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14 juillet 2020 2 14 /07 /juillet /2020 18:10
L’hydrogène, carburant du futur….il y a 45 ans !

Depuis quelque temps, de nombreux articles de presse développent le thème de « l’hydrogène, carburant du futur » ou de « la pile à hydrogène, promesse d’une énergie propre ».

Au cours de son interview du 14 juillet, Emmanuel Macron a lui-même insisté sur le fait que la France était en train de bâtir une filière hydrogène pour les véhicules, dans le cadre d’une « relance écologique »

Comment ne pas se féliciter de cette future contribution aux économies de pétrole et à la lutte contre le réchauffement climatique ?

Mais, au fait, pourquoi ne l'a-t-on pas fait plus tôt?

J'ai retrouvé dans mes archives une note que j'ai transmise en 1975 au Conseil économique et social, dont j'étais membre de section et les bras m'en sont tombés.

Lisez cette note et vous verrez clairement, malgré l'aspect un peu technique de certains aspects du texte*, que la voiture électrique était alors envisageable à un horizon de 5 à 10 ans, avec des économies substantielles d'hydrocarbures et de pollution. C'est dire qu'on a perdu plus d'une trentaine d'années!!

Pourquoi? Tout simplement parce que la priorité était à l'époque le nucléaire, qui absorbait la plus grande partie des investissements et de la recherche. De plus, les compagnies pétrolières n'étaient pas désireuses de voir se modifier les processus de fabrication et de distribution, ainsi que la fiscalité.

Il reste à espérer que la prise de conscience grandissante de l'impératif écologique a modifié la donne et que les décideurs politiques ne se limiteront pas à des grands discours et des promesses, pour ne pas conduire aux mêmes regrets.... dans une trentaine d'années!

___________________

* Pour mieux comprendre, regardez cette courte vidéo de vulgarisation  très pédagogique sur "l'hydrogène : carburant du futur ?"

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11 décembre 2019 3 11 /12 /décembre /2019 18:40
Explosion de la plate-forme pétrolière offshore Deepwater Horizon, au large de la Louisiane, en avril 2010. Photo Reuter

Explosion de la plate-forme pétrolière offshore Deepwater Horizon, au large de la Louisiane, en avril 2010. Photo Reuter

Avec un collectif de responsables politiques et d'intellectuels,

j’ai signé cette tribune publiée par Libération 

Alors qu'une proposition de loi sur l'écocide est débattue ce jeudi à l'Assemblée nationale, nous appelons à inscrire le phénomène de criminalité environnementale dans le droit français.

*****************

 Les rapports s’accumulent et le constat reste toujours le même depuis des décennies : notre environnement va mal et son cas continue à s’aggraver année après année. De nombreux écosystèmes clés se dégradent, la biodiversité rentre dans une sixième extinction de masse, les projections climatiques ne cessent de s’aggraver avec aujourd’hui des prévisions de hausse de 7°C d’ici 2100 par rapport à l’ère préindustrielle. Selon le dernier rapport du groupe d’experts de l’ONU sur la biodiversité, 75% de l’environnement terrestre a été «gravement altéré» par les activités humaines et 66% de l’environnement marin est également affecté.

Peu à peu, nous dépassons, l’une après l’autre, les limites planétaires déterminées par les scientifiques. En malmenant notre environnement de la sorte, c’est tout l’équilibre de la planète qui menace de s’effondrer. Sa sauvegarde doit devenir un impératif quotidien, imposable à tous, et les actes qui vont à son encontre doivent être sanctionnés à la hauteur des fautes commises.

Alors que l’ensemble des systèmes écologiques de la Terre est plus vulnérable que jamais, nous assistons aussi à la recrudescence d’une criminalité environnementale qui prospère à travers le monde et profite d’une trop grande impunité. Le mépris des règles de prudence, du devoir de vigilance et du principe de précaution peut permettre à certains de dégager des profits économiques considérables au détriment des écosystèmes. C’est ce constat qui a mené une diversité de juristes à promouvoir l’idée d’une incrimination pénale d’écocide.

Montant dérisoire des sanctions

Ecocide signifie littéralement «tuer la maison». Après avoir été initialement forgé pour condamner la destruction américaine de la forêt au Vietnam par l’utilisation massive de l’Agent orange, le concept d’écocide a été popularisé par l’avocate britannique Polly Higgins dans l’ouvrage Eradicating Ecocide écrit en réaction à l’affaire DeepWater Horizon, la plateforme pétrolière de BP qui a sombré au large du Mexique en avril 2010. Depuis, l’écocide renvoie à l’ensemble des crimes les plus graves commis contre l’environnement en temps de paix comme en temps de conflits et qui portent directement atteinte à la sûreté de la planète. Une dizaine de pays ont déjà reconnu l’écocide, comme le Vietnam qui l’a inscrit en 1990 de manière pionnière dans son code pénal en le définissant comme «un crime contre l’humanité commis par destruction de l’environnement, en temps de paix comme en temps de guerre». Pourquoi pas la France ?

D’aucuns défendent que l’arsenal législatif existant permet déjà de protéger efficacement notre environnement, que des dispositions permettent déjà de sanctionner les actes préjudiciables pour l’environnement. Assez dissuasif, assez complet, nous dit-on. Certes, des mesures et des contraventions existent et sont prévues pour répondre aux incivilités les plus communes. Oui, il existe aussi des sanctions administratives à l’encontre de certaines entreprises coupables de délits polluants ou d’infractions déjà inscrits dans le code de l’environnement. Toutefois, il suffit de regarder le montant dérisoire des sanctions pour se rendre compte rapidement du manque de crédibilité de notre droit pour dissuader les actes les plus dommageables.

Après avoir pollué plus de 400 km du littoral français et déversé des milliers de tonnes de fioul dans l’océan à la suite du naufrage de l’Erika en 1999, quelle fut l’amende infligée à Total ? 375 000 euros. Une goutte d’eau dans l’océan par rapport aux dégâts encore visibles aujourd’hui. C’est ce même montant que risque de payer Vinci pour avoir déversé délibérément de l’eau bétonnée directement dans la Seine pendant plusieurs mois. Est-ce donc là des sanctions à la hauteur des fautes commises ? Assurément non.

Limites planétaires

Nous devons nous rendre à l’évidence : tout aussi riche qu’il soit, notre arsenal juridique souffre encore de lacunes pour décourager complètement la destruction de notre environnement chaque jour plus vulnérable aux comportements de prédation. Il faut que nous puissions instaurer de nouvelles formes de responsabilités, et notamment pénale, pour faire évoluer notre droit afin d’assurer un environnement sain et vivable aux générations présentes et futures.

Reconnaître l’écocide, au même rang que les crimes contre la paix ou les crimes contre l’humanité, c’est appeler aux responsabilités. Il s’agit de reconnaître à sa juste valeur l’interdépendance entre les écosystèmes et les conditions d’existence de l’humanité. Le président de la République lui-même a qualifié d’écocide les incendies qui se sont propagés en Amazonie en septembre dernier. Le temps est venu de l’inscrire dans la loi et de condamner tous les actes qui contribuent gravement au dépassement des limites planétaires. A cet égard, les citoyens sont clairvoyants puisque ce fut notamment l’une des revendications exprimées dans les discussions de la Convention citoyenne pour le climat.

Combien de rapports et de catastrophes faudra-t-il encore attendre pour que nous ayons une loi qui soit enfin à la hauteur des enjeux ? La proposition de loi qui sera débattue le 12 décembre à l’Assemblée nationale peut permettre de faire un véritable pas en avant et de protéger l’environnement «au même titre que les autres intérêts fondamentaux de la nation», comme l’exige la Constitution française.

Depuis le succès de l’accord de Paris en 2015, la France se targue d’être la championne de l’environnement sur la scène internationale. Malheureusement, rien n’a été fait depuis et la perspective d’aboutir à un traité contraignant à l’échelle internationale, porté à travers le Pacte mondial pour l’environnement, paraît plus éloignée que jamais. Dans un contexte géopolitique où l’environnement est malmené, négligé et relégué à la moindre des priorités, soyons courageux ! En reconnaissant l’écocide le 12 décembre, nous pouvons montrer l’exemple et la France peut encore une fois devenir une source d’inspiration comme elle a pu l’être concernant les droits de l’homme et du citoyen.

 

Signataires

Christophe Bouillon, député PS, rapporteur de la proposition de loi portant reconnaissance de l’écocide ; Valérie Cabanes, juriste en droit international ; Jean Jouzel, climatologue ; Philippe Descola, anthropologue, professeur émérite du Collège de France ; Dominique Méda, professeure d’Université Paris-Dauphine ; Gaël Giraud, économiste, professeur à l’Ecole nationale des Ponts et Chaussées ; Aurélien Barrau, astrophysicien ; Serge Orru, ancien directeur général de WWF France ; Patrick Viveret, philosophe magistrat honoraire ; Paul Ariès, politologue, directeur de l’Observatoire international de la gratuité ; Alain Caillé, professeur de sociologie émérite à l’université Paris-Ouest-Nanterre, directeur de la Revue du MAUSS, animateur du mouvement des convivialistes ; Lamya Essemlali, présidente de Sea Shepherd France ; NatureRights ; WildLegal ; Notre Affaire à tous ; Frah, chanteur de Shaka Ponk, initiateur du collectif The Freaks ; Anne Hidalgo, maire de Paris, présidente du Cities 40 ; Corinne Lepage, ancienne ministre de l’Environnement ; Jérémie Chomette, directeur général de la fondation Danielle Mitterrand – France Libertés ; Cécile Untermaier, députée socialiste ; Guillaume Garot, député socialiste – ancien ministre ; Nadia Ramassamy, députée Les Républicains ; Ericka Bareigts, députée socialiste – ancienne ministre ; Dominique Potier, député socialiste ; Paul Molac, député Libertés et Territoires ; Valérie Rabault, députée socialiste, présidente du groupe socialiste et apparentés à l’Assemblée nationale ; Jennifer De Temmerman, députée non-inscrite ; Paul-André Colombani, député Libertés et Territoires ; Mathilde Panot, députée France insoumise ; Caroline Fiat, députée France Insoumise ; Loic Prud’homme, député France Insoumise ; Michel Larive, député France Insoumise ; Maina Sage, députée UDI ; Ester Benbassa, sénatrice EE-LV ; Jérôme Durain, sénateur PS ; Marie Toussaint, députée européenne EE-LV ; David Cormand, député européen EE-LV ; Roose Caroline, députée européenne EE-LV ; Mounir Satouri, député européen EE-LV ; Benoît Biteau, député européen EE-LV ; Gwendoline Delbos-Corfield, députée européenne EE-LV ; Manon Aubry, députée européenne France insoumise ; Anne-Sophie Pelletier, députée européenne France insoumise ; Manuel Bompard, député européen France insoumise ; Paul Quilès, ancien ministre, Président d’IDN - Initiatives pour le désarmement nucléaire ; Noël Mamère, ancien député écologiste ; Marine Calmet, présidente de Wild Legal et membre de Nature Rights ; Samenta Novella, membre de Nature Rights ; Paul Mougeolle, juriste et conseiller pour Notre Affaire à tous ; Maxime de Rostolan, fondateur de Fermes d’avenir et la Bascule ; Jean-Marc Gancille, cofondateur Darwin, La suite du monde et vice-président de Wildlife Angel ; Maxime Combes, économiste, porte-parole d’Attac France ; Aurélie Trouvé, économiste, porte-parole d’Attac France ; Nadia Collot, réalisatrice ; Jean Gadrey, économiste Lille ; Frédéric Neyrat, professeur à l’Université de Wisconsin-Madison (USA) ; Christophe Bonneuil, directeur de recherche au CNRS, directeur de la collection «Anthropocène» ; François Jarrige, historien, Université de Bourgogne ; Aurélien Gabriel Cohen, doctorant en géographie et philosophie de l’écologie ; Nathalie Blanc, directrice de recherche au CNRS ; Joanne Clavel, chargée de recherche, CNRS ; Clara Breteau, enseignante-chercheuse en géographie et esthétique environnementale ; Sophie Gosselin, philosophe ; Denis Chartier, professeur des universités en géographie environnementale ; Philippe Courbon, conférencier consultant formateur au Cabinet IDEE, Collectif d’initiatives interdisciplinaires pour le développement humain ; Gauthier Chapelle, agronome et biologiste ; David gé Bartoli, philosophe et membre de la revue Terrestres ; Gilles-Eric Seralini, professeur à l’université de Caen ; Denis Vicherat, coprésident des Editions Utopia; Yves Paccalet, philosophe, écrivain, naturaliste ; Fatima Parret, conseillère régionale Auvergne-Rhône-Alpes EE-LV ; Florence Cerbaï, conseillère régionale écologiste de l’Ardèche (EE-LV/RCES) ; Corinne Morel Darleux, conseillère régionale Auvergne-Rhône-Alpes; Jean-Charles Kohlhaas, conseiller régional d’Auvergne-Rhône-Alpes EE-LV.

 

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8 octobre 2019 2 08 /10 /octobre /2019 18:32
Merci, Benjamin Dessus

     Benjamin Dessus vient de mourir. Ceux qui l’ont connu, dont je suis, regretteront le scientifique rigoureux et imaginatif, qui avait contribué à créer au début des années 90 l’association Global Chance. 

    L’objectif principal de cette association est de tirer parti de la prise de conscience des menaces qui pèsent sur l’environnement, pour promouvoir les chances d’un développement mondial égalitaire.

     Depuis sa création, Global Chance intervient dans différents débats sur l’énergie, les déchets nucléaires, l’écologie ou le réchauffement climatique.

     

     Voici le dernier écrit de Benjamin, qui était adressé au débat public sur les déchets nucléaires (séance du 24 septembre 2019 du débat public de la CNDP sur le Plan national de gestion des matières et déchets radioactifs), et que m’a transmis mon ami Bernard Laponche, également membre fondateur de Global Chance.

      Ce texte, même s’il semble compliqué pour les non-spécialistes, manifeste à la fois la qualité de sa réflexion et l’honnêteté de son analyse.

 

*************

Une économie de l’aval du nucléaire confrontée

à la question du temps et à l’empilement  de tabous.

 

La question du temps

L’énergie nucléaire est affaire de temps inhabituellement long pour l’industrie, les pouvoirs publics et les citoyens. Entre le début de construction d’un réacteur et sa mise à l’arrêt, il s’écoule de 50 à 70 ans. Son démantèlement s’étale sur une durée de l’ordre de 50 ans.

Mais l’aval du cycle nucléaire engage des périodes encore beaucoup plus longues : sans même parler des centaines de milliers d’années pendant lesquelles certaines des matières nucléaires (uranium, plutonium, actinides mineurs) restent radioactives, les processus industriels de retraitement, d’entreposage, d’éventuel stockage des matières nucléaires inemployées et des déchets à haute activité s’étalent sur des périodes qui excèdent souvent largement le siècle :

  • Surveillance des stockages de déchets à faible activité et longue durée de vie pendant une période d’au moins 300 ans,
  •  Entreposage dans des piscines ou à sec des matières nucléaires en attente de retraitement ou de stockage sur des périodes d’une centaine d’années,
  • Mise au point et implantation à l’échelle industrielle sur une période de plus de cent ans d’une filière de réacteurs à neutrons rapides surgénérateurs (RNR) supposée justifier le retraitement du combustible,
  • Construction et enfouissement des déchets du parc actuel du projet Cigéo pour une durée de l’ordre de 150 ans…

Pour prendre conscience de la difficulté d’application de calculs économiques sérieux à cet ensemble d’activités futures d’aval du cycle, il suffit de se replacer en arrière ne serait-ce que de 150 ans, en 1869. Depuis, la France a connu sur son sol trois guerres dont deux mondiales, une révolution (la commune), l’irruption massive de la machine à vapeur, de l’électricité, du moteur thermique, puis des communications et d’internet, de l’arme nucléaire, etc.

Les tabous

Très tôt, dans un contexte militaro-industriel, l’Etat nucléaire a imposé quelques « tabous » très spécifiques à notre pays concernant l’aval du cycle du combustible nucléaire et en particulier :

  • Le tabou du « cycle fermé », consistant à considérer comme acquise la possibilité industrielle d’un recyclage quasi total de l’ensemble des matières nucléaires contenues dans le combustible usé, qui ne laisserait à l’état de déchets ultimes qu’un pourcentage totalement négligeable de la masse des matières nucléaires existantes (la fameuse piscine olympique sensée suffire pour accueillir l’ensemble des déchets HAVL du parc français). Ce mythe, contredit à la fois par la situation actuelle où la quantité de matière nucléaire recyclée n’est que l’ordre de 1% au lieu des 95% revendiqués et par le projet Cigéo dont le volume de galeries équivaut à plusieurs milliers de ces piscines olympiques, sert cependant de base intangible à la politique française d’aval du cycle depuis que les nécessités militaires n’assurent plus une justification suffisante au retraitement.
  • Le tabou de la responsabilité historique de notre génération vis-à-vis des générations futures qui conduit, par un tour de passe-passe intellectuel douteux à justifier des politiques potentiellement très hasardeuses et dangereuses pour les dix ou quinze générations qui viennent par une préoccupation éthique concernant les milliers de générations qui les suivront. Il sert de justification à la fois au retraitement associé au développement d’une filière RNR supposée à très long terme réduire considérablement les déchets nucléaires[1] et l’enfouissement à Bure des déchets dits ultimes, deux projets qui s’étalent sur plus de 150 ans.

 

On pourra noter une incohérence inquiétante entre les discours sur la science et la technologie qui accompagne ces deux tabous. Alors que la politique du retraitement trouve aux yeux de ses promoteurs sa justification dans le déploiement industriel vers la fin du siècle d’une filière de RNR encore inexistante et dont les caractéristiques technologiques, économiques et environnementales sont encore à l’état de spéculations, le projet Cigéo repose sur le présupposé inverse : la science et la société seraient incapables d’apporter des solutions nouvelles à la question des déchets nucléaires dans les quelques siècles qui viennent, alors même que la science nucléaire a moins de 80 ans. Même incohérence dans le discours administratif où aucune alternative à Cigéo n’est présentée, alors que ce projet est pourtant affublé du terme de « solution de référence »[2].

C’est dans ce contexte très restrictif que se situe le débat économique sur l’aval du cycle dans notre pays.

La prégnance des tabous permet tout d’abord d’évacuer du calcul économique toute comparaison entre des alternatives, puisqu’il n’y en pas…

C’est ainsi qu’il n’existe aucun document officiel récent permettant de faire une comparaison économique de la politique retraitement-recyclage officielle avec une politique l’excluant. Le dernier chiffrage[3] qui date de 2000[4]  montrait que le surcoût du retraitement était déjà très important puisqu’il atteignait de l’ordre de 6 Milliards € pour le parc actuel de 2010 à sa fin de vie[5]. Depuis, si l’on en croit les media japonais, les choses n’ont fait qu’empirer puisque le MOX[6] importé par les compagnies japonaises aurait coûté jusqu’à 9 fois plus cher par kWh que l’UOX.

De même pour Cigéo, où aucune comparaison n’est faite, ni avec une alternative d’entreposage pérenne associée à une politique de recherche, ni avec l’éventualité d’un stockage définitif direct des combustibles à l’uranium irradiés, très probable et susceptible de multiplier par deux à trois le coût du projet[7]

Là encore le rapport Charpin-Dessus-Pellat mettait déjà en évidence en 2000 l’importance des dépenses liées au stockage de l’UOX et du MOX irradiés dans les différents scénarios concernant le parc actuel. Dans tous les cas, ces dépenses étaient bien supérieures à celles des « déchets dits ultimes »

 

Milliards €

S4

S5

S6

Fin de cycle déchets B+C (déchets ultimes)

2,8[8]

4,2

5,4

Fin de cycle

combustibles irradiés

14,5

12,6

11

 

S4 : arrêt du retraitement en 2010

S5 : 20 tranches moxées

S6 :28 tranches moxées.

Source : rapport Charpin-Dessus-Pellat

Ces estimations du rapport cité n’ont jamais reçu ni de démenti ni de confirmation, ni de la part des pouvoirs publics ni de l’industrie. Elles sont simplement restées ignorées pendant près de 20 ans.

Même chose pour les solutions d’entreposage de combustible en piscine ou à sec qui ne font l’objet d’aucune comparaison économique.

C’est pourtant bien dans la comparaison des alternatives plutôt que dans l’évaluation des coûts absolus des projets que l’étude économique, dont on connaît par ailleurs les limites[9], pourrait se révéler la plus utile.

Enfin le calcul économique traditionnel prend en compte la question du temps à travers un taux d’actualisation dont la valeur (toujours positive) traduit le degré de préférence du décideur pour le présent par rapport à l’avenir dans un contexte économique et social déterminé. Un taux d’actualisation élevé conduit à une estimation très basse de la valeur actuelle d’un investissement futur : pour un taux d’actualisation de 10%, 1000 euros investis dans 30 ans comptent aujourd’hui pour 57 euros. Même pour des taux très bas, l’effet d’écrasement reste important à long terme : pour un taux de 2%, 1000 euros dépensés dans 50 ans comptent pour 370 euros aujourd’hui et dépensés dans 100 ans pour 138 euros.

Comme l’aval du cycle nucléaire engage des périodes d’investissement et d’exploitation supérieures au siècle, le choix d’un calcul actualisé (quelle que soit la valeur du taux choisi) a donc pour effet d’écraser complètement les coûts de long terme.

C’est ainsi par exemple que le coût de démantèlement du réacteur EPR de Flamanville (sil finit par fonctionner), dont les premiers gestes n’interviendront que vers 2100, ne représente que moins de 0,2 euro sur une centaine d’euros de coût courant économique[10] du MWh électrique[11]. Dans ces conditions une multiplication du coût de démantèlement réel par 3 ou 4, pourtant très vraisemblable, n’influe guère sur le coût du MWh. De là à négliger de s’en préoccuper, le pas est vite franchi.

Pour leur défense, les mêmes économistes arguent qu’il suffit de placer des sommes correspondant aux coûts précédemment cités et au taux d’actualisation retenu, augmenté du taux de l’inflation, pour assurer à terme les dépenses de l’aval du cycle.

Mais les échelles de temps très inhabituelles en cause rendent particulièrement aléatoire toute prévision non seulement sur les paramètres du calcul économique (valeur de l’inflation, valeur des matières premières, de l’énergie, etc.) dans 100 ans et plus, mais aussi sur les paramètres industriels ou institutionnels (pérennité des entreprises, contours de l’Etat, etc.).

Enfin, le gouvernement et les industriels ont pris l’habitude d’affecter les coûts de l’aval du cycle nucléaire et du démantèlement des centrales au coût total du MWh nucléaire. Ils font ainsi l’hypothèse sous-jacente pour le moins hardie que pendant la totalité de l’activité aval du cycle nucléaire, qui va durer plusieurs siècles, il continuera à exister une production nucléaire du même ordre de grandeur que celle d’aujourd’hui.

En fait, on sait très bien que les coûts d’aval du cycle seront très probablement payés pour la plus grande partie soit par d’autres filières électriques (renouvelables par exemple), soit par nos concitoyens sous forme d’impôts.

Voilà quelques-uns des défis et des contradictions auxquels on se heurte quand on aborde les questions économiques sur l’aval du cycle nucléaire.

Le débat économique devrait porter essentiellement sur la comparaison de devis d’alternatives en termes de flux d’investissement et d’exploitation au cours du temps. C’est très loin d’être le cas aujourd’hui puisque les tabous et les incohérences intellectuelles réduisent le choix à une option unique.

Pour sortir de cette situation il faut que les pouvoirs publics et les industriels comprennent que la recherche, la description, le chiffrage d’alternatives et leur comparaison aux solutions dites de référence fait partie intégrante de leur mission. L’Etat et les industriels ne peuvent pas continuer à renvoyer systématiquement la charge de la preuve de la validité des solutions alternatives aux 0NG, dont les personnels spécialisés, les moyens de calcul et l’accès aux données sont bien évidemment très inférieurs aux leurs.

C’est une condition impérative si l’on veut éviter que le calcul économique ne se vide d’une grande partie de son sens. Mais surtout, c’est l’exercice démocratique même du débat qui en dépend.


[1] Bien que le les calculs effectués par le CEA à l’occasion du premier débat déchets en 2006 aient montré que, dans le meilleur des cas, cet objectif très ambitieux resterait très loin  d’être atteint en 2170 avec un solde d’actinides de 420 tonnes.

[2] Qui implique par définition, la présence d’alternatives.

[3]  Très partiel puisqu’il s’arrêtait au monorecyclage (MOX)

[4] JM Charpin-B Dessus-R Pellat Etude économique prospective de la filière , Rapport au Premier ministre, Ed La documentation Française, 2000

[5] Pour une valeur moyenne de 62 dollars/ kg sur la période alors qu’elle est de l’ordre de 50 dollars/kg aujourd’hui.

[6] http://www.fukushima-is-still-news.com/2015/02/mox-enormously-expensive.html

[7] Le devis du projet pourrait passer d’une trentaine de G€ à plus 100 G€

[8] pour un coût de 130 millions€/par élément combustible UOX et  600 millions pour le Mox

[9] On pense par exemple aux évaluations initiales du coût de l’ EPR de Flamanville

[10] La méthode de calcul adoptée par la Cour des comptes pour le coût de l’énergie électrique

[11] Déchiffrer l’énergie, Benjamin Dessus, Editions Belin 2014, page 258

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10 février 2019 7 10 /02 /février /2019 10:52
Développement durable et inégalités
Développement durable et inégalités

    J’étais à Luchon il y a quelques jours pour assister au Festival des créations télévisuelles, où a été présenté le film documentaire "La grande Découverte- Histoire d’une reconversion".

    Accompagné de Jean Padilla, ancien maire de Cagnac-les- Mines et de Jean-Jacques Gardelles, ancien directeur du site, j’ai pu apprécier l’accueil très positif du public à cette production, qui raconte l’histoire peu commune de la reconversion de la Grande Découverte de Carmaux.

REGARDER la présentation vidéo du film (2’20),

 

    J’ai ensuite participé à un débat avec Louis Ferré, maire de Luchon, Serge Regourd, président de la commission culture du Conseil Régional d’Occitanie et Safiatou Soré, maire d’une commune du Burkina Faso (Bingo), qui a permis de souligner le rôle des élus face aux enjeux écologiques et de développement durable, même s’il s’agit de projets très différents.

    Dans son intervention, Safiatou Soré s’est félicitée de la coopération engagée avec Luchon* par sa commune, dont les habitants souffrent cruellement du manque d’eau et d’assainissement. J’ai été ému par la façon très digne dont elle a tenu à souligner les conséquences concrètes de cette situation sur le développement local de l’agriculture et sur la santé publique, en suggérant que le "mieux vivre sur place" peut éviter à ces populations d’aller chercher ailleurs ce minimum vital qu’elles ne trouvent pas chez elles.

   Cette brève discussion m’a amené à souhaiter que notre pays "riche", agité par des colères et des revendications, dont certaines sont légitimes, n’oublie pas pour autant les terribles inégalités qui concernent une grande majorité de la population mondiale. 

_________________________________________________________________

* avec l'aide efficace de l'ACAD (Association de Coopération entre Acteurs du Développement)

 

 

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15 octobre 2018 1 15 /10 /octobre /2018 09:09
Avec Haroun Tazieff et Alain Bombard

Avec Haroun Tazieff et Alain Bombard

La publication d'un rapport du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) en début de semaine a une nouvelle fois rappelé les risques auxquels s'exposent la planète et les générations à venir si la population mondiale ne revoit pas ses modes de vie et n'engage pas de considérables transformations.

Nous sommes abreuvés de données et d’analyses sur le changement climatique pour nous convaincre d’agir, mais cela n'a pas toujours été le cas dans le passé. Je me souviens par exemple du scepticisme avec lequel ont été reçues en 1979 les prophéties du vulcanologue Haroun Tazieff (voir cette émission d’Antenne 2 )

Je l’ai bien connu, puisque nous avons créé avec un autre ami, le célèbre navigateur Alain Bombard, une des premières associations dédiées au développement des "énergies nouvelles". L’écoute politique était malheureusement faible sur ces sujets à cette époque très favorable au "tout nucléaire".

On verra par exemple sur cette courte vidéo comment, le 9 avril 1981, j’ai convaincu François Mitterrand d’abandonner le projet délirant d’implantation d’une centrale nucléaire à Plogoff 

Aujourd’hui, la tendance est au pessimisme absolu, comme en témoigne cette chronique de Stéphane Foucart dans le Monde du 13 octobre, dont voici un extrait :

C’est, à nouveau, le rapport de la « dernière chance ».

Lundi 8 octobre, les experts du climat ont rendu une nouvelle somme sur la dérive climatique avec, comme sujet imposé par la communauté internationale, le seuil de 1,5 °C de réchauffement. Est-il encore possible de maintenir le climat terrestre sous cette barre qui se rapproche dangereusement ? La fameuse « dernière chance » est-elle, en réalité, désormais derrière nous ?

Dans sa communication, le GIEC a décidé de maintenir vif l’espoir d’un endiguement du problème et de ses conséquences les plus désastreuses : au prix d’un sursaut international, dit le GIEC, il est encore possible de demeurer sous le seuil des 1,5 °C d’élévation de la température moyenne, par rapport aux niveaux préindustriels. Il faudrait une transition sans précédent, bien sûr, mais l’objectif ne serait pas hors de portée.

Un régime autoritaire global

Pour le sociologue et politiste Stefan Aykut, professeur assistant à l’université de Hambourg (Allemagne) et observateur affûté du théâtre de la diplomatie climatique, coauteur avec Amy Dahan de Gouverner le climat ? (Presses de Sciences Po, 2015), ce discours met les scientifiques dans une situation singulièrement inconfortable. "Pour ne pas apparaître comme ceux qui ont tué l’espoir, les scientifiques présentent des scénarios dont certains incluent des notions d’émissions négatives, c’est-à-dire l’éventualité que nous parvenions à retirer du carbone de l’atmosphère, ce qui repose sur des paris technologiques incertains, dit-il. Ensuite, lorsqu’on regarde la vitesse avec laquelle les émissions doivent décroître pour maintenir le climat sous le seuil de 1,5 °C, on voit que l’exercice est complètement déconnecté des réalités politiques et économiques du monde."

Les démocraties de marché ne sont pas adaptées aux transitions radicales. (….)

Malgré cette vision pessimiste, certains groupes de scientifiques espèrent convaincre qu’une voie est possible pour éviter la catastrophe qu’on nous promet.

Voici l’intéressant point de vue de l’association négaWatt * au lendemain de la publication du rapport du GIEC :

L’urgence d’une politique de sobriété énergétique

Le rapport spécial du GIEC publié hier le confirme : la stratégie la plus sûre permettant de lutter contre les dérèglements climatiques incontrôlés repose notamment sur la sobriété. Mal comprise par certains, dénigrée par d’autres, oubliée des politiques publiques, son intérêt, ses ressorts et les nombreux bénéfices qu’elle procure méritent d’être mieux explicités. C’est l’objectif que se fixe l’Association négaWatt en publiant aujourd’hui un nouveau document. L’occasion de lancer un appel aux pouvoirs publics à engager une vraie politique de sobriété pour construire une société plus juste et plus durable.

Un impératif pour le climat et pour les ressources

En France comme ailleurs, ni la consommation d’énergie, ni les émissions de CO2 ne diminuent de manière suffisante pour nous mettre sur la bonne trajectoire. L’absence de sobriété en est l’une des causes : nos voitures et nos frigos sont de plus en plus performants, mais nous parcourons toujours plus de kilomètres et achetons des frigos toujours plus grands. En constante augmentation, la surface chauffée par personne (logements, bureaux, commerces et équipement) va elle aussi dans le mauvais sens. Les efforts d’efficacité énergétique doivent évidemment être renforcés, mais ils ne seront pas suffisants en l’absence de politiques publiques volontaristes de sobriété énergétique. Celle-ci reste trop souvent absente des réflexions actuelles. Par exemple, la prochaine Stratégie nationale bas-carbone prévoit une augmentation de 40 % du transport de marchandises (en tonnes.km) entre aujourd’hui et 2050. Ce n’est plus tenable, il est impératif d’inverser les tendances.

Le scénario négaWatt est à ce jour le seul en France à atteindre la neutralité carbone, et à être ainsi compatible avec l’objectif 1,5°C. À travers cet exercice, la sobriété énergétique apparaît comme une étape incontournable d’une démarche de soutenabilité.

Une démarche individuelle et collective

La sobriété énergétique ne saurait se résumer aux seuls éco-gestes individuels : il revient à la collectivité dans son ensemble de mettre en place les conditions permettant à tout un chacun d’être plus sobre, à commencer par la non-incitation à consommer toujours plus et par la mise en place de solutions favorisant la sobriété. Pour cela les politiques publiques ont un rôle majeur à jouer. Répondre à la nécessité de réduire l’utilisation de la voiture ou du camion impose de construire des infrastructures dédiées aux modes alternatifs, mais aussi de s’inscrire dans une politique globale de réduction de la demande d’énergie pouvant aller de la promotion du télétravail à l’allongement de la durée de vie des biens d’équipement afin de limiter le transport de marchandises.

Le document publié aujourd’hui présente les principales hypothèses de sobriété retenues dans le scénario négaWatt, et propose plusieurs mesures clés à mettre en place dès maintenant. Comme elle le fait depuis plus de quinze ans, notre association continuera à agir auprès des pouvoirs publics pour qu’ils se saisissent enfin de cet indispensable levier d’action, et ce dès les prochaines éditions de la Programmation pluriannuelle de l’énergie et Stratégie nationale bas-carbone.

* L'Association négaWatt a été créée en 2001 par des experts et praticiens de l'énergie convaincus qu’un autre modèle énergétique est non seulement réalisable sur le plan technique, mais aussi souhaitable pour la société. Elle s'appuie aujourd'hui sur un réseau de plus de 1200 adhérents. www.negaWatt.org - 06 64 52 63 42 - contact@negawatt.org

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15 novembre 2017 3 15 /11 /novembre /2017 16:43
L’état catastrophique de la planète

     Plus de 15 000 scientifiques de 184 pays viennent de signer un appel contre la dégradation catastrophique de l’environnement. L’ampleur de cette initiative est sans précédent.

     Il faut savoir qu’en 1992, l'ONG Union of Concerned Scientists avait publié "l'avertissement des scientifiques du monde à l'humanité". Les  1 700 scientifiques cosignataires lançaient alors une mise en garde : l'impact des activités de l'homme sur la nature allait probablement aboutir "à de grandes souffrances humaines" et à "mutiler la planète de manière irrémédiable"

     Un quart de siècle plus tard, il s’agit d’un "deuxième avertissement". Cette tribune est publiée par la revue BioScience (texte en anglais :  "Avertissement à l’humanité")

     Disponibilité de l'eau potable, déforestation, baisse du nombre de mammifères, émissions de gaz à effet de serre... Tous les voyants sont dans le rouge, écrivent ces chercheurs. "L'humanité ne fait pas ce qui devrait être entrepris de manière urgente pour sauvegarder la biosphère menacée, jugent-ils. Bientôt, il sera trop tard pour inverser cette tendance dangereuse."

     Ces scientifiques estiment toutefois qu'il est encore possible d'inverser ces tendances pour permettre aux écosystèmes de retrouver leur durabilité. Lire les mesures recommandées.

   Lire aussi: 15 000 scientifiques alertent sur l'état de la planète

  Du travail en vue pour la COP 23 !! 

 

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8 novembre 2017 3 08 /11 /novembre /2017 12:54
Transition écologique et solidaire: respecter les engagements

Communiqué de l'association négaWatt

      S’appuyant sur le Bilan prévisionnel 2017 dont RTE publie aujourd’hui la synthèse, le ministre de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, a annoncé aujourd’hui le glissement dans le temps de l’objectif de réduction à  50 % du nucléaire dans la production d’électricité en 2025, inscrit dans la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte d’août 2015.

    Étonnée qu’un Ministre d’État puisse ainsi changer la loi et craignant un nouveau renoncement, l’Association négaWatt appelle au contraire à tirer tous les enseignements positifs de cet exercice prospectif inédit.

    Le nouveau Bilan prévisionnel publié par RTE marque une étape importante, riche de constats et d’enseignements majeurs : s’appuyant sur une méthodologie robuste et sur l’analyse détaillée d’un très grand nombre de paramètres, il est aussi issu d’un processus de consultation très ouvert, que l’Association négaWatt salue et auquel elle est heureuse d’avoir contribué.

      Cet exercice entérine avant tout une rupture historique dans l’évolution de la consommation d’électricité  (....)

      Si les scénarios qui en résultent montrent la difficulté à atteindre dans des conditions maîtrisées l’objectif décidé de réduction de la part du nucléaire du fait de l’inaction des dernières années, ils sont loin de montrer que c’est impossible. Au contraire. (...)

Lire le communiqué

 

 

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25 février 2016 4 25 /02 /février /2016 17:00
EDF : la fin de l’Etat dans l’Etat ?

   Je vous recommande la lecture de cette tribune très pertinente de Benjamin Dessus, Président de l'association "Global Chance", dans laquelle il traite de la situation d'EDF et des contradictions préoccupantes entre certaines annonces et les engagements de la "transition énergétique".

 

**************

       "La découverte récente des difficultés d’EDF avec la chute de la valeur de ses actions - de 85,50 € le 22 novembre 2007 à 10,90 € le 18 février dernier (une perte de valeur de 157 milliards d'euros de 2016 pour l’Etat actionnaire) - et les craintes suscitées pour l’avenir par le mur d’investissement à réaliser pour engager la politique que son président a présentée le 16 février suscitent évidemment de nombreux commentaires.

       Dans son éditorial du 17 février, le quotidien Le Monde y voit « la fin d’une époque où EDF et son armée d’ingénieurs du nucléaire, véritable Etat dans l’Etat, dictaient aux gouvernements la politique de la France ». On pourrait s’en réjouir pour la démocratie si les circonstances n’étaient pas si graves pour le service public et les finances de l’Etat, et si, au moins, c’était tout à fait exact."  (....)

 

                                                                                     Lire la tribune

 

Lire aussi: " la combine d'EDF pour sauver son parc"

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12 février 2016 5 12 /02 /février /2016 16:49
Au revoir, Philae

      Je n'oublie pas qu'il y a 15 mois, j'ai suivi avec passion l'aboutissement de l'aventure spatiale de la sonde Rosetta et du robot Philae (voir ci-dessous mon texte du 12 novembre 2014).

      Aujourd'hui, les chances d'établir un contact avec le petit robot installé sur la comète Tchouri, mais muet depuis le 9 juillet, sont "proches de zéro", a annoncé l'agence spatiale allemande DLR, vendredi 12 février. "Il fait froid et noir sur la comète Tchouri et les chances de communiquer avec la sonde Rosetta s'amenuise, mais ne suis pas prêt d'abandonner", a tweeté le compte du petit robot, dans une ultime note d'espoir!

      "Le temps est venu de lui dire au revoir", précise le communiqué. Le Centre de contrôle de l'atterrisseur a en effet cessé d'envoyer des commandes au robot-laboratoire européen.

    Je souhaite encore une fois à cette occasion saluer  la prouesse technologique qu'a constituée l'aventure de Rosetta et Philae et sa contribution à la connaissance de l'Univers.

Pour plus d'information, lire ici

          Bravo: Philae s’est posé sur la comète!

                             (sur ce blog le 12 novembre 2014)

   

     Un grand merci à l’ESA et au CNES de nous avoir permis de vivre en direct cet après- midi les derniers moments d'un événement historique: l’atterrissage du robot Philae sur la comète 67 P, à 450 000 km de la Terre, après une odyssée de 10 ans.

 

      J’ai partagé à distance l’émotion, l’inquiétude, puis la joie des techniciens, des ingénieurs, des scientifiques, dans l’attente de la confirmation de la réussite de l’atterrissage.

 

      Cette superbe prouesse technologique ravit le scientifique, passionné d’espace, que je suis. Je n’oublie pas que la mission Rosetta a été imaginée à l’époque où j’étais ministre de l’espace….et que ceux qui défendaient ce type de projet n’étaient pas toujours bien compris par le monde politique.

 

      Le succès de la mission Rosetta/Philae est un bel exemple de la contribution de l’espace à la connaissance de l’Univers. C’est aussi la confirmation du caractère indispensable de la coopération européenneautour de l’Agence Spatiale Européenne (ESA) et du CNES.

 

      Merci et bravo à Jean-Jacques Dordain, Directeur Général de l’ESA, à Jean-Yves Le Gall, Président du CNES et à toutes les équipes qui se sont mobilisées depuis tant d’années autour de ce formidable défi !

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1 décembre 2015 2 01 /12 /décembre /2015 14:14
COP....de 1821 à 21

      Cette circulaire du Ministre de l'Intérieur, Jérôme-Joseph Siméon, date du 25 avril 1821. Bien entendu, il ne s’agit de ma part que d’un clin d'oeil historique (et malicieux) à un évènement qui n’a rien à voir avec la mobilisation mondiale autour de la conférence (COP 21) qui se déroule en ce moment à Paris !

 

      Et pourtant, en lisant la circulaire, on s’aperçoit qu’il y a près de 200 ans, certains responsables politiques se préoccupaient déjà, à leur façon, des conséquences des variations climatiques et qu’ils songeaient à interroger les scientifiques à ce sujet.

 

      Ce constat m’inspire une réflexion sur la capacité des hommes à gérer le monde où ils vivent dans le temps et dans l’espace.

 

      Le temps. Les conséquences à long terme du refus de faire évoluer un mode de vie (production, consommation, pollution….) sont souvent oubliées ou négligées. C’est autant le signe d’un égoïsme générationnel que d’une forme d’irresponsabilité, liée à une sous-estimation de la gravité du problème. On considère qu’ « il y a plus urgent », que la réponse aux  besoins à satisfaire à court terme est prioritaire et que les actions supposées porter leurs fruits dans 20, 30 ou 50 ans pèsent d’un faible poids dans les discours électoraux.

 

      L’espace. Il est assez rare que les catastrophes, les guerres et les malheurs qui affectent des pays « à l’autre bout du monde » fassent l’objet d’une prise en compte sérieuse, une fois passée l’émotion, qui peut être considérable….pendant quelque temps. Bien sûr, ce n’est pas à un pays seul d’en gérer les conséquences ou de s’intéresser aux causes de ces drames. L’ONU a été créée avec cet objectif, mais son fonctionnement depuis 1945 montre, malgré des progrès indéniables, que cette instance, supposée représenter la « communauté internationale » souffre des mêmes maux que les instances nationales (égoïsme, irresponsabilité, priorité au court terme…)

 

    J’espère néanmoins que les participants à la COP 21 sauront gérer le dossier du changement climatique « dans le temps et dans l’espace », en surmontant les obstacles qui empêchent depuis 20 ans de prendre les décisions indispensables à la sauvegarde de notre planète.

_______________________________________________________________

   

    Lire aussi sur ce blog "Penser global, agir local" (24 février 2010)

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Cordes sur Ciel,

la cité médiévale dont Paul Quilès a été le maire pendant 25 ans.

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        site de l'Office du tourisme 

Faites connaissance avec IDN

 (Initiatives pour le désarmement nucléaire),

dont Paul Quilès est président.

IDN travaille chaque jour à la réduction des arsenaux nucléaires et du risque, intentionnel ou non, d’utilisation de l’arme nucléaire.

IDN oeuvre à construire un monde sans armes nucléaires, pour une paix et une sécurité internationale durables.

Bibliographie

- 2018: L'illusion nucléaire- La face cachée de la bombe atomique (avec Jean-Marie Collin et Michel Drain)

- 2017: Quelques citations sur les armes nucléaires

- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  

- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu) 

- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff ) 

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï) 

- 1992: Nous vivons une époque intéressante 

- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez