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17 juillet 2009 5 17 /07 /juillet /2009 18:09

Comme chaque année depuis 15 ans, je viens de participer avec bonheur aux fêtes médiévales de ma commune, Cordes sur ciel : les Fêtes du Grand Fauconnier, qui sont parmi les plus anciennes de France (pour voir de belles photos des fêtes, cliquez ici)


Pendant deux jours, costumés en tenue du Moyen Age, des milliers de visiteurs, de tous âges, français et étrangers, sont à la fois les spectateurs et les acteurs de cette reconstitution d’un moment de notre histoire. Tous s’en donnent à cœur joie, avec les musiciens, les comédiens, les danseurs, les chanteurs, les cavaliers….Dans le cadre authentique et si bien conservé de la cité de Cordes, ils ont le sentiment de vivre pendant quelques instants 7 siècles en arrière !


Une fois la fête terminée, je ne peux m’empêcher de me poser la question : comment vivait-on vraiment en ce temps là ? Qu’est-ce qui a changé depuis ?


La réponse est évidente pour ce qui concerne les aspects matériels. Le progrès scientifique et technique est passé par là: l’espérance de vie a presque doublé, le confort et l’hygiène d’aujourd’hui n’ont rien à voir avec ceux de l’époque….


Dans le domaine des relations sociales, les évolutions et révolutions successives ont fait disparaître l’arbitraire qui découlait de l’exercice du « droit divin » et la liberté, même si elle est parfois mise en cause ici et là, est devenu un bien précieux, en tout cas dans nos sociétés démocratiques.


Là où les évolutions sont moins claires et où il faudrait y regarder de plus près, c’est lorsque l’on considère certains aspects des relations entre les hommes en matière de sentiments, de mœurs, de croyances….


Un regard sur l’actualité quotidienne nous montre, si nous en doutions, que les sentiments humains sont encore très souvent guidés par la recherche de la puissance, de la domination, du profit.


Quant aux mœurs, si elles ont évolué dans de nombreuses parties du globe, dans combien de pays sont-elles encore régies par des coutumes et des pratiques barbares (certains diraient "dignes du Moyen- Age") ?


Pour ce qui est des croyances, combien d’hommes et de femmes –y compris dans les pays dits "occidentaux"- sont encore sous l’emprise de superstitions et de mode de pensée qui n’ont rien à envier à cette période ?

Je n'ose pas imaginer qu'il faudra attendre encore 7 siècles avant que l’humanité sorte véritablement de l’obscurantisme……

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8 juillet 2009 3 08 /07 /juillet /2009 10:00

        Pour ceux qui regardent, au delà de leur clocher, les évènements qui se déroulent à travers le monde, la multiplication et l’accentuation des « désordres »* ont de quoi inquiéter.


La crise sans précédent que traverse le capitalisme financier n’en finit pas, contrairement aux propos lénifiants dont nous abreuvent tant de politiques et de commentateurs. Les déficits continuent à se creuser, sans qu’on sache très bien comment ils seront comblés. Quant aux plans de sauvetage et de relance qui se succèdent, chacun commence à comprendre que ce sont autant de replâtrages d’un système qui cherche à survivre, en tentant de faire croire que l’«après crise » sera « comme avant » !


Les inégalités et les déséquilibres s’accentuent entre les diverses parties du monde, touchant tous les domaines -économique, social, sanitaire, écologique- et constituant de graves menaces potentielles pour la paix mondiale.


Les risques de guerre restent, malgré les louables efforts de l’administration Obama, très préoccupants dans plusieurs régions. Pour ne citer que les foyers de tension les plus évidents, le Moyen-Orient, l’Iran, l’Afghanistan, le Pakistan (où les Talibans sont de plus en plus agressifs) sont des lieux de conflit « exportables ». S’ajoute depuis peu à cette liste la Chine, avec les violents affrontements ethniques du Xinjiang.


      Les Etats les plus puissants et l’ONU (si elle en a les moyens !) vont avoir à faire preuve d’un esprit particulièrement responsable pour empêcher que des étincelles déclenchent des explosions qui pourraient se révéler redoutables.

 
     Est-ce par peur de regarder ce monde en face que les foules se grisent, s’enthousiasment pour de faux héros, cherchant, selon l’analyse d’un sociologue, des « modèles auxquels s’identifier » ?

Un modèle Michael Jackson, dont aucune des turpitudes ne nous a été épargnée ?
Un modèle les grands champions du Tour de France, empêtrés dans  les scandales du dopage ?
Un modèle les rois du ballon rond, dont les transferts financiers dépassent l’entendement (94 millions € pour Ronaldo) ?


     J’aime la musique, j’ai adoré le Tour de France et je reste un passionné de foot, mais je n’ai vraiment pas envie de m’identifier à ces modèles. Il ne suffit pas de rassembler, après sa mort, des centaines de millions de fans pour un « événement télévisuel planétaire » ou de se faire applaudir sur les routes des vacances par des millions de personnes, pour faire oublier l’odeur d’argent et l’hypocrisie sans nom que véhicule cette excitation, largement amplifiée par une médiatisation outrancière.


     A l’époque romaine, les empereurs régnaient en distribuant au peuple « panem et circenses » (du pain et des jeux). Aujourd’hui, le pain manque à certains, mais les jeux sont toujours là et, en se bouchant un peu le nez, on a le droit de rêver…..et d’oublier.
    

 

* pour reprendre le concept développé dans le livre (« Face aux désordres du monde »), que j’ai écrit avec Alexandra Novosseloff en 2005.

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22 juin 2009 1 22 /06 /juin /2009 15:26

Je lis, j'entends que c'était un grand moment, un évènement historique. Je lis, j'entends qu'il est préférable que le Président de la République vienne annoncer sa politique devant les parlementaires plutôt qu'à la télévision.
La belle blague ! N'aurait-on pas remarqué que celui-ci ne cesse de se répandre à tout bout de champ, à la télévision, à la radio, à l'Elysée, dans ses déplacements programmés, en France comme à l'étranger ? C'est, comme dit l'adage, « fromage ET dessert ».....

     Passons -pour être aimable- sur le rôle effacé du Premier Ministre....pourtant seul responsable devant le Parlement. Comment ne pas voir qu'il s'agit simplement d'une grosse opération médiatique, toute à la gloire du souverain ?

     J'entendais ce matin à la radio Robert Badinter, dont j'ai partagé tous les combats, pour qui j'ai un grand respect, mais que j'ai trouvé mieux inspiré. Il parlait à juste titre de « mauvais coup porté aux institutions », de « mise en scène » et il n'avait pas de mot assez dur contre ce « roi, venu en majesté à Versailles ».....et, dans le même temps, il acceptait d'être présent, faisant ainsi en quelque sorte allégeance au souverain.

     Il paraît que cela n'aurait pas été « démocratique » ou « républicain » d'être absent de ce « sacre ». Comment se fait-il alors que le même argument ne soit pas utilisé lorsque, trop fréquemment, l'hémicycle se vide lors des grands débats du Parlement ? Encore une fois, les mots perdent vite leur sens et la vie politique, sous l'influence notamment de N. Sarkozy, devient de plus en plus l'esclave d'une communication effrénée, qui porte tort au vrai débat démocratique.

      Comme l'écrivait récemment Christian Salmon, pour décrire la vie politique actuelle, « les enchaînements narratifs se transforment en engrenages de coups d'éclats et d'effets de surprise qui détruisent à la longue toute attention prolongée.....Le style obligatoire pour tout le monde devient celui de l'agitation charlatanesque »

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21 juin 2009 7 21 /06 /juin /2009 09:44
         L'actualité à contrechamp......

Il existe dans l’actualité des informations, des images, des déclarations, des chiffres, qui peuvent passer inaperçus. Et pourtant, en jetant sur ces évènements un éclairage « à contrechamp », on arrive à mieux cerner la réalité qu’ils recouvrent.
Au gré de mes lectures, je donnerai ici un coup de projecteur sur tel ou tel d’entre eux, qui m’a particulièrement marqué.

 

Ø  Démocratie ? ………l’histoire bégaye

 * Le « guide suprême » iranien va faire recompter 10% des votes. Lesquels ? Les vrais ou les faux ?

 * Contrechamp : « Ce ne sont pas les votes qui comptent, mais ceux qui comptent les votes ! » (Staline)

 Ø  Faimles morts de la faim ne font pas de bruit
*  Plus d’1 milliard d’êtres humains sont victimes de la faim dans le monde (chiffres 2009).Ce chiffre est en augmentation de 17,2% par rapport à 2005. Plus de 25 000 personnes meurent chaque jour de sous-alimentation. Parmi les pays qui ont épuisé leurs réserves de nourriture : Haïti, la République Démocratique du Congo (RDC), l’Ethiopie et le Kenya.
* Contrechamp : Selon Josette Sheeran, directrice exécutive du Plan Alimentaire Mondial (PAM), l’équivalent de 1 % seulement du montant des plans de sauvetage de l’économie aux Etats-Unis et en Europe pourrait permettre de financer l’intégralité du travail du PAM.…actuellement à court de fonds.
Ø  Révolution.... des mots vides de sens 
" Je voudrais proposer une autre révolution dans la gouvernance mondiale….il faut tout revoir" (N. Sarkozy devant l’Assemblée générale de l’Organisation internationale du travail à Genève)
* Contrechamp : En 2008, la France, présidée par N. Sarkozy, est le seul grand pays (avec l’Italie) à ne pas avoir tenu ses engagements financiers à l’égard de l’Afrique !

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16 mai 2009 6 16 /05 /mai /2009 14:13

     En ces moments troublés et incertains de crise, de perte de repères et d’interrogation sur l’avenir, cela fait du bien de se changer les idées en regardant très loin dans notre passé.

     Je veux parler…..des origines de l’univers, que nous allons peut-être mieux comprendre avec les informations fournies par les deux satellites, Planck et Herschel,  qui viennent d’être lancés à Kourou par une fusée Ariane 5.

     Passionné depuis mes études scientifiques par ce qu’on appelait alors « l’astrophysique » et par l’aventure spatiale, j’ai eu la chance  d’exercer, pendant 4 ans, la responsabilité ministérielle de la politique de l’espace. C’était, à la fin des années 80, l’époque des incertitudes sur la capacité que pourraient avoir la France et l’Europe à s’imposer sur la scène internationale dans ce domaine. Aujourd’hui, c’est chose faite, grâce au formidable travail de l’ASE (Agence Spatiale Européenne), du CNES (Centre national d’Etudes Spatiales) et d’Arianespace*.

     Le lancement réussi des 2 satellites va permettre d’exceptionnelles avancées dans la connaissance de l’Univers.
Avec le télescope Planck, on va pouvoir remonter jusqu’aux premiers instants du cosmos, en analysant le « rayonnement fossile » émis par la lumière 380 000 ans seulement après le « big-bang » (qui s’est produit il y a 13,7 milliards d’années) !
Avec le télescope Herschel, on étudiera notamment l’évolution des galaxies depuis 10 milliards d’années, la naissance des étoiles, les planètes et les comètes de notre système solaire.

J’entends déjà les ricanements de tous ceux qui s’interrogent sur l’intérêt de cette recherche coûteuse, loin des préoccupations terriennes de l’an 2009. Telle n’est pas ma réaction devant cette nouvelle étape de l’aventure humaine, car il s’agit bien encore une fois de faire reculer les frontières de notre ignorance concernant le monde dans lequel nous vivons.
     Je suis admiratif devant l’immense travail des chercheurs et des techniciens, qui œuvrent sans relâche et avec passion à cette avancée de la connaissance, loin de l’agitation médiatique, si souvent superficielle, qui caractérise notre époque. Qu’ils soient assurés de toute ma reconnaissance.

 ____________________________________________________________
* dont le Président est Jean Yves Le Gall, qui a été, pendant 4 ans, mon très efficace conseiller au Ministère de l’Espace.

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8 mai 2009 5 08 /05 /mai /2009 20:45

C'était ce matin la commémoration du 64ème anniversaire de la capitulation de l’Allemagne nazie. Comme tous les maires de France, j’ai lu, devant le monument aux morts de Cordes, le discours du secrétaire d’Etat à la défense.

Le texte était traditionnel, avec tous les rappels habituels en pareille circonstance : les souffrances infligées aux civils par le système nazi, les sacrifices des troupes qui ont libéré la France, la victoire sur la barbarie, le triomphe de la démocratie. Il se terminait par l’évocation de « l’espoir né de l’horreur de la guerre : celui d’un monde de coopération et de paix entre les peuples ».

      Comment ne pas constater à quel point cet espoir a été déçu, en pensant à la somme des conflits, des guerres, des massacres, des morts, qui, depuis lors, ont ensanglanté notre planète ! Force est de reconnaître que, malgré les efforts des hommes de bonne volonté, malgré l’action des instances de concertation internationale, la violence demeure au cœur des sociétés.

      Les choses n’ont malheureusement pas beaucoup changé depuis que Jean Jaurès dénonçait les conséquences de cette violence : « Toujours votre société violente et chaotique, même quand elle veut la paix, même quand elle est à l’état d’apparent repos, porte en elle la guerre, comme une nuée dormante porte l’orage. » (7 mars 1895).

      Aujourd’hui encore, la violence est au cœur de nos sociétés et des relations internationales : pas uniquement la violence physique, mais aussi celle que génèrent les inégalités, la misère, le racisme, les épidémies, le rejet de l’autre…
      Empêcher la guerre, c’est donc encore et à chaque instant lutter contre tous ces facteurs -de nature économique, sociale, culturelle, politique- susceptibles d’entraîner la violence, elle-même facteur de guerre. Les hommes de paix ne doivent jamais l’oublier.

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24 février 2009 2 24 /02 /février /2009 11:34

C'est un ami que je viens de perdre, avec la disparition de Pierre Castagnou, maire du 14ème arrondissement de Paris.
Nous militions ensemble depuis des années, mais ce qui nous rassemblait était une véritable amitié, qui a peu à voir avec le sens si souvent galvaudé qu'on donne à ce mot dans le monde politique.
Disponible, efficace, loyal..........les mots me manquent pour dire le souvenir fort que je conserverai de Pierre, dont la légendaire bonne humeur et l'humour étaient appréciés de tous.
Je sais que son absence sera fortement ressentie par ses amis, dans son arrondissement, où il avait tant investi et par sa famille. Je pense naturellement à Claire, son épouse, compagne courageuse de tous les instants. Qu'elle sache que le souvenir de Pierre restera vivant dans nos mémoires.

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26 janvier 2009 1 26 /01 /janvier /2009 15:26

J’ai eu le privilège ( ?) de vivre les 2 tempêtes qui ont frappé la France à 9 ans d’écart. La première fois, j’étais en région parisienne pendant les vacances de Noël 1999 ; cette fois-ci, j’étais dans le Sud Ouest, dans la commune dont je suis le maire, Cordes sur ciel. Nous n’avons pas subi de plein fouet la brutalité du phénomène qui a frappé les départements côtiers, comme les Landes ou la Gironde, mais la force du vent et la massivité des précipitations ont entraîné de sérieuses conséquences sur la vie locale: inondations, coupures d’électricité, d’eau, de téléphone….

 Je voudrais faire part des trois réflexions que m’a inspiré cette courte « traversée de la tempête » :

1-    
1- Ce que j’ai ressenti plus particulièrement cette fois-ci, c’est d’abord la fragilité de nos sociétés « modernes », dépendantes à l’extrême de l’électricité. Beaucoup de notre confort et tout simplement notre vie quotidienne reposent sur l’utilisation simple et sans entrave de l’électricité : l’éclairage, très souvent le chauffage, parfois l’eau et le téléphone. Une coupure d’électricité d’une journée dérègle vite la production, le commerce, les transports et même l’agriculture. Cela, nous le savons, mais il faut le vivre directement (et j’ai une pensée pour tous ceux qui vont continuer à subir cette coupure pendant une semaine encore !), pour bien réaliser le danger de notre véritable addiction à l’électricité.

     2-    Ma deuxième réflexion concerne le décalage psychologique qui existe entre ceux qui disposent des facilités du confort moderne et ceux qui en sont privés. Pendant cette courte « expérience », j’ai pu constater le peu d’attrait que présentaient soudain pour moi mes centres d’intérêt habituels et tout échange avec d’autres personnes étrangères à mes soucis du moment. Cela aussi, nous le savons, mais nous n’y pensons peut être pas assez, lorsque nous semblons nous étonner des difficultés à communiquer avec ceux qui n’ont pas les mêmes facilités de vie que nous.

    3-   Ma troisième remarque est une confirmation : celle de la nécessité du service public, si souvent critiqué et même dénigré, notamment par la droite et son porte parole ….qui n’hésite pas à les féliciter aujourd’hui ! Il est vrai que la compétence et le dévouement des agents d’EDF, de la SNCF, France Télécom, sans parler de la sécurité civile et des collectivités territoriales, sont la preuve, pour qui en douterait encore, que le service public est l’indispensable outil de la solidarité nationale.


Je n’irai pas jusqu’à souhaiter que chacun puisse faire une telle expérience, compte tenu de son caractère pénible et parfois douloureux. Elle a pourtant le mérite de confronter utilement la théorie et la réalité ! Elle donne de la chair à certains discours sur l’énergie et le réchauffement climatique, sur les inégalités ou sur le service public, dont les analyses et les propositions trouvent ici une parfaite illustration.

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29 décembre 2008 1 29 /12 /décembre /2008 12:00

       J’ai eu la curiosité de relire ce que j’écrivais il y a un an, à pareille époque. Je me demandais comment éviter le désenchantement qui nous guettait : « Si l’état du monde, avec ses désordres et les risques qui nous menacent, n’incite pas à l’optimisme, nous avons le devoir de ne pas le peindre chaque jour en noir. Sinon, comment agir, si on n’a pas l’espoir d’un monde meilleur ? »

       Il me semble que je n’ai rien à changer aujourd’hui à ce conseil, alors que la peinture en noir de notre monde est devenue la règle et que les « experts » en rajoutent chaque jour un peu plus sur les catastrophes qui nous attendent. Il n’est pas question bien entendu de sous estimer  la gravité de la crise économique et de ses conséquences sociales, voire sociétales, mais j’espère que, comme moi, vous jugez avec humour (et tristesse) l’attitude de tous ceux qui, tels des astrologues sans complexe, contredisent aujourd’hui allègrement leurs analyses et leurs prévisions. Economistes, politiques, journalistes….combien sont-ils à nous proposer des solutions qu’ils combattaient hier, à vanter des systèmes qu’ils dénonçaient hier, à condamner les responsables qu’ils fréquentaient hier ! Pas étonnant que ces revirements, parfois indécents, conduisent les citoyens à éprouver tout à la fois exaspération et abattement devant la conduite erratique d’un monde apparemment sans boussole.

       Dans ces moments, il est bon de relire les analyses et les propositions de ceux qui, depuis quelque temps, s’inquiétaient des folles dérives du système capitaliste et qui criaient « au loup ». Leurs mises en garde étaient au mieux ignorées, quand elles ne faisaient pas l’objet de sarcasmes. Je me félicite d’avoir été, avec d’autres, de ceux là*, mais il ne faut pas se contenter d’avoir raison avant les autres….ce qui est d’ailleurs une position très inconfortable en politique. Il faut maintenant passer aux actes et proposer les changements susceptibles de s’attaquer aux racines du mal, pour donner corps à ce qui doit être la finalité de l’économie : satisfaire les besoins humains.

       Il est vrai que la vie politique française n’a pas donné le sentiment d’aller dans ce sens au cours de l’année écoulée. Du côté de la conduite des affaires publiques, marquée par une dérive inquiétante vers certaines formes de pouvoir personnel, un homme fébrile, agressif, fasciné par l’argent et par les riches, n’hésitant pas à se mettre en scène en toutes occasions. Du côté de l’opposition, une gauche délabrée, éparpillée, sans cap clairement défini et assumé, confondant trop souvent débats politiques et questions de personnes. Il va devenir urgent de faire un « état des lieux » sans complaisance, pour bien définir sur quelles bases il sera possible de rassembler la gauche et de rendre crédible la nécessaire réponse alternative au pouvoir sarkozien.

       Malgré tous les nuages qui obscurcissent l’horizon, je pense qu’il faut cultiver l'optimisme, non pas l’optimisme béat et irresponsable des adeptes de la « méthode Coué », mais celui dont parlait Gramsci, qui se sentait « pessimiste par l’intelligence, mais optimiste par la volonté ». C’est en tout cas ce que je vous souhaite pour la nouvelle année.

       Quant à mes vœux de bonheur, ils s’inspirent d’une récente et très sérieuse étude, qui nous apprend que le bonheur se propage à travers les réseaux sociaux. Je vous souhaite donc en 2009 de « propager le bonheur » autour de vous, celui que l’on construit en se sentant bien dans sa peau, bien dans son environnement, bien dans sa tête, avec le sentiment d’être utile et de savoir où l’on va.

                                                        Paul Quilès

 

* « Fiers d’être de gauche » (Gauche Avenir- avril 2008)

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7 septembre 2008 7 07 /09 /septembre /2008 15:35

Je viens d'apprendre avec une immense tristesse le décès de Michel Dreyfus-Schmidt, sénateur socialiste du Territoire de Belfort.
Plus qu'un camarade, c'était un ami, avec qui j'ai eu, à de nombreuses occasions, des échanges profonds et fructueux. Humaniste, chaleureux, loyal, Michel savait faire preuve de courage.
Je souhaite que son souvenir reste fort parmi toutes celles et tous ceux qui l'ont connu et aimé.

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CORDES

Faites connaissance avec

la cité médiévale

dont Paul Quilès est le maire
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 Avant de venir à Cordes, consultez:

     * site de l'Office du tourisme 

     * site de la mairie     

Bibliographie

- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  
- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu)
- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff )

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï)
-
1992: Nous vivons une époque intéressante
- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez