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18 juin 2015 4 18 /06 /juin /2015 14:05
Village préféré des Français
Village préféré des Français

      Il y a un an, la cité de Cordes sur Ciel était distinguée comme "Village préféré des Français". 

 

      Cette reconnaissance a accru la notoriété, déjà grande, de notre village et entraîné une augmentation de près de 20% du nombre de visites.


      Dans quelques jours, sera annoncé le vainqueur de l’édition 2015.


     J’aurai le plaisir de passer le relais à un autre très beau village choisi par les Français, au cours de l’émission de France 2 animée par Stéphane Bern, qui aura lieu mardi 23 juin à partir de 20h50 et que je vous invite à regarder.

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Published by Paul Quilès - dans Cordes sur Ciel
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17 juin 2015 3 17 /06 /juin /2015 09:58
Dissuasion nucléaire : ouvrons vraiment le débat

Tribune  de Paul Quilès, Bernard Norlain, Jean-Marie Collin

Président et Vice-Présidents

de l’association Arrêtez La Bombe - ALB

publiée sur le site de Marianne

 

      Avec pour thème la dissuasion nucléaire française en débat, la Fondation pour la Recherche Stratégique Française vient d’organiser une journée d’études[1] dont le but proclamé était de renouveler et d’ouvrir largement ce débat en France.

 

      Bien que plusieurs intervenants partisans du désarmement nucléaire aient été invités, force est de constater que le débat démocratique n’a pas eu lieu. Devant une assistance où le complexe militaro-industriel et scientifique était largement représenté, la très grande majorité des intervenants a entonné un hymne à la dissuasion nucléaire et à la Bombe.

 

      Depuis le « retour du nucléaire  dans le contexte géostratégique actuel » jusqu’à la « nécessité de renouveler en totalité les composantes nucléaires », tous les poncifs habituels ont été assénés à un auditoire déjà acquis à la cause. La discussion n’a pas permis non plus d’ouvrir le débat. On a préféré se pencher par exemple sur ce qu’implique la «  stricte suffisance » (faut-il 250 ou 300 têtes nucléaires), ou bien sur l’éternel controverse, semblable à la discussion sur le sexe des anges, de l’ultime avertissement ou de l’avertissement tout court. Sans oublier tous les bienfaits scientifiques, technologiques, économiques et opérationnels qu’apporte le développement de notre dissuasion.

 

     On a même entendu l’assistant d’un parlementaire très au fait des questions de défense, prétendant s’exprimer au nom de son député, qui a osé qualifier les catholiques « d’anti-patriotiques », à cause de la position de l’Eglise catholique qui a clairement condamné la dissuasion nucléaire ! Comme l’a rappelé l’un des intervenants, rien n’a manqué, depuis l’arrogance diplomatique française (« nous sommes les meilleurs »), jusqu’à l’attaque ad hominen contre l’ancien ministre de la Défense Hervé Morin coupable d’hérésie.

 

      Deux éléments sont pourtant venus perturber cette liturgie. Le premier est la réponse à la question « Si la France était à l’heure actuelle dépourvue d’armes nucléaires, développerait-elle une force de frappe nucléaire ? » la réponse a été négative. En d’autres termes, elle est inutile, mais on l’a, on la garde.

 

      Le deuxième concerne le coût de la dissuasion et de son renouvellement jugé indispensable par l’ensemble des participants. Plus de 6 Mds €/an, selon des estimations officielles citées au cours de cette conférence par le sénateur Gautier. Au regard des 3,5 Mds €/an actuels, cette croissance exercerait une pression considérable sur le budget d’équipement du ministère de la Défense et ne pourrait se faire qu’au détriment des forces conventionnelles. Il est clair qu’une telle perspective met en cause, une fois encore, toute notre politique de défense. Peut-on encore assurer toute la panoplie des missions, depuis la dissuasion nucléaire, les opérations extérieures jusqu’aux missions de sécurité intérieure ? Cette question, pourtant fondamentale mais inquiétante pour les thuriféraires de la Bombe, a été évacuée.

 

      Malgré cela, l’unanimité autour de la dissuasion qu’a voulu manifester cette conférence n’a pas été ébranlée. Elle s’est appuyée sur un supposé « consensus » de l’opinion française pour désamorcer à l’avance toute critique de fond. Il est vrai que la question de la légitimité de la dissuasion nucléaire ne fait l’objet d’aucun débat public en France, contrairement à d’autres pays. Les médias n’ont fait aucun écho à l’échec de la dernière conférence d’examen du Traité de Non-Prolifération à New York. Rien non plus sur le fait que la France, comme d’ailleurs les puissances nucléaires officielles, ne respecte pas ses engagements d’aller vers un désarmement nucléaire général. Rien sur la position des 107 Etats qui se sont prononcés récemment à l’ONU pour une interdiction des armes nucléaires, en dénonçant le risque de conséquences humanitaires catastrophiques que font courir ces armes à l’Humanité.

 

      Faute de débat public sur le coût de l’arme nucléaire, sur ses risques, sur la gravité de ses conséquences politiques et stratégiques, notre société semble s’en désintéresser. Mais les Français croient-ils vraiment que l’arme nucléaire les protège, à l’image d’une nouvelle ligne Maginot, que l’on aurait cette fois réussi à rendre infranchissable ? Ont-ils d’ailleurs jamais eu la possibilité de se prononcer sur cette question ?

 

      Pendant les années qui ont immédiatement suivi la fin de la Guerre froide, l’arme nucléaire a été comme oubliée par le grand public. Aujourd’hui voici qu’on parle à nouveau de chantage ou d’intimidation nucléaire, qu’on évoque des « tirs d’avertissement », qu’on s’apprête à doubler les sommes consacrées à cette arme de destruction massive.

 

      Plutôt que se remettre à jouer aux menaces d’apocalypse, il est temps d’engager sereinement une réflexion collective, pour permettre un vrai débat démocratique, équitable et sans tabou. Les législateurs et les partis politiques ne peuvent plus s’en exonérer.

 

 

[1]  Lundi 8 juin 2015, Maison de la Chimie

 

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Published by Paul Quilès - dans Désarmement nucléaire
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15 juin 2015 1 15 /06 /juin /2015 16:30
La prolifération nucléaire et le désarmement

     Un important dossier a été réalisé, en liaison avec le site Irénées.net par l'association ALB , que je préside.

 

     Il comprend de nombreuses fiches, que nous avons rédigées, avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin (vice-Présidents) et Michel Drain, pour répondre à toutes les questions que vous pouvez vous poser sur ce sujet majeur, trop souvent méconnu ou négligé en France.

 

     Consultez toutes les fiches du dossier 

 

    Je vous recommande de commencer par la lecture de ces fiches, qui vous surprendront probablement:

 

     - les risques du nucléaire militaire

     - les mythes

     - ces pays qui ont renoncé

 

Présentation du dossier

 

En guerre contre le régime nazi, les Etats-Unis vont se lancer dans l’acquisition d’une arme nucléaire à travers le projet Manhattan (1941/1945). La victoire assurée en mai 1945 en Europe, le Président Truman décida que les deux bombes construites serviraient à frapper le Japon (Hiroshima et Nagasaki 6 et 9 août) affirmant ainsi au reste du monde, la puissance militaire des Etats-Unis. Devant cette capacité militaire, l’Union soviétique développe un programme d’armes nucléaires, avec, en ligne de mire les États-Unis comme principal adversaire. Le 29 août 1949, L’URSS met un terme définitif à la suprématie américaine en testant, sa première bombe A, sur le site de Semipalatinsk, dans le désert du Kazakhstan.


Cette compétition nucléaire, qui est au cœur de la guerre froide, va marquer le début de la première vague de prolifération. Poussés par la volonté de conserver un rang international, Français et Britanniques, qui craignent la menace soviétique en Europe, s’engagent respectivement dans cette course atomique et parviennent à leurs fins en pratiquant des essais respectivement les 3 octobre 1952 (île australienne de Montebello) et le 13 février 1960 (à Reggane, dans le Sud algérien). Quant à la Chine, devant l’expansionnisme américain et en raison des divergences politiques avec l’URSS de Staline, elle poursuivra le développement de son arsenal nucléaire pour parvenir à tester sa première bombe en 1964.


Ces cinq pays, vainqueurs de la seconde guerre mondiale, forment le seul « club » nucléaire officiel consacré par le droit international. En effet, parallèlement à la recherche de l’atome militaire, des consultations diplomatiques sont mises en place par Washington, Moscou et Londres pour convenir d’un traité de non-prolifération (TNP). Une de ces caractéristiques est de donner un «  droit à la bombe  », aux seuls pays ayant fait exploser un tel engin avant le 1er janvier 1967. Ces cinq pays seront dénommés États dotés d’armes nucléaires (EDAN). Ce droit acquis, il s’ensuivra alors une course à la puissance mégatonnique. La stratégie consiste alors à menacer d’annihiler de grands centres urbains et à maîtriser l’ensemble des vecteurs de la bombe (missile basé à terre, lancé à partir d’un sous-marin nucléaire lanceur d’engins, d’un bombardier à très long rayon d’action). Cette course aux arsenaux donnera naissance à ce que l’on appellera l’équilibre de la terreur, qui se matérialisera au milieu des années 1980 par l’accumulation de 70000 armes nucléaires. De quoi détruire plusieurs fois la planète !


Après cette première vague, d’autres Etats se sont engagés à acquérir cet armement. Israël, aidé par l’Etat français, mettra secrètement au point un arsenal, avec l’objectif de sanctuariser son territoire, situé dans un environnement peu enclin à reconnaître son existence. Les rivalités indo-chinoises seront l’une des raisons qui pousseront New Delhi à acquérir la Bombe. Ses recherches aboutissent le 18 mai 1974 à un premier essai nucléaire, qualifié de «  pacifique  ». La réaction en chaîne se poursuit, quand le Pakistan, ennemi juré de l’Inde, riposte en se lançant à son tour dans la quête d’un tel arsenal. Ces deux Etats révèleront leur statut de maîtrise de la bombe en mai 1998. La communauté internationale assistera alors à un véritable «  match  » d’essais nucléaires, ces deux Etats se répondant coup pour coup, ou plutôt essai pour essai. Pas moins de 5 essais furent ainsi réalisés en une vingtaine de jours. La dernière des puissances nucléaires connue est la Corée du Nord. Il est certain que le déploiement d’armes nucléaires américaines en Corée du Sud (1960-1991) a renforcé la volonté des Nord-Coréens de débuter des recherches nucléaire militaires dans les années 1980. Aidée dans la mise au point de son programme nucléaire civil et de missile balistique au cours des années 1970/1990 successivement par l’Union soviétique, la Chine et le Pakistan, Pyongyang est parvenu à maîtriser la conception d’une arme nucléaire, matérialisant ce savoir lors de 3 essais nucléaires : 2006, 2009, 2013.

 

Sur les 192 États comptabilisés en 2013 par l’Organisation des Nations unies, neuf pays (les États-Unis, la Russie, le Royaume-Uni, la France, la Chine, Israël, l’Inde, le Pakistan et la Corée du Nord) disposent d’une capacité nucléaire militaire, avec un arsenal mondial de près de 17 000 ogives nucléaires.

 

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15 juin 2015 1 15 /06 /juin /2015 07:34
Réformer les institutions de la Vème République ?
Réformer les institutions de la Vème République ?

      C’est le grand thème à la mode dans les milieux politiques et dans les médias. Pour répondre à ce qui est décrit comme une crise de la représentation ou parfois même de la démocratie, il faudrait réformer en profondeur les institutions de la Vème République. Certains vont jusqu’à souhaiter l’avènement d’une VIème République, dont les contours sont très différents selon les interlocuteurs (régime présidentiel, régime primo ministériel, régime parlementaire). On ne précise pas en général la méthode susceptible de permettre un tel bouleversement, dont l’Histoire de France depuis deux siècles nous apprend qu’il a fallu à chaque fois un évènement violent (révolution, coup d’Etat, guerre) pour le déclencher !

 

      Si l’on ne veut pas en rester au stade du vœu pieux, mieux vaut donc poser la question du souhaitable et du possible, à partir d’un constat lucide de l’état du système de la Vème République, que l’on présente parfois comme « à bout de souffle ». C’est ce que je me suis efforcé de faire devant une commission du groupe socialiste du Sénat, qui m’a récemment auditionné.

 

      J’ai fait remarquer à cette occasion que la description de ce système dans mon livre « les 577, des députés pour quoi faire », écrit en 2000, est malheureusement toujours pertinente. J’y rappelais que la Constitution de la Vème République du 4 octobre 1958 a confié la responsabilité suprême à un président juridiquement irresponsable, dont la fonction a été en quelque sorte sacralisée par son élection au suffrage universel, à la suite du référendum du 28 octobre 1962.

 

     Les Français acceptent que le Président « touche » à tout, même à des sujets mineurs de la vie publique et, lorsqu’il s’agit de domaines importants, celui-ci peut se permettre de dire[1], comme Jacques Chirac, alors Président de la République, parlant de son ministre des finances,  Nicolas Sarkozy : « je décide, il exécute » [2] .

 

     Le phénomène est plus marquant encore quand le Président traite des questions internationales et de défense. Il dispose alors, en véritable « monarque républicain », d’un pouvoir prééminent, voire exclusif (avec la capacité d’engager seul la mise en œuvre de l’arme nucléaire[3]).

 

   Cette situation a connu une aggravation avec l’instauration du quinquennat en 2000, qui s’est accompagnée d’une inversion du calendrier électoral. En raccourcissant le mandat présidentiel et en faisant des élections législatives une conséquence automatique de l’élection du Président, on a accentué la prééminence de celui-ci. Dans le même temps, ces dispositions ont contribué à créer un climat de campagne électorale permanente et à aiguiser une attente considérable à l’égard du candidat et de son programme.

 

     Faute d’être en mesure de changer rapidement de Constitution, il faudrait essayer, comme je le recommandais dans mon livre, de renforcer les moyens et les pouvoirs du Parlement, d’améliorer le fonctionnement de l’Assemblée nationale, d’assainir les rapports entre le gouvernement et le Parlement.

 

     Parmi les 20 propositions que je faisais, 10 ont été prises en compte. Les autres mériteraient d’être considérées par les parlementaires et les formations politiques qui souhaitent un rééquilibrage des pouvoirs, afin de gommer un peu le caractère monarchique de nos institutions (voir ci-après).

 

[1] Interview du 14 juillet 2004 http://www.ina.fr/video/2612674001008

[2] Propos que condamna François Hollande, alors 1er secrétaire du PS.

[3] Décret du 14 janvier 1964

 

*****************

Propositions de Paul Quilès dans « les 577, des députés, pour quoi faire ? »

(prises en compte depuis 2001  et non encore prises en compte)

 

Assainir les rapports entre le Gouvernement et le Parlement

 

1- Premier ministre obligé de solliciter la confiance de l’Assemblée nationale dès la constitution du gouvernement : L’engagement de responsabilité n’est pas obligatoire lors de l’entrée en fonction d’un gouvernement. Certains gouvernements, par conséquent, n’y ont jamais eu recours, soit qu’ils aient été soucieux de marquer qu’ils tenaient leur légitimité de leur seule nomination par le Président de la République, rappelant ainsi qu’il n’y avait plus d’investiture du Gouvernement par l’Assemblée, soit que, comme sous la IXe législature, de 1988 à 1993, ils n’aient pas disposé d’une majorité absolue à l’Assemblée. En revanche, depuis 1993, tous les gouvernements ont sollicité la confiance de l’Assemblée dans les quelques jours qui ont suivi leur nomination.

 

2- Le gouvernement présente au Parlement les grandes orientations de sa politique lors de débats sanctionnés par des votes : Le Premier ministre peut, s’il le souhaite, engager, à sa seule initiative, la responsabilité du Gouvernement devant l’Assemblée nationale sur une déclaration de politique générale. En pratique, plusieurs gouvernements ont, dans le cours de leur existence, notamment à l’occasion d’un événement particulier, sollicité la confiance de l’Assemblée nationale.

 

3- Consultation préalable des députés avant la présentation d’un projet de loi : Il n’existe pas de procédure de consultation préalable des députés avant le dépôt du projet de loi (les seuls consultations existant en amont sont celles du Conseil économique social et environnemental, des assemblées territoriales d’outre-mer pour les textes concernant leur collectivité et du comité des finances locales pour les textes concernant les ressources des collectivités territoriales).

 

4- Obligation pour le gouvernement d’inscrire à l’ordre du jour de l’Assemblée la ratification des ordonnances de l’article 38 : Il n’y a toujours pas d’obligation d’inscription à l’ordre du jour des assemblées des projets de loi de ratification des ordonnances. Le gouvernement a seulement l’obligation de déposer ces projets devant le Parlement pour éviter que les ordonnances deviennent caduques. Une fois le projet de ratification déposé, trois cas de figure sont possibles : premier cas de figure : l’ordonnance est examinée et approuvée par le Parlement, elle acquiert alors la valeur de loi ; deuxième cas de figure : l’ordonnance est examinée et rejetée, ses dispositions sont alors abrogées ; troisième cas de figure : l’ordonnance n’est pas examinée par le Parlement, elle ne devient pas caduque pour autant, elle conserve seulement une valeur réglementaire (inférieure à la loi). Seul changement intervenu : depuis la révision constitutionnelle de 2008, les ordonnances ne peuvent plus être ratifiées de manière implicite (lorsqu’une loi quelconque en modifie par la suite les dispositions). La ratification doit être expresse.

 

5- Révision des modalités des questions d’actualité : Pas de modification fondamentale de la procédure sauf, depuis 2008, l’existence de séances de questions au gouvernement pendant les sessions extraordinaires. Actuellement, deux séances d'une heure chacune, les mardis et mercredis à 15 heures en session ordinaire, et une, le mardi ou le mercredi, durant les sessions extraordinaires, sont consacrées aux questions au gouvernement.

 

6- Révision de l’article 49-3 (suppression, sauf pour budget et loi de financement de la sécurité sociale) : depuis la révision constitutionnelle de 2008 le Premier ministre ne peut engager la responsabilité du gouvernement en application de l’article 49-3 que dans un nombre de cas limités : sur le vote d’un projet de loi de finances ou de financement de la sécurité sociale ou sur le vote d’un seul autre projet ou proposition de loi par session, ordinaire ou extraordinaire.

 

7- Suppression du vote bloqué : Pas de changement : Le vote bloqué, procédure inscrite à l’article 44, alinéa 3, de la Constitution, permet au gouvernement de demander à l’une ou l’autre assemblée de se prononcer par un seul vote sur tout ou partie du texte en discussion, en ne retenant que les amendements proposés ou acceptés par lui. Le gouvernement dispose d’une grande latitude pour mettre en œuvre cette procédure. Il est libre de choisir le moment où il annonce son intention d’en faire usage. Il lui appartient de définir le texte qui fait l’objet du vote unique : une partie du texte en discussion – un article ou un groupe d’articles – ou l’ensemble du texte ; il décide également des amendements qui seront retenus. La mise en œuvre de cette procédure a pour effet de supprimer le vote sur les amendements et les articles faisant l’objet du vote unique. Elle ne permet pas de faire obstacle à la discussion de tous les articles et des amendements qui s’y rapportent, y compris des amendements non retenus par le Gouvernement.

 

Améliorer le fonctionnement de l’Assemblée Nationale

 

8- Réduction du nombre des députés : Pas de changement. Toujours 577 députés. Lire http://paul.quiles.over-blog.com/article-reduire-le-nombre-des-deputes-114789484.html

 

9- Interdiction du cumul entre mandat parlementaire et mandat local : Est actuellement incompatible avec l'exercice d'un mandat parlementaire l'exercice de plus d'un mandat local. De plus, aux termes de la loi interdisant le cumul de fonctions exécutives locales avec le mandat de député ou de sénateur, sera interdit, à compter du premier renouvellement de chaque assemblée parlementaire après mars 2017, tout cumul du mandat parlementaire avec les fonctions de maire, adjoint au maire, président d’un établissement public de coopération intercommunale ou toutes fonctions déléguées par un exécutif local. Cette incompatibilité s’étend également aux fonctions dérivées d’un mandat local, telles que la présidence ou la vice-présidence d’une société d’économie mixte ou d’un établissement public local.

 

10- Augmentation du nombre des commissions permanentes, de six à dix : La révision constitutionnelle de 2008 a porté à huit le nombre maximal de commissions permanentes. L’Assemblée nationale a créé huit commissions permanentes, le Sénat sept.

 

11- Adoption des lois en commission : Il n’existe toujours pas de procédure d’adoption des lois en commission. Il n’existe actuellement à l’Assemblée nationale qu’une procédure d’examen simplifié des textes en séance publique. Lorsqu’elle est mise en œuvre, il n’y a pas de discussion générale. Seuls les articles faisant l’objet d’amendements sont appelés et mis aux voix ; il n’y a pas d’intervention sur les articles, et sur chaque amendement, outre le gouvernement, peuvent seuls intervenir l’un des auteurs, le président ou le rapporteur de la commission saisie au fond et un orateur contre. Quand il n’y a pas d’amendements, l’ensemble du texte est immédiatement mis aux voix. Cette procédure est en pratique surtout utilisée pour les conventions internationales.

 

12- Meilleurs moyens d’information des parlementaires : Le député dispose d’un crédit lui permettant de recruter jusqu’à cinq collaborateurs. Les groupes politiques disposent d’un secrétariat administratif. Les commissions permanentes disposent de deux équipes de fonctionnaires, l’une dirigée par un chef de secrétariat et dédiée au travail législatif ; l’autre placée sous l’autorité d’un chef de division et affectée au travail de contrôle et aux études législatives que la commission est amenée à effectuer (sauf pour les commissions des affaires étrangères et de la défense, qui bénéficient du soutien des autres divisions du service des affaires internationales et de défense). Depuis 1999, existe auprès de la commission des finances une mission d’évaluation et de contrôle (MEC). La commission des affaires culturelles, familiales et sociales a créé en 2004, sur le modèle de la MEC, une mission d’évaluation et de contrôle des lois de financement de la sécurité sociale. Au total, les secrétariats de commissions permanentes et les divisions des études législatives et du contrôle comptent 182 fonctionnaires. Les commissions peuvent par ailleurs commander des travaux d’expertise.

 

Renforcer les pouvoirs de l’Assemblée nationale

 

13- Augmenter le nombre des propositions de loi : Depuis qu’en application de la révision de 2008, l’ordre du jour est partagé entre l’assemblée et le gouvernement, la part des propositions dans les textes définitivement adoptés hors conventions a pu augmenter (38 % des textes hors conventions en 2012-2013).

14- Discuter les projets de loi dans le texte issu des travaux de la commission : Depuis la révision constitutionnelle de 2008, la discussion en séance publique porte, sauf pour les projets de révision constitutionnelle, les projets de loi de finances et de financement de la sécurité sociale, sur le texte adopté par la commission et non sur le texte initialement déposé par le gouvernement.

 

15- Mieux préciser le domaine de la loi : La révision de 2005 a ajouté au domaine de la loi la préservation de l’environnement, celle de 2008 la liberté, le pluralisme et l’indépendance des médias ainsi que les orientations pluriannuelles des finances publiques. D’autres extensions pourraient encore être envisagées.

 

16- Rendre obligatoire un compte rendu de l’application de la loi par le gouvernement : Cette obligation n’a pas été introduite. Le contrôle de l’application des lois se fait par l’intermédiaire des commissions permanentes et des organes qu’elles peuvent créer à cet effet comme la mission d’évaluation et de contrôle de la commission des finances.

17- Permettre au Parlement de proposer des modifications dans la répartition des dépenses au sein d’un même ministère par exemple : Depuis la loi organique sur les lois de finances de 2001, les parlementaires peuvent proposer des mouvements de crédits entre les programmes d’une même mission (par exemple, sécurité ou défense) sans augmenter le montant global de la mission.

 

18- Réformer la loi organique sur les lois de finances pour accroître les pouvoirs du Parlement, notamment sur les mesures d’exécution du budget (décrets d’avances par exemple) : La loi organique sur les lois de finances de 2001 est allée en ce sens (avis des commissions des finances sur les décrets d’avances par exemple).

 

19- Donner au Parlement la possibilité de se prononcer sur les opérations extérieures : Depuis la révision de 2008, le gouvernement doit informer le Parlement de sa décision de faire intervenir les forces armées à l’étranger au plus tard trois jours après le début de l’intervention et doit préciser les objectifs poursuivis ; les modalités de cette information restent à sa discrétion. L’information transmise peut donner lieu à un débat qui n’est suivi d’aucun vote. S’agissant de la prolongation des opérations extérieures au-delà de quatre mois, le principe retenu est celui d’une autorisation parlementaire. L’autorisation parlementaire est donc encore très tardive.

 

20- Donner au Parlement le pouvoir d’approuver les accords de défense : Les accords de défense ne faisant pas partie des accords internationaux énumérés à l’article 53 de la Constitution, ils n’ont pas a priori à être ratifiés ou approuvés en vertu d’une loi. Toutefois la loi de programmation militaire 2009‑2014 a prévu que le Parlement serait désormais informé de la conclusion et des orientations des accords de défense. Il ne s’agit cependant que d’une déclaration d’intention de l’exécutif.

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Published by Paul Quilès - dans Politique française
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28 mai 2015 4 28 /05 /mai /2015 08:11
Europe: retour sur un écrit d'il y a 10 ans

      Il y aura 10 ans demain, 55% des électeurs français disaient NON au projet de Constitution européenne.

 

     J'ai retrouvé ce très intéressant article que j'avais publié quelques mois plus tôt dans Le Monde

 

      J'étais en excellente compagnie, puisque les signataires en étaient: Jean-Pierre Balligand, Didier Migaud, Paul Quilès, Manuel Valls, députés socialistes ; André Laignel, Marie Noëlle Lienemann, députés européens socialistes.

 

      Cette analyse me semble garder toute sa pertinence aujourd'hui, alors que, chaque jour, des doutes sont émis sur le fonctionnement de l'Union européenne.

 

     A relire absolument, notamment par les signataires!

 

*****************

Projet de Constitution :
plutôt non, pour une vraie ambition européenne

 

Le projet de Constitution européenne est-il vraiment « bon pour l’Europe et bon pour la France », comme l’a hâtivement affirmé le Président de la République ?

 

Nous allons nous poser sereinement cette question pour éclairer un débat, qui ne saurait se réduire à une confrontation de réflexes conditionnés.

                

1) - On nous dit qu’un vote négatif provoquerait le chaos et que ce texte représente un progrès par rapport aux terribles modalités de fonctionnement élaborées à Nice.

 

Si ce texte, qui s’appliquera, quoi qu’il arrive, jusqu’à la fin 2009, était si mauvais, pourquoi l’avoir ratifié? Au moment de voter une Constitution qui nous engagera durablement, une question mérite d’être posée : doit-on voter oui coûte que coûte, au seul motif que l’essentiel est d’avancer ? Après cinquante années de construction européenne, nous pensons que l’essentiel est plutôt de savoir désormais où l’on souhaite aller.

 

2) - On nous dit qu’il faut voter oui parce que ce texte n’est qu’une sorte de règlement intérieur, qui ne mérite ni excès d’honneur ni excès d’indignité.

 

Il s’agit pourtant bien d’un « traité établissant une Constitution pour l’Europe » et non d’un simple règlement intérieur, comme certains voudraient le faire croire. Curieusement, ce sont les mêmes qui demandent un référendum et qui souhaitent qu’il ait lieu de façon solennelle le même jour dans chaque pays de l’Union. Tout cela pour un simple règlement intérieur ?

 

Il est d’ailleurs paradoxal que ceux qui minimisent la portée de ce texte soient aussi ceux qui maximisent les conséquences d’un vote négatif des socialistes ou de la France ! Pourquoi le chaos et l’apocalypse viendraient-ils de la non ratification d’un simple règlement intérieur ?

 

3) - On nous dit qu’il faut voter oui pour éviter le risque de l’isolement, pour ne pas apparaître anti-européen et pour ne pas trahir la mémoire de ceux qui ont œuvré pour la cause européenne.

 

Si l’amour rend parfois aveugle, les convictions politiques se doivent, elles, d’être éclairées par la réflexion. Pour notre part, nous avons toujours, dans l’exercice de nos responsabilités, démontré notre adhésion sincère à l’Europe. Nous avons voté oui au référendum de 1992. Attachés au processus de construction européenne, nous sommes convaincus qu’il échouera s’il se forge contre l’aspiration des peuples.

 

Quant au risque de l’isolement, nous pensons qu’il vaut mieux l’assumer plutôt que de se résigner. De plus, nous voulons croire que la France possède encore une certaine influence sur le destin de l’Union européenne, qui ne pourra se construire contre la volonté de la France, si celle-ci est suffisamment affirmée.

 

4) - On nous dit qu’il faut voter oui car il est trop tard pour modifier les choses ; la réalité doit s’imposer à nous.

 

Ce discours n’est pas acceptable pour des démocrates. L’accord de Bruxelles a supprimé en dernière minute certaines dispositions essentielles du projet de la Convention, sous la pression des eurosceptiques. Nous ne l’acceptons pas ! Pas plus que la passivité coupable de Jacques Chirac, dont les deux mandats n’auront été marqués par aucune initiative personnelle synonyme de progrès pour la construction européenne.

 

Quant à la « réalité » qui s’imposera à nous, c’est celle qui se dégagera des urnes, et dont les chefs d’Etat devront tenir compte. D’ici à la fin 2009, date d’entrée en vigueur prévue de la Constitution, nous avons parfaitement le temps d’améliorer le projet adopté à Bruxelles.

 

5) - On nous dit qu’il faut voter oui, parce que ce texte n’est qu’une étape et qu’il sera perfectible.

 

Ceci n’est pas exact, car ce traité risque de nous engager pour des décennies. Maastricht ouvrait la perspective de la monnaie unique, Amsterdam celle du sommet social et de la CIG. Nice prévoyait la Convention pour préparer le texte de la Constitution. Désormais, aucune étape supplémentaire n’est prévue et les Etats membres ne partagent plus les mêmes objectifs. Pire, les conditions de révision de ce texte sont quasiment impossibles à atteindre. Ce qui sera gravé dans le marbre le sera pour longtemps. Raison de plus pour ne pas se tromper.

 

6)- On nous dit que la règle de l’unanimité n’empêche pas l’Europe de progresser

 

Mais cette règle est requise notamment pour toute décision en matière fiscale. Or le fiscal tient tout : le social comme le budget de l’Union.

 

L’unanimité en matière fiscale, ainsi que les modalités de prise de décision à la majorité qualifiée finalement retenues, constituent un recul de l’esprit communautaire inacceptable. Cette exigence va affaiblir et paralyser l’Union européenne. Elle est en effet rédhibitoire pour qui voudrait lutter contre le dumping fiscal ou orienter le budget européen vers plus de croissance et de solidarité. Il s’agit pourtant là d’objectifs que se fixent les socialistes, mais qui ne sont plus crédibles si l’on accorde un droit de veto à chaque pays.

 

Pour vraiment lutter contre le dumping fiscal et social, il faut retirer le droit de veto accordé à chaque pays en matière fiscale.

 

Pour vraiment lutter contre le blanchiment d’argent et la fraude fiscale, il faut supprimer les législations fondées sur le secret bancaire au coeur de l’Union européenne. Malheureusement, la timide avancée proposée par la Convention (décision à la majorité qualifiée en matière de fraude fiscale) a été rayée d’un trait de plume à Bruxelles.

 

Pour vraiment orienter le budget de l’Union européenne vers la croissance et la solidarité, il faut créer un impôt européen sur les sociétés indispensable à la dynamique de l’Union.

 

Autant d’objectifs impossibles à atteindre avec la règle de l’unanimité, puisque certains pays fondent précisément leur stratégie de croissance sur le dumping fiscal.

 

7) - On nous dit qu’il ne faut pas sous estimer les aspects tactiques

 

Parce que le non ferait le jeu de certains courants du Parti socialiste, il faudrait dire oui sans réfléchir ! Parce que le oui ferait le jeu de Jacques Chirac, il faudrait nécessairement dire non ! Ne soyons pas naïfs, celui-ci utilisera notre vote, quel qu’il soit. L’idéal européen mérite mieux que ces approximations.

 

Pour nous, l’essentiel n’est pas là. Il s’agit de retrouver l’esprit et la vision des pères fondateurs de l’Europe.

 

Commençons par revenir aux deux premières parties du texte rédigé par la Convention pour l’avenir de l’Europe, qui sont beaucoup plus proches de l’esprit communautaire, notamment en ce qui concerne la règle de l’unanimité ou les modalités de vote à la majorité qualifiée.

 

Soumettons ensuite le nouveau projet à une assemblée constituante, et non aux seuls chefs d’Etats. Cette assemblée pourrait être composée de délégations des parlements nationaux, qui rejoindraient le Parlement européen pour examiner le nouveau projet de constitution et l’amender si nécessaire.

 

Enfin, soumettons la ratification à un référendum européen organisé simultanément dans chaque pays de l’Union.

 

Nous pensons plus fondamentalement qu’il faudrait relancer la construction européenne par la création d’un coeur, l’Europe unie, portant un projet politique et permettant d’aller plus loin en matière d’harmonisation fiscale et de législation sociale.

 

C’est ainsi, selon nous, que l’on évitera le dévoiement du projet européen et que l’on refondera l’ambition européenne.

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25 mai 2015 1 25 /05 /mai /2015 18:58
Après l'échec de la conférence d'examen du TNP

Communiqué 

 

      La 9ème Conférence d’examen du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) a achevé ses travaux sans parvenir à l’adoption d’un Document final.

 

    L'association ALB regrette cet échec, qui marque à nouveau l’absence flagrante de volonté des puissances nucléaires de parvenir à un monde sans armes nucléaires.

 

*************

 

       Après 4 semaines de travaux à l’ONU, les Etats-Unis, le Royaume-Uni et le Canada ont rejeté le Document final qui devait tracer la voie du désarmement et de la non-prolifération nucléaire pour les 5 prochaines années. Ces trois pays ont justifié leur opposition par un refus d’adhérer à l’exigence formulée par l’Egypte, au nom des pays arabes, de mettre en place une Conférence créant une « zone exempte d’armes nucléaires » au Moyen-Orient avant le 1er mars 2016, alors que le principe en avait été approuvé en 1995 comme une des conditions de la prorogation indéfinie du TNP. Il s’agit d’une remise en cause dangereuse du consensus de 1995 qui contraste avec les efforts consentis à juste titre pour empêcher l’Iran d’accéder à l’arme nucléaire.

 

     De son côté, la France, qui s'affirme pleinement consciente de ses engagements au titre de l’article VI du TNP, est loin de les respecter, en poursuivant le programme de modernisation de son arsenal et en conservant une politique de défense centrée sur la dissuasion nucléaire. Par ailleurs, alors que 159 Etats ont soutenu une déclaration autrichienne concernant le risque et les conséquences catastrophiques de la détonation des armes nucléaires, il est regrettable que l’ambassadeur français ait à nouveau refusé de s’associer à ce constat.

 

       Cette conférence a confirmé qu’il existait un vide juridique à propos des armes nucléaires, qui restent à ce jour les seules armes de destruction massive non couvertes par un instrument juridique international d’interdiction, contrairement aux armes chimiques et biologiques.

 

       Il est néanmoins encourageant que, face à une telle réalité, plus d’une centaine d’Etats se soient engagés « à identifier et à prendre des mesures efficaces pour combler ce vide » dans le but de stigmatiser, d’interdire et d’éliminer les armes nucléaires.

 

 

Paul Quilès, Bernard Norlain et Jean-Marie Collin

Président et Vice-Présidents de l’association ALB (Arrêtez La Bombe)

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24 mai 2015 7 24 /05 /mai /2015 17:18
Congrès du PS : 6 questions

Six questions à Jean- Christophe Cambadélis et Christian Paul

 

     Lors du vote du 21 mai 2015 sur les 4 textes présentés au Congrès de Poitiers, les militants socialistes ont placé vos 2 motions (A et B) en tête. Selon nos statuts, vous devez être départagés le 28 mai par un vote des militants qui désignera celui qui deviendra le nouveau Premier secrétaire du Parti socialiste.. 

 

      Celles et ceux qui, comme moi, ont fait le choix de la motion D par leur vote du 21 mai sont attachés aux idées fortes qu’elle contient. Ils tiennent également au caractère concret de leurs propositions, loin des formules générales, trop souvent confuses et parfois ambigües.

 

      Avant de se prononcer le 28 mai, ils prendront connaissance de vos professions de foi (qui doivent être déposées demain, lundi 25 mai). Ils espèrent y lire vos positions sur plusieurs questions clés pour l’avenir du PS, que je formule ici à titre personnel, mais je sais que ces interrogations sont partagées par de très nombreux militants socialistes.

 

      1- Trop souvent, l’opinion publique, les électeurs et même les militants doutent de l’utilité du PS. Cela prouve la nécessité d’élaborer une position sur tous les grands dossiers, de la communiquer au gouvernement et de s’efforcer de le convaincre.

 

      Comment comptez-vous concrètement tenir compte de cette exigence vitale dans l’organisation et le fonctionnement du PS ?

 

      2 Au-delà des "pré-synthèses" réalisées au moment de la rédaction des textes soumis aux militants pour ce congrès, les 4 motions ont insisté sur le caractère indispensable du rassemblement et de l’unité des socialistes.

 

     Quelle traduction concrète comptez-vous donner à cet engagement ?

 

   3- Les militants demandent avec insistance à être régulièrement consultés sur les dossiers importants, notamment ceux qui viennent en discussion au Parlement.   

 

     Comment comptez-vous concrètement organiser ces consultations ?

 

     4- Le débat doit être libre à tous les niveaux du PS, y compris au sein des groupes parlementaires. Pour autant, la ligne tranchée collectivement doit être respectée.

 

     Comment comptez-vous concrètement agir pour que cette règle soit effectivement mise en œuvre ?

 

     5- Les nombreux chantiers cités dans les 4 motions sont la preuve qu’un travail considérable reste à réaliser dans les prochains mois au sein du PS.

 

    Acceptez-vous d’engager rapidement un travail de réflexion et de proposition sur les 3 thèmes prioritaires suivants : les nouveaux droits sociaux, le pouvoir d’achat et la réforme fiscale, l’écologie et la transition énergétique ?

 

     6- Le parti qui se dit héritier de Jean Jaurès est bien timide dans sa réflexion et ses prises de position sur la question de la paix et du désarmement (notamment nucléaire).

 

     Quand le PS engagera-t-il enfin ce débat, que je demande depuis des années ?

Congrès du PS : 6 questions
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15 mai 2015 5 15 /05 /mai /2015 16:35
Ce que j’attends du congrès du PS

     En prélude au vote des militants socialistes le 21 mai, je voudrais faire part de mon analyse sur l’enjeu du congrès de Poitiers.

 

    L’objet d’un congrès est de définir la « ligne » qui doit s’imposer au parti et à sa direction, élue à cette occasion. Par leur vote, les militants départagent des textes -les fameuses « motions d’orientation»-, qui sont censés proposer des orientations différentes. A l’issue de ce vote, un rassemblement, nécessaire pour gérer le PS, peut se réaliser sur la base de compromis.

 

    Ce mécanisme, respectueux du point de vue des militants, n’a de sens que si on leur propose des choix clairs. En leur présentant des motions qui sont elles-mêmes des compromis, ou de simples additions de points de vue très différents, on rend le débat confus. Rapidement, les affrontements de personnes et les intérêts locaux peuvent prendre le pas sur le débat d’idées.

 

    Il faudrait aussi éviter de demander aux militants d’exprimer ce que j’appellerais un « vote automatique » : ils auraient le choix entre se déterminer "pour le gouvernement", "pour sa politique" ou "contre tel ministre", "contre cette politique".…En quelque sorte, on ne pourrait être que légitimiste ou frondeur !

 

     En ce qui me concerne, j’ai déjà expliqué pourquoi je n’ai pas approuvé la démarche suivie par diverses composantes du PS autour de la thématique des « frondeurs », dont le but était de présenter une motion commune à ce congrès. Afin de mieux défendre mes convictions, j’ai choisi de soutenir la motion D, intitulée « la Fabrique » et conduite par Karine Berger, qui permet justement d’en revenir à l’esprit de ce que doit être le fonctionnement du Parti socialiste et d’un congrès. Elle n’a pas été « pré fabriquée » mais composée à partir des réflexions de plusieurs sensibilités du PS. Elle propose aux militants de débattre, à partir de convictions fortes, de tous les sujets sur lesquels les Français nous attendent, comme en témoignent les 86 propositions présentées dans la motion

 

     Si le rassemblement est possible –et il est indispensable- c’est après le vote des militants qu’il peut se faire, sur la base des débats et pas avant, à partir d’accords, parfois obscurs, entre leaders et appareils de courants. C’est ainsi que l’on pourra réaliser l’unité réelle des socialistes et donner au PS une efficacité qu’il a perdue.

 

     Pour que reVive le PS !

 

     Dans une période marquée par la montée du populisme, par une défiance croissante de nos concitoyens à l’égard des partis politiques et de leurs leaders, le Congrès de Poitiers doit être l’occasion de redonner au PS la force et la crédibilité qu’il a perdues aux yeux des Français et, trop souvent aussi, aux yeux de ses propres militants.

 

     Pour cela, il faut accepter de débattre de tout : de la politique suivie par le gouvernement, des réformes à engager avant 2017, des grands problèmes de société, du fonctionnement du PS et de son organisation. Il est proposé de le faire autour de quatre grandes questions :

 

1- comment reprendre la main politique dans la mondialisation ?

2- comment répondre à l’angoisse sociale de nos concitoyens ?

3- comment reconstruire l’exemplarité de notre République ?

4- comment renforcer la démocratie en France ?

 

    Il faut que ces débats se traduisent par des choix et des décisions engageant la direction du PS, dont la voix doit se faire entendre auprès de l’exécutif et du groupe parlementaire. Si tel n’était pas le cas, on serait en droit de douter de son utilité. C’est un scénario que les militants socialistes ne peuvent naturellement que refuser. Les plus lucides d’entre eux craignent qu’une telle dérive conduise le PS à ressembler à la SFIO finissante. 

 

     La motion D trace au contraire une voie qui permet d’envisager que le PS retrouve la force et les moyens de peser sur la politique gouvernementale, afin qu’elle soit fidèle à l’attente des socialistes et de la gauche.

 

   En votant pour la motion D, j’émettrai un vote de conviction, d’enthousiasme, mais aussi de raison.

                                              

                                                                        Paul Quilès

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10 mai 2015 7 10 /05 /mai /2015 19:48

     Vous connaissez la suite. C’était à 20h, il y a exactement 34 ans.

 

     Ce court enregistrement est un beau souvenir pour ceux qui l'ont vécu et un grand moment de télévision......que je n'ai pas suivi en direct, trop occupé par la préparation de la fête de la Bastille! Mais je connaissais le résultat depuis 18h30, grâce au sondage "sortie des urnes" de la SOFRES !

 

     Voir aussi cette vidéo, avec 3 témoignages sur le 10 mai 1981:   

 

     La Fabrique socialiste fête l'élection de François Mitterrand

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9 mai 2015 6 09 /05 /mai /2015 15:13
Place de la Bastille. 10 mai 1981, 23h

Place de la Bastille. 10 mai 1981, 23h

      Publié sur le site du JDD sous le titre 

 

"Les leçons de Mitterrand du 10 mai 1981 sont toujours d'actualité"

 

      Pourquoi parler encore une fois du 10 mai 1981 et de la victoire de François Mitterrand ?

 

      Serait-ce parce que le 10 mai tombe cette année un dimanche (mais c’est le cas tous les 6 ans…) ? Serait-ce par un goût immodéré des commémorations…qui évite de parler du présent ?

 

      Non, il s’agit plutôt aujourd’hui de rappeler un moment fort de l’Histoire, pas seulement pour les socialistes, mais aussi pour la gauche et, au-delà, pour notre pays. A condition de ne pas idéaliser l’évènement et de ne pas le couper de son contexte, sa lecture peut aider à dégager des enseignements pour le temps présent et pour l’action.

 

      Directeur de la campagne de François Mitterrand en 1981 et organisateur de la mémorable fête de la Bastille*, je ressens avec beaucoup de force l’évocation de ce souvenir. Sans nostalgie, mais avec le souhait que le rappel de cet évènement soit utile aux générations qui ne l’ont pas vécu.

 

       C’est ce que j’exprimais déjà à l’occasion du 30ème anniversaire du 10 mai 1981, en conclusion du petit livre « On a repris la Bastille »

 

       Quatre ans plus tard, en relisant mes propos, je m’aperçois qu’ils sont encore pertinents

 

                                                                                                 Paul Quilès

 

* Ecouter l'émission de France Inter: "10 mai 1981: l'arrivée de la gauche au pouvoir" (de 39' à 54')

 

************


     « Dans l’esprit de plusieurs générations, le 10 mai 1981 demeurera sans conteste une référence historique et la date d’une journée mémorable. Tous ceux qui ont participé à la liesse populaire de la « soirée de la Bastille » qui l’a conclue en garderont un souvenir ému.

 

     Les jeunes qui venaient d’accéder à l’âge de voter se souviendront du formidable enthousiasme de la fête et de leur espérance que cette victoire permette, comme le disait le slogan des socialistes, de « changer la vie ».

 

     La joie des militants de gauche, qui s’étaient battus pendant tant d’années, faisait plaisir à voir. Ils avaient presque fini par douter que la droite puisse être battue, en intériorisant la formule de Jacques Chirac, qui ironisait sur la gauche, « excellent critique musical… mais demande-t-on à un critique musical de diriger un orchestre ? ».

 

     Les plus anciens se souviendront de leur émotion en réalisant que la dernière grande victoire de la gauche remontait à 1936, quarante-cinq ans en arrière !

 

     Je revois encore ce vieil homme, quelques jours plus tard, qui faisait ses courses sur le marché Maison Blanche, dans mon XIIIème arrondissement. Il me reconnaît, s’arrête et se met à me raconter sa soirée du 10 mai : « Vous savez, je suis veuf, je vis seul dans mon HLM. Dimanche soir, je préparais mon dîner dans la cuisine, quand j’ai entendu à la radio, à20 heures, que Mitterrand avait gagné. Alors, je me suis assis et j’ai pleuré. J’ai pleuré de bonheur, parce que, rendez-vous compte, j’attendais ça depuis 1936 ! Alors, je me suis dit : “maintenant, tu peux mourir” ».

 

     Bien sûr, certains ne manquent pas de mettre en parallèle les espérances soulevées par cette victoire et les désillusions de certaines périodes de la gauche au pouvoir. Il n’est pas dans mon intention de réaliser ici l’inventaire des erreurs ou des insuffisances qui ont marqué les deux septennats de François Mitterrand.

 

    Beaucoup a été dit à ce sujet et, si certaines critiques me paraissent fondées, d’autres ne sont pas empreintes de la nécessaire honnêteté qui consiste à replacer les événements et les actes dans le contexte de l’époque. Force est de constater en effet que certains oublis, voire quelques réécritures de l’Histoire, empêchent parfois de comprendre pourquoi et comment, le 10 mai 1981, François Mitterrand est devenu Président de la République française, alors que tant de forces s’opposaient à lui et que sa stratégie était contestée, y compris dans le camp de la gauche*.

 

    Quel que soit le jugement que l’on porte sur le bilan de l’action de François Mitterrand, personne ne peut nier que la victoire du seul président de gauche élu jusqu’ici par les Français et l’action de ses gouvernements ont marqué la France de la fin du XXème siècle.

 

     On entend dire qu’il s’agissait alors d’une autre époque. Il est vrai que le monde a considérablement bougé depuis ce qu’on a appelé « les années Mitterrand ». La scène internationale, toujours dominée par l’hyperpuissance américaine, a vu se renforcer l’influence de nouveaux acteurs. Le mur de Berlin est tombé depuis plus de vingt ans.

 

    Récemment, d’autres craquements se sont fait entendre, avec les révolutions qui ont embrasé le monde arabe. La mondialisation des échanges est devenue un enjeu majeur des relations entre Etats.

 

    Des lignes nouvelles de fracture sont apparues, sous les coups de boutoir des extrémismes, qui se manifestent avec plus de vigueur, notamment à travers les dérives religieuses et le terrorisme mondialisé. En France aussi, la vie politique, les rapports de force, les débats ont évolué.

 

    En dépit de ces changements, il est des enseignements de la vie publique de François Mitterrand qui perdurent. Je pense notamment au rôle qu’il attribuait dans la conduite de son action à la volonté et à la méthode.

 

    Volonté par exemple d’approfondir la construction européenne sans détruire la France, en liaison avec notre partenaire allemand. Volonté de moderniser l’économie de notre pays en l’appuyant sur des secteurs publics forts. Volonté de rechercher la justice sociale, même si les difficultés économiques et certains manques d’audace n’ont pas permis d’aller assez loin.

 

     Quant à la méthode qui fut celle de François Mitterrand et qui a toujours guidé sa démarche, elle me semble totalement d’actualité : des objectifs politiques clairement définis, une stratégie bien affichée, le souci permanent de rassembler (les socialistes, la gauche, les Français). Son dernier message aux socialistes*** résonne encore à mes oreilles : « Je crois pour demain comme hier à la victoire de la gauche, à condition qu’elle reste elle-même. Qu’elle n’oublie pas que sa famille, c’est toute la gauche. Hors du rassemblement des forces populaires, il n’y a pas de salut ».

 

     Aujourd’hui, je suis étonné et souvent attristé de voir à quel point la gauche semble avoir du mal à s’inspirer de cette stratégie, qui n’a pourtant pas perdu de sa pertinence. En 2011, comme il y a trente ans, la France a besoin d’espoir et nos concitoyens sont en attente de véritables changements. 

 

    Ils supportent en effet de moins en moins les injustices criantes de cette société et ils voient bien que la jeunesse est en panne d’avenir, que les classes moyennes sont désemparées, que la précarité s’accroît, que la laïcité est contestée, que la voix de la France est affaiblie et parfois inaudible.

 

    Pour autant, leur volonté de sanctionner la droite et le pouvoir en place risque de ne pas suffire à la gauche pour l’emporter. Ses divisions entretiennent la confusion, la focalisation sur les combats de personnes accroit la défiance, et l’absence de plateforme commune portant une alternative décourage les couches populaires, laissant le champ libre à des idéologies inquiétantes.

 

     Avec nos alliés écologistes et toutes les forces vives de la gauche, nous devons convaincre de notre capacité à transformer en profondeur la société, les conditions de vie et notre mode de développement.

 

     D’où la nécessité du rassemblement, sans lequel aucune victoire électorale n’est possible. D’où l’urgence aussi de la formulation d’une véritable alternative de pensée et de gouvernement.

 

     Même si le contexte politique a évolué, les « fondamentaux » de la stratégie de François Mitterrand me semblent être encore aujourd’hui les conditions de la réussite pour la gauche : le choix des personnes ne doit pas précéder l’élaboration du projet ; les sondages ne doivent pas être la boussole des décisions ; le rassemblement de la gauche doit être recherché en permanence. L’élection de François Mitterrand a également fait la preuve éclatante que ce n’est pas la popularité qui fait l’élection… mais la victoire qui rend populaire !

 

   Celles et ceux qui, comme moi, ont eu la chance de connaître cet homme de près retiendront également un autre trait de sa personnalité, auquel il dut faire appel à de multiples occasions au cours de sa vie : une exceptionnelle capacité de résistance à l’adversité.

 

     Ce sont sa ténacité et la volonté qu’il manifestait dans l’action, jointes à la clarté de ses objectifs, qui expliquent sans doute pourquoi ce personnage au caractère trempé, semblant parfois froid et distant, avait la capacité rare de mobiliser et d’entraîner les hommes.

 

     Je souhaite que les responsables politiques de la gauche sachent s’inspirer de la leçon du 10 mai 1981, pour redonner l’espoir qui manque tant aujourd’hui à notre pays… »

(texte écrit par Paul Quilès en avril 2011)

_________________

 

** Le 8 mai 1981, dans l’avion qui nous ramenait du dernier meeting de la campagne présidentielle à Nantes, alors que je lui disais: "Je suis convaincu que vous allez gagner dimanche", François Mitterrand, sans contester ma prévision, me répondit, très ému: "Vous rendez-vous compte de ce que cela signifiera, cette victoire, avec toutes les forces qui étaient coalisées contre nous ? C’est incroyable"

 

*** Ce message de François Mitterrand aux socialistes a été délivré au cours du congrès du Parti socialiste de Liévin (18, 19 et 20 novembre 1994).

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 Avant de venir à Cordes, consultez:

     * site de l'Office du tourisme 

     * site de la mairie     

Bibliographie

- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  
- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu)
- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff )

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï)
-
1992: Nous vivons une époque intéressante
- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez