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27 août 2016 6 27 /08 /août /2016 16:40
Burkini et propagande jihadiste

      J'ai choisi l'humour pour montrer le ridicule de la polémique sur le burkini (voir sur ce blog:  "comment se baigner?").

 

      Si la plupart des réactions ont été positives, quelques lecteurs se sont montrés critiques, en considérant qu'il fallait réagir avec beaucoup de fermeté devant cette démonstration vestimentaire.

 

      Ce n'était pas mon avis et c'est la raison pour laquelle j'ai parlé de "délire politico- médiatique". Je me félicite donc de l'ordonnance rendue par le Conseil d'Etat. Tout n'est pas réglé pour autant et il faudra notamment s'entendre sur le sens profond du beau mot "laïcité", malheureusement utilisé à tort et à travers....y compris par le FN!

 

      En attendant, la dérive constatée à la suite de la prise des arrêtés "anti burkini" a entraîné des réactions dont l'exploitation va à l'encontre du but recherché. On lira à ce sujet avec intérêt l'interview d'un spécialiste des questions jihadistes, qui explique comment ce qui vient de se passer "va alimenter des années de propagande jihadiste".

 

*************

 

Interview donnée à franceinfo par David Thomson

 

 

Comment les sympathisants de l'Etat islamique ont-ils réagi aux récentes interdictions du port du burkini sur certaines plages de France ?

 

David Thomson : Les sympathisants jihadistes semblent eux-mêmes surpris que la police municipale de Nice fasse leur travail de propagande à leur place. Pour eux, c'est du pain bénit. Le récit jihadiste martèle depuis des années qu'il serait impossible pour un musulman de vivre sa religion dignement en France. Alors évidemment, dès leur diffusion, ces photos sont passées en quelques minutes à peine en tête des sujets les plus discutés dans la "jihadosphère", où la tonalité générale était : "La France humilie une pauvre musulmane."

 

Pourtant, au début de la polémique sur le burkini, jihadistes et salafistes s'étonnaient de "tout le vacarme fait par des mécréants" au sujet d'un usage vestimentaire qu'eux-mêmes jugent contraire à leur dogme.

 

Plus spécifiquement, quel écho ont rencontré les photos publiées mardi par le Daily Mail ?

 

Depuis hier, ces images ont littéralement "cassé" l'internet jihadiste, que ce soit du côté des partisans de l'Etat islamique ou chez ceux d'Al-Qaïda. Il serait très étonnant que ces quatre photos ne soient pas abondamment reprises dans les vidéos de propagande jihadistes officielles, car elles représentent l'incarnation même de leur rhétorique anti-France.

 

Celle d'un pays ennemi de l'islam, présenté comme une terre de mécréance par excellence, où l'on humilie les musulmans sous le regard passif d'un public immobile, à travers des forces de l'ordre perçues comme une autorité qualifiée "d'idolâtre", c'est-à-dire découlant de la souveraineté populaire et non divine.

 

Sans exagérer, on peut considérer que ces clichés de Nice vont alimenter des années de propagande jihadiste.

 

Les mesures prises au nom du respect de l'ordre public telles que l'interdiction du burkini risquent donc d'être contre-productives ?

 

Vu la brutalité de son application, on peut en effet le considérer. Dans un contexte de récurrence des attentats, les municipalités qui l'ont interdit estiment que le burkini est l'expression d'un "communautarisme" qui pourrait constituer un marchepied vers une forme de radicalité. Mais à l'inverse, pour celles qui le portent, ce vêtement de bain est paradoxalement vécu comme un compromis entre leur conservatisme religieux et la société occidentale moderne. 

 

Ce compromis est intolérable chez les salafistes et les jihadistes. Dans ces milieux, les femmes ne vont tout simplement pas à la plage ou alors dans des conditions beaucoup plus strictes et sûrement pas en burkini, entourées d'autres femmes en bikini. Le burkini est jugé non conforme à leur interprétation du Coran et de la sunna [la loi divine].

 

En revanche, son interdiction génère des crispations très fortes dans une grande partie de la communauté musulmane, et en donnant corps à la propagande jihadiste, il n'est pas impossible que cette polémique génère une fracture, un dégoût de la France chez certains musulmans, au-delà même des cercles salafistes ou jihadistes. A l'heure où l'on parle de la nécessité de développer un discours pour contrer le narratif jihadiste, on s'aperçoit que non seulement ce contre-discours n'existe pas, mais qu'en plus, certaines autorités françaises offrent de quoi renforcer ce contre quoi elles pensent lutter.

_______________________________________________________________

* David Thomson est reporter à RFI et auteur du livre "Les Français jihadistes" (2014, Les Arènes)

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25 août 2016 4 25 /08 /août /2016 16:32
Une avancée vers l’interdiction des armes nucléaires

      Le 19 août à Genève, les discussions sur le désarmement nucléaire viennent de se conclure positivement au sein d’un Groupe de travail de l'ONU.

 

      Les médias ont été discrets à propos de cette avancée importante vers la mise au point d'un traité international qui contraindra les Etats à éliminer leurs armes nucléaires. 

 

      Avec l'association IDN, que je préside, je me félicite de ce résultat 

 

     Le rapport final, adopté par une écrasante majorité de pays, recommande qu’une conférence se tienne l’année prochaine pour négocier ce traité.  L’Assemblée générale de l’ONU devrait voter une résolution en ce sens, lors de sa prochaine réunion, à l’automne.

 

      Ceux qui ont voté en faveur de cette décision sont les représentants de 107 Etats d’Afrique, d’Amérique latine et des Caraïbes, d’Asie du Sud-Est, du Pacifique et d’Europe.

 

      Un petit nombre d’Etats (membres de l’OTAN ou sous parapluie nucléaire américain, comme le Japon, l’Australie et la Corée du sud) ont voté contre ce rapport, considérant que les armes nucléaires étaient essentielles pour leur sécurité. Ils ont cependant échoué à bloquer la majorité et à empêcher la tenue de ces négociations.

 

     Rappelons que les armes nucléaires restent les seules armes de destruction massive encore autorisées par le droit international, bien qu’ « inhumaines » et ne faisant pas de différences entre civils et militaires.

 

      La directrice exécutive de la Campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires (ICAN), Béatrice Fihn considère que «c’est un moment important dans  sept décennies de lutte mondiale pour débarrasser le monde des pires armes de destruction massive. »

 

     IDN souhaite que, lors du débat qui va intervenir prochainement à l’Assemblée générale de l’ONU, la France montre par son vote sa volonté d’aider à l’émergence du « contexte stratégique » qui donnera du sens à « l’objectif, à terme, de l'élimination totale des armes nucléaires » (discours du Président Hollande sur la dissuasion, prononcé  à Istres, le 19 février 2015).

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22 août 2016 1 22 /08 /août /2016 21:06
A quoi donc servent les primaires ?A quoi donc servent les primaires ?

 

      Les partis de gauche qui ont appelé les électeurs à voter pour François Hollande le 6 mai 2012 le savent bien : compte tenu du climat politique, de la situation économique et sociale et du faible niveau de popularité des candidats potentiels, notamment du Président de la République, la division des candidatures de gauche au premier tour de la présidentielle de 2017 conduirait certainement à un affrontement droite/extrême droite au second tour.

 

      Devant cette perspective peu encourageante et encore plus dangereuse que lors de l’élection de 2002, où le Front national n’était pas aussi puissant qu’aujourd’hui, les partis et leaders de gauche s’efforcent de convaincre que la multiplication des primaires (socialiste, écologiste,…) et des candidatures contribuera à renforcer les chances de la gauche d’accéder au second tour.

 

     Etrange raisonnement, qui tient presque du déni ! Il est facile de comprendre en effet que la concurrence des candidats à ces primaires, dans une atmosphère mêlant les considérations de nature narcissique et la langue de bois, va se traduire par des surenchères qui rendront ridicules et peu crédibles les inévitables ralliements qui interviendront après ces combats de gladiateurs.

 

      Chacun voit bien que la multiplication des candidatures aux primaires  -à gauche comme à droite-, ne provient pas seulement du besoin évident de satisfaction égotique des postulants (qui ne croient pas un instant à leur chance). Elle a aussi son origine dans le calcul des candidats, qui aspirent à se trouver en bonne place pour négocier avec le vainqueur une position de pouvoir ou pour participer à la redistribution des responsabilités politiques après les élections de 2017, puisque, quel que soit le cas de figure, la question du devenir des forces politiques actuelles se posera.

 

      Ces préoccupations, malgré le langage fleuri qui habille les discours, sont peu susceptibles de redonner le goût de la politique à des électeurs inquiets et déçus. Pour ma part, je trouve dans cette ambiance délétère la confirmation de mon analyse du principe des primaires, que j’ai formulée à de nombreuses reprises depuis longtemps (voir ci-après) et des conséquences néfastes que cette compétition entretient.

 

      Pendant ce temps, une question majeure de la vie publique française est totalement occultée : celle du disfonctionnement des institutions qui fondent notre démocratie. En l’absence d’actes, les promesses incantatoires de réformes, qui n’ont pas manqué depuis des années, ne convainquent plus personne. Et pourtant, il est essentiel de  revenir sur la réforme de 2001 et de procéder à l'élection des députés avant l'élection présidentielle, afin de centrer le débat non plus sur les rivalités de personnes, mais sur une vision politique de l'avenir de la France.

 

      C’est pourquoi, j’ai demandé* il y a 3 mois au Premier secrétaire du Parti socialiste ce qu’il comptait faire pour que cette question soit sérieusement et de façon urgente prise en compte, à commencer par le plus haut niveau, celui du Président de la République, qui, dans le fonctionnement actuel de nos institutions, est le seul à pouvoir œuvrer en ce sens avant la fin du quinquennat.

 

       Las, la réponse se fait attendre. Est-il toujours urgent d'attendre quand la démocratie se dévitalise dangereusement?

 

* Extraits de ma lettre au Premier secrétaire du PS 

 

      « (….) Au-delà des positionnements de tous bords, il y a désormais un constat très largement partagé: la Vème République souffre d'une insuffisance démocratique, qui  est même devenue une entrave à la possibilité de construire un projet commun. Plus que jamais, ses institutions apparaissent comme n’étant plus adaptées au monde dans lequel nous vivons.

 

      Depuis 15 ans, je n'ai cessé d'alerter sur les dérives auxquelles elles ont donné lieu et de proposer des réformes[1] . Je me souviens aussi de ma solitude après le congrès de Grenoble, lorsque je me suis permis de critiquer la mise en place concomitante du quinquennat et de l'inversion du calendrier, une mesure dont je pressentais les conséquences néfastes sur l'équilibre des pouvoirs.

 

      C'est donc avec intérêt que je relève l'une des 50 recommandations du rapport approfondi et argumenté des Secrétaires nationaux. Dans la perspective d'une représentation parlementaire renforcée, la recommandation n°19 propose en effet "de revenir sur la réforme de 2001 et de procéder à l'élection des députés au moins un mois avant l'élection présidentielle."

 

      Je me félicite que cette proposition reprenne celle que je préconise depuis des années. Je note qu’elle est aussi partagée par le groupe de travail co-présidé par Claude Bartolone, Président de l'Assemblée Nationale et Michel Winock, historien. Dans leur rapport n° 3100 de novembre 2015, intitulé "Refaire la démocratie", la commission recommande: "En cas de non-rétablissement du septennat, procéder, a minima, à l'inversion du calendrier électoral afin que les élections législatives aient lieu avant l'élection présidentielle" (proposition n°7).

 

      Il est à cet égard très regrettable que les travaux à l'Assemblée Nationale (première et unique initiative menée par le Parlement lui-même dans l'histoire de la Ve République) soient tombés dans une profonde indifférence politique et médiatique. Il serait également regrettable que le rapport de la commission de notre Parti connaisse le même sort.

 

      Le Parti Socialiste doit se réapproprier cette question des institutions, qui mine la vie politique, afin, comme le suggère le rapport, "d'apparaître comme la première formation politique à être force de propositions concrètes" et attendues par la société civile sensible à l'affaiblissement grave du caractère démocratique de nos institutions. Le temps presse pour que les responsables politiques fassent justement preuve de responsabilité en mettant en œuvre les réformes qui donneront tout son sens à la démocratie. (….) »

 

[1] Voir notamment :

- « La démocratie affaiblie » (octobre 2007) 

- « Quelle souveraineté » (novembre 2011)

- « Redonner tout son sens à la démocratie » (février 2016) 

 

__________________________________________________________________

 

Rappel de mes prises de position sur les primaires (extraits)

 

  • 30 août 2009 (blog)

     J’entends souvent dire : « il faut vraiment avoir la foi, pour faire de la politique en ce moment!». Il est vrai que ce n’est pas simple de prouver à nos concitoyens que l’action politique a un sens, dans cette démocratie, écrasée par l’hyper médiatisation, par le présidentialisme et par une atmosphère de crise mondiale, qui efface les repères et qui rend l’avenir de plus en plus incertain. Comment ne pas comprendre également qu’ils ne croient plus que les mots, si souvent déformés jusqu’à ne plus rien dire (rupture, changement, démocratie, rassemblement, moralisation….) se traduiront par des actes ? Et ce n’est pas la malheureuse formule d’un responsable socialiste, se proclamant « croyant, mais pas pratiquant », pour expliquer ses reniements, qui leur rendra la foi !

 

     Alors, certains ont trouvé la solution miracle : le recours au peuple, probablement parce que -pour rester dans les références religieuses- la voix du peuple, c’est la voix de Dieu (« vox populi, vox dei ») ? Il se trouve que l’on connaît les limites de la démocratie directe, qui n’aurait pas permis par exemple d’abolir la peine de mort il y a 28 ans ! C’est bien pour cela que l’on a recours à la démocratie représentative, même si elle est très imparfaite et si, dans cette Vème République qui en a détourné le fonctionnement pour en faire une monarchie républicaine, bien des transformations sont nécessaires : mandat parlementaire unique, rééquilibrage des pouvoirs….

 

     Soyons donc prudents devant cette soudaine découverte du rôle du peuple comme remède magique aux doutes des citoyens devant la perte de crédibilité de la politique et des responsables politiques. On nous annonce des objectifs ambitieux : « donner une légitimité aux candidats », « régénérer la démocratie », « revisiter la conception des partis politiques », « redonner le pouvoir aux citoyens ». Chacune de ces formules prometteuses nécessiterait un long débat……mais comment ne pas voir qu’une primaire entre une dizaine de candidats socialistes risquerait d’avoir des effets contraires aux objectifs affichés. Par exemple : la participation au vote d’électeurs venant du bord opposé, la fixation de l’opinion publique sur les aspects médiatiques, largement influencés par des forces extérieures à la gauche, la mise à l’écart des autres organisations de gauche, les affrontements publics sur les aspects programmatiques .…Plus que jamais, le proverbe anglais se justifie : « le diable est dans les détails »  (….) 

 

  • 2 décembre 2010 (tribune MEDIAPART: Primaires : attention, danger)

     (….)   Je n’insisterai pas sur les conséquences de la pression médiatique, qui entretient la compétition et qui conduit parfois certains prétendants à des excès ridicules. Je souhaite plutôt attirer l’attention sur la dévitalisation du PS à laquelle va inéluctablement conduire ce système, puisqu’il doit permettre à de nombreux électeurs non militants de choisir, en même temps que le candidat, un projet, un programme et même des alliances. Dans l’éventail des choix offerts aux électeurs, l’accent sera mis sur les différences et le partage entre les candidats se fera à partir de la médiatisation, elle-même influencée par les sondages. On sera loin de l’élaboration collective et des synthèses nécessaires pour élaborer un programme cohérent et mobilisateur.  (….)  

 

     En se montrant en quelque sorte prisonniers de la présidentialisation de la Vème République, les socialistes affaiblissent leur discours sur la volonté de transformer en profondeur des institutions, dont on observe chaque jour un peu plus la dérive monarchique. (….)

 

  • 11 février 2016  (blog)

     L’appel à organiser des primaires de la gauche en vue de l’élection présidentielle de 2017, lancé le 11 janvier 2016, ne m’avait pas convaincu. Je m’en étais entretenu avec mon ami Rémi Lefebvre, professeur de science politique, chercheur au CNRS et bon connaisseur de notre système institutionnel.

 

     Nous étions convenus qu’il était « contradictoire de dénoncer en même temps le fait du prince qui découle de la présidentialisation et de proposer une procédure qui renforce la présidentialisation. »

 

     En réalité, disions-nous, « les primaires entérinent et accélèrent avant tout une logique de personnalisation et favorisent les postures tactiques. Elles n’ont pas la capacité mécanique de raviver le débat citoyen. Elles renforcent la logique présidentialiste et bi-polarisante de la Ve République. A plus long terme, elles favorisent la dépolitisation, la personnalisation et la dramatisation artificielle de la vie politique. La seule façon de ne pas tomber dans ces travers consiste à appeler préalablement l’ensemble de la gauche à poser comme condition de son soutien à un candidat l’engagement de modifier en profondeur les institutions. »

 

     Tel ne semble pas être le cas. C’est ce que fait remarquer Rémi Lefebvre dans cette excellente tribune publiée aujourd'hui dans Le Monde, que j’approuve totalement et dont je vous invite à prendre connaissance.

 

La primaire à gauche est un leurre (extraits)

 

    Le projet de primaire en dit long sur l’impasse de la gauche, son désarroi actuel et sa désorientation stratégique.  (….)

 

     Les défaites cuisantes aux élections intermédiaires depuis 2012 n’ont en rien contrarié une droitisation de l’exécutif de plus en plus assumée. Pire, la candidature de François Hollande, pourtant largement disqualifiée dans l’opinion, apparaît de plus en plus incontournable pour 2017. Les appels au "vote utile" face au double péril extrémiste et terroriste se font déjà entendre. Le levier de la primaire apparaît comme une réponse à cette impuissance systémique. Atomisée, la gauche en vient à se raccrocher à une procédure qui, sous couvert de déverrouiller la situation, ne peut que renforcer à terme les maux qu’elle dénonce et la présidentialisation mortifère du jeu politique.  (….)    

 

     Depuis 2012, l’image de la primaire a changé. La clôture autistique du jeu politique est plus forte que jamais. Le président de la République, adoubé par trois millions de sympathisants à la primaire, lors de ce scrutin, s’est révélé au pouvoir émancipé de toute tutelle partisane et parlementaire et impose au « peuple de gauche » et à ses partis une politique dans laquelle ils ne se retrouvent pas et qui n’obtient aucun résultat.

 

    La plupart des commentateurs conviennent désormais que cette procédure de désignation contribue à exacerber encore la personnalisation de la politique et l’hystérie présidentialiste du débat public, renforcées par le quinquennat et l’inversion du calendrier présidentiel. En accord avec l’imaginaire providentialiste du régime de la Ve République, la primaire n’est qu’une manière de réguler la concurrence des ambitions personnelles qu’elle légitime et banalise, ce faisant. (…)

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22 août 2016 1 22 /08 /août /2016 08:21
Pas d'exception aux principes démocratiques pour l'armement nucléaire
Pas d'exception aux principes démocratiques pour l'armement nucléaire
Pas d'exception aux principes démocratiques pour l'armement nucléaire
Pas d'exception aux principes démocratiques pour l'armement nucléaire

Tribune publiée par le Huffington Post

 

et signée par:

 

Paul Quilès, ancien ministre de la défense, Président d’IDN (Initiatives pour le Désarmement Nucléaire) ; Bernard Norlain, général d’armée aérienne, vice-Président d’IDN ; Jean-Marie Collin, expert, vice-Président d’IDN ; Michel Drain, conseil auprès de la Conférence des évêques de France, membre du bureau d’IDN;

et les membres du Comité de parrainage d’IDN : Gilles Candar, Président de la Société d’études jaurésiennes ; Jean-Pierre Dupuy, philosophe ; Marc Finaud, ancien diplomate ; Georges Le Guelte, ancien secrétaire du Conseil des Gouverneurs de l’AIEA ; Cédric Villani, mathématicien.

 

*********

 

      Les pays occidentaux se plaisent à afficher leurs valeurs démocratiques. L’OTAN, par exemple, se considère, selon la déclaration publiée le 9 juillet 2016 à l’issue du sommet de Varsovie, comme « une communauté sans pareille de liberté, de paix, de sécurité et de valeurs partagées, dont la liberté individuelle, les droits de l'homme, la démocratie et l'État de droit ». À en croire les gouvernements des puissances occidentales, les grands choix de société seraient chez eux toujours soumis au corps électoral.

 

      Il est cependant au moins un domaine où ces principes ne s’appliquent pas, c’est celui de l’armement nucléaire, que les gouvernements français comme britannique s’efforcent systématiquement de soustraire au débat, notamment au sein du Parlement.

 

L’absence de débat

 

      La discussion organisée par la Chambre des communes le 18 juillet 2016 sur le remplacement des sous-marins de la force nucléaire britannique a offert un exemple caricatural de cette absence de véritable débat démocratique. L’enjeu était pour la nouvelle Première ministre de faire apparaître les divisions au sein du parti Travailliste et d’affirmer son autorité après l’échec de son prédécesseur. Sur le fond, le gouvernement britannique n’a donné aucune information sur les coûts des nouveaux systèmes (y compris la probable fabrication de nouvelles têtes), sur leur finalité stratégique, ni sur leur intégration dans la politique de désarmement et de lutte contre la prolifération. Tout au plus a-t-on eu confirmation des évaluations de 2015 : 31 milliards de livres auxquels s’ajoute une provision de 10 milliards pour le développement et la construction des nouveaux sous-marins (soit 49 milliards d’euros au total). En conséquence les débats de la Chambre des communes se sont réduits à une succession d’interventions générales pour ou contre l’arme nucléaire. Ils se sont achevés par un blanc-seing donné au gouvernement.

 

    La situation de la France est encore plus regrettable. Un renouvellement des sous-marins nucléaires lanceurs d’engins de la Force océanique stratégique et une « modernisation » de leurs missiles ont été annoncés. Le gouvernement a de même fait état du lancement des travaux en vue du remplacement des missiles de la Force aérienne stratégique. La France semble ainsi se rallier à la logique de la course aux armements nucléaires que pratiquent déjà les États-Unis, la Russie et la Chine.

 

      Ces programmes auront un coût financier considérable : si les projets actuels étaient confirmés, la dépense annuelle pour les forces nucléaires au lendemain des prochaines élections nationales devrait être de l’ordre de 6 milliards d’euros ; soit le double du niveau constaté en 2016 et ce, pendant au moins 20 années ! Les conséquences militaires, stratégiques et politiques seraient également lourdes : le budget des forces classiques s’en trouverait encore plus contraint, renforçant ainsi les difficultés et la sécurité quotidienne de nos soldats ; la France, en s’engageant encore dans une politique de « prolifération verticale » porterait à son tour atteinte aux équilibres du Traité de non-prolifération.

 

Créer une commission indépendante

 

      Devant cette évolution d’importance capitale, la nécessité d’un véritable débat public et contradictoire s’impose. Le gouvernement devrait décider de créer une commission composée d’experts indépendants, libres de tout lien avec les industriels ou la hiérarchie militaire, à l’image de la commission constituée au Royaume-Uni pour faire le bilan de l’engagement de ce pays en Irak de 2001 à 2009 (Commission Chilcot). Cette commission présenterait un rapport au Parlement sur la politique d’armement nucléaire, sur la stratégie de dissuasion, sa nécessité, sa pertinence, son coût, sa compatibilité avec les actions de désarmement de l’ONU. Ce rapport ferait l’objet d’un débat en séance publique de l’Assemblée nationale (le dernier débat sur l'arme nucléaire dans l’hémicycle date de 1995 !) et du Sénat. Il y aurait là pour le Parlement l’occasion de retrouver un rôle central d’objectivité et de démocratie dans l’élaboration des politiques militaires, alors que jusqu’à présent tout porte à croire que les procédures de débats mises en œuvre assurent par avance le bien fondé des armes nucléaires[1].

 

      La question de l’armement nucléaire est essentielle, si l’on pense aux conséquences humanitaires catastrophiques auxquelles pourrait conduire l’emploi d’une seule de ces armes. L’arme nucléaire a été qualifiée d’assurance-vie, mais elle peut aussi à bon droit être considérée comme un risque mortel. Toutes les décisions concernant la stratégie nucléaire et les systèmes d’armes qui la mettent en œuvre doivent donc être prises dans la clarté, selon des procédures démocratiquement légitimes et en pleine connaissance de leurs conséquences de toute nature. L’armement nucléaire doit cesser de bénéficier d’un régime d’exception. Il doit être replacé sous le régime du droit commun démocratique.

 

_____________________________________________________

[1] -  Il semble qu’il en soit ainsi notamment de la mission d’information sur « les enjeux technologiques et industriels du renouvellement des deux composantes de la dissuasion nucléaire » récemment créée par la Commission de la défense de l’Assemblée nationale.

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19 août 2016 5 19 /08 /août /2016 16:46

En plein délire politico-médiatique à propos du "burkini", un peu d'humour avec ces images trouvées sur les réseaux sociaux permet de relativiser les indignations!

Comment se baigner?

        La baignade des bonnes soeurs (catholiques)

Comment se baigner?

Un agent vérifie la longueur réglementaire des maillots féminins

à Washington DC en 1922

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13 août 2016 6 13 /08 /août /2016 10:35
Retour sur une image forte

      Alors que les JO de Rio battent leur plein et que nous sommes inondés d'images et de commentaires sur cet évènement sportif planétaire, un retour en arrière peut être utile.

 

      On se souvient de l’image, devenue mythique, des 2 coureurs américains levant leur poing ganté de noir sur le podium du 200 mètres des JO de Mexico, en 1968. Ce geste était une façon forte de protester contre la ségrégation raciale, notamment aux Etats-Unis et de le faire savoir au monde entier.

 

      Pourtant, peu de commentaires ont été faits à propos du 3ème homme, le blanc, l’Australien Peter Norman, médaille d’argent de ce 200 mètres. Contrairement à ce que pouvait laisser penser l’absence de commentaire sur son rôle, il a activement soutenu la démonstration de Tommie Smith et John Carlos, ce qui lui a été reproché dans son pays, où il a subi de lourdes conséquences du fait de sa prise de position.

 

      Je n’ai découvert que récemment le rôle de Peter Norman. Comme quoi, il faut savoir lire et décrypter les évènements, sans se laisser étouffer par la force des images et le bruit des commentaires !

 

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- Ecouter sur France Inter : « Des poings gantés de noir : le podium de la discorde des Jeux Olympiques de Mexico »

 

- Lire : « la véritable histoire malheureusement méconnue de l’homme blanc qui n’avait pas levé le poing »

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4 août 2016 4 04 /08 /août /2016 18:41
Ne pas oublier!
Ne pas oublier!
Ne pas oublier!
Ne pas oublier!

Le 6 août 1945, à 8h15, une bombe atomique

frappait la ville japonaise d'Hiroshima

 

Rappel des faits: Regarder la vidéo (1'45)

 

"Ce n'est pas la bombe atomique qui a poussé le Japon à capituler"

Lire le remarquable texte de Ward Wilson: 

 

Réaction d'Albert Camus après la bombe d'Hiroshima

Lire son éditorial du 8 août 1945 dans Combat

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1 août 2016 1 01 /08 /août /2016 17:32
Une communauté de communes au service de ses habitants

      Les élus de la 4C (Communauté de Communes du Cordais et du Causse), que je préside, refusent la fusion avec la 3.CS (Communauté de Communes de Carmaux et du Ségala), qui lui est imposée.

 

      Ce refus vient de se concrétiser par un recours pour excès de pouvoir introduit par la 4C devant le Tribunal Administratif de Toulouse.

 

      Pour comprendre la situation:

 

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COMMUNIQUE DE PRESSE

 

       La loi du 7 août 2015, dite « loi NOTRe » (Nouvelle Organisation Territoriale de la République) prévoit une évolution des périmètres des intercommunalités, qui doit être effective début 2017.

 

       Le projet de schéma départemental  de coopération intercommunale  présenté par le Préfet du Tarn le 12 octobre 2015 prévoyait le maintien du territoire actuel  de la 4C avec l’adjonction de trois communes (Villeneuve sur Vère, Milhavet, Lapparouquial), membres de la Communauté de Communes du Carmausin-Ségala (3.CS).

 

       Cette proposition a été validée par les  élus du conseil communautaire et  des conseils municipaux de la 4C.

 

      Par délibération du 18 février 2016, la communauté de communes du Carmausin-Ségala s’est prononcée défavorablement sur le rattachement des communes de Villeneuve sur Vère et de Milhavet à la 4C et a décidé de déposer un amendement au schéma départemental de coopération intercommunale en proposant la fusion de la 4C avec la 3.CS.

 

     Cette proposition a été acceptée par la CDCI (Commission Départementale de Coopération Intercommunale) le 21 mars 2016.


      L’arrêté préfectoral du 29 mars 2016 a intégré cette décision dans le nouveau schéma départemental de coopération intercommunale et un arrêté préfectoral a été pris le 8 juillet 2016 pour définir la « mise en œuvre de la fusion ».

 

      D’un commun accord,  les élus de la 4C ont décidé de refuser cette fusion en engageant une procédure contentieuse, sous la forme d’un recours pour excès de pouvoir, assorti le cas échéant, d’une demande de suspension de l’exécution de l’arrêté préfectoral du 8 juillet 2016, devant le juge des référés du Tribunal Administratif de Toulouse.

 

      En effet, ils considèrent, notamment, que le périmètre de la communauté de communes issue de la fusion ne répond pas aux exigences de « cohérence spatiale » et de « solidarité territoriale » requises par la loi.

 

     Par ses réalisations et sa gestion, la 4 C fait la preuve qu’elle a les moyens (humains et financiers) de poursuivre son action au service de son territoire et de ses habitants. Ce serait une erreur de la diluer dans un espace où les spécificités du Cordais et du Causse seraient difficiles à prendre en compte.

 

      Il en résulterait une perte d’efficacité dans la gestion, contraire à l’objectif affiché par la loi et à un éloignement des centres de décision, contraire au besoin de proximité, auquel la population rurale est particulièrement attachée. 

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22 juillet 2016 5 22 /07 /juillet /2016 17:11
Le Ciel sur Cordes

     La 5ème édition « Le Ciel sur Cordes » aura lieu au coeur de la cité de Cordes sur Ciel du mercredi 27 juillet au jeudi 4 août. 

 

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      Aux côtés de la mairie, le Centre National d’Études Spatiales (CNES) et Arianespace participent à ce rendez-vous estival qui conjugue, dans un site midi pyrénéen d’exception, science et culture pour mettre à la portée de tous la richesse de l’espace.

     

      Lieu privilégié d’échanges et de rencontres entre les acteurs européens du spatial et le grand public, Paul Quilès, maire de Cordes sur Ciel et ministre en charge de l’espace de 1988 à 1992, résume bien son ambition: 

« "Le Ciel sur Cordes" est un programme pluridisciplinaire et multiculturel sur plusieurs années qui a pour but de révéler au yeux du grand public la réalité, souvent insoupçonnée, de l’espace, de susciter des passions et des vocations parmi les jeunes»

 

      Cette année, une exposition d’images spatiales de toute beauté sur « 30 ans d’observation de la Terre (1986 - 2016) » va proposer de porter un autre regard sur notre planète, notamment à travers l’évolution de paysages emblématiques ou encore d’événements historiques qui ont marqués ces trois décennies.

 

      Quatre conférences pour (presque) tout savoir sur l’observation de la Terre sont également programmées sous la Halle le 27 juillet à 20h30.

 

      La Cité de l’espace participe également à cette 5ème édition en présentant « Le labo des expériences » sous la Halle les 27 et 28 juillet.

 

      Quant aux plus jeunes, des ateliers ludiques et pédagogiques pour les 8 / 14 ans animés par Planète Sciences leur sont dédiés durant toutes les festivités: le 27 de 14h à 19h et du 28 au 4 août de 10h à 12h & de 14h à 19h à la Mairie, ainsi qu'une médiathèque (livres, vidéos, multimédia, poster interactif, jeux, etc.) ouverte à tous. 

 

Lire le programme

 

Ecoutez les émissions réalisées par la radio CFM

 

Voir sur le site de la mairie

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21 juillet 2016 4 21 /07 /juillet /2016 10:52
Une distinction exceptionnelle pour notre Office de Tourisme

L’Office de Tourisme Intercommunal « du Pays Cordais au Pays de Vaour », géré par la 4 C (Communauté de Communes du Cordais et du Causse), vient d’obtenir son classement en catégorie 1.


Cette distinction exceptionnelle, qui met notre office de tourisme au niveau de ceux de Paris et de Toulouse, est partagée seulement par deux autres offices dans le Tarn (Sorèze et Monts de Lacaune).

 

Elle repose sur la satisfaction de plus de 200 critères (un personnel qualifié, formé et à l’écoute, des supports de communication en trois langues, des locaux adaptés à l’accueil, un service à distance, des éco gestes…), dont l’obtention de la marque « Qualité Tourisme ».

 

C’est une belle reconnaissance pour toute une équipe très motivée et dynamique, qui, avec un budget modeste, voit passer dans ses bureaux plus de 100 000 visiteurs par an !

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Pour en savoir plus:

 

site de l'Office de tourisme

site de la 4 C

site de la mairie de Cordes

Une distinction exceptionnelle pour notre Office de Tourisme
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la cité médiévale

dont Paul Quilès est le maire
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 Avant de venir à Cordes, consultez:

     * site de l'Office du tourisme 

     * site de la mairie     

Bibliographie

- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  
- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu)
- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff )

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï)
-
1992: Nous vivons une époque intéressante
- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez