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8 mars 2019 5 08 /03 /mars /2019 16:44
L’accès des femmes aux postes de responsabilité

     La présidente du groupe pharmaceutique Janssen France, Emmanuelle Quilès, rappelle dans une tribune au « Monde » que l’équité salariale doit aujourd’hui être une priorité pour assurer l’égalité femmes-hommes en entreprise.

 

*********

 L’accès des femmes aux postes de responsabilité passe par la remise en cause de préjugés culturels 

 

     Soyons clairs une bonne fois pour toutes : l’égalité femmeshommes en entreprise est synonyme de performance économique. Etude après étude, les conclusions convergent vers cette certitude. Pourtant, si les femmes représentent 50 % de la population mondiale, elles n’occupent encore que 25 % des postes de management, 5 % des postes de PDG et elles ne sont que 12 % à siéger aux comités de direction dans les pays du G20 (13,6 % en France).

     Une sousreprésentation qui n’a rien à voir avec le supposé « manque d’ambition des femmes » que j’entends parfois, entre cynisme et arrogance, puisque 79 % des femmes et 81 % des hommes assurent vouloir accéder à des postes de « top management ». Et qui ne met pas en avant les entreprises qui ont 60 % de femmes siégeant au comité de direction, selon l’étude McKinsey Women Matter.

     Une meilleure mise en valeur des compétences féminines ne permettraitelle pas de générer 12 000 milliards de dollars supplémentaires d’ici à 2025, soit 11 % du PIB mondial, toujours selon la même étude ? Le constat est sans appel et le gâchis immense en termes de croissance économique globale, notamment dans nos économies matures aux populations vieillissantes et à court de forces vives. Si ces arguments économiques en faveur d’une égalité réelle sont déterminants, ils ne sont pas suffisants.

     Le sujet n’est pas nouveau : l’histoire des idées est jalonnée de penseurs masculins qui ont formulé clairement leurs convictions sur l’égalité. Parmi les plus illustres : Condorcet, véritable pionnier de la lutte pour les droits des femmes dont les premiers écrits de militant sont publiés dès 1787, se faisant sans relâche l’avocat de « l’admission des femmes au droit de cité ». Moins d’un siècle plus tard, l’économiste John Stuart Mill, dans son livre De l’assujettissement des femmes (1869) dévoile un plaidoyer magistral en faveur d’une égalité totale.

     Echanger, communiquer

     En recherchant récemment sur Internet « homme féministe », je n’ai pas trouvé grandchose.  Comme si les deux concepts étaient antinomiques. Mais il est vrai que notre civilisation occidentale a été écrite comme une métaphysique de l’« Un », et que cet «Un » est masculin. Comme l’explique très bien la philosophe et psychanalyste Cynthia Fleury, « l’homme est à la fois au centre et au sommet, et ce depuis des millénaires ». Alors on pourrait se dire que ce sommet restera longtemps inaccessible, ou bien on agit, ce qui est ce que je veux, en cette journée internationale des droits des femmes.

     On agit. Non pas pour faire de la parité une bataille de femmes pour les femmes mais en faire un combat universel. Agir pour désapprouver publiquement certains comportements, agir pour créer une union sacrée femmeshommes, agir pour désamorcer nos biais inconscients en entreprise grâce à des actions de formation… Mettre bout à bout une série d’actions simples, mesurer leur impact, échanger les idées, communiquer, c’est contribuer à déconstruire un environnement hostile à l’ascension féminine et changer les mentalités.

     L’accès des femmes aux postes de responsabilité passe par la remise en cause de préjugés culturels liés d’une part à la vision stéréotypée du leadership masculin dans l’entreprise et d’autre part à la conception du rôle de l’hommechef de famille et « gagnepain principal ». Heureusement, des mesures de progrès, comme le congé paternité, donnent un coup d’accélérateur salutaire pour déconstruire un certain nombre de préjugés sur les parcours de carrière. Mais il nous faut aller plus loin : le sujet de l’équité salariale est désormais au coeur de nos priorités et c’est tant mieux, car le silence ne peut plus avoir valeur d’assentiment dans ce domaine.

     Ce combat pour la parité doit nous mener bien audelà de lattention que nous sommes invités à porter aux femmes dans les entreprises en ce jour du 8 mars. Cocher les cases ne permet plus à nos entreprises d’atteindre le niveau d’ambition dont elles ont besoin pour relever les défis qui s’offrent à nous. Ces défis s’appellent innovation, transformation, inclusion. Rien que des noms féminins.

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8 mars 2019 5 08 /03 /mars /2019 11:20
Les hommes aussi

     Il est bon de rappeler que la cause des femmes avancera aussi avec la conviction des hommes, dont certains ont montré la voie dans la lutte contre le patriarcat ! 

 

     Voici à ce sujet le beau texte de mon ami Jean-José COLOMES, publié sur son blog à l’occasion de la « journée internationale des droits des femmes »

 

****************

 

     « Il naquit à Bergerac le 20 mai 1848. D'abord inscrit au Barreau, Paul Magnaud entre dans la magistrature en 1880. Il occupa différents postes, au Parquet à Doullens, à l'Instruction à Montdidier, Senlis et Amiens. De 1887 à 1906 il présida le Tribunal de Chateau-Thierry. Cette année-là, Paul Magnaud fut élu député radical-socialiste de la Seine. A l'issue d'un premier mandat, il renonça a à se représenter et en 1910, il réintégra la magistrature jusqu'à sa retraite. Il est décédé le 27 juillet 1926 à Saint Yrieix la Perche.

 

     De l'avis général, ce fut un homme d'une grande bonté et un féministe avant l'heure. Jugez-en :

 

     A Chateau-Thierry, alors qu'il présidait le Tribunal Correctionnel, il est amené à juger une jeune femme de 22 ans, Louise Ménard, qui a dérobé un pain dans la boulangerie de son cousin.

 

     Louise élève seule son petit garçon de 2 ans et partage avec sa mère qui est veuve, un bon d'alimentation hebdomadaire accordé par le bureau de bienfaisance de sa bourgade : 2 kg de pain et 2 livres de viande.

 

     Le cousin a porté plainte et les gendarmes témoignent que lorsqu'ils sont arrivés chez Louise, la miche était dévorée aux trois-quarts. Le Procureur demande la condamnation de la voleuse.

 

     Après deux longues heures de délibération, le président Magnaud rend son jugement dans lequel on peut lire :

 

"Attendu qu'il est regrettable que dans une société bien organisée, une mère de famille seule puisse manquer de pain autrement que par sa faute... le juge peut et doit interpréter humainement les prescriptions de la Loi...Un acte, ordinairement répréhensible, perd de son caractère frauduleux lorsqu'il est commis par l'impérieux besoin de se procurer un aliment de première nécessité..."

 

     En conséquence, le Tribunal relaxe Louise Ménard. Ainsi, apparaît pour la première fois dans le jargon juridique, la notion "d'état de nécessité". Celui-ci n'intégrera le Code Pénal qu'en 1994, presque un siècle plus tard !

 

     Au moment où Louise quitte la salle d'audience, le juge lui glisse une pièce de 5 francs dans la main. Les gazettes s'emparent de l'histoire et les lecteurs s'émeuvent du cas de la jeune femme. Une souscription est lancée en sa faveur. La princesse de Rohan, le photographe Nadar, Courteline manifestent également leur soutien tant à Louise qu'au juge Magnaud. Georges Clémenceau signe un billet dans l'Aurore, intitulé "Le bon juge".

 

     Lequel juge continue sa croisade visant à protéger les femmes.

 

     Le 24 août 1900, comparait devant lui, Marie-Julie Véret, accusée d'avoir laissé mourir son enfant à la suite d'un accouchement clandestin. Paul Magnaud prend la plume :

 

"Marie-Julie Véret n'a agi que par crainte de la sourde hostilité et de la stupide et cruelle réprobation dont sont l'objet les filles-mères. C'est donc à la société contemptrice des filles-mères mais pleine d'indulgence pour leurs séducteurs, qu'incombe en partie la responsabilité des conséquences des grossesses et accouchements clandestins".

 

     La prévenue sera condamnée à une amende de seize francs.

 

     Eulalie Michaud, ouvrière passementière, a eu une liaison avec le fils de l'un des principaux industriels de la région. De cette liaison est né un enfant et le jeune homme promet le mariage à Eulalie. Pendant quelques temps, il subvient aux besoins de la mère, puis il se lasse et l'abandonne pour une autre. Un jour, Eulalie Michaud le croise aux bras de sa rivale et folle de colère, elle lance une pierre au visage de son amant, le blessant légèrement à l'oeil. Elle encourt entre 6 mois et 2 ans de prison.

 

     Le juge l'écoute exposer sa détresse. Il écoute le jeune homme qui se montre très désobligeant. Rentré chez lui, Paul Magnaud rédige sa décision. Il rend hommage à la prévenue qui a présenté des excuses pour son emportement, et il s'en prend ensuite au plaignant :

 

"Ce Don Juan de village...qui laisse à une fille-mère toute la charge de l'enfant qu'elle a conçu...alors qu'il peut se dégager de toute responsabilité matérielle.... ". Un tel état de choses, poursuit le juge "met souvent la femme abandonnée dans la terrible alternative du crime ou du désespoir".

 

     Eulalie Michaud est condamnée à un franc d'amende.

 

     Mais « le bon juge », sait aussi faire preuve d'un grand cœur à l'égard des plus démunis. Devant rendre une décision en matière de mendicité, le Tribunal de Château-Thierry se placera aussi à l'avant-garde. Ainsi, le 20 Janvier 1899, il relaxe un individu au motif qu'il n'avait demandé l'aumône que sous la pression d'une détresse absolue.

 

     En ce début du XXème Siècle, les choses évoluent. Deux femmes ont été autorisées à prêter le serment d'avocat. C'est devant le Tribunal de Château-Thierry que l'une d'elles, Jeanne Chauvin, prononce sa première plaidoirie. Le président Magnaud l'accueille chaleureusement et appelle l'institution judiciaire à s'ouvrir également aux femmes. Il mène combat avec elles et les déboires conjugaux de ses concitoyens lui fournissent une belle occasion de dénoncer l'injustice faite aux femmes adultères. Elles encourent en effet de 3 mois à 2 ans de prison, quand l'époux volage risque au mieux une amende, et encore, s'il commet son forfait au domicile conjugal !

 

     Il en est ainsi d'une amoureuse surprise en flagrant délit chez son amant par les gendarmes, à la requête du mari furieux. L'épouse est relaxée et le juge soutient, avec une forte dose de bon sens, que la maréchaussée a mieux à faire que de dresser des constats dans les alcoves "surtout si l'on songe que, l'adultère ne trouble ni la liberté, ni la propriété de personne, ni la paix publique." Le délit d'adultère ne sera abrogé qu'en 1975. Le « bon juge » Magnaud était un visionnaire !

 

     Paul Magnaud innove aussi en matière de divorce. Convaincu que "deux êtres ne peuvent malgré eux, rester enchaînés l'un à l'autre à perpétuité" il prononce en 1900 le premier divorce par consentement mutuel, là encore avec soixante-quinze ans d'avance sur la loi !

 

     Les journalistes de la presse nationale viennent voir de plus près ce singulier personnage qui s'interroge publiquement : «  Pourquoi la justice a-t-elle deux plateaux si le juge ne peut en utiliser qu'un ? ».

 

     Mais le bon juge paiera cher ses irrévérences. Pressé par Clémenceau de se présenter aux Législatives de 1906 pour sauver une circonscription de droite, il accepte, en échange de la promesse de voir voter une "loi sur le pardon judiciaire", qui doit permettre au juge d'absoudre un coupable si la clémence lui paraît plus efficace que le sanction. Loi qui ne verra jamais le jour.

 

     Paul Magnaud abandonne la politique après ce mandat. La Chancellerie l'affecte à un poste dans une juridiction de la Seine où il ne présidera plus aucune audience.

 

     Alors, un siècle plus tard, quel regard porter sur les positions et décisions téméraires prises par le bon juge  ? Si les jugements de Paul Magnaud, révolutionnaires en leur temps, ont largement contribué à faire évoluer vers plus d'égalité la place de la femme dans la société, il faut souligner que l'enthousiasme du juge n'a pas toujours été partagé par les juridictions d'appel... Le fruit n'était pas encore mûr!

 

     Aujourd'hui, même si nos sociétés ont gravé dans les textes le principe « d’égalité des femmes et des hommes», elles restent encore profondément androcentrées. Il faut souhaiter que d'autres juges Magnaud continuent, au quotidien, à faire coïncider ici et dans le monde, les grands principes et la réalité vécue. Vaste chantier !

 

     Mais à chaque jour suffit sa peine. Pour l'heure, excellente fête, Mesdames ! »

 

             https://img.over-blog-kiwi.com/2/60/70/66/20190308/ob_e796e1_magnaud-tribunal.jpe

                Palais de Justice de Château Thierry.

                   En médaillon le Juge Magnaud.

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2 mars 2019 6 02 /03 /mars /2019 13:14
L'Inde, le Pakistan et le risque nucléaire

Le nucléaire limite le risque de guerre…sans le limiter !

 par

                    Bernard Norlain, général d’armée aérienne (2S), vice-président d’IDN                       et Paul Quilès, ancien ministre de la défense, président d’IDN

 

     A la faveur des graves affrontements de ces derniers jours entre l’Inde et le Pakistan, les experts auto-proclamés ont ressorti leur vieil argument du « rôle stabilisateur de l’arme atomique ».

     Mais comme la situation est non seulement plus explosive que jamais et qu’elle n’est plus, en tout cas beaucoup moins, sous contrôle des puissances tutélaires traditionnelles, ces experts viennent d’inventer un nouveau concept stratégique : la limitation sans limitation. Le raisonnement de cette sorte d’oxymore stratégique est le suivant : les armes nucléaires détenues par ces deux pays les empêchent de se livrer à une escalade militaire qui pourrait déboucher sur un conflit nucléaire, mais (et c’est le mais qui est important !) l’exacerbation nationaliste et religieuse actuelle est telle que la retenue prétendument liée à la possession de l’arme nucléaire pourrait ne plus suffire et céderait devant une sorte de tsunami guerrier. En somme, le fait nucléaire inciterait à la retenue…. mais pas trop.

     En réalité, si les conflits locaux ont pu rester circonscrits jusqu’à nos jours, c’est avant tout parce que les grandes puissances concernées -Etats-Unis, Chine, Russie- ont pu exercer une influence modératrice et une sorte de tutelle stratégique.

     Cependant, depuis quelque temps déjà, l’activisme de certains mouvements islamistes a pu faire craindre une perte du contrôle nucléaire par les autorités pakistanaises et le début d’une prolifération nucléaire terroriste. Mais aujourd’hui, le contexte a radicalement changé : la nouvelle présidence américaine, l’expansionnisme chinois, la soif de revanche russe et son tropisme des mers chaudes, le réarmement nucléaire et conventionnel particulièrement de l’Inde font que l’arme nucléaire devient une source d’instabilité - régionale et même mondiale- extrêmement dangereuse.

     Il est temps d’abandonner les vieilles antiennes et les dogmes archaïques sur le nucléaire militaire qui serait facteur de paix et de stabilité. Le réalisme voudrait que l’on cesse de croire que l’arme atomique ne sera jamais utilisée. Il y a une certitude : le risque est de plus en plus grand qu’elle soit utilisée et il y a de grandes chances pour qu’elle le soit en premier dans cette région.

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28 février 2019 4 28 /02 /février /2019 09:33
Gravité de l’escalade militaire entre l'Inde et le PakistanGravité de l’escalade militaire entre l'Inde et le Pakistan

     L’intervention de Pierre Haski sur France Inter ce matin attire l’attention sur la gravité de l’escalade militaire entre ces deux pays surarmés et dotés de l’arme nucléaire.

ECOUTER (2 minutes)

 « Deux avions indiens ont été abattus hier au-dessus du Pakistan….C’est une crise comme le monde la redoute depuis que l’Inde et le Pakistan se sont dotés, à la fin des années 90, de l’arme nucléaire : une série d’incidents militaires meurtriers y compris deux avions indiens abattus hier, une escalade encouragée par les appels à la revanche, un double nationalisme religieux exacerbé, et des grandes puissances moins influentes qu’auparavant. » (….)

     C’est le moment de revoir cette terrible vidéo animée, dans laquelle William Perry, ancien Secrétaire d'Etat américain à la défense, décrit son cauchemar d'une guerre accidentelle entre l'Inde et la Pakistan.

   Le scénario, mis au point par des experts militaires en armes nucléaires, est destiné à faire comprendre ce que pourraient être les épouvantables conséquences d’un tel accident.....pas seulement en Inde et au Pakistan!

REGARDER

      A méditer.....

Gravité de l’escalade militaire entre l'Inde et le Pakistan

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27 février 2019 3 27 /02 /février /2019 17:44
Cordes d'un siècle à l'autre
Cordes d'un siècle à l'autre
Cordes d'un siècle à l'autre
Cordes d'un siècle à l'autre
Cordes d'un siècle à l'autre

     Durant quelques semaines, les habitants de Cordes et les touristes ont pu découvrir les cartes postales qui constituaient l'exposition que nous avions intitulée Cordes à travers le vingtième siècle. Montrer la façon dont le patrimoine et la Cité ont pu évoluer durant un siècle, tel était notre propos.

 

     Cordes a considérablement changé d'aspect en quelques années : maison de retraite, école bioclimatique, caserne des pompiers, résidence Albert Camus..., autant de bâtiments qu'on ne pouvait naturellement pas voir sur les cartes postales anciennes.

 

     La seconde exposition, que nous avons intitulée Cordes d’un siècle à l’autre, a pour ambition de montrer ce qui a été entrepris durant les dernières décennies en termes de Grands travaux, équipements et aménagements divers. Elle présente aussi les participations de la mairie à la prise en charge des grands problèmes de l'époque, notamment en matière de Développement durable et de réorganisation administrative :

•             Agenda 21 ;

•             Protection de patrimoine et de l'environnement ;

•             Communauté de Communes du Cordais et du Causse ;

•             Grand Site de la région Occitanie.

 

      Un panneau est consacré à l'un des projets qui sera mis en œuvre en 2019 et qui entre dans le cadre de la préparation du huit centième anniversaire de la fondation de Cordes (2022).

 

« La forme d'une ville, hélas, change plus vite que le cœur d'un mortel. » (Charles Baudelaire)

Ecouter le discours de Paul Quilès

lors de l'inauguration de cette exposition

le 1er mars 2019.

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25 février 2019 1 25 /02 /février /2019 20:58
Ils peuvent déclencher l’apocalypse nucléaire

Le film « Le chant du loup », c’est :

-  des images spectaculaires ;

-  un scénario haletant ;

- des acteurs qui racontent la vie d’hommes exceptionnels, des sous-mariniers, pris au piège d'un engrenage incontrôlable.

Et surtout, c’est une démonstration éclatante :

-  des dangers extrêmes que font courir au monde les armes nucléaires;

-  du caractère fumeux de la notion de dissuasion nucléaire;

- du rôle ahurissant confié à quelques hommes et au Président de la République, qui peuvent déclencher (volontairement ou par erreur) l’apocalypse;

Allez vite voir ce film !

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Voir aussi le site de William Perry, ancien ministre américain de la défense.

Ils peuvent déclencher l’apocalypse nucléaireIls peuvent déclencher l’apocalypse nucléaire

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19 février 2019 2 19 /02 /février /2019 16:01
Rassemblement lors d’une cérémonie à la mémoire d’Ilan Halimi, à Sainte-Geneviève-des-Bois, le 13 février. / Julien de Rosa/EPA/MaxPPP

Rassemblement lors d’une cérémonie à la mémoire d’Ilan Halimi, à Sainte-Geneviève-des-Bois, le 13 février. / Julien de Rosa/EPA/MaxPPP

     C'est le titre de l'excellente chronique de Bruno Frappat dans La Croix du 16 février, qui analyse les origines et les conséquences de la haine qui se répand depuis quelque temps dans notre pays. A lire!

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     Le flot de boue monte à vue d’œil. Nous sommes cernés par les abrutis et les méchants (ce sont souvent les mêmes). Ils s’ingénient à nous faire douter de l’homme et de son humanité. Où que se tournent nos regards, certains jours il n’est visions que de malfaisances et de haines. Quand s’arrêteront-ils de nous harceler, tous ces fêlés qui gâchent la vie en société et font défiance de tout, cancan haineux de n’importe quoi, vindicte calomnieuse du moindre détail de nos existences?

     Dernières nouvelles du front. Il s’est trouvé un, ou des imbéciles, pour scier les arbres plantés à la mémoire du jeune juif Ilan Halimi, la victime odieusement torturée après trois semaines de prise d’otage et de sévices par le « gang des barbares » à Sainte-Geneviève-des-Bois. L’acharnement sur ces deux arbres (quoi de plus pacifique qu’un arbre poussant dans le silence des nuits et des banlieues?) est la preuve que tous les barbares ne sont pas en prison et que la manière de rendre hommage à la mémoire de ce martyr de lantisémitisme « moderne » en France est entretenue pas seulement par ses proches, mais même par les plus abjects complices anonymes des bourreaux. Il s’est trouvé, dans la même France de 2019, des imbéciles pour peindre des croix gammées sur des affiches représentant le visage de Simone Veil, dans le 13e arrondissement de Paris, non loin du Panthéon où la France l’a placée. Il s’est trouvé, dans l’infernale nuit des tags, des idiots, anonymes encore, pour tracer l’inscription « Juden » (« juif » en allemand) sur la devanture d’un restaurant parisien. Comme au bon vieux temps de la Nuit de cristal.

     On n’en finirait pas de relever la liste des sottises et des crimes qui défigurent notre pays en ce début de millénaire. Un pays dont la devise partout affichée parle de « fraternité ». Ce troisième terme de la devise nationale est le moins invoqué des trois, tout le monde réclamant constamment sur l’air des lampions la liberté de faire et de dire n’importe quoi, tandis que l’égalité est unanimement saluée et chaque jour battue en brèche.

Complotisme

      D’où tout cela vient-il? Pourquoi tant de haine et de violence? La révolte des gilets jaunes coagule et rassemble tous ces méfaits contemporains. Plusieurs dizaines de députés de la majorité ont subi, directement ou indirectement, des menaces et des passages à l’acte. Le fait que les violences des premières semaines aient valu, de la part des pouvoirs publics, des concessions allant dans le sens des réclamations est devenu la preuve par neuf que la violence peut être employée quand on se fixe des objectifs revendicatifs. La violence, ça marche. Voilà ce que l’on entend à longueur de doctes débats sur les antennes. Cette légitimation par le résultat montre que l’éthique s’est inversée à la faveur de ce mouvement. On ne s’encombre pas de principes préliminaires, on se résout à suivre ses instincts portant vers la violence qui, seule, ouvre des horizons à l’efficacité. Peu importe comment j’obtiens quelque chose, l’essentiel est que je l’obtienne. Il n’y a donc aucune raison de changer de méthode ou de « lâcher » quoi que ce soit. Va pour des samedis pourris et télévisés. La fin justifie les moyens et les reculs officiels absolvent la violation des lois régissant la tranquillité publique.

     La haine ne naît pas toute seule, spontanément. Il lui faut des relais, des réseaux, des amplificateurs. La détestation des pouvoirs – de la banque, de la politique, des religions, des médias, de la police, de la justice… –, cette détestation n’est pas d’hier dans nos provinces où elle s’ajoute à la jalousie haineuse envers Paris, capitale des riches où l’insolence des nantis le dispute à l’arrogance des « élites ». Ces haines multifonctions sont entretenues et théorisées par des animaux politiques à sang froid et par des essayistes irresponsables qui répandent, en même temps que l’idée du déclin, celle du « tous pourris ». Souvent, ces mêmes essayistes et/ou journalistes viennent pleurnicher après qu’ils ont constaté que leur travail de sape de la démocratie a obtenu des effets pratiques. Ils s’avancent pour dénoncer les violences que leurs affirmations ont nourries, les aberrations qu’ils ont eux-mêmes entrepris de répandre. Ils prendraient, pour un peu, la tête de manifs pour la vérité et contre la pourriture de tous les pouvoirs, sauf le leur.

     À l’origine de la violence il y a de la frustration sociale, bien sûr, mais aussi de la fausseté, du mensonge. La pseudo-quête de la vérité aboutit souvent à la calomnie, à l’outrance ou au dénigrement approximatif. Dans un univers médiatique où Internet amplifie le moindre bobard et le répand à la vitesse de l’éclair dans la rubrique des « scandales », le lien est établi, visible, de plus en plus fréquent entre le journalisme de « révélation » et la dérive de notre démocratie. Ayant durant des lustres cherché à montrer le « dessous des cartes » (pouah) et tout « ce que l’on vous cache », le journalisme d’investigation, avec son caractère obsessionnel, ne devrait pas s’étonner d’être accusé d’avoir nourri le complotisme généralisé, matrice de la défiance. Renouer avec la confiance, tel est le défi dominant de notre société, désormais, et de notre métier. 

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18 février 2019 1 18 /02 /février /2019 17:34
Une nécessaire prise de conscience

     Je ne pourrai pas être présent au grand rassemblement organisé demain soir à Paris, place de la République, puisqu’à cette heure-là, je présiderai la réunion du Conseil municipal de Cordes.

 

     C’est pourquoi, dès le début de la séance, je donnerai lecture du texte d’appel à la mobilisation contre l’antisémitisme lancé par les partis politiques, les mouvements et les associations.

 

     Je pense en effet qu’une prise de conscience est nécessaire, afin que les récents dérapages ne conduisent pas à une banalisation de la haine, dont l’histoire de notre pays et de l’Europe nous a appris à quelles conséquences tragiques elle pouvait conduire.

 

« Les actes antisémites se sont dramatiquement multipliés au cours de l’année 2018. Ça suffit !

L’antisémitisme n’est pas une opinion, mais un délit. Il est redevenu une incitation au meurtre. Ilan Halimi, les enfants de l’école Ozar Hatorah, les victimes de l’Hyper Cacher, Sarah Halimi, Mireille Knoll, tous ont été assassinés, parfois torturés, parce que Juifs. Ça suffit !

Nous sommes tous concernés. L’antisémitisme n’est pas l’affaire des Juifs. Il est l’affaire de la Nation toute entière.

Nous portons dans le débat public des orientations différentes, mais nous avons en commun la République. Et jamais nous n’accepterons la banalisation de la haine. C’est pourquoi nous appelons l’ensemble des Français à se réunir dans toutes les villes de France pour dire ensemble : NON, l’antisémitisme, ce n’est pas la France ! »

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17 février 2019 7 17 /02 /février /2019 11:22
Grimper à Cordes sur Ciel

Avant de commencer votre visite,

regardez les belles photos de Cordes sur Ciel

dans le dossier 

du Comité Départemental du Tourisme du Tarn.

 

"Si vous ne connaissez pas encore Cordes sur Ciel, c’est le moment où jamais de découvrir un superbe village perché. Il a conquis les visiteurs qui l’ont élu Village préféré des Français en 2014"

 

 

 

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15 février 2019 5 15 /02 /février /2019 12:34
Lu dans le Canard enchaîné
Lu dans le Canard enchaîné

     Le livre décrypte les mythes entourant les armes nucléaires, les accidents, les coups de chance, les atteintes à la crédibilité de la dissuasion, l’opacité budgétaire, le manque de contrôle parlementaire.

     Il apporte une information claire et précise, à partir de 22 récits qui montrent que la défense de la politique de dissuasion nucléaire utilise les trois techniques classiques de la propagande : la déformation de la vérité, la dissimulation de la vérité et la sous-estimation de certaines données. C’est ainsi que se fabrique « l’illusion nucléaire».

 

Livre disponible en librairie et en libre accès sur le site des Editions Charles Léopold Mayer

 

 

Première partie : LES FAUSSES CERTITUDES

  • Chapitre 1- La bombe atomique a fait capituler le Japon.
  • Chapitre 2- La bombe atomique a permis de maintenir la paix pendant soixante-dix ans.
  • Chapitre 3-  On ne peut pas désinventer la bombe.
  • Chapitre 4- La France est au Conseil de sécurité grâce à sa bombe atomique.
  • Chapitre 5- La France mène une politique de « stricte suffisance ».
  • Chapitre 6- Un avertissement de nature nucléaire peut rétablir  la dissuasion.
  • Chapitre 7- La bombe atomique assure notre indépendance.
  • Chapitre 8- en France, il y a un consensus sur la bombe atomique.
  • Chapitre 9- On ne peut pas se passer de la composante aérienne.
  • Chapitre 10- Seul le président peut donner l’ordre de tir.

Deuxième partie : LES OMISSIONS

  • Chapitre 11- L’affrontement nucléaire secret de la crise de Cuba.
  • Chapitre 12- Des plages espagnoles toujours radioactives, cinquante-deux ans après un accident nucléaire militaire.
  • Chapitre 13- Une mission nucléaire aérienne française lancée par erreur.
  • Chapitre 14- Une collision s’est bien produite entre deux sous-marins nucléaires français et britannique.
  • Chapitre 15- Le 26 septembre 1983 : un officier soviétique sauve le monde d’une apocalypse nucléaire.
  • Chapitre 16-  Le risque d’un hiver nucléaire est réel.
  • Chapitre 17- Le cyber, la technologie qui peut « tuer » la dissuasion nucléaire.

Troisième partie : LES SOUS-ESTIMATIONS

  • Chapitre 18- Le secret budgétaire autour de la bombe.
  • Chapitre 19- La dissuasion coûtera bientôt plus de 6 milliards d’euros par an.
  • Chapitre 20- Le programme de simulation des essais nucléaires a vu son coût exploser.
  • Chapitre 21- Le rôle du complexe militaro-industriel.
  • Chapitre 22- Le temps : un paramètre oublié.

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Cordes sur Ciel,

la cité médiévale dont Paul Quilès a été le maire pendant 25 ans.

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        site de l'Office du tourisme 

Faites connaissance avec IDN

 (Initiatives pour le désarmement nucléaire),

dont Paul Quilès est président.

IDN travaille chaque jour à la réduction des arsenaux nucléaires et du risque, intentionnel ou non, d’utilisation de l’arme nucléaire.

IDN oeuvre à construire un monde sans armes nucléaires, pour une paix et une sécurité internationale durables.

Bibliographie

- 2018: L'illusion nucléaire- La face cachée de la bombe atomique (avec Jean-Marie Collin et Michel Drain)

- 2017: Quelques citations sur les armes nucléaires

- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  

- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu) 

- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff ) 

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï) 

- 1992: Nous vivons une époque intéressante 

- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez