Overblog
Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
1 décembre 2016 4 01 /12 /décembre /2016 16:10

 

Le Canard Enchaîné est (pour l'instant) le seul média

à parler de notre pétition,

qui a déjà rassemblé près de 25 000 signatures.

 

Vous pouvez encore signer ici

 

l'appel au Président de la République

 

 

C'est de la Bombe.....dit le Canard !
Published by Paul Quilès - dans Désarmement nucléaire
commenter cet article
29 novembre 2016 2 29 /11 /novembre /2016 11:29
Plus que quelques jours avant le vote à l'ONU !

     Trop souvent, on entend dire que parvenir au désarmement nucléaire serait une tâche complexe, voire impossible.

 

     Et pourtant, le 27 octobre 2016, 123 Etats ont voté à l’ONU une résolution importante, qui ouvre la voie à des négociations en 2017 (mars et juin) sur un processus d’interdiction des armes nucléaires.

 

      La France a voté contre cette résolution et nous le regrettons.

 

    Dans quelques jours, le 5 décembre, ce texte sera soumis à l’Assemblée générale de l’ONU pour un vote de confirmation.

 

     Nous demandons instamment aux autorités françaises de réfléchir au type de vote qui va être émis au nom de la France.

 

   Voter négativement sur un texte qui propose d’interdire une arme de destruction massive ne sera pas compris par la très large majorité d’Etats qui souhaitent mettre fin au danger de l’armement nucléaire.

 

     Monsieur le Président, la France doit voter à l’ONU l’interdiction des armes nucléaires!

 

Signez l'appel au Président de la République

Published by Paul Quilès - dans Désarmement nucléaire
commenter cet article
28 novembre 2016 1 28 /11 /novembre /2016 16:57
Juppé superstar !

Un grand merci à  ACRIMED pour ce beau rappel de la perspicacité des médias français avant la primaire de la droite, aussi forts que les médias américains avant l'élection triomphale de Trump!

 

Voir aussi Alain Juppé : et si ce n’était pas lui ?

 

 

Published by Paul Quilès - dans Politique française
commenter cet article
21 novembre 2016 1 21 /11 /novembre /2016 11:41
Photo Reuters/Philippe Wojazer

Photo Reuters/Philippe Wojazer

     J’ai été surpris ce matin en consultant le tableau de bord de ce blog. Des centaines de lecteurs ont consulté hier mon texte du 22 août 2016 sur les primaires !

 

   Pensaient-ils trouver le résultat de la confrontation à droite ? Souhaitaient-ils avoir des informations (ou des indiscrétions) sur la prochaine confrontation à gauche ?

 

   Ils ont dû être bien déçus, en constatant qu'il s'agissait d'une critique des primaires. Les commentaires que j’entends depuis hier soir (qui viennent contredire ce que les mêmes disaient il y a quelques jours !), ne me feront pas changer d’avis. Je pense, plus que jamais, que cette mécanique, inspirée de la tradition politique américaine….dont on a pu apprécier voici peu les brillantes conséquences, n’enrichit pas la démocratie, bien au contraire.

 

     Plutôt que de me répéter, je préfère redonner le début de mon texte du 22 août 2016 ( « A quoi donc servent les primaires ? »)

 

***************************


     « Les partis de gauche qui ont appelé les électeurs à voter pour François Hollande le 6 mai 2012 le savent bien : compte tenu du climat politique, de la situation économique et sociale et du faible niveau de popularité des candidats potentiels, notamment du Président de la République, la division des candidatures de gauche au premier tour de la présidentielle de 2017 conduirait certainement à un affrontement droite/extrême droite au second tour.

 

      Devant cette perspective peu encourageante et encore plus dangereuse que lors de l’élection de 2002, où le Front national n’était pas aussi puissant qu’aujourd’hui, les partis et leaders de gauche s’efforcent de convaincre que la multiplication des primaires (socialiste, écologiste,…) et des candidatures contribuera à renforcer les chances de la gauche d’accéder au second tour.

 

     Etrange raisonnement, qui tient presque du déni ! Il est facile de comprendre en effet que la concurrence des candidats à ces primaires, dans une atmosphère mêlant les considérations de nature narcissique et la langue de bois, va se traduire par des surenchères qui rendront ridicules et peu crédibles les inévitables ralliements qui interviendront après ces combats de gladiateurs.

 

      Chacun voit bien que la multiplication des candidatures aux primaires  -à gauche comme à droite-, ne provient pas seulement du besoin évident de satisfaction égotique des postulants (qui ne croient pas un instant à leur chance). Elle a aussi son origine dans le calcul des candidats, qui aspirent à se trouver en bonne place pour négocier avec le vainqueur une position de pouvoir ou pour participer à la redistribution des responsabilités politiques après les élections de 2017, puisque, quel que soit le cas de figure, la question du devenir des forces politiques actuelles se posera.

 

      Ces préoccupations, malgré le langage fleuri qui habille les discours, sont peu susceptibles de redonner le goût de la politique à des électeurs inquiets et déçus. Pour ma part, je trouve dans cette ambiance délétère la confirmation de mon analyse du principe des primaires, que j’ai formulée à de nombreuses reprises depuis longtemps et des conséquences néfastes que cette compétition entretient.

 

     Pendant ce temps, une question majeure de la vie publique française est totalement occultée : celle du dysfonctionnement des institutions qui fondent notre démocratie. En l’absence d’actes, les promesses incantatoires de réformes, qui n’ont pas manqué depuis des années, ne convainquent plus personne. Et pourtant, il est essentiel de  revenir sur la réforme de 2001 et de procéder à l'élection des députés avant l'élection présidentielle, afin de centrer le débat non plus sur les rivalités de personnes, mais sur une vision politique de l'avenir de la France. »

 

Lire l’ensemble de mon texte du 22 août 2016

 

« A quoi donc servent les primaires ? »

Published by Paul Quilès - dans Politique française
commenter cet article
18 novembre 2016 5 18 /11 /novembre /2016 19:28
20 000 signatures pour l'appel à François Hollande!

        L'appel au Président de la République pour que, dans quelques semaines,  la France vote à l'ONU l'interdiction des armes nucléaires rassemble désormais plus de 20 000 signatures.

 

      Voici la déclaration faite à cette occasion par Valérie CABANES, Juriste en Droit International spécialisée dans les Droits de l’Homme et membre du Comité de parrainage d'IDN:

 

" Bravo pour ces 20000 premières signatures! Nous devons poursuivre cette pression citoyenne, pour que demain nos enfants et les générations futures puissent vivre dans un monde qui ne sera plus soumis au risque d’une guerre nucléaire.  En décembre prochain, la France ne doit pas voter à l’ONU contre le traité d’interdiction des armes nucléaires. Ce futur droit va renforcer la sûreté de la planète, ce dont je me réjouis en tant que juriste et au nom de mon engagement pour les droits de l’Homme et de la nature " 

 

************************

Si vous ne l'avez pas encore fait, vous pouvez signer l'appel ICI

 

Pour plus d'information, lire:

 

  "Et si la fin des armes nucléaires était pour demain?" 

 

   "Le vote négatif de la France à l'ONU"

 

Published by Paul Quilès - dans Désarmement nucléaire
commenter cet article
17 novembre 2016 4 17 /11 /novembre /2016 10:39
L'équipage du Soyouz: le Français Thomas Pesquet, le Russe Oleg Novitsky et l’Américaine Peggy Whitson

L'équipage du Soyouz: le Français Thomas Pesquet, le Russe Oleg Novitsky et l’Américaine Peggy Whitson

      Malgré les passionnantes (??) annonces que recèle l'actualité sur terre en ce moment, je concentrerai mon enthousiasme ce soir sur l'événement qui me fera vibrer, comme à chaque fois qu'il s'agit de " l'aventure spatiale ".

 

      Je veux parler du départ pour l'espace du spationaute français Thomas Pesquet, qui décollera dans quelques heures de Baïkonour avec la fusée Soyouz, en direction de la Station spatiale internationale (ISS).

 

Présentation de la mission Proxima et de Thomas Pesquet  

 

Regarder le décollage en direct, à partir de 20h30

 

     Passionné depuis ma jeunesse par tout ce qui concerne l'espace (qu'on appelait à l'époque de mes études "l'astrophysique"), j'ai eu la chance d'être pendant 4 ans (1988-1992) ministre de l'espace. J'ai alors été associé à de nombreuses décisions essentielles pour le développement de l'activité spatiale en France et en Europe et j'ai pu me rendre sur les principaux sites de lancement  (russe, américain, français). J'aurai une pensée particulière ce soir pour le décollage de Jean-Loup Chrétien de Baïkonour, auquel j'ai assisté en novembre 1988.

 

      Maire de Cordes sur Ciel (nom prédestiné!), j'organise chaque année, fin juillet, depuis 2012, la manifestation "le Ciel sur Cordes", qui a pour ambition de  révéler aux yeux du grand public la réalité, souvent insoupçonnée, de l’espace, à susciter des passions et, pourquoi pas, des vocations parmi les plus jeunes. Avec le soutien du CNES et des principaux acteurs du spatial, cette événement rencontre un succès grandissant.

Published by Paul Quilès - dans Toujours d'actualité
commenter cet article
16 novembre 2016 3 16 /11 /novembre /2016 18:14
Et si la fin des armes nucléaires était pour demain ?

Interview de Paul Quilès

 

publiée sur le blog de change.org

 

à propos de l'appel à François Hollande

 

 

      1/ Pourquoi avoir lancé cette pétition ?

 

     Nous venons de vivre un moment historique, puisque les 3/4 des Etats de la planète ont décidé d’aller de l’avant pour interdire les armes nucléaires. En mars et juin 2017, des Etats et des représentants de la société civile vont se réunir pour préparer et négocier un Traité d’interdiction des armes nucléaires. Il est assez extraordinaire de penser que, dès l’année prochaine, ce processus va être engagé à l’ONU !

 

     Alors que, de tous côtés, on nous alerte sur les dangers d’un retour de la Guerre froide, voici que 123 Etats (dont l’Afrique du sud, la Malaisie, l’Autriche, l’Irlande, le Brésil…) offrent une possibilité de rendre le monde plus sûr et plus stable en établissant une norme juridique de prohibition de l’arme nucléaire. Qui oserait aujourd’hui aller à l’encontre de l’interdiction des armes biologiques et chimiques ? Personne ! Et pourtant, la France va à l’encontre du projet d’interdiction de cette arme de destruction massive !

 

     Bien sûr, d’autres étapes devront être franchies, comme la mise au point des modalités pratiques de mise en œuvre de l’interdiction, notamment par des procédures et des techniques de vérification efficaces mais c’est la première fois depuis 1995 qu’il existe une possibilité concrète de faire avancer le désarmement nucléaire. Avec ICAN France (la Campagne Internationale pour Abolir les Armes Nucléaires) et l’organisation que je préside, IDN (Initiatives pour le Désarmement Nucléaire), nous ne pouvions pas rester silencieux devant ce refus français d’aller vers une plus grande sécurité internationale.

 

      2/ Quel a été le déclencheur de votre engagement en faveur de la lutte contre l'armement nucléaire?

 

     Pas simple de résumer en quelques phrases une prise de conscience qui date de mon court passage au ministère de la défense en 1985-86, où j’ai touché du doigt les mécanismes de décision. Puis il y a eu la chute du Mur de Berlin, la fin de la Guerre froide et les premières décisions de réduction des arsenaux nucléaires, contredites en 1995, pour ce qui concerne la France, par la décision du nouveau Président de la République, Jacques Chirac, de reprendre les essais nucléaires, alors que son prédécesseur, François Mitterrand, avait décrété un moratoire en 1992.

 

     C’est à ce moment véritablement que j’ai commencé à prendre position en parlant de la « nécessaire désescalade de l’armement nucléaire ». J’étais député et j’ai alors demandé un débat à l’Assemblée nationale, qui a eu lieu fin 1995. Songez qu’il n’y a pas eu de débat sur la dissuasion nucléaire dans l’hémicycle depuis cette date !

 

      3/ Comment expliquez-vous que la France ait voté contre la résolution le 27 octobre ?

 

     Quand on écoute les arguments de la France, on s’aperçoit que notre diplomatie semble un peu perdue depuis quelque temps. Désormais ce ne sont plus les 5 puissances nucléaires (« autorisées » par le TNP) qui dictent le calendrier des discussions du désarmement nucléaire, mais une large majorité d’Etats, du Mexique à la Nouvelle Zélande, qui revendiquent le droit de ne plus être soumis au risque destructeur d’une guerre nucléaire.

 

     La France répond que ce traité va être « déstabilisateur ». Comment un engagement qui interdit un système d’arme de destruction massive pourrait-il déstabiliser le monde ? C’est un non-sens. La sécurité du monde n’a cessé d’être renforcée par la création et l’application de traités de désarmement : sur les armements chimiques et biologiques, les mines antipersonnel, les sous munitions, ou encore le commerce des armes.

 

     En réalité, cette attitude correspond à une tentative de conserver l’illusion de puissance que donnent les armes nucléaires. Je dis bien illusion, car ce n’est pas l’arme nucléaire qui peut rendre la voix de la France plus forte ou plus crédible. De plus, les responsables français savent bien que notre pays va être stigmatisé lorsque le traité d’interdiction sera adopté et qu’il leur sera difficile de justifier leur opposition à ce traité, alors que le Président français reconnaît lui-même la nécessité à terme d’un monde sans armes nucléaires…

 

     4/ Qu'est ce qui, selon vous, permettrait de changer la donne et de convaincre la France?

 

     La principale difficulté est de changer un mode de pensée ancien, qui peut cependant évoluer, puisque l’on constate que de plus en plus de dirigeants politiques, de militaires, de scientifiques remettent en cause le rôle accordé aux armes nucléaires.

 

     Les jeunes aussi commencent à se mobiliser. C’est ainsi que ICAN France vient de réaliser une intéressante « Tournée des Facultés » à travers la France et une ICAN Academy, qui a vu  des étudiants français et européens se réunir pendant 4 jours pour comprendre ces enjeux. Cela aurait impensable il y a 25 ans. En tout cas, c’est une preuve de l’évolution des pensées, semblable à la prise de conscience de la sauvegarde environnementale de la planète.

 

     La France devrait considérer le processus d’interdiction de l’arme nucléaire et de désarmement nucléaire comme une opportunité et comme un moyen de renforcer son influence diplomatique. En adhérant à ce processus, la France se placerait clairement dans le camp du changement et de la transformation des relations internationales dans une perspective de paix et de renforcement de la sécurité internationale.

 

      5/ Nous sommes à quelques mois seulement de l’élection présidentielle. Quel message voulez-vous envoyer aux candidats sur le sujet des armes nucléaires?

 

     Nous ne pouvons plus fonder notre politique de défense sur un système qui date du XXème siècle et qui constitue une véritable Ligne Maginot. Le système de dissuasion nucléaire est lourd, dangereux, coûteux et loin d’être crédible. De plus, comme le rappelle le Livre Banc de la défense de 2013, « une force de dissuasion sans capacités conventionnelles verrait par ailleurs sa crédibilité affectée » et c’est bien le cas. Augmenter le budget de la défense, comme le prônent la plupart des candidats, ne résoudra pas les problèmes de sous- équipement que nos armées rencontrent, puisque la majorité des augmentations est allouée à la dissuasion nucléaire.

 

     Il est temps que les candidats réfléchissent aux conséquences dommageables de la poursuite de cette politique de défense :

  • Un non respect de nos engagements juridiques (« Traité de Non-Prolifération »), au risque d’être responsable de la fin du régime de non-prolifération nucléaire ;
  • Si nous ne respectons pas nos engagements, pourquoi d’autres n’agiraient-ils pas de même ?
  • Des dépenses de démantèlement des systèmes anciens inchiffrables, qu’il faudra bien payer un jour ;
  • Un armement qui accapare une partie importante des moyens budgétaires, empêchant ainsi de nous protéger correctement contre les menaces réelles, comme le terrorisme. Et on ne peut écarter les dangers climatiques, qui nécessiteront aussi des moyens matériels et financiers significatifs.
  • Et tout ceci sans compter bien sûr les dangers humanitaires incommensurables et de plus en plus fréquemment dénoncés, d’explosions nucléaires provoquées par accident, méprise sur les intentions de l’adversaire ou échec de la dissuasion.
Published by Paul Quilès - dans Désarmement nucléaire
commenter cet article
11 novembre 2016 5 11 /11 /novembre /2016 16:50
Comment se déclenche une guerre?

      Chaque année, la cérémonie du 11 novembre est l’occasion de se replonger dans la terrible histoire d’un conflit qui a fait des millions de victimes.

 

     Ce matin, devant le monument aux morts de Cordes, j’ai naturellement lu le traditionnel message du secrétaire d’Etat aux anciens combattants, qui rend hommage à « celles et ceux qui ont payé de leur vie leur engagement pour la défense de notre pays et de ses valeurs ».

 

     Mais j’ai souhaité aller au-delà, en invitant à une réflexion sur la guerre et sur les enchaînements qui conduisent aux conflits armés. Y a-t-il une fatalité à faire la guerre ? Quel est le rôle des dirigeants dans le déclenchement des guerres ?

 

    Pour illustrer ces lourdes interrogations, j’ai choisi de lire quelques extraits du discours prémonitoire de Jean Jaurès à Vaise le 25 juillet 1914. Une semaine avant son assassinat, qui précéda de deux jours la déclaration de guerre, le député du Tarn alertait l’opinion sur le drame qui se préparait. Il dénonçait le rôle des dirigeants des Etats, des responsables politiques, des diplomates. Il mettait en garde contre les erreurs pouvant conduire à une guerre qu'il décrivait comme une immense boucherie. Il répétait que ce ne sont pas les peuples qui veulent la guerre, mais ceux qui ne savent pas ou ne veulent pas chercher et construire la paix.

 

     Certes, nous ne sommes pas en 1914 et, malgré les désordres du monde actuel, traversé par tant de conflits et de tensions, nous ne semblons pas menacés par une conflagration mondiale. La lecture de ce texte peut néanmoins faire réfléchir aux conditions de préservation de la paix.

 

 LIRE le discours                  ECOUTER un extrait du discours

 

Jaurès et la guerre de 14-18

Published by Paul Quilès - dans International et défense
commenter cet article
11 novembre 2016 5 11 /11 /novembre /2016 09:35
Avec Trump....dans l'inconnu

Ce texte publié dans Les Echos

 

 résume bien la problématique de l'élection de Donald Trump

 

**************************

 

      Ah, la révolte du petit peuple blanc ! Fallait-il qu'elle soit puissante pour amener la démocratie américaine à confier son destin à Donald Trump ! Le 45ème président des Etats-Unis a bien joué, comme on dirait sur la scène du reality show dont il fut la vedette pendant de nombreuses saisons. Il y a vu une force, un mouvement de fond et il a raison : cette révolte traverse toutes les sociétés occidentales. Elle n'est d'ailleurs pas sans fondement et mérite à l'évidence de vraies réponses.

 

      Mais ce n'est pas son souci ! Non, on en veut pour preuve la lecture édifiante de son programme, exercice sans doute réservé à ces élites honnies mais qui montre bien, qu'à cette révolte contre la mondialisation, le creusement des inégalités très marqué aux Etats-Unis et le déclassement des classes moyennes Donald Trump n'apporte aucune réponse crédible, en dehors de l'excitation éphémère d'une nuit de victoire contre l'establishment. Spectacle et vie publique ne formant plus qu'une même scène, l'important sans doute à ses yeux n'est pas l'argument mais le trophée. S'asseoir dans le fauteuil d'Abraham Lincoln. Prendre les commandes de l'Etat le plus puissant du monde. Mais dans quel but ? Pour quel projet ? On songe ici aux promoteurs du Brexit, tellement occupés à concocter leur campagne populiste qu'ils en oublièrent d'imaginer un plan de route pour la suite...

 

      Donald Trump a attisé la révolte du petit peuple blanc. Ses mensonges ont porté, la faiblesse de son adversaire et les réseaux sociaux ont fait le reste. Plus de la moitié des Américains ne s'informent plus que de cette manière, via des réseaux savamment programmés au filtre de leurs fantasmes et leur servant, à jet continu, un n'importe quoi de nature à renforcer leurs croyances, fussent-elles les plus obscures. On ne fera croire à personne qu'il s'agit d'un progrès de la démocratie. Par millions, on se complaît dans des complots, on gobe les pires ignominies, on auto-entretient la haine et la peur. La bêtise est virale.

 

      Le n'importe quoi a payé, la foule a suivi le milliardaire new-yorkais. Mais « souvent la foule trahit le peuple », prévenait Victor Hugo. Belle définition du populisme. Porté au pouvoir dans ces conditions, Trump, avec ses obsessions sur la fermeture des frontières et le renvoi des étrangers, ne peut maintenant que décevoir. La première victime de sa politique économique, ce sera justement cette foule blanche qui l'a fait président. Une fois celle-ci déçue, que deviendra sa révolte ? Aujourd'hui, une moitié de l'Amérique ne se reconnaît plus elle-même, une autre a le sentiment d'avoir retrouvé son visage perdu. Elle ne va pas tarder à s'apercevoir que le visage que lui présente Trump, celui de l'« America great again », est un mirage.

Published by Paul Quilès - dans International et défense
commenter cet article
10 novembre 2016 4 10 /11 /novembre /2016 09:48
Donald Trump et la Russie : quelles relations ?

     L’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis n’est pas une bonne nouvelle. Ses diatribes racistes et misogynes, son style de campagne agressif et méprisant étaient inacceptables.

 

     Mais son élection doit aussi donner à réfléchir : c’est l’expression du mécontentement profond d’un électorat de classe moyenne ou populaire qui n’a pas perçu de réduction des inégalités, que la mondialisation inquiète et que l’évolution du monde mécontente parce que les États-Unis n’y exercent plus leur ancienne prépondérance.

 

      Quant aux soutiens naturels d’Hillary Clinton, les minorités noires ou hispaniques, les femmes en butte aux discriminations, ils n’ont pas été assez forts pour lui donner la victoire. Sans doute par méfiance à l’égard d’une responsable politique perçue comme lointaine, sans réelle proximité avec les difficultés de leur vie quotidienne.

 

     S’y sont ajoutées des peurs exagérées dont le candidat Trump a su jouer : peur de l’immigration latino-américaine qui submergerait l’Amérique traditionnelle, peur d’étrangers musulmans qui transporteraient la menace terroriste sur le sol même des États-Unis, peur d’une implication dans des conflits perpétuels sans perspective et sans utilité pour la défense du pays.

 

     Au plan des relations internationales, le nouveau président est le contraire d’un pacifiste : il veut encore augmenter le budget militaire américain, qui, avec 600 milliards de dollars, est le premier du monde. A titre de comparaison, le budget militaire russe, malgré une forte croissance, représente moins d’un sixième de ce montant et celui de la Chine, environ un tiers. Il demande que les membres européens de l’OTAN portent leurs dépenses militaires à 2 % du PIB, ce qui représenterait pour l’Allemagne, premier pays concerné, un doublement de son effort actuel.

 

      Le nouveau président américain est un familier des changements de position. Sur l’arme nucléaire, il a lancé beaucoup d’affirmations contradictoires, par exemple sur la possibilité pour le Japon de s’en doter pour dégager les États-Unis du fardeau de sa défense face à la Corée du Nord. Mais il a aussi déclaré que la politique militaire qu’il préconisait avait pour objectif de rendre l’arme nucléaire moins nécessaire et que l’utilisation d’une arme nucléaire serait « une horreur ». Il s’est montré sceptique sur l’éventualité d’un tir nucléaire américain pour la défense du territoire de pays alliés.

 

      Mais Donald Trump dit aussi qu’il veut se rapprocher de Vladimir Poutine pour mettre fin aux tensions actuelles entre l’Occident et la Russie.

 

      Alors, prenons-le au mot et imaginons que, comme Reagan devant Gorbatchev au sommet américano-soviétique de Reykjavik, en octobre 1986, Trump accepte, sur la proposition de Poutine, de s’engager dans la voie du désarmement nucléaire. Imaginons alors que, contrairement à l’attitude de Reagan lors de ce sommet, il parvient à écarter l’obstacle de la défense anti-missile, en donnant à la Russie une garantie solide qu’elle n’est pas dirigée contre elle.

 

      Bien entendu, avec le caractère imprévisible, incohérent et très souvent excessif de Trump, rien n’est certain, mais il est légitime de se poser la question : face à la même réalité d’une absurde course aux armements nucléaires, les dirigeants américain et russe ne seront-ils pas contraints, par la force des choses, à y mettre fin d’un commun accord, dès lors que leurs relations seront redevenues à peu près normales ?

Published by Paul Quilès - dans Désarmement nucléaire
commenter cet article

Recherche

Cordes sur Ciel

CORDES

Faites connaissance avec

la cité médiévale

dont Paul Quilès est le maire
cordes-nuages-8-bp--R-solution-de-l--cran-.jpg

 Avant de venir à Cordes, consultez:

     * site de l'Office du tourisme 

     * site de la mairie     

Bibliographie

- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  
- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu)
- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff )

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï)
-
1992: Nous vivons une époque intéressante
- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez