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19 juillet 2015 7 19 /07 /juillet /2015 16:44
Le ciel sur Cordes
Le ciel sur Cordes

      La quatrième édition de la manifestation "le Ciel sur Cordes" se déroulera du mercredi 29 juillet au 6 août.

 

     Son inauguration aura lieu le 29 juillet en présence de Jean-Yves Le Gall, Président du CNES et de François Ringuet, maire de Kourou (Guyane), qui signera avec moi à cette occasion la Convention de jumelage entre Cordes sur Ciel et Kourou.

 

      Trois conférences seront proposées: le 29 juillet, sous la Halle, "Philae, la mission de tous les records" et "L’apport du spatial en océanographie" (conférences animées par Michel Chevalet) ; le 5 août, au théâtre du Colombier, "Au cœur de Mars"..

 

Présentation de la manifestation 

:

      « Aux côtés de la mairie de Cordes sur Ciel, le Centre national d’études spatiales (CNES), Arianespace et Thales Alenia Space prennent part à cet événement, dont le but est de conjuguer histoire et modernité, en ouvrant une fenêtre sur le spatial dans un cadre architectural unique.

 

      Cette manifestation donnera l’occasion au public de participer à des animations organisées au sein de cette bastide tarnaise.

 

      Rendez-vous scientifique et culturel en Midi-Pyrénées, « Le Ciel sur Cordes » souhaite devenir un moment privilégié de rencontres rassemblant des acteurs européens du secteur spatial et le grand public. Une ambition résumée par Paul Quilès, maire de Cordes sur Ciel et ministre en charge de l’Espace de 1988 à 1992 :    « Le Ciel sur Cordes est un programme pluridisciplinaire et multiculturel sur plusieurs années, qui a pour but de révéler aux yeux du grand public la réalité, souvent insoupçonnée, de l’espace, susciter des passions et, pourquoi pas, des vocations parmi les plus jeunes ».

 

      La Cité de l’espace participe également à cette 4ème édition en présentant une activité pour les jeunes intitulée « le labo des Expériences » les 29 et 30 juillet. »

 

****

 

    Retrouvez chaque jour les coups de projecteur de la radio CFM 

 

consacrés au Ciel sur Cordes

 

en cliquant ici

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18 juillet 2015 6 18 /07 /juillet /2015 16:48
La première bombe atomique

Jean-Marie Collin, vice-président d'ALB (Arrêtez la bombe) et chercheur associé au GRIP revient sur le premier essai nucléaire réel du 16 juillet 1945 et sur ses conséquences.

Lire son interview sur le site du Monde.fr

Présentation:

Il y a soixante-dix ans, le 16 juillet 1945, les scientifiques du projet Manhattan, lancé en 1942, assistaient à la première explosion d’une bombe atomique, au Nouveau-Mexique, un essai organisé dans le plus grand secret.

La veille, le 15 juillet, la bombe à fission « Little Boy », semblable à celle testée à Alamogordo, avait été embarquée à bord du croiseur Indianapolis à destination de l’île de Tinian, dans le Pacifique. Le 6 août, elle était larguée sur la ville japonaise d’Hiroshima. Une autre bombe de ce type, nommée « Fat Man », était ensuite larguée sur Nagasaki le 9 août. Elles ont tué quelque 220 000 Japonais au moment de leur explosion, auxquels sont venues s’ajouter plus de 200 000 personnes mortes ultérieurement de doses mortelles de radiation.

L’ère atomique était lancée, qui s’est rapidement caractérisée par la course aux armes nucléaires de la guerre froide entre les Etats-Unis et la Russie. On estime que de 1955 à 1989, environ 55 essais nucléaires furent effectués chaque année, selon l’ONU.

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16 juillet 2015 4 16 /07 /juillet /2015 15:53
Ne dites pas:"c'est trop compliqué...."

     Quand j’aborde la question de la dissuasion nucléaire dans une conversation privée, j’entends souvent : "Oh là ! C’est trop compliqué pour moi. Et puis, ça me fait peur, je préfère ne pas savoir et me taire… "

 

      Lorsque des échanges ont lieu, il n'est pas rare que soient mises sur la table les fameuses contre-véritésressassées depuis 50 ans, qui constituent les dogmes de la religion nucléaire.

 

      Et pourtant, si on veut bien se donner la peine de s’informer et de lire (pas seulement Facebook et les tweets !), on s’aperçoit qu’il s’agit d’un sujet grave et qui mérite une réflexion allant au-delà des approximations et des petites polémiques….

 

      C'est pourquoi, je vous suggère de profiter de la période des vacances pour mieux comprendre les enjeux du monde nucléarisé et dangereux dans lequel nous vivons et de consulter le dossier " Le désarmement, la prolifération et la non-prolifération  nucléaires "  réalisé par l’association ALB, que je préside et le site Irénées .

 

      Je vous recommande en particulier la lecture de la fiche concernant " les mythes sur la dissuasion nucléaire ", qui remet en cause les idées reçues.

 

      La dernière fiche publiée est saisissante. Elle décrit l’arsenal nucléaire mondial , qui est aujourd’hui d’environ 16 300 armes nucléaires, que se répartissent neuf puissances nucléaires : États-Unis, Russie, France, Chine, Royaume-Uni, Israël, Inde, Pakistan, Corée du Nord.

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14 juillet 2015 2 14 /07 /juillet /2015 10:10
Iran : un accord essentiel pour la sécurité

     Enfin ! C’est un accord historique qui vient d’être signé à Vienne entre Téhéran et six grandes puissances (Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie et Allemagne).

 

     Non seulement il permet de sortir les négociations sur le nucléaire iranien de l’impasse dans laquelle elles étaient enfermées depuis plus de 12 ans, mais surtout, il constitue un facteur positif pour la sécurité internationale.

 

      Certes, tout n’est pas réglé au Moyen-Orient, tant s’en faut, mais soyons bien convaincus que l’échec des négociations, longues et complexes, qui viennent de se conclure, aurait conduit à un grave accroissement des tensions internationales.

 

      N’en déplaise à M. Nétanyahu *, aux dirigeants saoudiens et aux faucons du parti républicain des Etats-Unis, l’acceptation par l’Iran de ne pas développer un armement nucléaire permet de progresser vers la paix et la sécurité.

 

      Il faut maintenant aller plus loin et prendre de nouvelles initiatives pour renforcer la légitimité du régime international de non-prolifération. Les Européens ont en particulier un rôle essentiel à jouer pour relancer la réunion d’une conférence internationale sur la négociation d’une « zone exempte d’armes de destruction massive » au Moyen-Orient **. 

 

      Il faudra aussi s’interroger sur la pertinence du coûteux « bouclier anti-missile » de l’OTAN, présenté comme devant nous protéger d’un risque d’attaque par un missile nucléaire iranien !  

 

      Un des premiers enseignements de la réussite des négociations qui se sont conclues ce matin à Vienne est que les voies de la paix ne peuvent être trouvées sans persévérance, sans volonté politique et sans refus de céder aux arguments des faucons *** de toute sorte.

 

************

 

- Extrait de l’appel que j’ai lancé avec 2 anciens ministres européens le 16 mars 2015 :    

« Nous appelons nos gouvernements à prendre la mesure de cette occasion historique de s’assurer de l'utilisation pacifique de la technologie nucléaire par l'Iran, de réinsérer ce pays dans la communauté internationale et de renforcer les efforts mondiaux de non-prolifération. En inscrivant leur action dans la perspective d’une réussite des négociations en cours, ils joueraient la carte de l’avenir et de la sécurité mutuelle. »

 

- Relire la tribune que j’ai signée avec Shlomo Ben Ami, ancien ministre des affaires étrangères d’Israël le 19 juin 2013.

_________________________________________________________________

 

*  "C'est une erreur grave aux conséquences historiques", a réagi Benyamin Nétanyahu à l'annonce de l'accord entre l'Iran et les grandes puissances, sur le programme nucléaire de la République islamique. "Israël fera tout ce qui est en son pouvoir pour empêcher le texte d'être ratifié", a déclaré le Premier ministre israélien.

 

**  Ce sujet donne lieu chaque année à une résolution lors de l’Assemblée générale des Nations Unies. Lors de la conférence de révision du TNP (2010), le Document final indique qu’un ambassadeur est chargé de lancer officiellement au plus tard en 2012 « une conférence en vue de la création au Moyen-Orient d’une zone exempte d’armes nucléaires et de toutes autres armes de destruction massive ». Cette conférence, originellement programmée en décembre 2012, a été annulée par les Etats-Unis (avec le soutien d’Israël) invoquant des motifs de tensions trop grands au Moyen-Orient !

 

*** Se souvenir de la formule de N. Sarkozy : " une seule alternative : la bombe iranienne ou le bombardement de l’Iran "

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12 juillet 2015 7 12 /07 /juillet /2015 08:30
Un socialiste atypique

Interview de Paul Quilès par

 

Gardarem lo Larzac, le bimestriel d'information du Larzac

 

 

      Quand on lui avait téléphoné pour prendre rendez-vous, il nous avait dit : « pas plus d’une demi-heure, j’ai un emploi du temps chargé ! ». Du coup on avait préparé quelques questions courtes. Après avoir déambulé dans les ruelles d’un des plus beaux villages de France, nous fûmes reçus par Paul Quilès, maire de Cordes-sur-Ciel et président de la communauté de communes du Cordais et du Causse (tiens ! là-bas aussi il y a un causse…).

 

      Nous avions souhaité l’interviewer pour deux raisons majeures : d’abord parce que c’est l’un des rares socialistes, et le seul ancien ministre de la Défense (il le fut en 1985-86), à critiquer la doctrine de la dissuasion nucléaire, ensuite en tant qu’élu tarnais (Cordes est située à 20 km du projet de barrage de Sivens), parce qu’il a pris ses distances avec ses voisins élus, PS ou de droite, tous pro-barrage, en ne participant pas à la marche des élus, trois semaines après la mort de Rémi Fraisse et le gel du projet.

 

      En fait d’interview, ce fut à peu près aussi difficile que d’interroger Ticlo et Lucienne Galtier (cf. GLL n°320), tant Paul Quilès semblait heureux de rencontrer des paysans du Larzac et de raconter son long cheminement de militant et d’élu socialiste.

 

      Et c’est au bout de presque deux heures d’entretien que Paul Quilès nous a raccompagnés à la porte de la mairie, après nous avoir narré des épisodes de sa vie publique, en commençant par sa présence à l’arrivée de la marche des paysans du Larzac, en décembre 1978. Il était alors l’unique député socialiste de Paris et, ceint de son écharpe tricolore, il avait tenté de négocier avec les forces de l’ordre qui arrosaient de gaz lacrymogène la foule massée sur le boulevard Jourdan. Il nous a aussi raconté comment fut annoncé l’abandon du projet de centrale nucléaire de Plogoff, en début de meeting à Brest, par le candidat Mitterrand, pourtant très prudent sur la question du nucléaire civil, comme d’ailleurs sur la dissuasion nucléaire…

 

      Sur ce dernier sujet, il nous a assez longuement exposé sa position (lire l’entretien ci-dessous).

 

      Concernant Sivens, Paul Quilès s’est effectivement désolidarisé de ses collègues élus socialistes du Tarn, mais il est surtout très critique envers les zadistes, et envers « ces responsables politiques qui ont exploité l’affaire à des fins électoralistes », par exemple Cécile Duflot. Sur le fond, « ce dossier a été mal monté, le dialogue n’a pas eu lieu au bon moment. Je regrette en particulier que le rapport des experts, qui concluait à un surdimensionnement du projet, n’ait pas été rendu public avant la manifestation du 26 octobre et la mort de Rémi Fraisse. On aurait évité un drame humain. » Sur le vieux débat bien connu sur le Larzac entre légalité et légitimité, Paul Quilès se démarque nettement de ses voisins élus tarnais : « des décisions respectant la légalité ne peuvent naturellement pas être mises en cause, mais lorsqu’elles ont été mal préparées, il est nécessaire de définir la façon de tenir compte des critiques contestant leur légitimité. » Comment sortir de la situation de blocage actuelle ? « Il n’y a pas de solution magique. Je suggère une démarche visant à dépassionner le débat ; qu’on prenne le temps et qu’on trouve un lieu où pourraient se confronter les points de vue. Ce n’est pas forcément dans les assemblées politiques que se résume la volonté de trouver des solutions consensuelles. »

 

      À l’heure où beaucoup désespèrent de la classe politique en général, et du parti socialiste en particulier, c’est un petit réconfort de rencontrer un élu qui réfléchit, qui évolue, et qui met en cause le dogme de la dissuasion nucléaire, même si sur ce point il ne nous semble pas aller jusqu’au bout de la démarche en refusant de franchir le pas du soutien à un désarmement unilatéral.

T. L. et T. C.

 

*********

 

Pour la suppression des armes nucléaires

 

  • Vous vous démarquez de la grande majorité des responsables politiques par votre critique de la doctrine de la dissuasion nucléaire.

 

Oui, on parle d’un consensus en France sur cette question, alors qu’il n’y a jamais eu vraiment de débat. Pour les inconditionnels de l’arme nucléaire, cela relève d’une foi, on est comme en présence d’une sorte de religion, avec ses dogmes, ses grands-prêtres. Or dans une religion, on peut discuter de dogmes, mais pas du cœur de la religion : on ne remet pas Dieu en question. Le cœur de cette religion, c’est cette idée que la dissuasion nucléaire est indispensable et presque consubstantielle à la France.

 

  • Les responsables politiques ont-ils vraiment foi dans la bombe ? Ou bien cette absence de débat est-elle due à ce qu’ils ont d’autres soucis, d’autres priorités ?

 

Vous avez raison, il y a l’économie, le chômage… Ils sont tous très occupés. Et dans ce domaine comme dans d’autres il existe un lobby puissant, le « complexe militaro-industriel ». Cela commence par le chercheur, puis on fait des essais : le chercheur a montré que ça marchait, l’industriel que c’est réalisable, l’utilisateur trouve qu’il y a un mieux, et on en arrive au théoricien, qui construit la doctrine. Tous les échelons franchis, le conseiller va trouver le ministre, ou le président. Vous êtes intelligent, honnête, occupé, le travail est prémâché et vous dites oui. La réflexion se fait niveau par niveau, il n’y a pas de réflexion globale. Et il ne faut pas y voir un complot, ce serait une grave erreur, mais l’influence de ce « complexe militaro-industriel », que le Président américain Eisenhower avait dénoncée en quittant la Maison Blanche le 17 janvier 1961.

J’ai présenté une contribution au congrès de Poitiers (1) qui propose d’agir pour un monde sans armes nucléaires. On raisonne comme si c’était impossible, mais on a bien réussi à supprimer les armes chimiques. Mitterrand s’était battu pour leur complète disparition, pas seulement pour leur réduction : en 1993, pour la première fois, une arme de destruction massive a fait l’objet d’une interdiction vérifiée. Pourquoi la France ne prendrait-elle pas des initiatives dans ce sens concernant l’armement nucléaire ? On peut quand même mettre au crédit de Mitterrand la signature du TNP (2), l’initiative d’arrêt des essais nucléaires, l’arrêt de la production de matières fissiles (mais il est vrai qu’on a du stock pour des dizaines d’années) et la suppression des armes chimiques.

 

  • Vous défendez l’idée d’un désarmement multilatéral et progressif. Pourquoi pas un désarment unilatéral de la France, puisque notre dissuasion ne sert à rien ?

 

On peut se faire plaisir en le demandant, mais je crains qu’il y ait une impossibilité due au monde politique et à l’opinion publique. Et ce n’est pas parce que la France le ferait que les autres désarmeraient. Je crois que ce n’est pas de cette façon qu’on fera avancer le désarmement mondial. Si moi, ancien ministre de la Défense, je proposais cela aujourd’hui, je suis sûr que je perdrais toute crédibilité dans mon combat. Le désarmement international ne peut être que progressif et contrôlé. Par contre, je suis favorable à des actes forts : par exemple la suppression de la force aérienne stratégique. Pendant longtemps on a entretenu l’idée que la dissuasion exigeait trois composantes : terrestre, aérienne et maritime. On a renoncé aux missiles terrestres et à présent, même si on est favorable à la dissuasion nucléaire, on doit pouvoir reconnaître qu’on peut se passer de la force aérienne, comme l’ont fait les Britanniques. Rappelons-nous Jaurès, pour qui le courage consistait à ne pas céder sur l’idéal tout en sachant composer avec la réalité et en étant capable de négocier.

 

  • Mais l’obstacle pour un désarmement unilatéral n’est-il pas seulement psychologique ?

 

Quand on me dit que la France a besoin de l’arme nucléaire pour faire entendre sa voix, je m’interroge : en quoi lui est-elle utile au Mali, en Syrie, en Ukraine, face au terrorisme djihadiste ? Et quand on argumente que l’abandon de la dissuasion nucléaire menacerait la position de la France comme membre permenent du Conseil de Sécurité, on oublie qu’elle a obtenu cette place bien avant de se doter de l’arme nucléaire. Dans les années 1960, De Gaulle a fait passer le message que la France devait pouvoir se défendre toute seule, on a mis dans la tête des gens que la bombe atomique nous rendait libre par rapport aux Etats-Unis, que c’était la fierté de la France. Au départ, Mitterrand était contre les euromissiles, puis il s’y est rallié, mais c’était l’époque de la Guerre froide.

On est passé de trois armes nucléaires en 1945 à 70 000 dans les années 1990 : une monstruosité ! Cette accumulation a été justifiée par une suite de théories, jusqu’à celle de la « guerre des étoiles ». On a souvent organisé un sorte d’enfumage de l’opinion publique. Et encore aujourd’hui avec la façon de poser des questions orientées dans les sondages pour connaître l’opinion des Français sur l’armement nucléaire. Et ça marche. Les enfumés, ce sont aussi les médias, qui répercutent sans esprit critique, ou font de la simplification à outrance. Quant à cette idée que c’est la bombe atomique qui aurait garanti la paix pendant 50 ans, on peut en douter. Ce qui est sûr, c’est qu’elle nous a fait frôler la catastrophe : il faut voir à ce propos le film « 1983, au bord de l’apocalypse nucléaire » (3) et qui raconte comment les Russes avaient détecté par erreur le lancement de missiles américains et ont été à deux doigts de riposter. Et on nous parle d’assurance-vie ! Notez qu’en 1985, lorsque j’ai été ministre de la Défense, personne ne m’a parlé de ces faits…

 

  • En poursuivant le projet de laser Mégajoule, la France n’est-elle pas en contradiction avec son adhésion au TNP, qui lui interdit de moderniser son arsenal nucléaire ?

 

Effectivement, c’est une hypocrisie. Comme passer du missile M45 au missile M51, en augmentant la portée de 4 000 à 8 000 km. Le laser Mégajoule sert à tester les têtes nucléaires, il remplace les essais souterrains. Mais si on dit qu’il faut arrêter le projet Mégajoule, on nous répond que le nucléaire nous protège, qu’il stimule la recherche, qu’il y a des emplois en jeu… Il n’y a pas de réelle volonté. On répète depuis 30 ans « On veut bien faire des efforts, mais quand les autres en feront ». Cependant, si on peut me dire : « Vous êtes un rêveur », on ne peut pas me dire : « Vous êtes incompétent ! » Il y a deux ans, deux sous-marins nucléaires, français et britannique, se sont rentrés accrochés : ils ne pouvaient pas se détecter l’un l’autre ! Je vous renvoie encore à ce film sur 1983 : le danger est surtout dans l’erreur d’interprétation, on joue avec un risque phénoménal, monumental.

 

Propos recueillis par Thomas Lesay et Thierry Castelbou

 

(1) Lire la Contribution au Congrès du Parti Socialiste de Poitiers:

 

(2) TNP: Traité de Non-Prolifération

 

(3) Regarder le film (en 4 parties)

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6 juillet 2015 1 06 /07 /juillet /2015 08:00
Athènes….mais aussi Vienne !

      Après la nette victoire du Non au référendum grec, les responsables politiques européens doivent montrer leur sens des responsabilités, car c’est l’avenir de la Grèce mais aussi de l’Europe qui se joue en ce moment.

 

      Il est donc légitime que tous les yeux se tournent vers Athènes, Bruxelles, Paris et Berlin.

 

      Il ne faudrait pas pour autant négliger ce qui se passe aujourd'hui même à Vienne, où se déroule la phase finale des négociations sur le nucléaire iranien. Il s’agit en effet d’un évènement qui peut avoir un impact majeur sur la sécurité mondiale.


      Espérons que les négociateurs sauront, ici aussi, faire preuve d’un grand sens des responsabilités!

 

Lire l’appel que j’ai signé avec 2 autres anciens ministres européens

 

"Négociations avec l’Iran : il faut jouer la carte de l’avenir"

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4 juillet 2015 6 04 /07 /juillet /2015 09:11
Grèce: OUI ou NON?

    Au cours des derniers jours, on a beaucoup lu et entendu de commentaires et de déclarations sur le référendum grec de demain.

 

     J'ai personnellement apprécié cette analyse lucide du Prix Nobel d'économie, Paul Krugman, dans une tribune publiée hier par le New York Times.

 

      LIRE: "Les nombreux désastres économiques de l'Europe"

 

****

Voici la traduction en français de sa conclusion

 

     "Un des grands risques si les Grecs votent oui, c’est-à-dire qu’ils acceptent les demandes des créanciers, et donc qu’ils rejettent la position du gouvernement grec et probablement qu’ils le fassent tomber, est qu'il va renforcer et encourager les architectes de l'échec européen. Les créanciers auront démontré leur force, leur capacité à humilier quiconque conteste les demandes de l'austérité sans fin. Et ils vont continuer à prétendre que l'imposition d'un chômage de masse est la seule ligne de conduite responsable.

 

     Que se passera-t-il si la Grèce vote non? Cela conduira à un effrayant terrain inconnu. La Grèce pourrait bien quitter l'euro, ce qui serait extrêmement perturbateur à court terme. Mais cela offrira également à la Grèce elle-même une chance pour une véritable reprise. Et ce sera un choc salutaire contre l’autosatisfaction des élites européennes.

 

     Ou, pour le dire un peu différemment, il est raisonnable de craindre les conséquences d'un vote non car personne ne sait ce qu’il adviendra. Mais il faut craindre encore plus les conséquences d'un oui, parce que, dans ce cas, nous ne savons que trop ce qui se passera ensuite : plus d'austérité, plus de désastres et, finalement, une crise bien pire que tout ce que nous avons vu jusqu'à présent."

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2 juillet 2015 4 02 /07 /juillet /2015 11:43

     Lorsqu’un personnage politique meurt, ses amis rivalisent de superlatifs pour embellir le souvenir de son action et de sa personnalité. Certains de ses adversaires s’associent même à cet inévitable concert et il est délicat de faire entendre un commentaire qui ressemblerait à une fausse note.

 

     J’ai donc un peu attendu avant de rappeler un souvenir personnel : celui de la passation de pouvoirs au ministère de l’Intérieur, où Charles Pasqua me succéda le 31 mars 1993.

 

     Notre tête à tête ne fut pas très long et il me suggéra de ne pas aborder les dossiers de fond. « Nos directeurs de cabinet s’en chargeront », me dit-il, en me confiant qu’il aurait préféré aller à la Défense, mais que le Premier Ministre (Edouard Balladur) n’avait pas voulu….Il ajouta, avec une emphase très pagnolesque : « Bavardons un peu et attendons quelques minutes. Cela fera sérieux vis-à-vis des journalistes qui nous attendent à la porte pour la poignée de mains et la photo ».


     Nous n’échangeâmes donc que des banalités. Il prit quand même le temps de me dire qu’il trouvait que j’avais « fait de bonnes choses à la tête de ce ministère » et que j’aurais pu être « un grand ministre » si j’étais « resté plus longtemps ». Je n’ai pas pu m’empêcher de de lui répondre en souriant : « cela ne dépendait que de vous…. »

 

     J’ai moins souri quelques mois plus tard, quand je fus amené à constater qu’il avait notamment supprimé une des mesures emblématiques que j’avais prises pour renforcer la sécurité publique : la création des « projets locaux de sécurité ».(voir ci-dessous le résumé du "Plan d'action pour la sécurité" que j'ai présenté le 13 mai 1992)


     Cette remise en cause d’une décision très appréciée et qui s’était traduite par la signature en un an de près de 500 projets dans tout le pays fut la manifestation concrète et regrettable d’une divergence forte sur la façon de concevoir la sécurité publique. On a pu observer par la suite les conséquences de ce refus de considérer, comme je l’avais annoncé et mis en œuvre, que l’action de sécurité publique doit être une « co-production ».

 

*****

PLAN D'ACTION POUR LA SECURITE

21 mesures pour la sécurité publique

 

Augmenter les effectifs sur le terrain

1) Création de 1 000 emplois administratifs

2) 1 000 policiers auxiliaires supplémentaires

3) Renforcement des polices urbaines par les CRS

4) Réduction des gardes statiques et des cortèges

5) Expérimentation d'un système d'heures supplémentaires

6) Extension de la départementalisation de la police

 

Ciblage des actions sur des objectifs prioritaires

7) Renforcement de l'accueil dans les commissariats

8) Création de nouvelles structures de lutte contre les phénomènes de "bandes"

9) Développement de l'îlotage

10) Création de bureaux de police dans les îlots sensibles

11) Renforcement de la sécurité aux abords des établissements scolaires

12) Amélioration de la sécurité dans les transports urbains

13) Protection des personnes âgées dans les centres urbains

14) Renforcement des services de lutte contre la drogue

15) Renforcement de la lutte contre l'immigration irrégulière et le travail clandestin

 

Déontologie des actions de sécurité publique

16) Création du conseil supérieur de l'activité policière

 

Amélioration de la condition policière

17) Mesures indemnitaires

18) Protocole DURAFOUR

19) Accroissement du parc de logements réservés aux policiers en région parisienne

20) Moyens de fonctionnement supplémentaires pour les directions départementales de la Police

 

Définition de projets locaux de sécurité

21) Proposition de projets locaux de sécurité définis entre les Préfets et leurs partenaires

locaux

*****

     L'action de sécurité publique est une "co-production". Pour réussir dans notre lutte contre la délinquance, il faut que le projet de sécurité s'inscrive au niveau le plus adapté et le plus pertinent. Ce niveau, c'est celui de l'agglomération ou de la commune. Je souhaite que des projets locaux de sécurité soient définis au plus près de cette réalité du terrain, qu'ils s'inscrivent dans une analyse et un diagnostic locaux et, bien entendu, dans une mobilisation générale. Les préfets recevront pour mission de préparer ces projets en concertation avec les élus.

 

     Cette mission sera impérative dans les 27 départements sensibles, facultative dans les autres. Les préfets se rapprocheront donc des élus et leur proposeront d'effectuer une analyse conjointe des besoins de sécurité.

 

    Les actions concertées, qui prolongeront ce travail d'analyse, permettront aux collectivités locales, ainsi qu'à tous ceux qui doivent participer solidairement à l'effort de sécurité (je pense aux organismes HLM, aux services sociaux et culturels ...) de prendre en charge un certain nombre de tâches qui ne correspondent pas aux missions prioritaires de la police, en contrepartie d'une présence plus affirmée de la police nationale s u r le terrain. La liste est longue de tâches qui ne correspondent pas aux missions des policiers, pour lesquelles ils ont été formés : sortie d'écoles, accueil du public pour les demandes de documents administratifs, police du stationnement ...

 

     Ces plans locaux de sécurité publique seront également l'occasion de mener une concertation approfondie avec les représentants du personnel, pour que les conditions d'emploi des policiers soient mieux adaptées au contexte local. Cela permettra également d'organiser la complémentarité entre la police nationale et les polices municipales.

 

     Pour conclure, je résumerai ainsi le plan d'action pour la sécurité : plus de policiers sur le terrain; plus d'actions ciblées sur les zones et les secteurs sensibles, une actionpolicière respectueuse de la déontologie, des conditions de travail et de vie améliorées pour les policiers, des projets locaux de sécurité publique adaptés et concertés au niveau de l'agglomération. Je suis persuadé que les conditions de la réussite de notre politique de sécurité publique sont ainsi réunies.

 

     Le service public est au service du public, c'est dire qu'il n'est pleinement légitime que s'il répond efficacement aux demandes exprimées par nos concitoyens. Je m'attacherai, dans le dialogue et dans la concertation, à ce que le service public reprenne confiance dans l'avenir et dans son utilité au service de la collectivité nationale. 

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24 juin 2015 3 24 /06 /juin /2015 15:03
20 ans de vie à Cordes

Ce document exceptionnel donne à celles et ceux, 

 

habitants ou visiteurs,

 

qui aiment Cordes,

 

un résumé des évolutions qui ont marqué

 

la vie de la cité depuis 20 ans.

 

Lire la présentation

 

Lire le bulletin

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24 juin 2015 3 24 /06 /juin /2015 12:50
Ecoutes NSA: on vous l'avait bien dit!

      La révélation des écoutes américaines a déclenché une avalanche de réactions.

 

    Les protestations officielles sont légitimes et nécessaires. Par contre, tous ceux qui semblent découvrir aujourd'hui le phénomène font preuve d'une mémoire sélective.

 

       C'est en effet la 3ème fois depuis 2 ans que je rappelle que ces écoutes avait fait l'objet, en 2000, d'un rapport de la Commission de la défense de l'Assemblée Nationale, que je présidais.

 

     La lecture de ce rapport sur le "système Echelon" montre que l'on connaît depuis longtemps les méthodes américaines de renseignement. Il est dommage que certaines préconisations de ce rapport n'aient pas été prises au sérieux à l'époque!

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Published by Paul Quilès - dans International et défense
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Bibliographie

- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  
- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu)
- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff )

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï)
-
1992: Nous vivons une époque intéressante
- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez