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9 novembre 2014 7 09 /11 /novembre /2014 21:44

     Alors que des tensions se multiplient entre la Russie et les pays occidentaux, le think-tank ELN , auquel je participe, décrit, dans un rapport publié ce jour, près de 40 incidents militaires qui ont eu lieu depuis mars dernier,

 

      Ce rapport exclusif insiste en particulier sur le caractère très grave de 14 d’entre eux, qui témoignent d’une volonté de provocation de la part de la Russie. (voir la carte interactive)

 

      Même si la confrontation militaire directe a été évitée jusqu'à présent, la conjonction de ces attitudes agressives et l’intention des forces militaires occidentales de les contrer pourrait conduire à une involontaire mais dangereuse escalade et à une perte de contrôle sur les évènements.

 

      Les responsables politiques doivent se souvenir que toutes les guerres ne commencent pas intentionnellement !

 

      A l’évidence, les Russes ont engagé cette forme de confrontation dans le climat créé par la crise ukrainienne.

 

    1) Le rapport recommande aux dirigeants occidentaux d’intervenir clairement auprès des Russes pour les convaincre que ce qu'ils font est dangereux pour eux, aussi bien que nous.

 

     2) Le rapport suggère aussi que, des deux côtés, les dirigeants civils donnent des consignes de retenue à leurs chaînes de commandement militaire, ainsi qu’à leurs alliés et partenaires (Géorgie, Moldavie, Transnistrie et autres points chauds potentiels entre Russie et pays occidentaux).

 

       3) Le rapport souhaite enfin que soit améliorées la communication et la transparence sur les déploiements militaires, de façon à donner aux dirigeants le temps nécessaire à la décision, en évitant de leur communiquer des informations potentiellement erronées sur ce que l'autre fait. Il ne faut pas oublier qu’il s’agit ici d’un risque de confrontation entre un pays, la Russie et une alliance (l’OTAN) disposant d’armes nucléaires.

Eviter une escalade dangereuse avec la Russie
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8 novembre 2014 6 08 /11 /novembre /2014 09:28

      Pendant 41 ans et 132 jours, l’Allemagne a été séparée en Allemagne de l’Est et Allemagne de l’Ouest.

 

      Après plus de quatre décennies de guerre froide et de menace nucléaire entre l’Est et l’Ouest, la chute du mur de Berlin, le 9 novembre 1989, a marqué le début d’une période nouvelle.

 

     Tout ne s’est pourtant pas réglé instantanément et il a fallu près d’un an de négociations pour aboutir à la réunification de l’Allemagne.

 

     A l'occasion du 25ème anniversaire de la chute du Mur, la chaîne de télévision Toute l'histoire revient sur ces évènements demain, dimanche 9 novembre à partir de 15h.

 

Souvenirs.....

 

     *  9 novembre 1989, à 19h45: mon intervention à la télévision, juste après la chute du Mur de Berlin, où j'ai été le premier homme politique français à commenter l'évènement.

 

     * 9 novembre 2009: commémoration du 20ème anniversaire de la chute du Mur à Cordes sur ciel…..« les murs n’arrêtent pas l’Histoire » .

Comprendre la chute du Mur de Berlin
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29 octobre 2014 3 29 /10 /octobre /2014 18:17

       « Il n’est pas toujours approprié ou nécessaire que les institutions militaires jouent un rôle majeur dans les crises humanitaires ou de santé. Toutefois, aussi longtemps que toute assistance militaire fournie est compatible avec les directives d'Oslo sur l'utilisation des forces militaires étrangères et de la protection civile en cas de catastrophe élaboré par le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires, un rôle pour l'OTAN serait justifié, précieux et largement salué.  (….)

 

        Par ses capacités uniques, l'OTAN peut vraiment faire la différence dans ce désastre, en mobilisant ses moyens aériens, en apportant un soutien logistique maritime, par l'utilisation de navires-hôpitaux, et par son expertise en matière de défense chimique, biologique, radiologique et nucléaire. »

 

      C’est dans cet esprit que plus de quarante personnalités, dont deux anciens secrétaires généraux de l'OTAN, trois anciens premiers ministres et un certain nombre d'anciens ministres des Affaires étrangères et de la défense, appellent à une mobilisation de l'OTAN pour lutter contre l’épidémie d’Ébola en Afrique de l'Ouest.

 

       Je fais partie des signataires de deux lettres adressées en ce sens, l'une au Secrétaire général de l'OTAN, Jens Stoltenberg, et l'autre conjointement au Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon et à la Directrice générale de l'Organisation mondiale de la Santé, Margaret Chan.

 

 Lire ces lettres

Ebola: lettre au secrétaire général de l'OTAN
Ebola: lettre au secrétaire général de l'OTAN
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14 octobre 2014 2 14 /10 /octobre /2014 21:02
L'horreur de la "Grande guerre"
L'horreur de la "Grande guerre"
L'horreur de la "Grande guerre"
L'horreur de la "Grande guerre"
L'horreur de la "Grande guerre"

       Je vous recommande d'aller visiter, si vous le pouvez, la remarquable exposition "Vu du front", qui raconte en images l'horreur de la guerre de 14-18. Cela vaut mieux que de grands discours.....

 

Du 15 octobre au 25 janvier 2015,

à l'Hôtel des Invalides- Paris (7ème)

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11 octobre 2014 6 11 /10 /octobre /2014 14:45

     Alors qu'on nous envoie au visage chaque jour la réussite du modèle allemand et de ses recettes, il n'est pas intéressant de lire cette analyse de l'économiste allemand Marcel Fratzcher.

 

    Selon lui, "l’économie de ce pays est en échec. Sa croissance depuis l'an 2000 est plus faible que la moyenne européenne. Les salaires y ont progressé moins vite, et la pauvreté, en hausse, touche un enfant sur cinq".

 

                                                             Lire  

Le chant du cygne de l'économie allemande
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9 octobre 2014 4 09 /10 /octobre /2014 19:11

Une très intéressante analyse d'Olivier Soulier 

 

      Ebola vient confronter des décennies de souffrance de guerre effrayante dans nos anciens pays coloniaux et les mémoires d’esclavagisme.


      Certains voudraient en faire une nouvelle source de profit pharmaceutique, d'autres cèdent à la peur et Ebola devient le catalyseur de notre angoisse face à ce monde qui change.


      Ebola, connu depuis 30 ans et annoncé régulièrement comme un grand péril, apparait maintenant sur le devant de l’actualité.


      Quelle est la gravité réelle d’Ebola ?   (....)

 

                                                                 Lire la suite

Ebola, le sens d’une épidémie
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3 octobre 2014 5 03 /10 /octobre /2014 09:15

       J'ai signé, avec 34 personnalités européennes, cet appel aux chefs d'Etat, pour que soit mise en oeuvre une réponse rapide et efficace à la menace liée à l'épidémie du virus EBOLA. Les besoins sont énormes et les discours ne suffisent pas, il faut des actes!

35 responsables européens demandent une réunion urgente des chefs d'Etat sur la crise du virus Ebola ​​

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29 septembre 2014 1 29 /09 /septembre /2014 14:34

Tribune de Paul Quilès publiée dans l'Humanité du 30 septembre

 

       Ce qui se passe avec le pseudo Etat prétendument islamique est préoccupant. L’EI, qui a usurpé les habits de la religion, dispose de beaucoup d’argent, d’un armement important, d’une base géographique à cheval sur 2 pays, de soutiens locaux, d’effectifs provenant de plusieurs pays occidentaux. Il s’est rapidement développé, en tirant profit du sectarisme du précédent gouvernement irakien et des nombreuses erreurs commises par les Occidentaux dans cette région, notamment celles des Etats- Unis depuis 10 ans.

 

          Ce groupe se nourrit des multiples tensions qui traversent la région :

 

      - Le dessin des frontières, résultat d’un partage de la région entre la France et la Grande Bretagne datant de 1923, portait les germes de conflits futurs, en raison notamment du refus de la Turquie de reconnaître la minorité kurde.

      - Les sociétés du Liban, de la Syrie et de l’Irak sont marquées par une fragmentation entre des identités multiples, religieuses, ethniques ou tribales.

     - Les ambitions de l’Arabie Saoudite sunnite, alliée indéfectible de l’Occident, malgré son régime obscurantiste et répressif, se heurtent à celles de l’Iran chiite, qui aspire à prendre l’ascendant sur le monde musulman en proposant son modèle de république islamique.

      - L’influence de l’Iran s’étend au Liban en raison du poids du Hezbollah chiite, à la Syrie dominée par la minorité alaouite, proche du chiisme et à l’Irak majoritairement chiite.

      - Dans le camp sunnite, le leadership de l’Arabie saoudite est contesté par ceux qui réclament à la fois des élections libres et l’application de la loi islamique : le Qatar (malgré son régime autoritaire), la Turquie, mais aussi le mouvement des Frères musulmans.     

 

      L’apparition de l’EI est donc le produit d’une accumulation de tensions et de conflits non résolus. Dans cet imbroglio, la tentation est de limiter le débat public à des simplifications extrêmes, pouvant donner lieu à de la démagogie ou à des manipulations.

 

      Ainsi, vouloir arrêter la progression de l’EI et favoriser le rétablissement de l’autorité du gouvernement irakien, est légitime, mais l’idée que l’on pourra « éradiquer » militairement cette organisation « barbare » est une idée fausse.

 

      La réponse au défi de l’EI ne peut qu’être politique. Elle doit être recherchée par une nouvelle conférence internationale, moins dominée par la seule puissance américaine et clairement placée sous l’autorité de l’ONU. La fin du régime d’El-Assad serait un facteur déterminant dans la défaite de l’EI, mais ce serait une illusion de croire qu’elle ne pourra être obtenue que par des moyens militaires. La poursuite indéfinie de la guerre civile nourrit l’extrémisme.

 

      Il faut donc, sur la base des acquis des conférences de Genève, reprendre les négociations sans préalable entre toutes les forces syriennes (à l’exception des mouvements terroristes) et avec la participation de toutes les puissances intéressées, en vue d’un partage du pouvoir, conforté par de nouvelles élections sous contrôle international. La stabilisation durable de la Syrie, de l’Irak et sans doute du Liban ne pourra pas être acquise sans une réintégration progressive de l’Iran dans le jeu diplomatique, ce qui suppose un règlement négocié du litige nucléaire.

.

      En attendant, des questions se posent à propos de l’engagement de la France. Aura-t-elle la maîtrise des buts de cette opération pilotée par les Etats-Unis ? Son action aura-t-elle toute la portée politique souhaitable, en particulier si elle est associée à des campagnes de bombardement plus intenses frappant des populations sunnites ? En tout cas, notre pays doit avoir la sagesse d’exclure toute intervention en Syrie en l’absence de mandat international.

La réponse au défi de l’EI ne peut qu’être politique
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24 septembre 2014 3 24 /09 /septembre /2014 23:16

      L’émotion considérable qu’a suscitée l’assassinat du Français Hervé Gourdel par un groupe algérien affilié à l’EI est compréhensible et je la partage totalement.

 

      Pourtant, au-delà des flots de commentaires, largement médiatisés, auquel a donné lieu ce crime abominable, il faut essayer de comprendre ce qui se passe.

 

      On l’avait presque oublié : le mode principal d’action d’un mouvement terroriste est de terroriser ! C’est bien ce que fait l’EI depuis sa création : terroriser les habitants des territoires du Moyen-Orient qu’il souhaite conquérir, mais aussi traumatiser les Occidentaux, dont il pense que les populations pousseront à la faute leurs responsables politiques.

 

      La faute serait de considérer que seule la réplique militaire contribuera à réduire la nocivité de ce groupe exalté et criminel. L’expérience d’interventions ratées permet d’affirmer qu’il faut aussi une réponse politique, qui passe d’abord par une bonne compréhension des conditions d’émergence de ce groupe et de ses objectifs.

 

      L’EI dispose de beaucoup d’argent, d’un armement important, d’une base géographique à cheval sur 2 pays, de soutiens (tribus sunnites), d’effectifs provenant de plusieurs pays (notamment d’Europe). Il s’est développé à partir des erreurs commises et dans un contexte particulier modelé par des évènements historiques (la « vendetta » entre Chiites et Sunnites….. qui dure depuis 14 siècles, les frontières redessinées par les puissances occidentales il y a un siècle, les erreurs des Etats- Unis depuis 10 ans, le sectarisme du précédent gouvernement irakien….)

 

      Espérons que les responsables politiques occidentaux, mais aussi et surtout ceux des pays du Moyen- Orient sauront trouver les réponses susceptibles d’endiguer cet extrémisme barbare (voir "Comment sortir du chaos?")

 

      Dans ce combat de longue haleine, il faudra éviter les débordements intempestifs vers des considérations communautaristes ou religieuses. Il ne faudra pas non plus perdre de vue, puisque l’on parle beaucoup de « guerre », qu’il ne s’agit pas d’une guerre entre l’Occident et les pays du Moyen- Orient, mais d’une série de conflits, avec leurs terribles cortèges de destructions, de morts, de blessés, de déplacés…, qui touchent des Sunnites, des Chiites, des Kurdes, des Chrétiens d’Orient, des Yazidis.

 

       Dernière remarque. J’ai entendu dire que le risque terroriste était nouveau. Même si l’EI est une organisation d’un type particulier, cela fait des années que ce risque et les moyens de s’en prémunir ont été analysés. Je vous suggère à ce sujet de consulter le rapport que j’ai présenté comme Président de la commission de la défense de l'Assemblée nationale après les attentats du 11 septembre 2001 : "33 propositions pour améliorer la lutte contre le terrorisme"

Terroriser!
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23 septembre 2014 2 23 /09 /septembre /2014 09:14

      Barack Obama s’est engagé à rassembler une « large coalition » pour « éradiquer » le mouvement terroriste dénommé Etat Islamique (EI). François Hollande, pour sa part, a annoncé qu’il « engageait la France » dans cette coalition.

 

      Avant d’examiner les origines du véritable chaos que traverse le Moyen-Orient, ainsi que les réponses qui pourraient être apportées aux drames que vivent ses populations, constatons que de telles décisions, graves de conséquences, ne donnent pas lieu aux concertations qu’on serait en droit d’attendre dans des pays démocratiques.

 

      Pour ce qui concerne la France, on nous répondra que c’est ainsi, puisque l’on vit dans un système de monarchie républicaine, qui postule que certains sujets concernant la diplomatie et la défense n’ont pas à faire l’objet de débat préalable…. Combien de temps encore les Français vont- ils accepter de voir ainsi leurs représentants dessaisis du droit de débattre de l’opportunité de tels choix, qui engagent sérieusement notre pays ?

 

      Certes, l’écheveau des fils de l’invraisemblable imbroglio moyen-oriental est difficile à dénouer. La difficulté ne date pas d’aujourd’hui et on cite souvent la fameuse phrase de Charles de Gaulle dans ses Mémoires de guerre : « Vers l’Orient compliqué, je volais avec des idées simples »….en oubliant quand même la suite du propos -« Je savais qu’au milieu de facteurs enchevêtrés, une partie essentielle s’y jouait. Il fallait donc en être » 

 

      Cette référence ne justifie pas que le débat public se limite à des simplifications extrêmes, qui peuvent donner lieu à des jugements démagogiques ou à des manipulations, comme celle qui consiste à vouloir imposer des réponses, forcément simples, puisque le sujet est compliqué !

 

        Si l’on veut comprendre les enjeux de ce qui se passe au Moyen-Orient, il faut commencer par revenir sur les évènements passés, tenter de comprendre les causes profondes des divisions et des détestations, les ressorts profonds des parties en présence, le poids de l’Histoire et notamment de la religion, les intérêts croisés et parfois contradictoires, le rôle du pétrole….. Il faut aussi revenir sur les erreurs commises et dont on subit aujourd’hui les conséquences.

 

 Réécrire l’histoire serait vain, mais s’interroger sur la façon d’éviter

la répétition de ces erreurs peut être utile.

 

    Relevons d’abord que les Etats actuellement en crise sont des constructions récentes et fragiles : les frontières entre la Turquie, le Liban, la Syrie et l’Irak sont le résultat du partage de la région entre la France et la Grande Bretagne à la fin de la Première Guerre mondiale. Ce partage a été en partie corrigé par le traité de Lausanne (1923), lorsqu’Atatürk établit l’Etat national turc. Mais la fondation de la Turquie kémaliste portait également les germes de conflits futurs, en raison notamment du refus de reconnaître la minorité kurde.

 

      Les sociétés du Liban, de la Syrie et de l’Irak sont marquées par une fragmentation entre des identités multiples, religieuses, ethniques ou tribales. Il y existe un réel sentiment d’appartenance nationale, mais ce sentiment peut, en période de crise, passer au second plan derrière les loyautés communautaires, ressenties comme plus protectrices.

 

      Si les troubles du Moyen-Orient ont un tel impact sur la sécurité internationale, c’est naturellement en raison du poids de la région dans l’approvisionnement en pétrole de l’Europe, de l’Asie et même des Etats-Unis (malgré le développement récent des hydrocarbures non conventionnels). Autre facteur déstabilisant : le conflit israélo-arabe. Enfin les rivalités des puissances régionales entretiennent des tensions permanentes : les ambitions de l’Arabie Saoudite sunnite, alliée indéfectible de l’Occident, malgré son régime obscurantiste et répressif, se heurtent à celles de l’Iran chiite qui aspire à prendre l’ascendant sur le monde musulman en proposant son modèle de république islamique. L’influence de l’Iran s’étend au Liban en raison du poids du Hezbollah chiite, à la Syrie dominée par la minorité alaouite, aujourd’hui proche du chiisme et à l’Irak majoritairement chiite. Mais, dans le camp sunnite, le leadership de l’Arabie saoudite est contesté par tous ceux qui réclament à la fois des élections libres et l’application de la loi islamique. On trouve dans cette mouvance des Etats comme le Qatar (malgré son régime autoritaire) ou la Turquie, mais aussi le mouvement des Frères musulmans.

 

      L’apparition du prétendu « Etat islamique » (EI) est un produit de cette accumulation de tensions et de conflits non résolus. Il s’est développé en Syrie, où il a pu profiter de l’incapacité de l’opposition, dramatiquement divisée, à vaincre le régime. Il a rapidement étendu sa présence en Irak, en jouant sur les frustrations de la minorité sunnite. Il sans doute bénéficié du soutien de certains milieux saoudiens désireux de combattre l’influence des Frères musulmans et de la passivité de la Turquie, qui ne souhaite pas prendre parti entre l’EI et les mouvements autonomistes kurdes.

 

Dans ce chaos, que peut apporter l’intervention de la France ?

 

      Arrêter la progression de l’EI et favoriser le rétablissement de l’autorité du gouvernement irakien sont des objectifs parfaitement légitimes. Mais la France aura-t-elle la maîtrise des buts de cette opération politico-militaire pilotée par les Etats-Unis ? Son action aura-t-elle toute la portée politique souhaitable, en particulier si elle est associée à des campagnes de bombardement plus intenses frappant des populations sunnites ? Elle doit avoir la sagesse d’exclure toute intervention en Syrie en l’absence de mandat international. Mais la France prendra-t-elle pour autant ses distances par rapport aux opérations américaines en Syrie, qui viennent de démarrer ?

 

      Quant à l’armement de l’opposition syrienne « modérée », comment empêcher qu’il profite à des mouvements comme le Front Al-Nosra, qui, même s’ils combattent l’EI, recourent aux mêmes méthodes et entendent imposer une idéologie tout aussi totalitaire ? 

 

     La réponse au défi de l’EI ne peut qu’être politique.

 

      Elle doit être recherchée par une nouvelle conférence internationale, moins dominée par la seule puissance américaine et clairement placée sous l’autorité du Conseil de sécurité de l’ONU. La fin du régime d’El-Assad serait un facteur déterminant dans la défaite de l’EI, mais ce serait une illusion de croire qu’elle ne pourra être obtenue que par des moyens militaires. La poursuite indéfinie de la guerre civile nourrit l’extrémisme, d’ailleurs attisé par la rivalité des puissances régionales. Il faut donc, sur la base des acquis des conférences de Genève, reprendre les négociations sans préalable entre toutes les forces syriennes (à l’exception des mouvements terroristes) et avec la participation de toutes les puissances intéressées, en vue d’un partage du pouvoir, conforté par de nouvelles élections sous contrôle international.

 

      Soyons aussi conscients que la stabilisation durable de la Syrie, comme celle de l’Irak et sans doute du Liban ne pourront pas être acquises sans une réintégration progressive de l’Iran dans le jeu diplomatique, ce qui suppose un règlement négocié du litige nucléaire.

 

      Enfin, la relance des conversations en vue d’une « zone exempte d’armes de destruction massive » au Moyen Orient* contribuerait également, dans cette perspective, au retour de la confiance et à l’affaiblissement des extrémismes.

 

On le voit, dans l’Orient compliqué dont parlait De Gaulle, il faut s’efforcer de ne pas en rester à des idées simples !

__________________________________________________________________

* Le principe de ces négociations a été accepté lors de la conférence d’examen du Traité de Non-Prolifération (TNP) en 1995 et réaffirmé en 2010. La réunion préparatoire devait avoir lieu en 2012…..mais a été reportée sine die, à la demande des Etats-Unis, en raison de « l’absence de stabilité du Moyen-Orient » (voir sur ce blog: "Moyen-Orient: une occasion manquée")

Moyen-Orient : comment sortir du chaos ?
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     * site de l'Office du tourisme 

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Bibliographie

- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  
- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu)
- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff )

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï)
-
1992: Nous vivons une époque intéressante
- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez