspects, à celui de la fin de la 2ème guerre mondiale.

_________________________________________________________________________________________

* Voir notamment :

http://paul.quiles.over-blog.com/article-iran-un-autre-scenario-100128824.html

http://paul.quiles.over-blog.com/syrie-une-issue-politique

http://paul.quiles.over-blog.com/la-russie-les-etats-unis.et-la-france

http://paul.quiles.over-blog.com/iran-va-t-on-sortir-de-l%E2%80%99impasse

….. mais je sais bien que « ceux qui ont raison 24 heures avant les autres passent pendant 24 heures pour n’avoir pas le sens commun » (Chamfort)

 

** Traités d’interdiction des « armes inhumaines » :

- la Convention d’Ottawa interdisant les mines antipersonnel, signée par 160 pays, entrée en vigueur en 1999. Une soixantaine de pays – notamment producteurs !- ne sont pas signataires (dont USA, Russie, Chine, Inde, Iran…) 10% des stocks ont été détruits.

- la Convention d’Oslo interdisant les armes à sous-munitions, signée par 112 Etats (sauf USA, Russie, Chine, Israël, Inde, Pakistan), entrée en vigueur en 2010.

- le traité interdisant la fabrication et le stockage des armes chimiques.

. Le protocole de Genève (1925) interdisait l’utilisation des armes biologiques et chimiques et des gaz asphyxiants. Les USA ne l’ont ratifié qu’en 1975 !

. La mise au point, le stockage et l’utilisation des armes biologiques ont été interdits par la Convention de 1972, signée par plus de 50 Etats, ratifiée par la France en 1984, par l’URSS et les USA.

. La Convention sur l’interdiction de la mise au point, de la fabrication, du stockage et de l’emploi des armes chimiques et sur leur destruction a été signée à Paris le 14 janvier 1993. Le traité est entré en vigueur le 29 avril 1997. Il a été ratifié par 189 Etats, sauf 7 (Syrie, Egypte, Angola, Corée du Nord, Soudan du Sud, Israël, Birmanie). L’OIAC, organisme de vérification dont le siège est à La Haye, a pour mission de vérifier la bonne application de l’accord. Tous les stocks déclarés n’ont pas encore été détruits, mais les Etats ont pris des engagements concernant le calendrier de destruction.

 

*** Proposition que j’ai reprise en 2005 dans mon livre « Face aux désordres du monde », page 120.

Syrie, Iran : 4 enseignements
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23 septembre 2013 1 23 /09 /septembre /2013 11:43

Grand entretien de Paul Quilès dans l'Humanité

 

du 20 septembre.

 

    Après la publication de l'ouvrage "Arrêtez la bombe!", l'ancien ministre, ancien président de la commission de la défense et vice -président de la commission des affaires étrangères a décidé, avec ses amis, de créer une association pour ouvrir le débat public sur la dissuasion nucléaire, en faveur du désarmement. se référant à la figure emblématique de Jaurès, il évoque l'avenir de la gauche.

 

Voici les 10 questions posées.

 

Vous trouverez les 10 réponses directes et parfois détaillées

 

à ces questions

 

sur le site de l'Humanité

 

  1. Comment un ancien ministre de la Défense en arrive-t-il à remettre en cause une « philosophie » considérée comme une évidence depuis des décennies par cette institution ?
  2. Mais, vous dites que la pertinence de la dissuasion nucléaire est maintenant largement mise en cause. Qu’est-ce qui a changé ?
  3. Ces temps-ci les discours qui font de la France une des principales puissances dans le monde sont légion… Qu’en pensez-vous ?
  4. Dans l’ouvrage « Arrêtez la bombe ! », vous considérez, avec un des anciens plus haut-gradés de l’armée française et un expert, que l’arme nucléaire met en péril la survie de l’humanité. Sur quelles bases, affirmez-vous cela ?
  5. Comment expliquez-vous que la culture du désarmement connaisse un recul sensible dans la dernière période ?
  6. On parle beaucoup du risque de la nucléarisation de l’Iran. Qu’en pensez-vous ?
  7. La France n’est pas en pointe sur le désarmement nucléaire. Est-ce dû à l’approbation populaire de la dissuasion dans notre pays ?
  8. Les arbitrages budgétaires confirment la stratégie de dissuasion. Comment se fait-il que votre voix, celle d’un ministre issu des rangs de gauche, ne soit pas entendue ?
  9. Nous entrons dans l’année du centenaire de l’assassinat du fondateur de l’Humanité. Est-ce pour vous la figure politique qui incarne le mieux ce que représente la gauche ?
  10. « Revenir à Jaurès »… Vous êtes initiateur du club Gauche Avenir, qui cherche à unir et à repenser un projet de transformation sociale. Où en est-on aujourd’hui ?

 

            Interview de Pierre Chaillan

Paul Quilès dans "l'Humanité des débats"
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22 septembre 2013 7 22 /09 /septembre /2013 09:31

A l'occasion de la conférence sur le thème du désarmement nucléaire

 

qu'il a donné au Creusot à l'invitation du Collectif pour la paix,

 

Paul Quilès a répondu aux questions

 

du Journal de Saône et Loire. 

 

 

- Que vous évoque le thème choisi cette année: "L’éducation pour la paix"?

 

- Vous avez été chargé des questions de stratégie et de défense au PS de 1995 à 2008. Pourquoi la gauche s’est-elle ralliée à la dissuasion nucléaire ?

 

- Pourquoi le débat de la dénucléarisation ne s’engage-t-il pas plus en France ?

 

                              Réponses:   cliquez ici

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21 septembre 2013 6 21 /09 /septembre /2013 22:03

Une bombe atomique américaine, 260 fois plus puissante

 

que celle d’Hiroshima, a failli exploser en janvier 1961

 

aux Etats-Unis, en Caroline du Nord.

 

      Cette révélation est issue d’un document « déclassifié », repris hier par The Guardian et ce matin par Ouest France

 

      " On y apprend qu’en 1961, dans le ciel de Caroline du Nord, un bombardier B-52 s’est disloqué en vol, laissant échapper deux bombes Mark 39 à hydrogène au-dessus de Goldsboro. (....)

 

       L’une des deux s’est comportée exactement comme si elle avait été larguée intentionnellement, malgré les mécanismes de sécurité. Son parachute s’est ouvert et le processus de mise feu s’est enclenché. (....)

 

      La catastrophe a été évitée d’extrême justesse, grâce à un modeste interrupteur à faible voltage. Washington, Baltimore, Philadelphie et même New York auraient pu être touchées, ce qui représente plusieurs millions d’habitants.

 

     Les autorités américaines ont toujours nié que des vies aient été menacées en raison de mesures de sécurité insuffisantes." (....)

 

******

   Cette révélation, qui se trouve page 65

dans le livre "Arrêtez la bombe!" 

que nous avons publié il y a quelques mois,

avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin,

confirme ce que nous expliquions 

sur les risques du nucléaire et

sur la politique du secret qui l'entoure.

On vous l'avait dit!
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21 septembre 2013 6 21 /09 /septembre /2013 10:46

 

Confrontation entre Paul Quilès

 

et le général Etienne Copel,

 

dans l'émission de Serge Moati, PolitiqueS,

 

sur la chaîne parlementaire LCP.

Pour visionner,

(entre 23'30 et 42')

 

cliquez ici

 

Dissuasion nucléaire, le débat interdit
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dont Paul Quilès est le maire
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 Avant de venir à Cordes, consultez:

     * site de l'Office du tourisme 

     * site de la mairie     

Bibliographie

- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  
- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu)
- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff )

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï)
-
1992: Nous vivons une époque intéressante
- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez