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26 avril 2020 7 26 /04 /avril /2020 16:01
Confinés?

      Cette photo, que j'ai prise ce matin lors d'une de mes "sorties autorisées", montre l'état d'une place de Paris en période de ....... confinement.

 

       A l'évidence, tout le monde n'attendra pas le 11 mai !

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25 avril 2020 6 25 /04 /avril /2020 08:51
Le pessimisme de la raison, l’optimisme de la volonté

La crise que nous traversons depuis quelques semaines est inédite, même si ce n’est pas la première que connaît l’humanité (lire "les pandémies depuis 2000 ans") et certainement pas la dernière.

 

Les contraintes qu’elle impose sur les personnes et sur la collectivité sont à l’origine d’un affolement collectif, qui suscite des angoisses. Que va-t-il se passer après le confinement ? Que sera le « monde d’après » ? Les incertitudes, les approximations, les contradictions qui émanent des propos des politiques, mais aussi de ceux des scientifiques et des médecins, contribuent à alimenter deux types de réactions.

 

Certains imaginent un monde nouveau où tous les excès et les dangers du monde ancien auraient disparu (inégalités, conflits, guerres, réchauffement climatique…) ; d’autres ont une vision apocalyptique de l’après-Covid.

 

Ces 2 visions extrêmes n’aident pas à réfléchir sainement à ce qui s’est passé et encore moins à préparer l’avenir. Il faudra naturellement tirer des leçons de cette crise et de la façon dont elle aura été gérée, non pas pour régler des comptes, mais pour préparer les réponses à de futures crises.

 

En attendant, je préfère me référer à l’aveu d’Antonio Gramsci, qui écrivait dans une lettre à son frère Carlo, écrite en prison le 19 décembre 1929 : « Je suis pessimiste avec l'intelligence, mais optimiste par la volonté ».

 

J’ai souvent eu l’occasion de citer cette belle phrase*, qui définit une sorte de morale de l'action. Elle nous incite à refuser de baisser les bras et de se résigner à ce qui est présenté comme « inéluctable ». Elle prend tout son sens dans la crise que nous traversons.

________________

 

* Lire en particulier mes vœux pour 2009 (texte du 29 décembre 2008)

 

Extraits

     « J'ai eu la curiosité de relire ce que j’écrivais il y a un an, à pareille époque. Je me demandais comment éviter le désenchantement qui nous guettait : "Si l’état du monde, avec ses désordres et les risques qui nous menacent, n’incite pas à l’optimisme, nous avons le devoir de ne pas le peindre chaque jour en noir. Sinon, comment agir, si on n’a pas l’espoir d’un monde meilleur ? "

       Il me semble que je n’ai rien à changer aujourd’hui à ce conseil, alors que la peinture en noir de notre monde est devenue la règle et que les « experts » en rajoutent chaque jour un peu plus sur les catastrophes qui nous attendent. Il n’est pas question bien entendu de sous-estimer la gravité de la crise économique et de ses conséquences sociales, voire sociétales, mais j’espère que, comme moi, vous jugez avec humour (et tristesse) l’attitude de tous ceux qui, tels des astrologues sans complexe, contredisent aujourd’hui allègrement leurs analyses et leurs prévisions. Economistes, politiques, journalistes…. combien sont-ils à nous proposer des solutions qu’ils combattaient hier, à vanter des systèmes qu’ils dénonçaient hier, à condamner les responsables qu’ils fréquentaient hier ! Pas étonnant que ces revirements, parfois indécents, conduisent les citoyens à éprouver tout à la fois exaspération et abattement devant la conduite erratique d’un monde apparemment sans boussole.

       Dans ces moments, il est bon de relire les analyses et les propositions de ceux qui, depuis quelque temps, s’inquiétaient des folles dérives du système capitaliste et qui criaient "au loup". Leurs mises en garde étaient au mieux ignorées, quand elles ne faisaient pas l’objet de sarcasmes. Je me félicite d’avoir été, avec d’autres, de ceux là, mais il ne faut pas se contenter d’avoir raison avant les autres….ce qui est d’ailleurs une position très inconfortable en politique. Il faut maintenant passer aux actes et proposer les changements susceptibles de s’attaquer aux racines du mal, pour donner corps à ce qui doit être la finalité de l’économie : satisfaire les besoins humains. (….)

       Malgré tous les nuages qui obscurcissent l’horizon, je pense qu’il faut cultiver l'optimisme, non pas l’optimisme béat et irresponsable des adeptes de la « méthode Coué, mais celui dont parlait Gramsci, qui se sentait « pessimiste par l’intelligence, mais optimiste par la volonté ». C’est en tout cas ce que je vous souhaite pour la nouvelle année. (….)  »                                                

         Paul Quilès

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21 avril 2020 2 21 /04 /avril /2020 21:57
Les pandémies depuis 2000 ans

Le confinement vous laisse probablement des instants de réflexion où vous souhaitez comprendre ce qui se passe et surtout ce qui pourrait se passer (le fameux "monde de demain" ).

 

Malheureusement, la confusion enveloppe à peu près tous les sujets : la contagion, l’immunité, les masques, les tests, le déconfinement…. Quant au flot de chiffres assénés à longueur de journées et commentés de toutes parts (médias, politiques, scientifiques, monde médical), il ne contribue pas non plus à une bonne compréhension de la situation.

 

Si vous voulez replacer cette crise dans le contexte des multiples épidémies et pandémies qui ont ravagé la planète depuis près de 2000 ans, je vous conseille vivement d’écouter cette présentation claire et vivante de Franck Ferrand sur Radio Classique.

 

ECOUTER

 

Elle vous permettra de relativiser les événements que nous vivons (ce qui ne veut pas dire les sous-estimer) et de comprendre comment certaines de ces catastrophes se sont développées à des époques où il n’existait ni téléphone, ni Internet !

 

On trouvera aussi sur ce blog l’histoire de la "peste noire"qui a frappé la cité de Cordes et ses environs au 14ème siècle.

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21 avril 2020 2 21 /04 /avril /2020 15:47
Sur cette photo (qui se trouve sur mon bureau!), on voit Jean-Marie Luton donnant des explications au Président Mitterrand lors de sa visite du Salon du Bourget.

Sur cette photo (qui se trouve sur mon bureau!), on voit Jean-Marie Luton donnant des explications au Président Mitterrand lors de sa visite du Salon du Bourget.

J'ai bien connu Jean-Marie Luton, qui était un camarade de promotion de Polytechnique (X 61).

Je l'ai à nouveau côtoyé dans ma fonction de ministre de l'espace (1988-92) et j'ai pu apprécier ses qualités et son action comme Directeur général du CNES, puis de l’Agence Spatiale Européenne (ESA).

Autant dire que sa disparition m'a touché et je m'associe aux propos de Jean-Yves Le Gall, Président du CNES, Président du Conseil de l’ESA et ancien Président d’Arianespace, qui considère que " son action à la tête du CNES, de l’ESA et d’Arianespace a conduit au développement de ces trois entités avec le succès planétaire qu’elles connaissent. Un géant de l’Europe spatiale vient de nous quitter"

 

Communiqué du CNES 

 

C'est avec une immense tristesse que le CNES a appris la disparition de Jean-Marie Luton, ingénieur et scientifique français, qui a marqué durablement le paysage spatial français et européen. Jean-Marie Luton avait notamment participé aux négociations ayant mené à la création de l’Agence spatiale européenne (ESA) et à la constitution du tour de table industriel ayant permis la création d’Arianespace.

Né en 1942, il est diplômé de l’Ecole Polytechnique en 1961. En 1971, il rejoint le CNES en qualité de Conseiller spécial de recherche, puis est ensuite détaché auprès du Ministère du Développement Industriel et Scientifique afin de participer aux négociations européennes aboutissant à la création de l’ESA en 1975. En 1978, Jean-Marie Luton devient Directeur des programmes au CNES. Il sera ensuite Président du Comité administratif et financier de l’ESA et représentant du CNES au sein du Conseil d’administration d’Arianespace. 

En 1989, il est nommé Directeur général du CNES.

En 1990, il devient Directeur général de l’ESA. 

En 1997, Jean-Marie Luton est nommé Président d’Arianespace, poste qu’il occupera jusqu’en 2007. 

Tout au long de sa carrière, Jean-Marie Luton a reçu de nombreuses distinctions. Il était notamment Officier de la Légion d’Honneur et Commandeur de l’Ordre National du Mérite. Il était également membre de l’Académie Internationale d’Astronautique et de l’Association Aéronautique et Astronautique de France.

A l’annonce de sa disparition, Jean-Yves Le Gall, Président du CNES, Président du Conseil de l’ESA et ancien Président d’Arianespace, a déclaré « C’est avec une immense tristesse que nous apprenons la disparition de Jean-Marie Luton. Son action à la tête du CNES, de l’ESA et d’Arianespace a conduit au développement de ces trois entités avec le succès planétaire qu’elles connaissent. Un géant de l’Europe spatiale vient de nous quitter »

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20 avril 2020 1 20 /04 /avril /2020 11:12
Le numéro un chinois Xi Jinping, masqué, lors d’une cérémonie de plantation d’arbres le 3 avril dernier près de Pékin. © AFP / Pang Xinglei / XINHUA / Xinhua via AFP

Le numéro un chinois Xi Jinping, masqué, lors d’une cérémonie de plantation d’arbres le 3 avril dernier près de Pékin. © AFP / Pang Xinglei / XINHUA / Xinhua via AFP

Je partage totalement cette excellente analyse de Pierre Haski, présentée sur France Inter ce matin.

ECOUTER


Il est dommage que, dans le flot de commentaires et de polémiques suscités par la crise actuelle, que ce soit dans le domaine politique, scientifique ou médical, on trouve si peu de documents aussi clairs et convaincants.    

 

************

"Entre la Chine et le reste du monde,

le temps du soupçon"

 

Les zones d’ombre des débuts de l’épidémie à Wuhan et l'agressivité de Pékin sont des obstacles durables entre la Chine et le reste du monde, même si certains, comme Donald Trump, les utilisent pour faire oublier leurs propres erreurs. Les prémisses d’une nouvelle guerre froide.

 

Il est évidemment impossible de tirer les conclusions d’une crise avant la fin, mais une chose est déjà certaine : le coronavirus laissera des traces dans les relations de la Chine avec le reste du monde. La pandémie accélère des tendances déjà inscrites auparavant, et qui dessinent une nouvelle guerre froide, différente de celle qui a divisé le monde à l’époque soviétique, mais pas moins porteuse de risques.

 

Il y a dans cette affaire des faits et une instrumentalisation, une réalité et des fantasmes, et beaucoup, beaucoup d’idéologie. Placé sur la défensive, le régime chinois a choisi de passer à l’offensive, souvent outrancière, et accentue un peu plus une méfiance, et parfois une hostilité, que le fait d’affronter ensemble une telle pandémie aurait dû effacer.

 

Au titre des faits, il y a évidemment toutes les zones d’ombre sur les débuts de l’épidémie dans la ville de Wuhan. Aucune preuve concluante n’est venue soutenir jusqu’ici l’hypothèse d’un accident de laboratoire à Wuhan, et c’est une affaire trop grave pour se contenter de soupçons ou d’affirmations de personnalités.

 

Mais le démenti du gouvernement chinois ne convainc personne non plus, et ce simple fait devrait poser question au sommet du pouvoir à Pékin. Le fait que la Chine ait étouffé les informations au début de l’épidémie et bâillonné les lanceurs d’alerte, retire toute crédibilité à la communication chinoise. 

 

La Chine devrait faire toute la clarté sur l’origine et le déroulement d’une épidémie qui a plongé le monde dans une crise sans précédent. Mais on ne voit pas les choses ainsi à Pékin.

Il souffle un vent inquiétant en provenance du pouvoir chinois, fait de nationalisme, de triomphalisme d’un système politique autoritaire qui s’offre en modèle au monde quand les Occidentaux sont à la peine, et qui réécrit l’histoire. Le dérapage de la communication de l’ambassade de Chine en France, qui a valu à son ambassadeur une convocation au Quai d’Orsay, n’est qu’un exemple.

 

Les provocations de Donald Trump, qui a trouvé dans le bouc émissaire chinois un bon moyen de se défausser de ses propres erreurs, et surtout de souffler les braises de son propre nationalisme, servent la propagande chinoise par leurs outrances. Le candidat Trump semble penser que la diabolisation de la Chine le servira dans sa campagne électorale.

 

Difficile dès lors de séparer les inquiétudes légitimes vis-à-vis de l’irrésistible ascension d’une Chine qui ne joue pas le jeu, du brouhaha de ceux qui veulent l’instrumentaliser à des fins qui ne sont pas plus honorables. 

 

Les prémisses de cette guerre froide qui monte étaient déjà présents dans la bataille technologique lancée par Donald Trump, en particulier contre le géant des télécom Huawei. Il est probable que ces tensions se poursuivront après le coronavirus, plaçant l’Europe devant des choix difficiles entre deux blocs.

 

Y a-t-il encore une voie entre la complaisance et la guerre froide dans les relations avec la Chine ? La question est ouverte, mais elle s’adresse d’abord aux dirigeants chinois à l’issue de cette crise sanitaire qui a réveillé le temps du soupçon.

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12 avril 2020 7 12 /04 /avril /2020 13:40
Puisque vous en redemandez, en voici d'autres!
Puisque vous en redemandez, en voici d'autres!
Puisque vous en redemandez, en voici d'autres!
Puisque vous en redemandez, en voici d'autres!
Puisque vous en redemandez, en voici d'autres!
Puisque vous en redemandez, en voici d'autres!
Puisque vous en redemandez, en voici d'autres!
Puisque vous en redemandez, en voici d'autres!
Puisque vous en redemandez, en voici d'autres!
Puisque vous en redemandez, en voici d'autres!
Puisque vous en redemandez, en voici d'autres!
Puisque vous en redemandez, en voici d'autres!
Puisque vous en redemandez, en voici d'autres!
Puisque vous en redemandez, en voici d'autres!

     Merci pour vos envois, ainsi qu'au site d'Opinion Internationale, qui me permettent de faire cette 3ème publication.

 

     Revoir:

la 1ère publication (29 mars)

- la 2ème publication (9 avril) 

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9 avril 2020 4 09 /04 /avril /2020 21:58
Survivre et prendre du plaisir

Réflexions à haute voix

 

Depuis l'époque de mes études j'ai toujours été passionné par l'histoire de l’univers, de la vie et de l’Homme.

A l’école Polytechnique, j’ai suivi avec passion les cours de ce qu'on appelait « l'astrophysique ».

Plus tard, j'ai eu la chance d'être ministre de l'espace pendant 4 ans.

Récemment, comme maire d'une commune qui est membre du Grand site Occitanie « Cordes-sur-ciel et les cités médiévales », j'ai eu l'occasion de mieux connaître le site de la grotte de Bruniquel, qui a bouleversé notre vision de l’homme de Néandertal, en prouvant que des humains occupaient déjà les grottes européennes il y a 176 500 ans, bien avant l’arrivée d’Homo sapiens !

Il y a une dizaine d'années, au cours de mes lectures (ma bibliothèque[1] est très fournie sur ces sujets), j'ai jeté quelques phrases sur un papier que je viens de retrouver. J’y disais que « les motivations essentielles de l'être humain depuis que l’Homo sapiens s’est imposé (il y a 40 000 ans) et probablement bien avant, semblent se résumer à deux objectifs : survivre et prendre du plaisir »

Au début, il s’agissait de réflexes : pour survivre, il fallait chasser, tuer, cueillir, se protéger ; le plaisir, c’était celui du corps et, avec le développement de la conscience et des relation sociales, est apparu le plaisir intellectuel.

Le confinement imposé aujourd’hui à plusieurs milliards de personnes à travers le monde porte atteinte à ces motivations essentielles.

Les privations de plaisir (dont celle de la liberté de circuler) qu’il entraîne, sont évidentes. Elles sont acceptées… mais pour combien de temps encore ?

En revanche, les peurs et les inquiétudes se multiplient, entretenues par une médiatisation intense, parfois confuse et contradictoire et finalement anxiogène. On a peur pour sa survie, pour celle de sa famille et de ses amis. On s’inquiète pour l’avenir de son mode de vie, on se demande quels vont être les bouleversements des systèmes économiques et sociaux, les risques d’affrontements internationaux et surtout, on ne sait pas quand cette période peut se terminer.

Il est vrai que l’incertitude sur cette question est majeure. Dans l’attente de la mise au point d’un vaccin, ainsi que de la validation et du déploiement des tests, tout ralentissement de la pandémie n’est que provisoire. Le virus, qui a profité de la mondialisation débridée, n’est pas près d’arrêter son parcours.

La publication quotidienne d’un flot de chiffres sur l’évolution et les prévisions du nombre de contaminés et de décès contribue à accentuer les angoisses et à faire douter de la survie. A cet égard, la comparaison avec les pandémies passées néglige de souligner que les sociétés étaient très différentes et fonctionnaient sans les modes de communication instantanée du monde de 2020.

Qui se souvient de la grippe de Hong Kong de 1968-69, qui a causé un million de morts, dont plus de 30 000 en France ? Pas moi….

Par contre, je me souviens d’avoir attrapé la grippe asiatique en 1957, mais je ne savais pas qu’elle avait causé 2 millions de morts, dont plus de 15 000 en France.

Quant à la grippe espagnole de 1918, qui a terrassé une de mes tantes, je n’ai pas entendu dire que les 30 à 50 millions de morts (drôle de précision !) qui en ont résulté aient été un sujet majeur de débat dans les reconstructions qui ont suivi la fin de la guerre de 14-18.

****

Dans la période qui vient, il va falloir résister aux inquiétudes et aux peurs que nous impose la privation des deux motivations essentielles de l’être humain que j’ai énoncées. Cela exigera de dépasser les polémiques de toutes sortes -politiques, médicales, techniques, médiatiques- dont nous sommes abreuvés et d’intégrer dans nos réflexions sur « le monde demain » des éléments de nature historique, voire philosophique. C’est ce que j’ai modestement essayé de faire dans ce texte.

 

Paul Quilès

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9 avril 2020 4 09 /04 /avril /2020 10:56

Encore quelques blagues....pour détendre les confiné(e)s.


Voir aussi la précédente série: ICI

Ne pas oublier de rire (suite)
Ne pas oublier de rire (suite)
Ne pas oublier de rire (suite)
Ne pas oublier de rire (suite)
Ne pas oublier de rire (suite)
Ne pas oublier de rire (suite)
Ne pas oublier de rire (suite)
Ne pas oublier de rire (suite)

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7 avril 2020 2 07 /04 /avril /2020 08:36
La démocratie…après la fin de la crise
La démocratie…après la fin de la crise

    Attention à ne pas conserver dans le droit commun des dispositifs exceptionnels qui pourraient mettre en cause des libertés fondamentales !

    De telles mesures peuvent être justifiées pour faire face à des circonstances exceptionnelles, mais il faudra être attentif à ce que les dirigeants aient « la conscience civique et la force morale pour en sortir », comme le dit l’avocat et écrivain François Sureau, ce dont « il ne les croit pas nécessairement capables »

Lire et écouter

     Mais au juste, qui définira cette ‘’fin de la crise’’ ? Ce qui s'est passé après la vague de terrorisme il y a quelques années n’est pas rassurant, comme le rappelle François Sureau :

« En matière de terrorisme, on nous disait “il faut suspendre la déclaration des droits”, les amis de la liberté demandaient “jusqu’à quand” et on nous répondait “jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de terrorisme’’ et, comme le terrorisme ne semblait pas s’éloigner, on a vu la prolongation de l’état d’urgence puis l’inclusion de certaines de ses dispositions dans le droit commun. Je suis inquiet sur le fait qu’un jour on nous dira : les pandémies peuvent revenir, il peut y avoir d’autres épidémies… Et donc qu’on conserve dans le droit commun ces dispositifs exceptionnels. »

****

     Le sketch qui suit est assez drôle et évidemment très excessif, tout en donnant une bonne indication des excès auxquels il faudra échapper après la fin de la crise.

REGARDER le sketch

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6 avril 2020 1 06 /04 /avril /2020 10:42
Les forces et les faiblesses de notre monde

"Le miroir déformant de la pandémie de coronavirus"

 

par Pierre Haski

 

sur France Inter le 6 avril 2020

 

ECOUTER

 

Chaque pays a regardé l’épidémie se développer ailleurs sans penser qu’il vivrait la même crise aigüe, c’est particulièrement vrai pour les États-Unis qui se vivent toujours en hyperpuissance, mais manquent de masques comme tout le monde.

 

New York est devenu le nouvel épicentre de la pandémie, après avoir été dans le déni trop longtemps. Là aussi, la pénurie d’équipement se fait cruellement sentir.

 

Depuis son apparition à Wuhan, au cœur de la Chine, l’épidémie de coronavirus agit comme un miroir déformant du monde. Le décalage dans le déclenchement de la vague de contamination, de continent en continent, de pays en pays, et même à l’intérieur des pays, fait que nous observons ce qui se passe ailleurs comme si ça n’allait pas nous affecter, ou pas de la même manière.

 

L’Europe a ainsi observé les images de Wuhan en janvier avec distance, sans imaginer un instant que le virus pouvait la toucher de plein fouet. Sans doute les informations incomplètes chinoises ont-elles joué ; mais les scènes d’apocalypse dans les hôpitaux ont été accueillies avec un sentiment inconscient de supériorité : pas possible chez nous, bien sûr.

 

Lorsque l’Italie du nord a été à son tour durement frappée, et les hôpitaux débordés, on a pu entendre les mêmes commentaires, sur la fragilité de l’État italien, par exemple. Et là encore, pas vraiment de soupçon que ça pouvait, que ça allait arriver « chez nous ».

 

Lorsque la France, à son tour, a été atteinte par la pandémie, la BBC britannique traitait le sujet comme une tragédie « ailleurs », comme lointaine. Idem sur CNN, les Américains pleins de compassion montraient l’Europe à la peine, comme si l’Atlantique faisait barrière. Leurs dirigeants donnaient le mauvais exemple, Boris Johnson serrait encore les mains, et Donald Trump parlait de supercherie. Là encore, arrogance inconsciente ; le réveil a été encore plus brutal.

 

Ce miroir nous révèle que l’idée que nous nous faisions de nous-mêmes et des autres était en sérieux décalage avec la réalité. 

 

Après l’Europe qui a découvert avec effarement les pénuries de masques, de tests ou de respirateurs, tout en ayant un système de santé de classe mondiale -et il le prouve dans l’urgence-, c’est le tour des États-Unis. 

 

Et la déconvenue est plus grande encore pour le pays qui se pense toujours en hyperpuissance, mais qui ne fait pas mieux que les autres, avec la double peine d’un Président incohérent dans une nation polarisée. Pourtant, un classement international des pays les mieux préparés au risque de pandémie, plaçait en 2019 les États-Unis en première place.

 

Le regard des autres est aussi cruel. Dans le Financial Times samedi, la romancière indienne Arundhati Roy raconte sa fascination lorsque, à partir de l’Inde confinée et mal lotie, elle observe à la télévision américaine les appels à l’aide de soignants sans masques ou sans gants. Et de s’exclamer : « mon dieu, c’est l’Amérique !» ; comme si pour cette écrivaine qui n’a jamais porté cette Amérique-là dans son cœur, le roi était désormais totalement nu.

 

Le miroir de la pandémie nous révèle les forces et faiblesses de notre monde, la fragilité de puissances trop sûres d’elles, dont nous faisons partie, le succès de certains pays inattendus comme la Corée du Sud ou Taiwan, ou plus attendus comme l’Allemagne. Ce miroir nous transmet aussi une envie furieuse que l’après-pandémie ne ressemble pas à l’avant, et pas seulement pour que la prochaine crise ne nous prenne pas au dépourvu.

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Faites connaissance avec

Cordes sur Ciel,

la cité médiévale dont Paul Quilès a été le maire pendant 25 ans.

    cordes-nuages-8-bp--R-solution-de-l--cran-.jpg

        site de l'Office du tourisme 

Faites connaissance avec IDN

 (Initiatives pour le désarmement nucléaire),

dont Paul Quilès est président.

IDN travaille chaque jour à la réduction des arsenaux nucléaires et du risque, intentionnel ou non, d’utilisation de l’arme nucléaire.

IDN oeuvre à construire un monde sans armes nucléaires, pour une paix et une sécurité internationale durables.

Bibliographie

- 2018: L'illusion nucléaire- La face cachée de la bombe atomique (avec Jean-Marie Collin et Michel Drain)

- 2017: Quelques citations sur les armes nucléaires

- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  

- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu) 

- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff ) 

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï) 

- 1992: Nous vivons une époque intéressante 

- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez